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VENTE DES BIENS NATIONAUX DE NOTRE RÉGION SOUS LA RÉVOLUTION

En 1788, les économies s'imposant, Louis XVI ordonna, par un édit, la vente ou la démolition des châteaux de la Muette et de Madrid, dont l'entretien et la garde étaient fort coûteux. Ni la vente ni la démolition n’eurent lieu, peut-être faute d’acquéreurs acceptables ; seule une partie du pare de la Muette fut vendue en 1791, défrichée et convertie en carrière. Le 48 janvier 1793, une affiche in-folio, placardée en divers endroits et notamment dans notre région, pour l’adjudication définitive des biens nationaux, annonçait la vente de la maïson possédée par les Minimes des Bonshommes de Passy, el des maisons dé la Cure et de la Muette. Le couvent des Bons-

(1) Louis-Philippe-Joseph d'Orléans, dit Phie-Egalité, père du roi Louis-Philippe,

La lettre du marquis d'Arlandes à Faujas de Saint-Fond a été donnée en entier dans le Magasin pittoresque, &. XV (1847), pp. 258 el 259.

hommes et ses dépendances, le tout d’une contenance de neuf arpents, ne furent vendus que 6.000 livres. De la Muette, on fit deux lots ; l’un, comprenant le pavillon de gauche et les communs y attenant, fut adjugé à un particulier, et, faute d’acquéreur, le reste de l'habitation royale et une grande partie du parc restèrent propriété de l'Etat, qui, sous le Directoire, les loua à Talleyrand. Le 27 mars suivant, on mit en vente le domaine de Madrid, qui fut adjugé pour 648.201 livres en assignats, représentant 200.000 francs en argent. Le château seul avait coûté plus de sept millions de francs ! Vers cette époque on démolit aussi l’abbaye de Longchamp; mais la ferme, d’une contenance de 174 arpents, et son moulin à vent furent cédés pour 90.000 livres.

Par contre, un décret de la Convention du 46 floréal an I (lundi 5 mai 1194, vieux style) le citoyen Carnot présidant — décida que les châteaux et jardins ci-devant royaux ou princiers de Versailles, Bellevue, Saint-Cloud, Monceau, le Raincy, Sceaux, l’Ile-Adam, Vanves, ainsi que celui de Bagatelle au bois de Boulogne, ne seraient pas vendus, mais conservés et entretenus aux frais de la République, pour servir aux jouissances du peuple, ou former des établissements utiles à l’agriculture ou aux arts. Un peu plus tard, malgré ce décret, Bagatelle fut vendu comme domaine national, et ne rentra dans les possessions de la Couronne que sous Napoléon, qui lacheta peu de temps avant la campagne de Russie.

LéoPorr Mar.

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