‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 16 sur 329 · RUE FRANKLIN · texte numérisé non relu

RUE FRANKLIN

L'architecte Robert de Cotteet son fils, tous deux premiers architectes du roi, eurent un hôtel important dans la rue Raynouard, à l'angle de la ruedes Vignes, depuis 1720 environ; Robert de Cotte y mourut en 1735, et son fils en 1767.

Aux n° 73 et 75 actuels se trouvait autrefois la maison des gardes, que le fabuliste Florian habitait accidentellement, quand la princesse de Lamballe séjournait à Passy, dans sa maison de plaisance de la rue Berton, ou lorsque

(Robert de Cotte.)

le duc de Penthièvre habitait le château de M. de Boulainvilliers, que ce dernier lui avait cédé à vie (1).

J'ai rappelé ci-dessus le séjour de Franklin à Passy, rue Raynouard : c'est pour en conserver le souvenir qu'un arrêté du conseil général de la commune de Passy, en date du 3 septembre 1791, a donné le nom de rue Franklin à une rue du voisinage, qui s'appelait « rue Neuve-des-Minimes », et occupait l’emplacement d’un ancien chemin, marqué sur le plan de Verniquet (1789), ainsi

(1) La famille Glachant, qui s’est illustrée dans l'Université, à habité la rue Basse, ainsi que les peintres François Desportes eL Noël Hallé.

Eugène Manuel a demeuré au n° 6 de la rue Raynouard.

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que sur celui de Roussel (1731), et reliant le carrefour de la Montagne (carrefour de Passy) à la barrière Sainte-Marie, nommée plus tard barrière Franklin (place du Trocadéro).

Benjamin Franklin (1706-1790) était imprimeur à Philadelphie en 1729 et publia le Bonhomme Richard en 1732; député de la Pensylvanie au Congrès, il s'y déclara en faveur de l'indépendance des Etats-Unis; chargé de solliciter l'appui de la France, il obtint de Louis XVI un traité d'alliance en 1778 et fut en 1783 un des signataires du traité de paix de Paris, consacrant l'indépendance de sa patrie. 11 mourut président de l'État de Pensylvanie; on prit le deuil pendant un mois aux États-Unis d'Amérique et pendant trois jours en France (1).

En 1790, la largeur de la rue Franklin a été fixée à 11",70 ; la commune y a établi des trottoirs en 1844. Cette rue fut classée comme annexe de la route départementale n° 2, de Paris à Saint-Cloud; à son origine, le sol a été abaissé en 1849, lorsqu'on a opéré le raccordement du débouché de la nouvelle direction de cette route avec les diverses voies aboutissant au carrefour de la Montagne (carrefour de Passy) ; elle a été remise en état de viabilité, aux frais du département de la Seine, en 1853. La Ville de Paris y a installé des becs à incandescence en 1900 (2).

Le général Faron habitait le n° 25 de la rue Franklin et y est mort le 21 novembre 1881, à l’âge de soixante et un ans. La mairie de Passy a été pendant plus de trente ans au n° 3 de la rue Franklin; une délibération du conseil municipal du 25 avril 1828 autorise, moyennant un loyer annuel de 800 francs, la location de trois pièces de plus dans cette maison, dont M. Augé de Fleury, maire de Passy, était propriétaire et où étaient installés les services de la mairie. Le peintre Debucourt a demeuré rue Franklin.

Joseph-François Michaud, auteur de l'/Jisloire des Croisades, membre de l'Académie française en 1813 et de celle des inscriptions et belles-lettres en 1837, né en 1767, fut un des fondateurs de la Biographie universelle et du journal /a Ouolidienne. Sa santé étant devenue précaire, il vint se fixer, en 1832, avec son jeune ami et collaborateur Poujoulat, à Passy; il y habitait une modeste maison avec jardin au n°18 actuel de la rue Franklin ; il y mourut en 1839. De nombreux amis, parmi lesquels Châteaubriand, assistèrent à ses obsèques ; {a Quolidienne ouvrit une souscription pour lui élever le monument qui se trouve au cimelière de Passy.

H. de Riancey, député et publiciste, a habité, vers 1857-1858, le n° 20 de cette rue.

Sous le second Empire, on avait projeté de remplacer la rue Franklin par une large avenue, débouchant sur la place du Trocadéro ; mais ce projet n'a pas été réalisé.

La rue Vineuse, qui forme un coude à la hauteur du n° 95, a été percée, avec une largeur de 9%,60, vers la fin du xvur siècle : elle tire son nom d'anciennes vignes qui appartenaient au couvent des Minimes ou

(1) Voir l’article de M. Edmond Wahl intitulé: « Beaumarchais chez Franklin à Passy», 3 décembre 1777 (p. 87 du IVe volume du Bulletin).

(2) L'acquisition par expropriation de l'immeuble sis rue Franklin, n° 2, à l'angle de cette rue avec le boulevard Delessert, sera nécessaire pour lPexéculion de la partie du métropolitain comprise entre la place du Trocadéro et la gare de Lyon.

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