U CARACTÈRE, DU CŒUR DE BONAPARTE
veau bien floltanl a force de peur, c’est que, par moments, au milieu de ses pleurs, il parlait beaucoup, faisait l’aimable et le gentil, tout ce qu’un C.illes aurait rougi de faire.
On repartit à minuit, et un Russe, aide de camp du commissaire Sebouvalow, voulut bien, pour le rassurer, endosser l'habit sous lequel il avait joué le rôle de courrier. Bonaparte lui-même sb fit général autrichien en mettant l’habit blanc du commissaire Kohler, et par-dessus, le manteau du Russe Schouvalow. Kohler l’avait dans sa voiture, et, pour éloigner toute idée d’étiquette, à sa prière sifflait, et faisait fumer son cocher.
Enfin on rencontra deux escadrons de hussards autrichiens, qui l’escortèrent et finirent ses terreurs.
J’ai donné ce triste récit en faveur de ceux qui, comme Montaigne, se plaisent à noter les variations de la nature humaine. Elles sont fortes, mais nullement capricieuses. Et s’expliquent très-bien physiquement ‘.
1 Chateaubriand, ici, est ridicule. Il en conclut que Bonaparte, comme l’ange du mal, avait le double don de tromper en deux sens, d’être par moments petit, puis de s étendre indéliniment. — D autres feront 1 histoire plus médicale que passionnée de scs galanteries, assez tardives, mais sèches et terriblement égoïstes. La campagne, si active, de 1814, le laissa épuisé. De là la défaillance de Fontainebleau, la tentative d’empoisonnement (? . Et enfin, en I’rovene ’, celte peur ignoble de la mort. Refait et l'affermi à l’île d’Elbe, il y reprit un retour d’énergie pour la belle scène de Gr noble. Son bavardage immense de Paris semble l’avoir énervé de nouveau. 11 fut fort indécis dans cette campagne si courte de 1815, et Bernard, son aide de camp, a affirmé que de bonne heure il quitta le champ de bataille et ne s’arrêta qu’à dix lieues.