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RUE BERLIOZ

auront lieu au musée Galliéra; elles comprendront les travaux des meilleurs élèves des écoles professionnelles de la Ville de Paris et aussi les œuvres d'art produites dans les sections du meuble, du métal et autres, par les ouvriers de nos faubourgs ». Il se fabrique, en effet, à Paris, notamment au faubourg Saint-Antoine et au Marais, des œuvres de premier ordre qu'il estutile de faire connaître. La transformation officielle du musée Galliéra en un musée d'art industriel moderne (1) a eu lieu le 22 juin 1901. Les premiers objets exposés comprenaient des bronzes, des étains, des céramiques, ete. On n'admet que les œuvres seules des ouvriers mêmes, et non les produits mis en vente par les maisons de commerce. Le conseil municipal de Paris a voulu ainsi réhabiliter l'art industriel et démontrer la parfaite compatibilité du beau et de l'utile, de la valeur économique d'un objet et de son intérêt esthétique. On créera chaque année, au musée Galliéra, des expositions se rattachant cha: cune à une branche plus particulière de l’art industriel : on y à fait en 1902 une exposition de reliures d'art modernes, qui a eu le plus grand succès.

Les recherches sont facilitées avec beaucoup de compétence et d'amabilité par M. Formentin, nommé conservateur du musée sur la demande expresse de M. Philippe Ferrari, fils de la duchesse de Galliéra. Il était tout désigné pour ces délicates fonctions.

Le palais a été élevé sous la direction de M. Léon Ginain, de l'Institut, architecte de la Ville, qui s'est inspiré des styles italien, grec et arabe, ainsi que du palais de Gênes. Les constructions, commencées le 28 mai 1879, ont été terminées le 27 février 1894. La duchesse de Galliéra est décédée le 6 décembre 1888 ; elle n’a done pas vu l'achèvement du monument, qui lui a coûté 6 millions 500.000 franes. Les fondations ont 20 mètres de profondeur. De la porte monumentale, qui donne accès à la rue Pierre-Charron, deux larges portiques soutenus par vingt-six colonnes forment une enceinte demicirculaire ; des balustrades à l'italienne couronnent la ligne de faîte. La façade méridionale qui regarde la Seine est percée de trois larges fenêtres cintrées occupant tout l'édifice principal, dans lequel se trouve la galerie. En pénétrant par le square, on voit trois statues représentant l'architecture au centre, la sculpture à droite et la peinture à gauche; ces trois statues, dues à MM. Chapu, Thomas et Cavelier, sont séparées par six colonnes corinthiennes. La porte en acajou qui sépare le vestibule de la grande salle centrale est sculptée d'une manière très remarquable et a coûté 9.000 franes

La rue Berlioz est une voie privée, qui va de la rue Pergolèse à la cité du Redan, et se trouve à peu de distance de l'avenue Malakoff ; cette rue a été ouverte en 1879, avec une largeur de 10 mètres, par MM. Romain, Boulanger, Morel, Philippon et Durst-Wild, qui lui donnèrent le nom de Louis-Hector Berlioz (1803-1869), critique musical et compositeur, membre de l'Institut. Dans sa jeunesse, Berlioz avait abandonné la médecine pour s'adonner à la musique. Ce fut la cause d'une lutte avec sa famille, et il se vitobligé, pour se créer des ressources, de donner des leçons de flûte et de guitare, instruments auxquels il est resté constamment fidèle et dont il s’est uniquement servi en composant. Il est l'auteur de la Damnation de Faust, des Troyens et de beaucoup d'autres œuvres originales.

(1) Voir le Bulletin municipal officiel du 26 juin 1901.

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