‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 133 sur 329 · HIS · texte numérisé non relu

HIS

TOIRE DU XVI*

Elle loua alors un appartement dans la rue Ventadour, et c’est là que, dans l'oubli, elle mourut d’un cancer au sein en 1759.

M. de La Pouplinière, assez vite consolé de ses déboires, avait repris son train de vie habituel, rouvert au printemps son salon de Passy, réinstallé son orchestre réputé le meilleur d'alors, et son théâtre sur lequel on ne jouait que des comédies de sa façon, et où brillait souvent un essaim de jolies danseuses de la Comédie Italienne, sous la conduite de Deshayes, excellent acteur comique, et compositeur de ballets.

il lu prit la fantaisie un peu tardive de se remarier. Cette union ne fut guère plus heureuse que la première.

Au mois de janvier 1762, nouvelle disgrâce. Il fut rayé de la liste des fermiers généraux, et, de chagrin, mourut à la fin de la même année, le 5 décembre (1).

Cinq jours après, Bachaumont écrivait ainsi son oraison funèbre : « Les Muses pleurent depuis quelques jours la mort d’un de-leurs nourrissons et de leurs protecteurs en même temps. C’est M. de La Pouplinière. Son nom, à jamais fameux dans les

Le Riche de La Pouplinière.

Tous les ans, le jour de la fête de l’Annonciation, fête patronale de Passy, il mariait six filles pauvres de la localité, les habillait, les dotait d’un trousseau et d’une somme de 500 livres. Le soir, il y avait grand bal dans son pare, ouvert à tous les habitants de la commune ; c’était pour lui, tout compris, une dépense d'environ 6.000 livres.

Au résumé, ce riche financier, de bonne mine et de manières aimables, fit beaucoup de bien dans sa vie. Mme de Genlis (1), qui avait demeuré chez lui, avec sa mère, pendant toute la belle saison de 1759, fait de lui le plus grand éloge. En 1760,

) Voir ci-aprè par M. Wahl (p.

la biographie de Mme de Genlis

fastes littéraires, va sans doute s'accroitre par l'impression de ses ouvrages, qui sont en grand nombre (2). On ne doit jamais oublier sa munificence envers les ai tistes. Un orchestre entier se trouve dispersé par 1. perte de cet Apollon. » Et, trois semaines plus tad, il lui composait cette épitaphe :

existe un por ; enté ass sur une table

rait de M. de La Pouplià mi-corps, effeuillant des e ur u Cette pièc are et de format in-folio. a été fort bien se par Balechou, d’ap Viger, et c’est d'après elle qu'a élé dessinée la reproduction que nous en donnons.

(2) L'espoir plus ou moins réel de Bachaumont ne se réalisa pas,

Sous ce tombeau, repose un financier; Il fut-de son état l'honneur et la-critique ;

Un mois après sa mort, sa veuve accoucha d’un fils dont on lui disputa la paternité, ce qui donna lieu à un procès fameux et à cette nouvelle et très méchante épitaphe :

Pour être auteur, ci-git qui paya bien :

C'est la coutume,

L'ouvrage seul qui ne lui coûta rien est sin posthume.

Mais, malgré tout, les droits de l'enfant furent enfin reconnus juridiquement. Tout est bien, dit-on, qui finit bien (1).

Léororn Mar.

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