OCCUPATION DE ROME (MARS
des brigands de Naples (Antonelli, etc.), et des furieux émissaires de Caroline, serrait de près le Pape et le faisait agir.
Au moment de Tilsitt, dans la stupeur d’un événement si grand, si imprévu, il lui avait écrit une lettre d’une douceur angélique où il l’invitait à venir à Rome loger chez lui au Vatican.
Mais aucun moyen de s’entendre. M. d’Haussonville avoue lui-même (t. Il, p. 590) que l’on rompit pour deux articles que Bonaparte ne demandait plus.
11 y eut dans tout cela d’infinies variations. Pie VII avait dit lui-même (d’après ses conseillers) : « Une persécution est nécessaire à l’Église. S’il prend Rome, nous nous réfugierons aux catacombes. »
La fin de cette année, 1807, est prodigieusement trouble, pleine d’embûches et de coups fourrés. Les Anglais, inquiets de Tilsitt dont on leur cachait les secrètes conditions, en prirent occasion pour tomber encore une fois sur Copenhague, que Ronaparte, disaient-ils, voulait prendre, la prirent eux-mêmes (7 septembre), enlevèrent ses vaisseaux et toute l’artillerie de sa côte, 5,500 canons.
Par représaille, Bonaparte prit deux villes qu’il considérait (non sans cause) comme villes anglaises : Lisbonne et Rome.
Lisbonne et le Portugal depuis 1701 étaient un entrepôt du commerce des Anglais, et Rome un des
grands centres de leur diplomatie européenne.
Au mois de janvier 1808, Napoléon écrit : « Si es Français qui entrent à Rome, s’entendent tout doucement avec les Romains, la papauté aura cessé d’exister sans qu’on s’en aperçoive. »
Mais n’était-il pas vraisemblable que les nations fortement catholiques, l’Espagne, le, Portugal prendraient parti.
Malgré les ménagements du général de Bonaparte, l’occupation de Rome retentit à grand bruit. La nuit même on cassa les Madones en disant que c’étaient les Français qui les avaient cassées. Le Pape, au reste, annonça h tous les ministres qui étaient à Rome ce qu’il appelait sa captivité, disant : « Je suis comme prisonnier. »