‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 35 sur 329 · RUE PAUQUET · texte numérisé non relu

RUE PAUQUET

des Bassins », parce que les bassins et réservoirs, qui servent à l'alimentation d’eau de la ville, sont établis le long de cette rue. Celle qui avait reçu également, dans le XVI° arrondissement, le nom de rue des Bassins et qui porte, depuis le 8 août 1895, le nom de « rue Augusle-Vacquerie », se trouve dans le voisinage, mais sur un autre emplacement : entre la rue Newton et la rue Dumont-d'Urville.

La dénomination de rue Copernic a été donnée par le décret du 2% août 186%, en l'honneur de Copernic (1473-1543), mathématicien et astronome, auteur de la théorie du système planétaire; il publia son ouvrage sur ce système à Nuremberg, en 1543.

Le pavillon de l'ingénieur en chef du service technique des eaux et de l'assainissement de la ville de Paris a été établi en 1901 au n° 3% de la rue Copernic, dans les dépendances du nouveau bassin des grands réservoirs de Passy.

La rue de Villejust à été ouverte, en 1825, sur des terrains dont la plus grande partie avait été cédée à la Société des terrains de la plaine de Passy, par M. l'avocat Pauquet de Villejust (mort à Paris en 1839). Elle s'étendait d’abord de la rue du Bel-Air (Lauriston) à l'avenue de Saint-Denis (Malakoff) ; le percement de la section de la rue de Villejust située entre l'avenue Kléber et la rue Lauriston a été déclaré d'utilité publique, par décret du 20 juillet 1877.

Cette rue a été coupée en deux parties par le percement de l'avenue du Bois-de-Boulogne, et le décret du 10 août 1868 a donné le nom de rue Piccinni à la partie comprise entre cette avenue du Bois-de-Boulogne et l'avenue Malakoff, en l'honneur du compositeur italien Nicolas-Marcellin-Antoine- Jacques Piccinni (1728-1800), qui habita Passy, et dont la pierre tombale se trouvait à l’ancien cimetière de Passy, rue Lekain. Il fut appelé en France, en 1776, par Marie-Antoinette, pour lui donner des leçons de musique ; il fit représenter plus de cent opéras dont Marmontel était souvent le parolier; il fut le rival de Glück : la querelle des piccinnistes et des glückistes fit beaucoup de bruit au xvin° siècle.

À l’époque où la rue Picecinni faisait partie de la rue de Villejust, les alignements y furent réglés par l'arrêté préfectoral du 3 octobre 1855, qui maintint une moindre largeur de 10 mètres,

La rue Pauquet se divise, au point de vue de son histoire, en deux parties : la plus ancienne est celle qui est comprise entre la rue Dumont-d'Urville et l'avenue Kléber; elle fut ouverte en 1895, avec une largeur de 12 mètres, et doit son nom à M. l'avocat Pauquet de Villejust, qui avait coopéré à la création de cette rue Pauquet et de la rue de Villejust. La première rue Pauquet s'étendait originairement jusqu'à la rue de Lauriston; mais, lorsque le boulevard de Passy fut rectifié et devint l'avenue Kléber, la section comprise entre l’avenue Kléber et la rue Lauriston fut supprimée, et le surplus de la rue Pauquet fut élargi.

La partie de la rue Pauquet comprise entre les rues de Chaillot et Dumont-d'Urville fut ouverte à 12 mètres de largeur, suivant l'ordonnance royale du 18 mars 1836, sur des terrains appartenant à MM. Dumoustier, Laurent et Grassal (1); elle prit le nom de «rue Pauquet-de-Villejust ».

(1) Voir aux annexes (p. 417) les règlements de voirie limitant à 12 mètres la hauteur des maisons (rues Pauquet, Newton et des Bassins).

98 HISTOIRE DU XVI® ARRONDISSEMENT L'arrêté prétectoral du 2 avril 1868 a réuni la rue Pauquet-de-Villejust et la rue Pauquet sous cette dernière dénomination. Émile de Girardin, publiciste, habita la maison n° 38, en 1864-1870. Ra-

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(Collection de M. Chandebois.)

navalo, ex-reine de Madagascar, fut logée rue Pauquet par le gouvernement français, en juin 1901.

La rue des Belles-Feuilles va du rond-point de Longchamp à l'avenue Bugeaud ; ce nom ne s'est appliqué d'abord qu'à la partie comprise entre le rond-point de Longchamp et l'avenue Victor-Hugo ; la section comprise

RUE SAÏNT-DIDIER 99

entre l’aveñue Victor-Hugo et l'avenue Bugeaud a porté, pendant longtemps, le nom de « rue des Biches ». L'arrêté préfectoral du 2 avril 1868 a réuni, sous le nom de rue des Belles-Feuilles, ces deux rues, qui ont été ouvertes vers 1825, avec une largeur de 10 mètres, sur des terrains de la plaine de Passy, à travers les lieux dits «les Belles-Feuilles » et « les Biches ». Le pavage en bois a été établi en 1899, entre l'avenue Victor-Hugo et les DAS

La fondation Thiers, destinée à faciliter les études, à Paris, de quelques jeunes gens possédant une instruction supérieure, se trouve à l'angle de la rue des Belles-Feuilles et de l'avenue Bugéaud. Dans les derniers jours de sa douloureuse maladie, Mme Thiers appela auprès d'elle sa sœur, Mile Dosne, et M. Mignet. Elle leur exprima le désir que sa fortune, dont elle laissait la jouissance à sa sœur, füt, après celle-ci, employée à la fondation d'une école qui serait destinée à rappeler le souvenir des grands W'avaux de M. Thiers et où des jeunes gens, déjà distingués par leur savoir et leur esprit, seraient admis pour compléter leur instruction et se perfectionner dans l'étude des hautes sciences, de la philosophie et de l'histoire. La date fixée par Mme Thiers pour l’accomplissement de son désir a été devancée par Mile Dosne, qui a tenu à réaliser elle-même la pensée de sa sœur. Par un acte passé le 17 décembre 1892, elle donnait à la « fondation Thiers » l'hôtel qu'elle faisait construire depuis 1890, sur les plans de M. Aldroff, au rond-point Bugeaud, et elle y joignait des valeurs dont le revenu était calculé pour subvenir largement aux besoins de la maison. Il fut décidé que quinze jeunes gens (docteurs, licenciés ou lauréats de l'Institut) y seraient entreténus, chacun, pendant trois années consécutives ; chacun d'eux peut se consacrer librement à telle étude qui le séduit; les candidats sont présentés par les directeurs des établissements scientifiques. Cette fondation, reconnue comme établissement d'utilité publique le 29 avril 1893, s’est ouverte à ses premiers pensionnaires le 1° mai de la même année. Elle a été dirigée d’abord par M. Hauréau et ensuite par M. Jules Girard (1) ; en 1899, les membres du conseil d'administration étaient MM. Gréard, Aucoc, Picot, Croiset et le directeur ; MM. Barthélemy-Saint-Hilaire, Léon Say et

ardoux, tous les trois anciens ministres, avaient précédemment été membres de ce conseil.

La partie de la rue Saint-Didier comprise entre l'avenue Malakoff et l'avenue Victor-Hugo a été construite en 1825, avec une largeur de 10 mètres, par la Société des terrains de la plaine de Passy, dont M. de Saint-Didier était un des principaux actionnaires ; cette largeur légale de 10 mètres a été confirmée par l'arrêté d’alignements du 3 octobre 1855.

La section de la rue Saint-Didier, qui se trouve comprise entre les avenues Kléber et Malakoff, a été également construite, vers 1825, par la même Société, mais avec une largeur de 9,75 {maintenue par le décret du 12 juin 1883). Cette section porta d'abord le nom de « rue du Télégraphe », parce qu'elle traversait un emplacement sur lequel un télégraphe aérien avait été établi. L'arrêté préfectoral du 2 avril 1868 a réuni la rue du Télégraphe à la rue Saint-Didier, sous cette dernière dénomination, afin d'éviter une confu-

Gi) M. Jules Girard, directeur de la fondation Thiers; est mort 18 31 mars 1902:

sion avec une autre rue du Télégraphe existant dans le XX° arrondissement, près de l’ancien télégraphe aérien de Belleville.

Au n° 60 de la rue Saint-Didier, se trouve la salle Humbert de Romans, qui a été construite sur les plans de M. l'architecte Hector Guimard, n'a pas moins de douze cents mètres carrés et possède une très bonne acoustique ; elle est garnie en bois d'acajou et contient un orgue monumental ; elle est utilisée pour des auditions musicales et pour des réunions (1).

C'est rue Saint-Didier que le Père Didon a fait construire les écoles Saint Dominique et Lacordaire (2).

Le marché Saint-Didier est établi à l’angle de la rue Saint-Didier et de la rue Mesnil : il a été construit en exécution d’un traité conelu, le 12 décembre 1865, entre la ville de Paris et MM. Ferrere et C°, banquiers, pour la concession de seize marchés qui devaient être installés dans un délai de dix-huit moiset parmi lesquels figurait le marché Saint-Didier, prévu pour 105 places, sur une superficie de 1.015 mètres carrés. Le marché a été ouvert le 1“ août 1867. Son rendement a été de 23.500 francs en 1901.

Léon Gambetta, membre du gouvernement de la Défense nationale et ancien président du conseil des ministres, a habité, pendant les dernières années de sa vie, la maison n° 57 de la rue Saint-Didier.

En 1895, un simple chemin longeait, d’un côté, le mur de la Faisanderie, appelée aussi « le Petit-Parce » (propriété qui dépendait autrefois du château de la Muette et a appartenu ensuite au ministre Casimir-Perier), et, de l'autre côté, les terrains de la plaine de Passy. A cette époque, la Société des terrains de la plaine de Passy transforma ce chemin en une rue de 10 mètres de largeur, qui prit le nom de « rue du Petit-Parc ». Jusqu'après l'annexion, elle s'étendait, sous ce nom, de l'avenue de la Grande-Armée à la rue de la Tour. Le décret du 2 octobre 1865 a substitué, au nom de la rue du Petit-Pare : 1° celui de rue Pergolèse, pour la partie comprise entre l'avenue de la Grande-Armée et l'avenue de l'Impératrice (avenue du Bois-de-Boulogne) ; 2° celui de rue Spontini (3), au surplus de la rue du Petit-Parc.

Gaspard-Luigi-Pacifico, comte Spontini de San Andrea (1774-1851), vint en France en 1803, donna des leçons de chant à l'impératrice Joséphine et fit représenter les opéras de la Vestale, en 1807, et de Fernand Cortez, en 1809. En 1811, il épousa la nièce de Sébastien Érard et habita souvent, depuis 1820, le château de la Muette, où sa veuve mourut le 1‘ octobre 1878, dans sa quatre-vingt-troisième année.

La villa Spontini a son entrée au n° 37 de la rue Spontini, vis à-vis l'aboutissement de la rue du Général-Appert.

Le compositeur napolitain Pergolèse (1710-1736) fit faire de grands progrès à l'art musical; il a composé l'opéra boufle Serva padrona, et est connu

(1) La salle Humbert de Romans, dont la fondation est due à l'initiative du P. Lavy,a été inaugurée en novembre 1901. il

(2) La voie sous-minée a élé consolidée, de 1881 à 1887, sur 318 mètres de longueur, depuis l'avenue Kléber jusqu'à 8o mètres au delà de l'avenue Malakoff. Près de cette dernière avenue, la distance du sol au ciel de la carrière est de 23%,30, et la hauteur de la galerie d'exploitation est de > mètres.

(3) La rue Spontini ne va plus jusqu'à la rue de la Tour; la section comprise entre la rue de la Tour et l'avenue Henri-Martin se nomme « rue Mignard », et celle comprise entre l'avenue Henri-Martin et l'avenue Viclor-Hugo a été incorporée au square Lamartine. Voir ci-après les indications (p. 144) données au sujet de la rue Mignard.

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