RUE DE LA TOUR
La tour de la rue de la Tour.
(Archives de la Société.)
(1) La longueur des parties sous-minées du sol de la rue de la Tour qui ont été consolidées de 1806 à 1809 et en 1886, entre le carrefour de Passy et le n° 119, s'élève à 44h mètres. La distance du sol au ciel de la carrière est de 3,65 à l'escalier placé à
boulevard Lannes ; la partie de cette rue comprise entre l'avenue Henri- Martin et le boulevard Lannes a reçu, en 1896, le nom de rue Adolphe-Yvon, en mémoire du peintre Adolphe Yvon (1817-1893), qui y a eu son atelier pendant les vingt-cinq dernières années de sa vie. Il était élève de Paul Delaroche, a fait des tableaux d'histoire, quelques belles toiles religieuses et des portraits. Il fut le seul artiste attaché officiellement à l'expédition de Crimée; il exposa, au salon de 1857, la Prise de Malakoff, tableau qui avait été commandé pour les galeries de Versailles et qui valut à son auteur la médaille d'honneur. La maison d'Adolphe Yvon, qui porte le n° 16, est décorée au sommet, au-dessus du second étage, d'un médaillon qui représente Michel- Ange et au-dessus duquel est un bas-relief composé d'une palette, avec appuiemain, entourée de palmes et de lauriers. Deux orandes frises émaillées, surmontées d'un cartouche sculpté, accompagnent le médaillon, à droite et à gauche, et deux bustes à l'antique, placés aux angles du bâtiment, en complètent la décoration.
Le théâtre Rossini avait été établi au coin de la rue de la Tour et de la rue des Sablons (aujourd’hui rue Cortambert); il fut inauguré le 26 mars 1867; on y jouait des drames, des comédies et des vaudevilles ; il a cessé d'exister en 1876.
Le comte Portalis, homme d'État et ancien ministre, mourut, en 1858, dans sa propriété du n° 62 ancien de la rue de la Tour (78 actuel), qu'il habitait depuis longtemps. La rue des Sablons (rue Cortambert) a été ouverte sur le milieu du pare de cette propriété. Le docteur Ed. Bamberger, député de Metz, puis de la Seine après 1870, habite encore la maison n° 78.
Mme Montigny, dite Rose Chéri (1), célèbre actrice et femme du directeur du théâtre du Gymnase, mourut, en 1861, au n° 75, dans l'hôtel qu'elle habitait depuis plusieurs années avec son mari, qui y mourut également en 1880. Le général Jomini demeurait rue de la Tour en 1864 (2).
Villemain, homme de lettres et ancien ministre de l’'Instruction publique, mort en 4870, avait habité, pendant bien des étés, l'hôtel du n° 86, où se trouve la tour; cet immeuble est occupé par une institution de jeunes filles.
Le célèbre chanteur Duprez (4806-1896) s'est éteint dans la maison n° 119 de la rue de la Tour, qu'il habitait depuis cinq ans.
Mme Claude Vignon (Mme Rouvier), romancier et sculpteur, fit construire en 1866 un hôtel, au n° 452 de la rue de la Tour, qu'elle habita jusqu'à sa mort, en 1888. Cet hôtel se trouve dans la partie qui est actuellement nommée « rue Adolphe-Yvon » et porte le n°6 de cette dernière rue; il avait été endommagé pendant le siège de Paris (3). On voit sur la façade de cet hôtel un grand et
l'angle de la rue de Passy, 11,65 à l'angle de la rue Cortambert, 8,45 au puits de service près de la rue Desbordes-Valmore, 8,15 à l'angle de la rue Eugène-Delacroix. La hauteur des galeries d exploitation est de 1,95 près de la rue de Passÿ, 4 mètres près de la rue Cortambert, 2,95 près de la rue Desbordes-Valmore, 4 mètres près de la rue Eugène-Delacroix.
F (1) Voir aux annexes (p.383) l'article de M. Léopold Mar, intitulé : «Rose Chéri, M. Montignÿ ».
(2) La Société historique d'Auteuil et de Passy a demandé que le nom du poète Eugène Manuel, son ancien président, soit donné à la partie de la rue de la Tour comprise entre la rue de la Pompe et l'avenue Henri-Martin.
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(3) Voir aux annexes (p. 385) l'article intitulé : « Les Ruines de 1870-1871 au Point-du- Jour, à Auteuil, à Passy et au Trocadéro ».
RUE DECAMPS 67 beau bas-relief, qui a été exécuté entre les deux fenêtres du premier étage, par Mme Claude Vignon ; c'est une imitation du bas-relief qui orne l’attique de la fontaine Saint-Michel.
Le comte Xavier de Montépin, né en 1824, fut d’abord journaliste : il fonda en 1848 le Canard, qui fut supprimé, puis % Lampion, où Villemessant, le futur directeur du Figaro, écrivait des nouvelles à la main. Les Filles de plâtr e commencèrent sa célébrité en 1855; il a tiré de son roman {a Porleuse de pain, un mélodrame qui eut un succès colossal. Jamais homme n'a écrit autant de volumes : il en a publié plus de cinq cents; ses romans-feuilletons eurent un grand succès. Un incendie détruisit en 1881 son hôtel et ses précieuses collections; il avait fait reconstruire, rue Adolphe-Yvon n° 12, son hôtel et Y mourut en 1902.
La villa Guibert, récemment établie, a son entrée au n° 83 de la rue de la Tour. (Pour M. Guibert, voir p. 424.)
La rue Eugène-Delacroix et la partie de la rue Decamps comprise entre l'avenue Henri-Martin et le rond-point de Longchamp occ upent l’emplacement d'un chemin qui figure sur les plans de 1731, sous le nom de chemin de Versailles. Ce chemin, qui traversait la plaine de Passy, prit le nom de chemin ou rue de la Croix, parce qu'une croix avait été plantée à l'angle de la rue de Longchamp. Le 1% mars 1825, le conseil municipal de Passy, délibérant, en exécution de la joi sur les chemins vicinaux, sur la reconnaissance et la fixation de la largeur des rues destinées à remplacer d'anciens chemins, demanda que la rue de la Croix füt classée comme chemin vicinal. Le tableau joint à cette délibération porte qu'une largeur légale de 10 mètres est proposée pour la rue projetée; qu'elle ira de la rue de Longchamp à la rue du Moulin-dela-Tour (rue de la Tour), qu'elle remplacera le chemin de la C roix, ayant 7 mètres de largeur, et que ce chemin tire son nom d’une croix qui existait autrefois à sa jonction avec la rue du Moulin-de-la Tour et qui a été détruite pendant la Révolution. La rue de la Croix fut, en effet, classée comme chemin vicinal par l'arrêté préfectoral du 6 juillet 1825
L'élargissement de la rue de la Croix à 10 mètres ne fut réalisé qu’en 1848 on exécuta à la même époque une rectification de cette rue, pour la Fe aboutir au point d’intersection de la rue de la Pompe et de la rue de la Tour (section comprise actuellement entre cette rue et l'avenue Henri-Martin). C'est en 1853 et 1854 qu'on régularisa l'échange entre la commune de ?assy et la Société Malézieux, pour la substitution de la rue de la Croix et de plusieurs autres rues à d'anciens chemins.
Le décret du 24 août 1864 a donné le nom de rue Decamps à cette rue de la Croix, en mémoire du peintre Alexandre-Gabriel Decamps (1803-1868), dont la veuve habita longtemps cette rue et mourut, en 1888, dans la maison n°2 de la rue Largillière. Decamps a emprunté les sujets de plusieurs de ses tableaux aux mœurs orientales (Paysages d'Analolie, Anes d'Orient, Café ture, Grand Baz ar, lalle de cavaliers arabes); il a peint aussi des tableaux d'histoire (Moïse sauvé des eaux, Défaile des Cimbres) et des scènes où figurent des animaux de toutes sortes : Singes experts (satire du jury de l'Académie de peinture), Le Singe au miroir, Singes boulangers, etc. Il a obtenu une première médaille en 1834. Il est mort à Fontainebleau d’une chute de cheval,
Bressant, excellent acteur du Théâtre-Français, habitait la rue De camps, au n° 11 ancien, vers 1857-1860.
Les trottoirs réglementaires ont été construits, en 1899, à la rue Decamps (1) des n°1 à 5 etdesn®6à10. Leconvertissementen pavage en bois a été opéré, éga-
(Collection üe M. Chandebois.}
lement en 1899, pour la partie de cette rue compriseentrele rond-point de Long-
(1) I s'est produit autrefois de nombreux fontis (éboulements occasionnés par les excavations des anciennes carrières) dans la partie de la rue Decamps située entre le