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L'ÉCOLE JÉAN-BAPTISTE-SAY

Notre aimable collègue, M. Lévèque, directeur de l'Ecole, a adressé au Secrétaire général un exemplaire de son rapport au Comité de patronage.

C’est un devoir pour la Société de donner l’hospitalité de son Bulletin à cet important travail. L’Ecole Jean-Baptiste Say contribue au mouvement et à l’accroissement de la population d’Auteuil et du Point-du-Jour et à l'instruction de ses enfants.

L'Ecole occupe l’ancien château Ternaux, dont la cour d'honneur et le pavillon central disent en corele grand caractère. Cechäteau avait été trans formé successivement en une teinturerie, rattachée à l’industrie des châles Ternaux, puis en une institution libre, connue sous le nom de pension Lévêque, enfin en l'institution Notre-Dame-d’Auteuil, qui disparut après les événements de 1870.

Les bâtiments et les terrains furent achetés en 1879, sur la proposition de M. Gréard, alors directeur de l’Enseignement primaire de la Seine, et par l’entremise de M. Marguerin, administrateur des écoles municipales supérieures. En 1873 fut fondée l'Ecole primaire supérieure d'Auteuil par le Conseil général ; elle faisait partie d’un plan d'ensemble qui comprenait une école normale d’instituteurs et une école primaire élémentaire. Bientôt envahie, tant elle répondait aux besoins de la population, elle obtint son autonomie en 4875, fit retour à l’administration municipale et prit, le 40 juin 1876, le nom d’Ecole Jean-Baptiste-Say.

La propriété fut alors diviséeen deux parties à peu près égales: l'une, affectée à l'Ecole Say ; l’autre, à l'Ecole normale et à son annexe, construites aux frais du département de la Seine.

Les directeurs de l’Ecole Jean-Baptiste-Say ont été: M. Marguerin ; M. Coutant, professeur d'histoire au collège Chaptal, où il est retourné en 1888 comme directeur. C’est M. Lévêque, ancien professeur et préfet des études à l'école Turgot, puis directeur de l’école Colbert, qui la dirige aujourd’hui.

Pourloger les nombreux élèves qui s’inscrivaient à l'Ecole, il avait fallu construire des annexes un peu à la hâte. Un jour, on avait dû les étayer. Une reconstruction s’imposait. Elle fut décidée le 18 juillet et commencée le 48 décembre 1891.

La nouvelle Ecole, où le pavillon central, la cour d'honneur et les vieux arbres du pare seront seuls conservés, sera disposée pour recevoir 300 internes, 200 demi-pensionnaires, 100 externes surveillés, 100 externes boursiers. En raison de sa situation, c’est surtout à l’internat et au demipensionnat qu’elle doit sa raison d’être. En l’année 1891-1899, elle avait 434 élèves sédentaires et 242 externes.

Il a été fondé à l’école J.-B.-Say un certain nombre de bourses par la Ville de Paris, le département de la Seine et le général Mylius. En outre, grâce à la fondation de deux bourses spé ciales, de 1.500 francs chacune, sept élèves ont été, depuis le mois d'octobre 1889, envoyés en Allemagne et en Angleterre. Cet exemple a été imité, à leurs frais, par quarante-cinq familles d'élèves appartenant à l'école.

Nous n'avons pas à faire ici l'éloge d'un enseignement qui est donné par des hommes comme M. Audra, Proust, nos collègues, etc., sous l’habile direction de M. Lévêque. Disons seulement comment se divise et à quoi peut mener cet enseignement.

Il se répartit en sept années. Dans les trois premières, les programmes sont ceux des écoles communales, avec cette différence que, dès la première année, les élèves ont été initiés à l'étude des langues vivantes. Cette période est close par l'obtention du certificat d’études primaires (de 8 à 12 ans). 1

L'enseignement primaire supérieur, qui vient ensuite, comprendtrois années normales d’études. Dans les deux premières, consacrées aux notions générales, les aptitudes des élèves se révèlent, les professeurs les constatent. En troisième année commence la spécialisation des études,et les élèves

se partagent entre la section industrielle et la section commerciale.

Des sections de préparation aux Ecoles d'Arts et Métiers sont annexées au cours de l’enseignement primaire supérieur.

Enfin, la septième année, où le niveau élevé des études s'explique par la présence de boursiers ayant chaque année justifié de leurs aptitudes et de leurs progrès, est partagée en trois sections: industrielle, commerciale, préparatoire à l'Ecole centrale des Arts ét Manufactures.

En résumé, l'Ecole J.-B.-Say, véritable école préparatoire, forme des candidats au baccalauréat de l’enseignement secondaire moderne, à l'Ecole centrale, à l'Ecole de physique et de chimie, aux Ecoles des Arts et Métiers. Elle complète l’instruction commerciale ou industrielle de ceux qui veulent entrer dans le commerce, dans l’industrie, ou s'associer immédiatement aux travaux de leurs parents.

Dans ces dernières années, quelques élèves ont même été admis, grâce à un concours de circonstances spéciales, à l'Ecole polytechnique, à Saint- Cyr, à l'Ecole navale. Mais, en principe, l’école Say ne peut conduire les élèves qu’au baccalauréat; ils vont ensuite achever leurs études dans les collèges municipaux, où sont organisés des cours spéciaux préparatoires à ces Ecoles.

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