‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 129 sur 329 · LOUIS. XIII AU XVI ARRONDISSEMENT · texte numérisé non relu

LOUIS. XIII AU XVI ARRONDISSEMENT

Jean Héroard, médecin ordinaire, conseiller et secrétaire de Henri IV, puis premier médecin du dauphin (Louis XII), a noté jour par jour les moindres faits et gestes de ce dernier et auguste client, depuis le jour de sa naissance, 27 septembre 1601, jusqu'au mois de janvier 14628. Dans le

Louis XIII en 1623.

(Portrait par Sébastien Leclerc, d'après une médaille

du temps.)

grand nombre de menus détails relatés à son Journal, on en trouve d'assez intéressants. On y apprend entre autres choses — fait précieux pour l'histoire! — que notre petit dauphin n’aimait pas l’ail, contrairement à son père, qui en abusait; qu'il était bien souvent fouetté et refouetté, même par le bon roi Henri; c’était alors la correction à la mode, correction. que le petit prince, fort volontaire et fortcolère, ne méritait que trop souvent. Ce qu'on y apprend surtout, c’est qu'il aimait à venir se promener et chasser dans notre région, et voici, classées chronologiquement, le détail des diverses visites qu’il nous fit.

Le samedi 28 août 1604, le dauphin couche à Saint-Cloud ; le lendemain il est ramené en litière à Paris. Le fils de Sully, accompagné de soixante

chevaux, vient au-devant de Jui à Chaillot. HenriIV, qui était alors à Fontainebleau, avait envoyé l'ordre à Sully de faire traverser Paris à son fils pour satisfaire la curiosité des Parisiens.

Mercredi 10 septembre 1608. — Le dauphin arrive à Chaillot, dans la maison de Mme la comtesse de Guichen (la belle Corisande, ancienne maitresse de son père, où la reine Marguerite vient le voir. Il reste dans cette maison jusqu’au vendredi 12. Le jeudi 41, il était sorti par le pare, avait poussé jusqu'au couvent des Bonshommes, y était entré par la grande porte et, après avoir visité le cloître et la bibiothèque, y avait entendu la messe. Au moment de sortir,les Pères lui avaient offert deux plats de prunes et un de leur pain.

Mercredi 25 mars 1609.— Le dauphinestmené au parc du château de Madrid, qui appartenait alors à la reine Marguerite première femme de son père. Il y goûte chez le concierge, puis se rend à l'abbaye de Longchamp.

Vendredi 11 septembre 1609. — Le dauphin, d'après l’ordre du roi, est mené à Chaillot pour y voir son frère le duc d'Anjou (1) et Mesdames ses sœurs, qui y étaient arrivées la veille. Il goûte avec eux. Henri IV et Marie de Médicis viennent les rejoindre. Mais la petite fète de famille ne fut pas complète, le jeune duc d'Orléans (2) ayant dù rester à Saint-Germain, retenu par un flux de ventre.

Vendredi 20 novembre 1609.—Le dauphin va courir un loup dans la garenne du château de Madrid.

Jeudi 14 janvier 1610.— Le dauphin va chasser däns le parc du château de Madrid et, monté sur sa petite haquenée baie, courre deux lièvres. La pluie et la grêle surviennent; il galoppe pour gagner le château, mais y arrive tellement trempé qu'il lui faut changer de chemise. L’orage passé, ilremonte à cheval et goûte, toujours à cheval, d’une petite tarte de massepain et de marrons rôtis dont il avait garni sa pochette à son départ de Paris.

Samedi 24 avril 1610.—Le dauphin est mené en carrosse à la manufacture de tapis de la savon nerie (3). La concierge lui dit maladroitement qu'il n’est pas grand pour son âge et que son fils à elle est plus grand que lui. ILsort tout en colère, murmurant longtemps de la remarque de cette femme. De là, il se rend à Auteuil au jardin de l'abbé de Sainte-Geneviève, monte à cheval et y court la poste, M. de Rissay faisant le postillon. Puis il y goûte.

Mardi 4 mai 1610. — Va à cheval chasser dans le pare du château de Madrid.

Lundi11 mar 1010.— Sans rancune du propos de la concierge, il retourne à la Savonnerie.

Trois jours après, le 14 mai, son père est assassiné, et le voilà roi (4).

Jeudi 10 juin 1010. — Le temps étant très

(1) Gaston de France, troisième fils de Henri IV: qui par la mort de son le duc d'Orléans hé’ rila du titre de duc d'Orléans.

(2) Deuxième fils de Henri IV, qui mourut en 1611. :

(3) Ancienne savonnerie qui. en 1604. avait élé transformée en manufacture de tapis à la turque et se trouvait sur l'emplacement actuel de la Manutention, au quai de Billy.—V. article précédent,

(4) Louis XIIL mourut également un 14 mai (1643).

chaud, Louis, XIIL s'embarque le soir et va jusqu’à la Savonnerie. À 9 heures, il est également ramené par eau.

Mardi 29 juin 1610. — Louis XIIT se rend en carrosse à la Savonnerie et s’y fait peser. Poids de Sa Majesté : 53 livres.

Jeudi 15 juillet 1610. — Mené en carrosse au château de Madrid, il y chasse le lièvre et l’oisean.

Dimanche 15 août 1610, féte de l'Assomption. — Louis XII est mené en bateau jusqu'à Chaillot, et ramené au Louvre dans son petit carrosse découvert, traîné par six bidets.

Samedi 18 et mercredi 22 seplembre 1610.

— Ilest mené en bateau couvert jusqu’au couvent des Bonshommes.

Mercredi 15 décembre 1610. — Louis XIIT est conduit en carrosse au bois de Boulogne pour chasser le loup. Il en prend deux. Ramené à cheval, et tout joyeux de sa capture, il se met à jaser avec toutes les personnes qu'il rencontre, leur demande qui elles sont, où elles vont, etc., comme faisait son père.

Jeudi 23 décembre 1610 .— Chasse deux loups au bois du château de Madrid et vole une corneille.

Jeudi 1° inai 1614. — Va entendre les vêpres au couvent des Bonshommes, puis se rend à Auteuil, au jardin de M. Brouay ; il ypêche dans son petit vivier et déniche des merles.

Mercredi 28 mai 1614. — Na entendre la messe au couvent des Bonshommes, et de là se rend à Saint-Cloud; revient par le bois de Boulogne,oùilchasse à l’arquebuse, tue quelques oiseaux, entre autre un loriot et une orfraie.

27 octobre 1614. — Louis XIII est déclaré majeur.

Vendredi 19 décembre 1614. — Louis XII se rend à Auteuil pour visiter une maison qu'il désire acheter; il y joue longtemps, puis va se promener au parc du château de Madrid.

Mardi 21 avril 1617.— À une heure et demie, Louis XII monte en carrosse et se rend au couvent des Bonshommes, où il fait conduire de petites pièces de canon pour tirer aux corneilles. Cette nouvelle sorte de chasse lui réussit un peu; il en tue une.

Samedi 15 juillet 1617. — Après avoir donné audience aux ambassadeurs de Venise et de Savoie, Louis XIIT se rend au couvent des Bonshommes où il goûte, boit du vin clairet (4) et de l'eau dans son chapeau, et fait boire ainsi M. de Guise et autres.

Mardi 25 juillet 1617.— Louis MIT se dirige vers le couvent des Bonshommes et, pour la première fois depuis qu'il est roi, se baigne à la rivière, ce qui lui réussit assez mal, car il en revient enroué.

Jeudi 18 janvier 1618. — Louis XIIL sort de Paris par la Porte-Neuve (2), va à pied jusqu’à Chaillot, faisant mener son petit canon par ses

(1) Ce vin clairet de des colcanx de la rue aux Bonshommes.

(2) Porte flanquée d’une haute tour, qui séparail le Louvre des Tuileries à la hautëur du güichel du Carrousel. E

L'probablément provenir ineuse, appartenañl alors

petits gardes suisses. Il se rend chez M. de Castille, qui lui fait faire une collation et lui donne des petits canons de fer, fabriqués en Suisse. Le lendemain, il va visiter entièrement le château de Madrid, pour y faire choix d’un logement où i vient s'installer le mardi suivant. De là, le jeudi 95 janvier, il va se promener dans le bois jusqu'au pavillon de la Muette, tenant un émérillon sur le poing ; le lundi 29, recoit les Notables qu'il avai fait venir de Rouen, où ils étaient assemblés, et leur donne brusquement leur congé, sans que l’édi qui devait répondre à leurs cahiers eût été rendu. Le mercredi 31, il va visiter la Volerie (1) de Longchamp

Mardi23 juin 1620. — I se rend à pied des Tuileries à l'ile qui se trouve vis-à-vis du couven des Bonshommes, et ytue à l'arquebuse une grande quantité de gibier. Mis en goût, il y revient deux jours après, passe à Grenelle, revient pour passer l'eau, fait dételer d'un chariot un cheval aveugle, l'attache à son petit bateau qu’il faisait toujours porter dans une charrette, se met dedans, le fait tirer par le cheval en amont de la rivière; mais cet animal, se sentant battu aux jambes, se met à courir et à s'écarter, si bien que le bateau se fût renversé, si le sieur de Réaux, lieutenant des gardes du corps, ne se füt empressé de couper la corde.

Dimanche 28 juin 1620. — Va tirer de l’arquebuse dans l’île Maquerelle (ancienne île des Cygnes).

Mardi 30 juin 1620. — Retourne à l'ile Maquerelle ets’ y baigne (cette fois,sanss’enrouer).

Lundi 31 mai 1027. — Na souper à Auteuil.

Mercredi 16 juin 1627.— Retourne à Auteuil, où il dine chez M. Coquet, commissaire général de sa maison.

— Ici s'arrête, pour nos recherches locales, le journal d'Héroard. Ce fidèle serviteur du roi tomba malade au camp devant la Rochelle, et y mourut le 8 février 1628 ,âgé de soixante-dix-huit ans. De tout ceci, il ressort que le jeune Louis XIII avait une passion réelle pour la chasse et qu'à cette époque, les loups, les orfraies, les lièvres, les corneilles, les loriots étaient en assez grand nombre au bois de Boulogne, ce qui explique la prédilection du jeune prince pour cette promenade. Loups et orfraies ont, par bonheur,complètement disparu du bois. On aurait peut-être quelque peine à y rencontrer de vrais lièvres; mais les fameux conils, c’est-à-dire. les lapins, qui osaient s’aventurer alors, et pour leur malheur,jusqu'à Chaillot, y sont encore en assez grand nombre. Le gibier, comme on l’a vu, ne manquait pas non plus dans l’ancienne ile des Cygnes, ainsi que dans celle qui se trouvait vis-à-vis du couvent des Bonshommes. On a dû remarquer que, dans le récit des pérégrinations du jeune roi, il n'est nullement parlé de Passy; c’est qu'alors ce village n'était qu'à l'état embryonnaire, tandis que ses voisins, Auteuil et Chaillot, avaient déjà une certaine importance.

(1) Lieu où on meltait lés oiseaux de proie dressés pour l'espèce de chasse qu'on appelait alors la Volerie. Le duc de Luyn favori de Louis XIII, éxcellait à drésser éés oiséaux:

Terminons par quelques notes complémentaires sur Louis XIII, qui nous le feront peut-être encore mieux connaitre que les faits au jour le jourracontés un peu sèchement par Héroard. Disons d'abord que la confiance dans l'astrologie judiciaire était tellement grande au moment de sa naissance, qu'il dut, dit-on, son surnon de Juste au hasard qui l'avait fait naître sous le signe de la Balance — Se non à vero, è bene trovalo. — Quant à nous, nous attribuons plutôt l’origine de ce surnom à sa grande dévotion. Louis XIII était fort adroit de ses mains. « Un ne saurait, dit Tallemant des Réaux, compiler lous les beaux métiers qu'il apprit, outre tous ceux qui concernent la chasse ; car il savait faire des canons décuir,des lacets, des filets,des arquebus de la monnaie. — Il élail bon confiturier, bon jardinier ; il fitvenir des pois verts de primeur, qu'il envoya vendre au marché. Il rasait bien et, un jour, il coupa la barbe à tous ses officiers. IL conposait en musique et peignait un peu. Son dernier métier fut de faire des châssis avec son favori, le duc de Luynes.»

A noter aussi son goût pour les échecs, goût tellement prononcé qu'il s'était fait, ou fait faire un échiquier spécial qui lai permettait d'y jouer,même en carrosse, sans redouter les mouvements du véhicule. Enfin,comme dit une deses épitaphes de fantaisie :

Il eut cent vertus de valets, Et pas une de maître.

Liéoporn Mar.

DOCUMENTS DÉPOSÉS DANS LES ARCHIVES DE LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE D'AUTEUIL ET DE PASSY

A la distribution des prix du petit lycée Jansonde-Sailly, le 28 juillet 1892, M. Perrens, membre de l’Institut, inspecteur général honoraire de l'Instruction publique, a prononcé, comme président de cette solennité, quelques paroles qu’il nous appartient de signaler. Pressentant la voie dans laquelle la Société historique s'engage de plus en plus chaque jour, il a invité ses Jeunes auditeurs à lire avec intelligence les plaques bleues des rues de notre quartier pour y suivre tout un cours d’histoire, de littérature et de beaux-arts. Après avoir parlé de Passy, il a célébré Auteuil « peuplé de grands noms et de grands souvenirs ». Tout au plus me permettrai-je de formuler une seule réserve. M. Perrens approuve trop, à mon sens, — et je ne serai pas le seul, je crois, de cet avis, parmi les membres de la Société, — il excuse trop l’habitude que l’on a prise de remplacer de nos jours tous les anciensnoms par des appellationsnouvelles. Il a fait avec esprit le procès du Paris antédiluvien de sa jeunesse, — c’est lui qui parle — mais j'avoue qu'il ne m'a pas convaineu quand il a plaisanté ces vieilles dénominations si pittoresques et si colorées, qui avaient leur charme, et dont le

moindre mérite était de rappeler à tous un passé disparu.

Prenant Paris dans sa constitution topographique, M. de Ménorval, dans son ouvrage Paris depuis ses origines jusqu'à nos jours, est appelé à parler du ruisseau qui prend sa source au bas des hauteurs deMénilmontant, passe au nord des grands boulevards, irrigue les cultures maraîchères des faubourgs Saint-Martin, Saint-Denis, Montmartre, Sant-Honoré et vient se jeter dans la Seine au bas de Chaillot. Au xvn° siècle, ce cours d’eau s’appelle le ruisseau des Porcherons ; en 1737 et 1750, revêtu de murs et voûté, il devient le grand égout. C’est sur ses bords, aux Porcherons, que Ramponeau tenait, vers 4760, le cabaret de la Grand’- Pinte.

Pour les temps préhistoriques, à l’époque de l’âge de pierre, notre savant confrère signale la découverte, à l'ile des Cygnes, d’une barque monoxile, c'est-à-dire creusée dans un seul tronc d'arbre.

Puis, lorsqu'il parle de l’étymologie du nom d’un quartier voisin, le Gros-Caillou, qui, d'après Jaillot, viendrait d’une borne servant de limite entre les seigneuries de Saint-Germain-des-Prés et de Sainte-Geneviève, dont nous dépendions, M. de Ménorval dit que cette pierre levée peut parfaitement avoir été une borne, après avoir été, dans le principe, un monument mégalithique.

Nous. en sommes bientôt à l’histoire de la Gaule et, ainsi, à une question qui a déjà été soulevée parmi nous : je veux dire la lutte sous Paris de Labiénus et de Camulogène. Au mois de mai de l’année 52 avant Jésus-Christ, tandis que César était occupé sous Gergovie par Vercingétorix, Labiénus, son premier lieutenant, fut chargé de s’emparer de Lutèce et de battre le chef des Parisii, le Gaulois Camulogène. Arrêté au bout de cinq marches, à son départ de Sens pour Lutèce, par la rive gauche de l'Yonne et de la Seine, Labiénus dut, le sixième jour, rétrograder jusqu'à Melun. Là, après un jour de repos, et devenu maître d'un équipage de pont, il reprit la route de Paris, par la rive droite, cette fois. Le huitième jour, Labiénus était campé vers le Châtelet; Camulogène, qui avait brülé Lutèce et coupé les ponts, était en face de lui, de l’autre côté de la Seine, vers le Luxembourg. Pressé par les mauvaises nouvelles qui lui arrivent de César, Labiénus se décide à une action immédiate ; il feint de remonter la Seine vers Juvisy ou Corbeil, tandis que le gros de ses troupes descend jusqu’à Auteuil. (V. plus loin p. 492.)

Le neuvième jour, vers trois heures du matin, sub Luce, les Romains passent le fleuve et, au point du jour, la bataille s'engage. dans la plaine de Grenelle. Les Gaulois sont défaits et un instant poursuivis par la cavalerie romaine. Les troupes de Labiénus repassent la Seine sur le pont de bateaux d'Auteuil et reprennent par la rive droite la route de Sens. Camulogène avait été tué dès le début de l’action. M. de Ménorval voudrait lui voir élever une statue, dominant la Seine, à la pointe occidentale de l’île des Cygnes. La Société pourrait, lors de la construction prochaine du pont Mirabeau, reprendre l’idée de M. de Ménorval, en demandant que la statue du chef gaulois soit érigée sur ce point de notre territoire. Grâce au do:

cument nouveau que nous apporte M. de Ménorval, voici un chapitre romain à ajouter à l’histoire d'Auteuil. Puisse-t-il tenter un de nos confrères !

Nous passons vite sur étymologie que l'historien attribue à Passy. Pacciacus, dit-il, serait le domaine d'un Gallo-Romain, nommé Paccius. Il nous appartient de lui signaler, sans prendre parti, une autre étymologie : Passus ad aquas, puis Passy-les-Eaux, et aujourd'hui encore le passage des eaux.

Nous arrivons ainsi à cet aqueduc d'Auteuil qui fut coupé par les Normands, lors du fameux siège de 886. « Dès le milieu du m° siècle, dit M. de Ménorval, un aquedue conduisait les sources d’Auteuil à quelque grand établissement thermal situé dans le profond déblai qu'occupe aujourd’hui le Jardin du Palais-Royal, au-dessous des rues de Richelieu, des Petits-Champs et des Bons-Enfants. »

J'aborde, enfin, la question de l'emplacement de la Justice des Génovéfains, seigneurs d'Auteuil, et c’est ici qu’éclate l'importance des sociétés historiques comme la nôtre qui, dès leurs premiers jours d'existence, peuvent apporter à des ouvrages aussi consciencieux que celui que j'étudie un supplément d'informations. M. de Ménorval rapporte qu’en 4995 le bailli de l’abbaye de Sainte-Geneviève condamna à être enterrée vive une femme accusée de vol, Marie de Romainville. Sept ans après, Amelotte de Cbristeuil subit la même peine pour avoir dérobé une cotte et quelques bijoux. Notre histoire locale nous apprend qu'Auteuil avait le triste privilège, dû sans doute à son éloignement de Paris, d'être le théâtre de ces cruelles exécutions. Les fourches d'Auteuil, d’aprèsles anciennnes cartes, étaient sur la route de Versailles, et c’est encore là qu'était la potence qui fut détruite lors de la Révolution. Quant à la justice de l’évêque de Paris, elle était à Saint-Cloud, Philippe-Auguste ayant défendu au prélat par l'accord de Melun (1229) de faire exécuter dans la banlieue même de Paris.

(Extrait de documents déposés en 1892 par M. Antoine Guillois sur le bureau de la Sociélé historique d'Auteuil et de Passy.)

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