DU CARACTÈRE, DU CŒUR DE BONAPARTE
Un spirituel Anglais, M. Disraeli, voudrait le faire croire Juif d’origine. Et comme la Corse fut autrefois peuplée par les Sémites d’Afrique, Arabes, Carthaginois ou Maures, Maranes, disent les Espagnols, il semble appartenir à ceux-ci plus qu’aux Italiens.
L’amour aussi de thésauriser, tant de millions entassés aux caves des Tuileries, cela sent aussi le Marane.
De Pradl dit à merveille ce caractère : « L’Empereur est tout ruse, ruse doublée de force. Mais il attache plus de prix à sa ruse. Pour lui, triompher n’est rien ; c’est attraper qui est tout : «Je suis fin, » m’a-t-il dit cent fois. »
Voyons où aboutit cet homme fin, lorsqu’il revint seul à Wilna. La scène est si naïve, si évidemment vraie dans les moindres détails, qu’on jurerait avec certitude que le narrateur n’a pu, ni voulu ajouter.
« Mes portes s’ouvrent et donnent passage à un grand homme, qui marchait appuyé sur un de mes secrétaires. Un taffetas noir enveloppait sa tête; son visage était comme perdu dans l’épaisseur de sa fourrure. C’était une espèce de scène de revenant ; je le reconnais, lui dis: « Ah ! c’est vous, Caulaincourt? « Où est l’Empereur? — Ici ; il vous attend à l’hôtel « d’Angleterre. — Où allez-vous? — A Paris. — El « l’armée? — Il n’y en a plus, dit-il, en levant les « yeux au ciel. »
« Je me précipite. J’arrive à cet hôtel, et je vois dans la cour une petite caisse de voilure, montée sur