‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 70 sur 329 · RUE BOILEAU · texte numérisé non relu

RUE BOILEAU

visites à Auteuil, et ensuite à ne presque plus venir à la campagne ; c'est sans doute le motif qui le détermina à vendre sa maison d'Auteuil, en 1709, à son ami Leverrier, qui avait fait graver, en 1704, le portrait du poète par Drevet et avait fait mettre, au bas, les vers suivants :

Au joug de la raison asservissant la rime,

Et même en imitant, toujours original,

J'ai su dans mes écrits, docte, enjoué, sublime, Rassembler en moi Perse, Horace et Junéval.

Boileau (1) sentant qu'il y avait de la vanité dans ce quatrain, répondit à Leverrier :

Oui, Le Verrier, c'est là mon fidèle portrait, Et le graveur en chaque trait A su très finement tracer sur mon visage De tout faux bel esprit l'ennemi redouté; Mais dans les vers pompeux qu'au bas de cet ouvrage Tu me fais prononcer avec tant de fierté, D'un ami de la Vérité Qui peut reconnaitre l’image?

Louis XIV montrant des vers de sa composition à Boileau, lui demanda ce qu'il en pensait : « Sire, répondit-il, rien n'est impossible à Votre Majesté ; elle a voulu faire de mauvais vers et... elle a réussi. »

Boileau s'étant présenté au Trésor royal pour toucher sa pension, remit son ordonnance à un commis qui, y lisant ces mots : « La pension que nous avons accordée à Boileau, à cause de la satisfaction que ses ouvrages nous ont donnée, etc. », lui demanda de quelle nature étaient ses ouvrages : « De maçonnerie, répondit le poète, je suis architecte. »

De toutes les épigrammes, celle que Boileau estimait le plus était celle-ci :

Ci-gist ma femme ; ah! qu'elle est bien, Pour son repos et pour le mien.

Introduit dans la salle de l'Opéra, à Versailles, Boileau dit à l'officier qui assignait les places : « Monsieur, mettez-moi dans un endroit où je n'entende que la musique ».

Après Leverrier, la maison de Boileau à Auteuil fut habitée par Gendron, médecin du Régent, par la femme du chancelier d’Aguesseau, par Chamfort en 1779, et ultérieurement par Caulaincourt, duc de Vicence.

Il y a quelques années, on pouvait voir encore, dans un jardin de la villa Boileau (rue Molitor, 18), un superbe marronnier, contemporain de Boileau: il a été détruit par un coup de tonnerre; il ne reste plus de cette époque qu'un orme gigantesque qui se trouve dans la propriété portant le n° 20 de la rue Molitor.

L'école municipale de la rue Boileau était fréquentée, au commencement

(1) Ces détails sur Boileau sont extraits d'une communication faite par M. Léopold Mar à la Société historique d'Auteuil et de Passy, et intitulée : « Anas concernant quelques célébrités du XVI arrondissement, »

du xx° siècle, par deux cent q uatre-vingt-six garçons. Elle a pour directeur | | è (on: I! M. Emile Langlois.

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