‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 69 sur 329 · RUE BOILEAU · texte numérisé non relu

RUE BOILEAU

La rue Boileau (1), ancien chemin puis rue des Garennes, a son origine à la rue d'Auteuil, au point où se trouvait autrefois, devant une maison dénommée de l’/mage Notre-Dame, la jonction de la Grande-Rue et de la rue Molière (rues actuellement dénommées l'une et l’autre : rue d'Auteuil). Elle aboutit à l'avenue de Versailles. Le tracé de cette rue n'a donc pas été modifié; au xvin siècle, elle n’était bordée de maisons que sur le côté droit et aux abords de la Grande-Rue ; sur le côté gauche, c'est-à-dire le plus voisin de la Seine, elle servait de limite à la grande propriété des Génovéfains et, vers le Point-du-Jour, elle traversait des champs cultivés. Le plan fixant les alignements de la rue Boileau et lui assignant 8 mètres comme moindre largeur a été approuvé par arrêté du 27 septembre 1837. Des trottoirs, ayant coûté 8.942 francs, ont été construits en 1843 à la rue Boileau ; en outre, des caniveaux y avaient été établis, moyennant une dépense de 2.648 francs, pour faciliter l'écoulement des eaux ; cependant, la chaussée était si dégradée en 1855 que le maire d'Auteuil dut prendre un arrêté pour y interdire le passage des voitures non suspendues et attelées de plus d’un cheval ;: une somme de 10.000 francs fut consacrée, en 1856, à l'amélioration de la rue Boileau, où les constructions se développaient dès cette époque aux abords de l'avenue de Versailles. De nouveaux trottoirs ontété établis en 1858; l'égout de la rue Boileau, qui date de 1859, a coûté 60.882 francs. D’autres trottoirs réglementaires ont été établis rue Boileau, en 1899, entre les rues d'Auteuil et Molitor; en 1900, entre la rue Molitor et les n°° 54-59. En avril 1899, la rue Boileau a été munie de candélabres avec becs à incandescence. Vers le milieu du xix° siècle, on a créé un ensemble de voies privées désigné sous le nom de hameau Boileau (2) et composé d’une vingtaine de petits hôtels entourés de jardins, pour la plupart habités par des bijoutiers de Paris, à l'origine.

La dénomination de rue des Garennes était due à ce qu’elle conduisait au lieu dit « les Garennes », dont le nom se trouve déjà mentionné dans des actes du xv° siècle (3). Un arrêté de la municipalité d'Auteuil, en date du 26 octobre 1792, porte : « Le nom de Boïlot (sic) sera donné à la rue des Garennes, en mémoire du citoyen dont l'habitation était dans cette rue. » Cette dénomination, qui a été confirmée par le décret du 24 août 1864, rappelle le souvenir du séjour de plus de vingt ans que fit, pendant la belle saison, dans une maison située sur l'emplacement du n° 26 de cette rue (4), Boileau-Despréaux (1636-1711), auteur des Satires, de l'Art poétique et du Lutrin. I avait acheté, en 1685, douze ans après la mort de Molière, cette mai-

1) L'acte de décès de « Nicolas Boileau, escuyer, sieur Despréaux, l'un des quarante de l'Académie française », a été rédigé le 15 mars 1711, par M. de la Janire, curé de Saint- Jean-le-Rond, en présence de son frère Jacques Boileau, chanoine de la Sainte-Chapelle, et de son petit-neveu par alliance, Gilbert de Voisin, président de la deuxième Chambre des enquêtes du Parlement.

(2) Ce hameau comprend l'avenue Despréaux, dont l'entrée est au n° 38 de la rue Boileau et qui donne accès à l'avenue Molière, ainsi qu'aux impasses Corneille, Racine el Volfaire.

(3) Voir les notes historiques de M. l'abbé Beurlier (p. 311 du III° volume du Bullelin).

(4) Voir, pour le séjour de Boileau à Auteuil, l'article de M. Léopold Mar intitulé : Fragment et correspondance de Boileau se rattachant à la maison d'Auteuil {pp 87 à 90 du IVe volume du Bulletin, l'article de Mme Chochod-Lavergne intitulé : Réceplion de Boileau: à l'Académie française (p. 9 du IV* volume), les articles de M. Émile Saint-Lanne sur la maison de Boileau (p. 30 du Ie' volume); et aux annexes : (p. 471) l'article de M. Antoine

son au prix de 8.000 livres ; maïs il y fit des embellissements et l’agrandit par des acquisitions de terrains. Il aimait à y recevoir Racine, M. et Mme Dacier, Chapelle, La Bruyère, le père Bourdaloue, l’abbé Loyseau, curé d'Auteuil et aumônier de Louis XIV, ainsi que ses autres amis. Il y reçut aussi des personnages, parmi lesquels on peut citer : d'Aguesseau, le duc de Bourbon, le prince de Conti, Lamoiïignon, de Pontchartrain. Pendant son séjour à Auteuil,

B OILEAU DESPREAUX

(Collection de M. Ém. Potin.)

Boileau était constamment entouré de son fidèle jardinier Antoine, à qui il a dédié son épitre XI; il recevait souvent les enfants de Racine, qu'il promenait au bois de Boulogne et dans les sentes d'Auteuil. C'est de sa maison de campagne qu'il a daté beaucoup de lettres, pendant treize ans. À partir de 1700, le mauvais état de sa santé l’obligea à espacer d’abord ses

Guillois sur Boileau à Auteuil (p. 472) les notes de M. E. Potin sur Boileau: l’article déjà cité de M. E. Potin inütulé : {a Maison de Boileau appréciée par Voltaire (p 467) ; l'article de M. Léopold Mar sur le jardinier de Boileau (p. ; celui de M. Eugène Manuel intitulé : Bossuet chez Boileau (p. 473); l'article déjà cité de M. Antoine Guillois sur la maison de Boileau (p. 464) ainsi que les pages 78, 85 et 170 du I° volume du Bulletin et la page 68 du IV* volume,

Page 1