‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 18 sur 329 · RUE DES VIGNES · texte numérisé non relu

RUE DES VIGNES

portant le même nom, l'arrêté préfectoral du 1° février 1877 a rétabli l'ancien

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(Collection de M. Ém, Potin.

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nom de la rue des Vignes, après que l'autre rue portant également ce nom fut réunie, comme il a été dit ci-dessus, à la rue Boiïs-le-Vent. M. Leblanc,

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vice-président du conseil général des ponts et chaussées, a habité le n° 65 de la rue des Vignes. Mlle Emilia Bigottini, qui s'était fait applaudir à l'Opéra de 1802 à 1822, vécut longtemps en son hôtel de la rue des Vignes et fit beaucoup de bien aux pauvres de Passy.

Le passage des Eaux (1) est étroit et coudé, à pente très rapide ; un escalier de 114 marches irrégulières y permet la circulation entre la rue aynouard et le quai de Passy. Il figure comme rue sur le plan de 1731 et tire son nom du voisinage des eaux minérales ferrugineuses de Passy. C'est une voie privée qui s'est nommée d'abord « la ruelle des Eaux » et ensuite le « passage des Anciennes-Eaux ».

Un décret du 2 octobre 1863 a réuni sous la seule dénomination de rue Berton deux rues qui figurent sur le plan de 1731, savoir : la rue de Seine (prenant naissance au quai, devant son nom au voisinage du fleuve, et dont la direction est perpenpiculaire à celle de la rue Raynouard) et la rue du toc, en équerre et débouchant sur la rue Raynouard ; cet ancien nom de rue du Roc est attribué à ce qu'un gros bloc de pierre se trouvait dans cette section, ou à ce qu’elle aboutissait au point culminant de la montagne, ou roc. La dénomination actuelle a été donnée en mémoire du compositeur Henri-Montan Berton (1766-1844), qui entra, comme violon, à l'Opéra, à quinze ans, fut nommé professeur d'harmonie au Conservatoire, lors de sa création en 1795, dirigea l'Opéra italien de 1807 à 1809 et fut nommé membre de l'Institut en 1815. Le père de Berton, qui avait été également compositeur, fut surintendant de la musique du roi.

Le côté gauche de cette ancienne rue de Seine était occupé par une propriété de Marie-Thérèse-Louise de Savoie-Carignan, princesse de Lamballe, amie de Marie-Antoinette et une des plus déplorables victimes des massacres de septembre 1792. Cette belle propriété avait d'abord appartenu à Geneviève- Marie de Durfort de Lorges, fille du maréchal de Lorges, belle-sæur du duc de Saint-Simon et veuve, depuis 1723, du célèbre duc de Lauzun. Après elle, le domaine fut acquis, le 9 septembre 1734, par la marquise de Saissac, fille de Louis-Charles d'Albert, duc de Luynes. Vint ensuite la nièce par alliance de la précédente propriétaire, la comtesse d'Egmont-Pignatelli, belle-sœur du maréchal de Richelieu; de son premier mariage elle avait eu, en 1748, Louis- Joseph-Charles-Amable d'Albert qui, devenu duc de Luynes et de Chevreuse, et pair de France, entra en possession de la propriété le 18 mai 1775 et la vendit, le 1° février 1783, à la princesse de Lamballe, veuve du fils du duc de Penthièvre, avec lequel elle pouvait communiquer aisément, puisqu'il habitait le château seigneurial de Passy, dont le parc avait une issue sur la rue Raynouard, à peu de distance de la rue Berton.

Le lendemain de la mort de la princesse de Lamballe, c'est-à-dire le 4 septembre 1792, on apposa sur sa maison de Passy les scellés, qui ne furent levés que le 3 avril 1793. La propriété, d’abord saisie et vendue comme bien d'émigrés, fut, après l'accord survenu en mai 1796 entre la République française et le roi de Sardaigne, remise le 12 janvier 1797 à Charles-Emmanuel de Savoie-Carignan, neveu et héritier de la princesse de Lamballe. Ne pouvant pas habiter ce domaine, il s'en défit le 8 août suivant en faveur du citoyen Joseph Baguenault et de sa femme, dans la famille desquels il resta

(1) Voir aux annexes (p. 364) l'article de M. Léopold Mar intitulé : «Le passage des Eaux ».

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