‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 63 sur 329 · RUES D'AUTEUIL QUI EXISTAIENT EN · texte numérisé non relu

RUES D'AUTEUIL QUI EXISTAIENT EN

Ces rues ne sont qu'au nombre de onze, savoir : la Grande-Rue (actuellement rue d'Auteuil et rue Rémusät), la rue La Fontaine (dont l'ancienne

(1) La superficie de la commune d'Auteuil était de 489 hectares, et sa population de 3.236 habitants en 1836, 3.609 en 1841,3.559 en 1846, 4.185 en 1851; 22.492 en 1896. La longueur totale des cent rues existant, en 1900, à Auteuil, est d'environ 30 kilomètres.

extrémité, c'est-à-dire la partie la plus voisine de la Seine, forme aujourd'hui la rue Gros), la rue de Seine (actuellement rue Wilhem), la rue des Garennes (actuellement rue Boileau), la rue et la place des Perchamps, la rue Verderet, une partie de l’ancienne rue de la Municipalité (actuellement rue Chardon- Lagache), la rue du Buis, une partie de la rue Ribéra et l'avenue de Versailles. Je n'ai pas compris dans celte énumération la rue de l’Assomption, qui forme, avec la partie basse de la rue de Boulainvilliers, la limite entre Auteuil et Passy. On voit, sur les anciens plans, outre ces rues, plusieurs chemins publics, qui ont été ensuite convertis en rues.

La rue d'Auteuil occupe la plus grande partie de l’ancienne Grande Rue, qui était au xvi° siècle la seule rue d'Auteuil, commençait à la route de Versailles et se terminait à la porte du bois de Boulogne. L'arrêté préfectoral du 20 juillet 1868 a réuni, sous le nom de rue d'Auteuil, la section comprise entre le bois et la rue Boileau à la partie de l'ancienne rue Molière, qui s'étendait de la rue Boileau à la place de l'Église (1). En 1898, on a établi un pavage en bois à la rue d'Auteuil, entre le boulevard Montmorency et la rue Désaugiers, en même temps que les rails étaient posés pour le petit tramway remplaçant l'omnibus jaune d'Auteuil à Saint-Sulpice.

L'extrémité de la Grande-Rue, du côté gauche en allant vers le bois de Boulogne (aux environs des n° 63 à 73 de la rue d'Auteuil), était bordée autrefois par le château du Coq, construit par le cardinal de Richelieu et légué par lui au domaine de la Couronne en même temps que le palais Cardinal. Ce château, dont les fenêtres avaient vue sur la plaine du Point-du-Jour, composée alors de champs cultivés et de quelques vignes, a été habité par Louis XV pendant son enfance ; il y est revenu à diverses reprises. Cetle propriété a été ensuite occupée par Mme Élisabeth, sœur de Louis XVI, par le chancelier Pasquier, président de la Chambre des Pairs sous Louis-Philippe, et par le ministre Guizot. Le pare, qui avait une grande profondeur, a été coupé lors du percement de la rue d'Erlanger.

Outre le château du Coq, il y avait à Auteuil, au xvin siècle, deux grandes propriétés : le parc et le château des Boufflers, qui se trouvaient vis-à-vis du château du Coq, sur le côté droit et à l'extrémité de la Grande Rue (comme il sera dit ci après, au sujet de la villa Montmorency, qui occupe une partie de l'emplacement de l’ancien parc des Boufflers) — et la propriété des abbés de Sainte-Geneviève, seigneurs d'Auteuil (2).

Cette propriété des Génovéfains s'étendait, au sud de l'église, jusqu'à la route de Versailles, sur l'emplacement occupé actuellement par la maison de retraite Chardon-Lagache, l'institution de Sainte-Périne et leurs abords. Elle lut vendue sous la Révolution, lors de la suppression des maisons religieuses, comme bien national, pour 27.000 livres. La maison élevée sur l'emplacement de l'hôtel seigneurial des abbés de Sainte-Geneviève fut achetée, sous le premier Empire, par Cretet (3), ministre de l'Intérieur. Le baron François

(1) La moindre largeur de la rue d'Auteuil a été fixée à 12 mètres par l'ordonnance royale du 12 mai 1830 pour la section qui s'étend du bois de Boulogne à la rue La Fontaine, el par l'arrêté préfectoral du 16 juillet 1859 pour la partie comprise entre la rue Boileau et la place de l'Église. Les alignements ont été modifiés par un décret du 12 juin 1883-

(2) Voir aux annexes (p. 445) l'article de M Antoine Guillois, intitulé : Auteuil au xvrrre siècle.

(3) Emmanuel Cretet, ministre de l'Intérieur, qui fut inhumé solennellement au Panthéon; est mort à Auteuil, le 28 novembre 1809, dans l'ancienne maison seigneuriale des abbés de Sainte-Geneviève.

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