‹ Histoire du XIXe siècleChapitre 63 sur 75 · FRAIS CE · texte numérisé non relu

FRAIS CE

un traîneau fait de quatre morceaux de bois de sapin à moitié fracassé. LeMameluck m’introduit dans une salle basse, les volets à demi fermés pour protéger son incognito.

« L’Empereur se promenait dans la chambre, enveloppé d’une superbe pelisse, recouverte d’une étoffe verte, avec de magnifiques brandebourgs en or. Sa tête était couverte d’une espèce de capuchon fourré et ses bottes étaient enveloppées de fourrures. «Ah ! monsieur l’ambassadeur! » me dit-il en riant. Je m’approchai avec vivacité, lui dis: « Vous nous avez « donné bien de l’inquiétude. Mais enfin, vous voilà! » , Tout cela d’un ton qui devait lui montrer ce qui se passait en moi. Le malheureux ne s’en aperçut pas.

« J; lui parlai de l’armée polonaise, « Comment!

« dit-il, je n’ai vu personne pendant la campagne. » Je lui expliquai comment, en dispersant les forces polonaises, il avait rendu invisible une armée de 80,000 hommes1.

« Au dîner, où il eut deux ministres, il disait en riant : « Du sublime au ridicule il n’y a qu’un « pas. »

Et comme ils exprimaient leur satisfaction de le voir sauf après tant de dangers : « Dangers? ditil, pas le moindre. Je vis dans l’agitation; plus je

1 Notez que c’étaient eux en partie qui l’avaient sauvé à la Bérésina.

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