‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 37 sur 329 · CITÉ DE BOULAINVILLIERS · texte numérisé non relu

CITÉ DE BOULAINVILLIERS

C'est à l'anglé de la rue de Boulainvilliers et de la rue de La Fontaine que se trouvait la maison d'arrêt de la garde nationale, au n° 15 de la rue de Boulainvilliers. L'Institution Saint-André, pour jeunes demoiselles, s’y est installée en 1874 et n'y est restée que pendant quinze mois. L'emplacement de l’ancienne maison d'arrêt de la garde nationale fait actuellement partie du magasin d'éclairage de la ville de Paris.

On peut citer, parmi les hôtes du château de Boulainvilliers :

M. et Mme Claude Chahu, fondateurs de la paroisse de Passy;

Bernard de Rieux, second fils du banquier Samuel Bernard et président de la seconde chambre des enquêtes au Parlement de Paris, qui eut le château seigneurial depuis 1739 et mourut le 13 décembre 17% ;

Bernard de Boulainvilliers, fils du précédent, prévôt de Paris, qui eut le château de son père depuis la fin de 1745 et le céda à vie d'abord à M. de la Pouplinière et plus tard au duc de Penthièvre;

Le Riche de la Pouplinière, fermier général, qui eut la jouissance du chäteau depuis 1747 jusqu'à sa mort, survenue en 1762 ;

Le compositeur Rameau, qui demeura pendant quelques années chez M. de la Pouplinière, vers 1748-1753 ;

Marmontel, qui demeura chez M. de la Pouplinière, de mai 1749 à février 1753;

Le compositeur Gossec, qui demeura depuis 1751 chez M. de la Pouplinière, comme directeur de son orchestre ;

Mme de Genlis et sa mère, qui demeurèrent en 1759, pendant six mois, Chez M. de la Pouplinière ;

La comtesse de Lamothe, aventurière compromise dans l'affaire du Collier, née en 1756, et recueillie enfant, vers 1763, par la marquise de Boulainvilliers, en son château de Passy, où elle fut élevée ;

Le duc de Penthièvre, à qui M. de Boulainvilliers avait cédé à vie son château ; il fut l'unique descendant du comte de Toulouse, l'un des fils légitimés de Louis XIV et de Mme de Montespan ; son fils épousa la princesse de Lamballe ; la fille du duc de Penthièvre était la mère du roi Louis-Philippe. Tout en cédant à vie le château de Passy, le marquis de Boulainvilliers gardait pour lui les droits seigneuriaux ;

Enfin, Jean-Pierre-Claris de Florian, qui s'est illustré comme fabuliste. Il était entré comme page, en 1758, chez le duc de Penthièvre, fut lieutenantcolonel de dragons dans le régiment de Royal-Penthièvre et membre de l'Académie française ; il suivait partout le duc comme secrétaire de ses commandements, fut arrêté en 1793 et mourut dans une petite maison de Sceaux le 13 septembre 1794. Son tombeau est visité chaque année par la Société littéraire des Rosali, qui vient rendre un poétique hommage à sa mémoire. Pendant son séjour à Passy, Florian a habité fréquemment la maison des Gardes, comme cela a été dit ci-dessus, à propos de la rue Raynouard.

Lepeintre, acteur des Variétés, se retira à la rue de Boulainvilliers de 1833 ou 1834 à 1844 ou 18%.

Le hameau ou cité de Boulainvilliers a entrée sur la rue de Boulainvilliers etsur la rue du Ranelagh. Cette cité fut créée par la Société Roëhn et C, vers 1838, sur une partie des dépendances de l’ancien château de Boulainvilliers; elle se compose de maisons d'agrément entourées de jardins ombra-

gés. Le chanteur Chollet l'a habitée vers 1850-1855 ; Boufté, acteur du Gym-

104 HISTOIRE DU XVI® ARRONDISSEMENT nase, se retira, en 1851, au n° 9 et y était encore en 1858. Edmond Got {1822- 1901), qui y occupait, depuis 4872, le n°11, se plaisait à y recevoir ses anciens élèves et ses amis. Il y est mort le 20 mars 1901. IL était entré en 184% à la Comédie-Française, où il resta pendant plus de cinquante ans; il avait été admis au sociétariat dès 1850 et devint, en 1873, après le départ de Régnier, le doyen de la maison de Molière, où il avait acquis une grande autorité. Il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1881, comme professeur au Conservatoire, et avec cette particularité qu'il était le premier comédien décoré dans l'exercice de son art: jusqu'alors, un sociétaire du Théâtre-Français, bien qu'il fût, en outre, professeur au Conservatoire, n'avait été décoré qu'en prenant sa retraite. C'est Edmond Got qui eut l'initiative de la comédie moderne, telle qu’elle est jouée aujourd'hui, c'est-à-dire en s’'attachant à l'interpréter avec naturel et simplicité ; il s’adonnait entièrement au personnage quil avait à représenter.

La partie de la rue du Ranelagh (1) comprise entre le quai de Passy et la rue de Boulainvilliers a été percée vers 1824, avec une largeur de 11", 70. Elle fut ainsi nommée parce qu'elle devait conduire au Ranelagh; quelques années après 1824, elle fut continuée, avec la même largeur, jusqu'au chemin de la Briquetterie (aujourd’hui supprimé), sur des terrains appartenant à la Société Roëhn et Ci. Par délibération du 24 mai 1831, le conseil municipal de Passy approuva le tracé présenté par cette Société pour la rue du Ranelagh, devant établir une communication directe entre le pont de Grenelle et le bois de Boulogne; cependant, ce ne fut qu'en 1854 que la rue du Ranelagh, absorbant la sente de la Chenille, fut prolongée jusqu’à la rue de la Glacière (rue Davioud), au delà de laquelle la sente du Calvaire se trouvait maintenue. L'ouverture du surplus de la rue du Ranelagh a été autorisée par les décrets d'utilité publique du 29 mai 1867 pour le prolongement entre la rue Davioud et la rue Mozart (section remplaçant la sente du Calvaire), et du 1% juillet 1877 pour la partie comprise entre la rue Mozart et le boulevard Beauséjour (2).

Marguerite-Joséphine-Georges Weimer, actrice qui s'est rendue célèbre sous le nom de Mademoiselle Georges, est morte à soixante-dix-huit ans, le 12 janvier 1867, dans la maison qu'elle habitait, rue du Ranelagh, 31.

Henri Martin, auteur de l'Histoire de France, a habité, de 1865 à 1878, l’ancien n° 74 de la rue du Ranelagh.

On remarque, au n° 101 de la rue du Ranelagh, à l'entrée de l'avenue des Chalets, un hôtel Renaissance, construit par M. Sauvan ; au n° 109, un autre hôtel, édifié en 1881 par M. A. de Chièvres, surmonté ultérieurement par des ateliers; au n° 94, un hôtel ogival en pierres et briques, avec tourelle octogonale en saillie et gargouilles originales; il est précédé d'une porte d'entrée à peintures ornementées, placée au milieu d'un mur à créneaux.

La partie de la rue Galilée comprise entre l'avenue des Champs-Élysées et l'avenue Marceau, dépend du VIII: arrondissement; le surplus de cette rue, c'est-à-dire la plus grande partiedesa longueur, appartient au XVI° arrondissement. La section comprise entre larue de Juigné (place des États-Unis) et la rue Vernet (VIII arrondissement) remplace un chemin tortueux, qui était marqué

(1) Voir ci-après (p. 201), dans l’historique de la rue de l'Assomption, des indications sur le lycée Molière, dont les entrées se trouvent au 38 de la rue de l'Assomption et au 71 de la rue du Ranelagh.

(2) L'école communale de garcons de la rue du Ranelagh avait 231 élèves en 1901.

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