DU CARACTÈRE, DU CŒUR DE BONAPARTE. P
tracasse, mieux je vaux. Il n’y a que les rois fainéants qui engraissent dans les palais. Moi, c’est, à cheval et dans les camps. Du sublime au ridicule, il n’y a qu’un pas. »
« L’armée est superbe. .I‘ai toujours battu les Dusses. Je vais chercher 500,000 hommes. Tout ce qui arrive, n’est rien ; c’est 1 effet du climat, j ai battu les Russes partout. (Tout cela d’un grand air de gaieté.) Je ne puis pas empêcher qu’il gèle. On vient me dire tous les matins que j’ai perdu 10,000 chevaux dans la nuit. Eh bien, bon voyage! »
Cela revint cinq ou six fois. « Ah ! c’est une grande scène. Oui ne hasarde rien, n’a rien. Du sublime au ridicule, il n y a qu’un pas. »
La conversation se prolongea ainsi près de trois heures. Le feu s’était éteint. Le froid nous avait tous eau nés. L’Empereur ne s’en était pas aperçu, se réchauffant à force de parler, et répétant deux ou
trois fois : « Du sublime au ridicule, il n’v a qu un
pas. »
Comme il allait partir et que chacun lui adressait ses voeux : « Je ne me suis jamais mieux poiié, dit il. Quand j’aurais le diable, je ne m’en porterais que
mieux. »
« Cette conversation me frappa trop pour n’êlre pas bien sûr de l’avoir rendue avec la plus grande exactitude. »
Elle frappera tout le monde en effet, comme