‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 31 sur 329 · RUE KEPPLER · texte numérisé non relu

RUE KEPPLER

13,64. On lui donna, ainsi qu'à la première partie, dont elle formait un prolongement, le nom de rue de Lubeck, pour rappeler la victoire remportée, les 6 et 7 septembre 1806, par les Français sur les Prussiens, commandés par Blücher.

Par suite du percement de l'avenue Kléber et de l'avenue d’Iéna, la fraction de la rue de Lubeck comprise entre la rue de Magdebourg et l’ancien boulevard de Longchamp a été supprimée et son emplacement se trouve confondu dans la place du Trocadéro et dans la partie de l'avenue qui s'étend de cette place à la rue de Magdebourg ; il ne restait donc plus de la rue de Lubeck que le tronçon compris entre la rue de Magdebourg et la rue Boissière.

Le décret du 17 septembre 1864 a prescrit le redressement et l'élargissement à 13 mètres de la rue de Lubeck, ainsi que son prolongement jusqu'à l'avenue des Champs Élysées ; un autre décret du 24du même mois (1) a sanctionné le traité passé entre la Ville et la Société Thome pour l'exécution de ces dispositions. En vertu d’un décret du 2 mars 1867, la partie de ce prolongement comprise entre la rue Boissière et la place d'Iéna a reçu le nom de rue de Lubeck, et la section comprise entre la place d'Iéna et l'avenue des Champs-Élysées à été dénommée rue de Bassano. Par suite de ces diverses transformations, la rue de Lubeck n’a plus aujourd’hui que 490 mètres de longueur. L'hôtel du ministre du royaume du Portugal est situé au n° 38 de cette rue, où se trouve, au n° #, l'institution des dames de l’Assomption, édifiée par MM. Revoil et Moret, avec façade romane à trois étages, garnie de fenêtres géminées.

La rue Keppler, qui n'a que 108 mètres de longueur, est la partie restante d'une ruelle de 240 mètres de longueur, qui fut tracée en 1792 de la rue de Chaillot à la rue du Chemin-de-Versailles {aujourd'hui rue Galilée) et porta d'abord le nom d’« Hébert », ensuite celui de « Sainte-Périne » (en raison du voisinage de l'abbaye du même nom, établie alors rue de Chaillot) qui fut dénommée « Sainte-Geneviève » en 1806, parce que les bâtiments de ladite abbaye avaient été précédemment occupés par les chanoïnesses Augustines, dites de Sainte-Geneviève. La rue Sainte-Geneviève a été classée par une décision ministérielle du 2 août 1816, qui lui a assigné une largeur de 8 mètres, portée à 10 mètres par un arrêté du président du conseil des ministres, chef du pouvoir exécutif, en date du 17 août 1848.

La partie de la rue Sainte-Geneviève comprise entre la rue de Chaillot et l'impasse des Jardins (aujourd'hui rue de Bassano) a été supprimée vers 1864, etson emplacement est entré dans celui de l'avenue Joséphine (aujourd'hui avenue Marceau) et de la rue de Bassano. Le nom de rue Keppler a été donné à la partie restante, par le décret du 24 août 1864, en l'honneur de l'illustre astronome Jean Keppler (1571-1630), à qui on doit les lois du mouvement des astres. Il alla, en 1600, se fixer auprès de Tycho-Brahé à Uranienbourg, pour faire des observations astronomiques, le remplaça ensuite à Prague comme astronome de la cour, obtint de Rodolphe le titre de mathématicien de l’empereur d'Allemagne avec un traitement, fut professeur à Lintz et mourut à Ratishbonne. Il établit le système de Copernic sur des bases solides et découvrit en 1618, après de longues recherches, les trois lois qui portent son nom

(1) La Société Thome et Cie était rémunérée de ses travaux par une subvention municipale de 875 francs par mètre superficiel de terrain livré à la voie publique.

et qui définissent les mouvements des corps célestes. Il ne laissa que vingt deux éeus, deux habits etzune seule chemise.

La rue du Bouquel-de-Longchamp doit son nom à un ancien bouquet d'arbres qui existait au village de Longchamp, territoire de Longchamp. Le plan de Verniquet(1789) l'indique sans dénomination. Sa largeur a été fixée à 8 mètres par une décision ministérielle du 18 juin 1817, et à 10 mètres par un décret du 17 août 1848.

Lesol de la rue Bellini a été abandonné à la commune de Passy par M. Joyeux, son propriétaire, suivant acte du 41 juin 1823. Elle a été tracée, au canton de la Planchette, sur l'emplacement d’un chantier dit de la Planchette ou de la Marbrière. Elle avait en 1825 une largeur de 5",66 et a porté longtemps le nom de « rue de la Planchette ». Sa largeur a été fixée à 7 mètres par arrêté du 16 février 1856. Le décret du 2% août 1864 a donné le nom de Bellini à la rue de la Planchette, en mémoire du compositeur Vincent Bellini, né à Catane le 4° novembre 1802 et mort prématurément, le 23 septembre 1835, à Puteaux, après avoir fait représenter à Paris les opéras de Norma, la Somnambula, I. Puritani.

Par délibération du 44 mars 4895, le conseil municipal de Passy demanda que le chemin de la Pelouse, ayant précédemment de 6 à 10 mètres de largeur fût classé avec moindre largeur de 10 mètres. La rue fut, en effet, percée, avec 10 mètres de largeur, en 4895, sur une partie ‘du promenoir de Chaillot, ou pelouse de l'Étoile, et fut nommée « rue Neuve-de-la-Pelouse ». Cette rue, qui va de la rue Chalgrin à l'avenue de la Grande-Armée, n'a été achevée qu’en 1860; elle est desservie par une station du chemin de fer métropolitain. Le décret du 10 août 1868 l’a dénommée rue d'Obligado, en mémoire de la victoire remportée, le 20 novembre 1845, par la flotte anglo-française, sur les Argentins. L’ordonnance royale du 15 février 1846, qui a élevé le capitaine de vaisseau Tréhouart au grade de contre-amiral, sur le rapport de l'amiral commandant la station navale du Brésil et de la Plata, signale les actions d'éclat accomplies par le capitaine de vaisseau Tréhouart dans l'attaque du barrage et des batteries d'Obligado (Parana).

Quoique la rue Chalgrin ne soit pas très longue, son histoire est fort compliquée; elle se compose actuellement de deux parties formant équerre; celle qui va du coude à la rue Le Sueur s'est appelée « rue des Bouchers », et celle qui va du coude à l'avenue de la Grande Armée se nommait précédemment « rue de Bellevue ».

La première partie, aboutissant à la rue Le Sueur, est le restant de l'ancien chemin des Bouchers, qui allait autrefois jusqu’à la rue de Villejust et dont une partie assez élendue a été supprimée par suite du percement de l'avenue du Bois-de-Boulogne; celle que l’on à conservée avait été classée, comme « rue des Bouchers », avec moindre largeur de 8 mètres, par l’arrêté préfectoral du 46 février 1856. Un décret du 9 septembre 1861 a approuvé le redressement de cette rue des Bouchers et a autorisé la Ville à accepter la pro position qui lui avait été faite par le comte de Clermont-Tonnerre et M. Bigé de supporter tous les frais d'expropriation et de leur concéder, en retour, la partie supprimée de la rue des Bouchers, qu'ils ont réunie à leurs propriétés, en avançant leurs clôtures jusqu'à l'alignement du prolongement de la rue Saint-Ange (aujourd’hui rue Le Sueur).

La seconde partie de la rue Chalgrin, prenant aujourd'hui naissance à

RUE DE SAÏGON 87 l'avenue du Bois-de-Boulogne et formant un coude avec la première partie, est ce qui reste d'une rue qui commençait à la rue du Bel-Air (rue Lauriston), traversait l'avenue Victor-Hugo et avait été ouverte en 18%5, avec une largeur de 8 mètres, sur les terrains de la plaine de Passy; sa situation lui avait fait donner le nom de «rue de Bellevue »; des travaux d'assainissement et d'amélioration y ont été exécutés conformément aux délibérations du conseil munivipal de Passy en date du 1° août 1839 et du 10 novembre 18%5. Elle fut coupée par le percement de l'avenue du Bois-de-Boulogne, et, à la suite de ces travaux, la partie de la rue du Bel-Air comprise entre la rue Lauriston et l'avenue Victor-Hugo reçut la dénomination de « rue de Traktir ».

La dénomination actuelle de la rue Chalgrin lui a été donnée par le décret du 2 octobre 1865, en l'honneur de Jean-François-Thérèse Chalgrin (1739-1811), qui obtint le grand prix d'architecture en 1758, acheva l’église Saint-Sulpice, fit construire celle de Saint-Philippe-du-Roule. fut nommé membre de l’Institut en 1799 et chargé de l'érection de l'arc de triomphe de l'Étoile.

C'est à la hauteur de la rue Chalgrin que la Ville a fait construire, avenue du Bois-de-Boulogne, le monument de l'inspecteur général des ponts et chaussées Alphand, qui a tant contribué à l'embellissement de Paris et à la transformation du XVI° arrondissement ; sa statue (1) est entourée de celles de quatre collaborateurs : M. Huet, inspecteur général des ponts et chaussées en retraite; M. Bouvard, directeur des services d'architecture de la ville; M. Roll, peintre, et M. Dalou, sculpteur. Ce monument, élevé en l'honneur de l’organisateur des Expositions universelles de 1867, 1878 et 1889, a été inauguré avant l'ouverture de l'Exposition universelle de 1900, le 14 décembre 1899.

La rue de Traklir faisait autrefois partie de la rue de Bellevue, ouverte en 1825, comme il a été dit ci-dessus. Le décret du 2 octobre 1865 a donné le nom de Traktir à la partie de la rue de Bellevue comprise entre la rue de Lauriston et l'avenue du Bois-de-Boulogne ; l’autre partie de la rue de Bellevue porte actuellement le nom de rue Chalgrin ; enfin, un décret du 15 juin 1875 a déclassé et supprimé la partie de la rue de Traktir comprise entre la rue Lauriston et l'avenue Victor-Hugo; l'emplacement que cette partie occupait a été vendu à un propriétaire riverain.

Traktir est le nom d'un pont sur la Tehernaïa (rivière qui se jette dans la baie de Sébastopol), auprès duquel l’armée franco-sarde remporta une victoire sur les Russes le 16 août 1855.

. La rue de Saïgon a été percée, en 1824 ou 18%5, sur une partie du promenoir de Chaillot, ou pelouse de l'Étoile, avec une largeur de 10 mètres, et prit d'abord le nom de «rue de la Pelouse ». Le nivellement général de cette rue fut autorisé par une délibération du conseil municipal de Passy du 10 avril 1851. Sa dénomination actuelle lui a été donnée par le décret du 10 août 1868, en mémoire de la prise de Saïgon, capitale de la Cochinchine, le 17 février 1859. La rue de Saïgon a été munie, en 1899, de trottoirs réglementaires.

Le plan extrait de l’atlas des environs de Paris, dressé par l’ex-bénédictin

(1) Voir aux annexes (p. 416) l'article de M. le comte Fernand de l'Eglise, sur l'inauguration du monument Alphand, — L'affichage est interdit, même en temps d'élections, sur ce monument,

Coutous, revu et publié en 1800 par Ch. Picquet, montre que toute la plaine de Passy, entre la rue de la Tour, la rue Lauriston, la lisière du bois de 3oulogne, l'avenue de la Grande-Armée et le mur d'enceinte de Paris, ne formait, à la fin du xt siècle, qu'une vaste étendue de cultures et de vignes, coupée par des excavations provenant de carrières et de trous à sable. Cette situation ne s’est pas modifiée pendant les premières années du xx* siècle, parce que les capitaux étaient peu abondants ou timides; d'autre part, la spéculation ne s'était pas encore emparée de cette question. Mais l'accroissement de Passy fut considérable, à partir de 1824, par suite des percements de rues et des constructions qui eurent lieu dans cette plaine. La création du nouveau quartier, qui fut nommé d'abord « Elysée- Charles X », est due principalement à la Société des terrains de la plaine de Passy, qui était devenue propriétaire d’une grande partie des terrains Compris entre l'avenue de Neuilly (avenue de la Grande-Armée), le boulevard extérieur (avenue Kléber), la rue du Petit-Pare (rue Spontini) et le village de Passy. Cette Société entreprit, à partir de 1825, la transformation d'anciens chemins, généralement étroits et sinueux, en rues suffisamment larges. Elle dressa un plan général d’alignement des rues projetées, et ce plan fut approuvé en principe par le conseil municipal de Passy, en 1825.

11 fut convenu que la commune de Passy abandonnerait des terrains à la Société, en échange du sol des nouvelles rues que cette Société devait remettre à la commune. Ce contrat d'échange de terrains fut approuvé par une ordonnance royale du 1° mai 1832, mais suscita entre la commune et la Société de nombreuses difficultés, notamment au sujet des conditions dans lesquelles les nouvelles chaussées devaient être entretenues. Ces difficultés ne furent définitivement réglées qu’en 1856, après une nouvelle enquête. Le plus important de ces contrats d'échange est celui par lequel la Société des terrains de la plaine de Passy a remis à la commune les voies suivantes, après leur achèvement : avenue Dauphine (avenue Bugeaud), rue des Bassins (rue Copernic), rue Boissière, rue Saint-André (rue Cimarosa), rue du Bel-Air (rue Lauriston), rue et rond-point de Longchamp, rue du Petit-Parc (rue Spontini), rue Perier (rue Pergolèse), rue des Sablons, rue Mesnil et rue de la Pelouse (rue de Saïgon), en tout 3 hectares 83 ares et 3 centiares.

La Société (1) était devenue propriétaire de beaucoup de terrains dans la plaine de Passy, et c'est surtout à elle qu'est due la transformation de cette plaine en un quartier élégant.

La partie de la rue Le Sueur qui est comprise entre l'avenue de la Grande-Armée et le croisement avec la rue Chalgrin, a été ouverte en 1895, avec une largeur de 10 mètres. Cette section, qui prenait naissance à la rue des Bouchers (rue Chalgrin), dut son premier nom de « rue Saint-Ange » au banquier Boscheron Saint-Ange, l'un des principaux actionnaires de la Société des terrains de la plaine de Passy. L'ouverture de la partie de la rue Le Sueur, qui, sur une faible longueur, se trouve comprise entre la rue Chalgrin et l'avenue du Bois-de-Boulogne, a été autorisée par le décret du 9 septembre 1861 et promptement réalisée, après l'achat des terrains nécessaires

! (1) La Société des terrains de la plaine de Passy était composée, en 1831, de MM. Capron, Constantin, Bigé, Brack, Dosne (beau-père de M. Thiers), Picot, Minguet (banquier Cominet (syndic des courtiers de commerce), Didier et Cosnard (ancien notaire à Passy).

SOCIÉTÉ DES TERRAINS DE LA PLAINE DE PASSY 89 fl

à Mme Brossard d'Inval. La rue Saint-Ange a été dénommée rue Le Sueur par le décret du 24 août 186%, en l'honneur du compositeur de musique Jean- François Le Sueur (1760-1837), qui obtint au concours, en 1786, la maitrise de Notre-Dame de Paris et fit représenter à l'Opéra, en 1804, la tragédie lyrique intitulée Ossian ou les Bardes ; Napoléon lui fit remettre, par le général Duroc, la croix de chevalier de la Légion d'honneur et une tabatière d'or avec cette inscription : « L'Empereur des Français à l'auteur des Bardes (1).»

La maison n° 6 de la rue Le Sueur a été habitée, en 1871-1873, par le | général Chanzy ; c'est de là qu'il partit, en juin 187, pour aller occuper le poste de gouverneur général de l'Algérie. La maison n° 7 a été occupée par 11 l'architecte Léon Vaudoyer, en 1864-1872. À

Le rond-point de Longchamp a d'abord été un carrefour irrégulier, formé |: par le croisement des chemins de Longchamp, des Sablons, des Belles- {| Feuilles et de la Croix (rue Decamps); sa forme actuelle, avec rayon de 25 mètres, lui a été donnée en 1825 par la Société des terrains de la plaine de Passy; il tire son nom de la rue qui le traverse; ses alignements ont été | maintenus par l'arrêté préfectoral du 16 février 1856. Le pavage en bois y a été établi en 1898. |

Le développement des constructions a été favorisé par l'établissement de trois routes, dont la construction a été commencée à la même époque, vers 1 1825 ou 1826, et qu'on appelle aujourd'hui l'avenue Victor-Hugo, l'avenue Malakoff et l'avenue Bugeaud. l

L'arrêté préfectoral du 9 mars 1826 autorisa la Société des terrains de la plaine de Passy à ouvrir une nouvelle communication entre Paris et Saint- Cloud, reliant, par une ligne droite, la place de l'Étoile aux abords de la porte de la Muette. La Société fit ouvrir, avec une largeur de 23,30, cette route, qui est devenue l'avenue Victor-Hugo, et qui s'appela d’abord « avenue Charles-X », du nom du roi régnant. Quand Charles X suivit, pour la première fois, cette route, le 22 mai 1826, en se rendant de Paris à Saint-Cloud, |

ii adressa une allocution (2) aux conseillers municipaux et habitants de Passy. Après la Révolution de 1830, on appela cette voie « avenue de Saint- Cloud », parce qu'elle permet d'aller de Paris à Saint-Cloud en traversant le

{l | bois de Boulogne. Le raccordement de cette avenue avec la grande route | | (| |

no 143 de Paris à Cherbourg (avenue de la Grande-Armée) fut terminé en 1829. | Après avoir achevé le cailloutis des trois avenues : celle de Saint-Cloud (Victor-Hugo), celle de Saint-Denis (Malakoff) et l'avenue Dauphine (Bugeaud), la Société des terrains de la plaine de Passy demanda que la commune fût chargée de l'entretien de ces chaussées. Maïs le conseil municipal de Passy déclara, par délibération du 27 août 1833, que l'échange relatif aux routes et chemins de la plaine de Passy ne devrait être approuvé qu'après que la Société, propriétaire de ce quartier, se serait engagée à continuer l'entretien de ces routes et chemins, savoir : 4° des avenues de Saint-Cloud et de Saint-Denis, tant qu'elles ne seraient pas reconnues routes départe-

(1) Le nom de Le Sueur avait été précédemment illustré par le peintre Eustache

Le Sueur (1616-1655), qui a peint la vie de saintBruno, en 22 tableaux, pour le couvent des Chartreux, la vie de saint Martin et celle de saint Benoit.

(2) Voir aux annexes (p. 416) une citation des Chroniques de Passy, par Quillet, donnant un extrait d'un discours de Charles X.

mentales ; ® et des autres routes et chemins, jusqu'à ce que la commune puisse trouver, dans l'accroissement de population de ce quartier, des avantages qui en balancent les charges.

En raison de ces litiges, l'entretien de l’avenue de Saint-Cloud était fort négligé ; à son croisement avec la rue de Longchamp, cette avenue était souvent sillonnée de profondes ornières, provenant de la circulation des voitures de carriers. L'ordonnance royale du 5 septembre 1839 remédia à cette situation en classant l'avenue de Saint-Cloud comme route départementale n° 64 de Paris à Saint-Cloud par la plaine de Passy. Ce classement, qui était sollicité depuis 1826 par la commune, mettait l'entretien de la chaussée à la charge du département de la Seine. Cependant, il laissait encore à désirer, car, dans sa délibération du 1 février 184%, le conseil municipal de Passy demande qu'on répare le cailloutis, dont il signale le mauvais état, qu'on rétablisse la circulation, alors interrompue depuis le chemin de grande communication (rue de la Pompe) jusqu'à la porte du bois de Boulogne, qu'un trottoir soit construit au rond-point et que la circulation des voitures non suspendues soit interdite sur la route départementale.

Le décret du 2 mars 1864 a donné à l'avenue de Saint-Cloud le nom d’« avenue d'Eylau » (1), en mémoire de la victoire remportée le 7 février 1807 sur les armées russes et prussiennes. Lors du percement de l’avenue de l'Empereur, l'extrémité de l'avenue d'Eylau (Victor-Hugo), qui se terminait précédemment à la porte de la Muette, a été incorporée dans l'avenue de l'Empereur (avenue Henri-Martin).

La dénomination actuelle de l'avenue Victor-Hugo lui a été donnée par arrêté du 2 mai 1881 pour la partie de l'avenue d'Eylau comprise entre le rond-point et l'avenue Henri-Martin, et par arrêté du 9 décembre 1885 pour la partie comprise entre le rond-point et la place de l'Étoile, en l'honneur de l'illustre poète Victor Hugo (1802-1885), dont l'hôtel, qu'il a habité depuis 1878 jusqu’à sa mort, porte actuellement le n° 124. Son acte de décès, dressé par M. Marmottan, maire du XVI° arrondissement, sur la déclaration de Léopold- Armand comte Hugo, son neveu, et du député Lockroy, son ami, porte que Victor-Marie Hugo, membre de l’Académie française, sénateur de la Seine, né à Besançon, fils du général Joseph-Léopold-Sigishert Hugo, veuf de Adèle- Julie Foucher, est mort en son domicile, avenue Victor-Hugo, 50, le 22 mai 1885, à l’âge de quatre-vingt-trois ans.

Le Supplément du Petit Journal (1* mars 1885) contient un article sur Victor Hugo (2).

Le dimanche 27 février 1881, eut lieu, devant la maison de Victor Hugo, à l’occasion de son entrée dans sa quatre-vingtième année (on sait qu'il était né en 1802) une manifestation de nombreuses délégations, qui ont défilé devant l'hôtel habité par le grand poète, pour lui ofirir des fleurs et des couronnes (3).

(1) Ce nom d'Eylau à été maintenu pour la villa d'Eylau, voie privée de 65 mètres de longueur, située avenue Victor-Hugo, 42.

(2) Voir Bullelin de la Société historique d'Auteuil et de Passy, t. IV, pp. 104 et suiv.

(3) La première délégation introduite dans la maison du poète élait une députation de pelils garçons et de petites filles, précédée d’une bannière bleue et rose sur laquelle on Jisait : « L'art d'être grand-père. »

… La famille Lockroy a dans son hôtel, qui porte actuellement le n° 140 de l'avenue Victor-Hugo, reconstitué la salle à manger et le salon, tels qu'ils existaient dans la maison habitée par Victor-Hugo au n° 124 (ancien 50) et avec les mêmes meubles,

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