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PONT MIRABEAU

Le pont Mirabeau, qui se trouve à une distance de 530 mètres du pont de Grenelle et 994 mètres du viaduc d'Auteuil, à été établi pour faciliter les relations d'Auteuil avec le quartier de Javel; il dessert,surla rive droite, les rues Benjamin-Godard, Mirabeau et de Rémusat. IL a une longueur de 173 mètres et une largeur entre garde-corps de 20 mètres (2).

Les données imposées pour la construction de cet ouvrage étaient difficiles à concilier : d’une part, l'intérêt dela batellerie exigeait une hauteur libre, sous l'arc, suffisante pour le passage des bateaux, même entemps de crue moyenne ; d'autre part, le niveau supérieur de la chaussée devait être placé très bas, en raison de la nécessité de raccorder, au moyen de pentes douces, les abords du pont avec les rues voisines sans modifier les niveaux des chaussées de ces rues ; enfin, du côté de Javel, il fallait franchir le chemin de fer des Moulineaux aux Invalides, en laissant au-dessus du rail une hauteur libre de 4 m. 80, pour le passage des trains. Comme il n’était pas admissible de couper la perspective de la Seine par des poutres régnant au-dessus de la chaussée du pont, la seule solution possible était un grand arc très surbaissé.C'est ainsi qu'on a été conduit à laisserun intervalle de 400 mètres entre les axes des deux piles, à réduire la flèche à 5m. 50 et à adopter pour cet ouvrage métallique, projeté par M. Résal, ingénieur en chef des ponts et chaussées, des dispositions nouvelles qui présentent une certaine

(1) Les travaux ont élé faits par la maison Cail,

sous la direction de MM. Vaudrey, ingénieur en chef, Pesson, ingénieur, et Warest, conducteur des ponts et chaussées.

(2) Le pont Mirabeau comporte une chaussée mètres pavée en bois et deux trottoirs de 4 mètres ; il se compose d'un grand are central de 93 m. 20 et de deux travées latérales de m. 40 d'ouverture.

analogie avec celles usitées depuis quelques années aux Etats-Unis d'Amérique ; elles ont excité l'attention des ingénieurs français et étrangers et ont fait l’objet d’une étude détaillée et très élogieuse dans l’Engineering des 12 et 19 juin 1896. Elles consistent principalement dans l’adoption d'un système articulé (1), susceptible de légers mouvements par rotation, tandis que les ponts métalliques construits en Europe sont généralement rigides et d'une forme invariable. La vue de cet ouvrage ne permet pas de bien se rendre compte de son système de construction ; car toutes les articulations sont cachées.

Les garde-corps sont supportés par une corniche en fonte moulurée, qui fait une saillie très prononcée sur les parois de l'arc, continue le couronnement en pierre de taille des culées et est ornée de consoles. Ils sont interrompus à la clef, au droit de l'articulation ; mais la solution de continuité est masquée par un écusson en bronze.

Les deux piles-culées ont été fondées à l’air comprimé, sur la craie compacte située à environ 16 mètres au-dessous de leur couronnement ; elles sont ornées de statues en bronze dues au ciseau du sculpteur Injalbert et fondues dans les ateliers de MM. Thiébault frères. Les deux culées sont fondées sur pilotis ; les parements vus des deux

(1) Le pont Mirabeau est un ouvrage à trois articulations en acier: une sur chaq pile et la troisième au sommet de l'arche centrale C'est par l'intermédiaire de cetle dernière arti ation que s'archoutent les demi-ossatures symétriques qui constituent l'ouvrage. Chaque de ossature se compose de sept poutres équilibrées en acier dont la partie supérieure est rectiligne ; la partie inférieure affecte, à l'intrados, la forme de deux demi-paraboles. C poutres reposent sur la pile par l'intermédiaire d'une rotule a manière d'un fléau de balance. Toutefois, la ée (ou bras correspondant à la demi-partie placée au-dessus du milieu de la rivière) est à la fois plus lor et plus pesante que la culasse (ou bras de rive), de telle sorte que l'excès de charge, à l'articulation du sommet de l'arche centrale, développe une poussée vers la rive sur la pile-culée, dont les dimensions ont été calcul en conséquence.

Pour les culasses, la chaussée repose sur des voûtes en briques, tandis que pour la travée cen= trale, elle est portée sur des tôles beaucoup moins lourdes que ces voûtes. En augmentant ainsi le poids permanent de la culasse, on se rapproche de l'équilibre, ce qui diminue considérablement les poussées et permet d'admettre un t grand surbaissement du pont, sans que les réactions horizontales, transmises toujours dans le même sens aux maçonneries, dépassent les limites acceptables.

Si l'extrémité de la culasse était libre, une élévation quelque peu importante de la température se traduirail par une montée licale de la clef, tandis que l'extrémité opposée de la clef s'abaisserait d'une quantité correspondante, rme tournant légèrement sur sa rolule ; ce mouvement la rupture de la chaussée, On y a ant porter l'extrémité de la culasse sur une ti ticulée et ancrée dans la maçonnerie de la cu âce à ce dispositif,quand la témpérature s'élève, chaque poutre peut prendre l'allongement que lui impose la dilatation, en inclinant cette lige vers l'a >, Mais sans changement notable du niveau de la culasse. Les températures extrèmes admises pour le calcul de ces bielles sont — 16° et + 36° La cha nente de la culasse est réglée de que, le thermomètre marquant la température moyenne de 10°, le pont soit en équilibre, comme si ja liaison avec les culées n'existait pas.

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piles sont en granit de Cherbourg et ceux des culées en pierre calcaire.

On a terminé en 1896 le pont Mirabeau, qui constitue une œuvre hardie en raison de la grande ouverture de l’arc central et de son surbaissement d'un seixième. C’est dans notre arrondissement qu'on a fait la première application en France de grands arcs équilibrés, à trois articulations et à culasses compensatrices, ancrées dans les culées (1). La dépense du pont Mirabeau s’est élevée à 2.090.495 francs; on y a établi un pavage en boi

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