PONT DE L'ALMA
Le décret du 27 février 1867 a donné à la rue du Puits-Artésien sa dénomination actuelle de rue Dufrénoy, en l'honneur de Pierre-Armand Dufrénoy (1792-1857), inspecteur général des mines, qui a fait avec Élie de Beaumont, de 1823 à 1841, la carte géologique de la France. Le doublement des voies du chemin de fer a exigé la reconstruction du pont Dufrénoy, achevée de février à août 1900.
La rue des Bauches était autrefois un sentier qui traversait le lieu dit « les Bauches »; il résulte des délibérations du conseil municipal de Passy, en date des 10 novembre 1845 et 11 décembre 1846, que ce sentier avait alors 2,75 de largeur, que c'était une voie privée fournie par les propriétaires riverains dans l'intérêt de l'exploitation de leurs terres qui, encore à cette époque, n'étaient pas bâties; le conseil municipal estimait que ce sentier n'avait aucun caractère d'utilité communale. Il a été successivement élargi, au moyen d'abandons de terrains consentis par les propriétaires riverains. L'arrêté du 16 février 1856 a fixé pour cette rue une largeur légale de 8 mètres.
L'avenue Montespan, qui va de l'avenue Victor-Hugo à la rue de la Pompe, a été formée, en 1856, par Arsène Houssaye ; c'est une voie privée de 7",50 de largeur, fermée pendant la nuit à ses deux extrémités par des grilles. Le nom de cette avenue rappelle celui de Françoise-Athénaïs de Rochechouart, qui épousa, en 1663, Henri-Louis de Pardaillan, marquis de Montespan. Arsène Houssaye, à qui sa galerie de portraits du xvui siècle a valu la décoration, en 1846, a été administrateur de la Comédie-Française de 1849 à 1856. Il a publié beaucoup d'ouvrages, dont plusieurs se ressentent de sa prédilection pour l’époque de Louis XIV et de Louis XV, pour ses arts, ses mœurs et sa littérature, et rappellent, avec beaucoup d'esprit, d'ailleurs, les grâces raffinées de ce temps.
La rue Bénouville, qui s’est d’abord appelée « rue Chabrol », a été ouverte en 1856, avec une largeur de 10 mètres, sur des terrains appartenant à M. Chabrol, architecte du Palais-Royal, mort en 1875, et à M. Marbeau, fondateur et président jusqu’à sa mort de la Société des crèches (1). Les alignements de cette rue ont été fixés par arrêté du 16 décembre 1856. Elle a reçu sa dénomination actuelle, par décret du 10 février 1875, en l'honneur du peintre François Léon Bénouville (1823-1859), qui obtintle grand prix à l’École des Beaux- Arts, sur ce sujet : Jésus dans le Préloire, et exposa, en 1853, une grande toile : Saint François-d'Assise mourant, qui a été achetée par le musée du Luxembourg. Rue de Bénouville se trouve, depuis 23 ans, un cirque où M. Molier, un maître en dressage et en haute école, donne tous les ans, sur invitations, une représentation d'amateurs du grand monde.
Sur la rive droite, la moitié du pont de l’Alma appartient, du côté d’amont, au VIIP, et l’autre moitié, du côté d’aval, au XVIe arrondissement. Le décret du 6 décembre 1854 a décidé, en mémoire de la victoire remportée le 20 septembre de la même année (2) par l’armée d'Orient, en Crimée, la construction
(1) M. Marbeau avait acheté, en 1844, son immeuble, qui tenait d'un côté à la rue de la Faisanderie (163m,55), de l’autre à la rue du Petit-Pare, actuellement Spontini (152 mètres) à gauche, à l'emplacement de la rue Chabrol, actuellement Bénouville (104,60), et, à droite, à l'emplacement de la rue de Longchamp prolongée.
(2) L'Alma est un fleuve de Crimée qui se jette dans la mer Noire, entre Sébastopol et Eupatoria ; la victoire fut remportée, près de ce fleuve, par le maréchal de Saint-
Arnaud et lord Raglan, à la tête des armées française el anglaise, sur une armée russe, commandée par le prince Mentschikoff,
de ce pont, vis-à-vis de l'avenue Montaigne. L'exécution des travaux fut confiée, sans adjudication, à l'entrepreneur Gariel, qui était déjà chargé du pont des
(Collection de M. Chandehois.)
Invalides et qui devait les livrer l’un et l'autre le jour de l'inauguration de la première Exposition universelle de Paris, c'est-à-dire le 4% mai 1855. La hau-