DE LA SOCIÉTÉ BISTORIQUE D'AUTEUIL ET DE PASSY
Le dimanche 13 octobre dernier, a eu lieu, favorisée par un temps superbe, la première promenade historique de la Société. Elle était présidée par M. Eug. Manuel, notre président, et dirigée par M. Ant. Guillois.
S’étaient fait exuser de ne pouvoir y prendre
(1) Discours prononcé à l'inauguration de la statue de Volney à Craon, le 30 octobre 1898.
part: M. Seré-Depoin, président de la Société du Vexin français, retenu par un deuil cruel ; MM. Mareuse, Vaquez, Chapuy, Bagros, membres de la Société ; M. Lorin, secrétaire général de la Société archéologique de Rambouillet.
M. Lefebyre,;membre de cette dernière Société, avait bien voulu venir de Rambouillet pour se joindre à nous. M. Couet, archiviste adjoint à la Comédie-Française, secrétaire du Comité des Inscriptions parisiennes, avait également demandé à suivre la promenade.
Étaient présents: Mmes Eugène Manuel, la marquise de l'Eglise, Chochod-Lavergne, Brunet, Petrovith, Michel; Miles Pelingem, Gobé, Chochod- Lavergne, Vasticar, ete. ; MM. Eugène Manuel, le marquis et le comte de l'Eglise, Gobé, Bauche,
Couet, Vasticar, Petrovitch, de Méric, Gaston Le- -
moine, G&. Duchesne, le D' Henry, Escard, Michel, Pérois, Levassor, Besnard, Alfred Guillois, etc. En tout, soixante peronnes environ.
Se joignirent en cours de route à la réunion : MM. Barthélemy Raynaud et Fernand Bournon, puis M. Alfred Guérin, venu pour demander son inscription parmi les membres de la Société his torique (1).
A 1h. 35, la réunion quittait la place duMarché (ancienne propriété Boufllers) pour se rendre, presque en face, à la maison de Mme Helvétius, occupée aujourd'hui par l'Ecole normale israélite orientale.
Nous avons été parfaitement accueillis par M. Marx, directeur de cette institution. Dans la eour,M. Guillois a mdiqué l'emplacementexact et la distribution de l’ancienne habitation de Mme Helvétius. Il a rappelé les noms des hôtes célèbres de cette maison : Cabanis, Laroche, Morellet ; ceux des visiteurs habituels: Chamfort, Roucher, Diderot, Franklin. Tout ce que le xvri® siècle compta d'hommes illustres défila sous les ombrages de ce pare, où s'élèvent encore deux acacias qui ont vu cette époque déjà lointaine. En parcourant ces jardins où Bonaparte était venu et avait appris € tout ce qu'il v a de bonheur dans trois arpents de terre», M. Guillois a rappelé la journée du 18 brumaire, l'écho qu’elle eut dans la petite maison d'Auteuil, la visite du vainqueur de l'Italie ; il s’est étendu sur les habitudes généreuses et charmantes de Mme Helvétius, qui n’oubliait pas plus les habitants du village que ses oiseaux et ses chats.
Il a fait revivre les voisins de la propriété ; en face, de l’autre côté de la rue, c'était la comtesse de Boufllers ; à droite le château du Coq, quiappartint successivement à Louis XV, au bijoutier Strass, au ministre Joly de Fleury, au sénateur Le Couteulx de Canteleu; à gauche, c'est la maison et le pare des demoiselles de Verrières, où nous serons tout à l'heure. Au fond de la propriété, un pavillon construit pour Cabanis, habité par lui jusqu’en 1800 et qui ne fut démoli qu’en 1877, après avoir abrité longtemps la dépouille mortelle de Mme Hel- Yéllus, surnommée pour sa bonté inépuisable Notre-Dame d'Auteuil.
(1) Le Secrétaire général, retenu par un deuil de famille, ne pouvait rejoindre ses collègues que vers la fin de la promenade. :