‹ Histoire du XIXe siècleChapitre 68 sur 75 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

LA CHAUTE. LOUIS mil 1814).

Si les Bourbons, inférieurs à Bonaparte en tant de choses, avaient montré qu’ils ressemblaient tant soit peu à leur Henri IV par le cœur, on les eût tenus quittes du reste.

Cela rendait leur rôle plus facile qu’on ne 1 a cru. La France, après ce règne terrible, avait faim et soif de bonté, était crédule aux moindres signes qui auraient pu l’indiquer. Des occasions solennelles se présentèrent, et froidement, maladroitement, les Bourbons les manquèrent toutes. La mort de Ney, les fureurs royalistes du Midi, donnèrent ces occasions dont on ne profita pas. Mais surtout 1 occasion si naturelle d’intervenir, de faire ménager le sang dans les affaires italiennes, espagnoles, où ces peu-

pies nous tendaient les bras, espéraient dans l’intervention compatissante de nos rois.

Les Bourbons ne firent rien pour eux.

La branche cadette, qui avait tant de vertus personnelles, ne montra pas plus de bonté. En Italie, en Bologne, quel essai d’intervention? La répression sanglante de Saint-Méry et son durable succès indiquèrent longtemps d’avance comment une autre dynastie gagnerait, le 4 décembre 1852, sa victoire, non moins durable, et qui même ne finit que par les infamies de Metz et de Sedan.

Ainsi pendant soixante ans, sous trois royautés différentes, ce siècle fit lentement une grande œuvre qui lui restera : « L’effacement de la légende qui, si longtemps, fit croire au cœur royale à la prétendue bonté que recèle, disait-on, le cœur des rois. »

Ce que la logique ne faisait pas, l’expérience le fit. Et ce siècle marcha définitivement, non pour la France seulement, mais pour l’Europe et le monde, « vers la République , vers le self-government , le gouvernement où l’homme, devenu majeur, fera désormais ses affaires lui-même. »

C’est l’histoire du siècle en deux mots. 11 sera nommé le siècle où commença pour le monde la majorité de l’homme.

Les historiens royalistes de la Restauration, dans leurs récits prolixes, abrègent et obscurcissent, tant

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