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(Collection de M Éim. Polin.) (1)
La mairie d'Auteuil, qui fut d’abord établie sur la place d'Aguesseau (aujourd'hui place d'Auteuil), avait été transférée, en 184%, dans la partie de
(1) D'après l'original, peint par Ingres.
ÉCOLE NORMALE D'AUTEUIL 187 la rue Boileau comprise entre le hameau Boïleau et la rue Molitor (1}; la maison utilisée pour cette destination était voisine de celle qui avait été habitée par Hubert Robert (2). Elle fut achetée par la commune d'Auteuil, en 1843, pour y installer la mairie, moyennant un prix principal de 36.000 francs (3).
Les parents d'Alfred de Musset, M. et Mme de Musset-Pathay, ont habité pendant quelques années,avec leurs trois enfants, une maison située rue Boi leau et à peu de distance de la rue de Musset, entre un vaste jardin et une cour close par une grille ; le poète s'y trouvait en 1898, à l'âge de dix-huit ans, après avoir obtenu le prix de philosophie au concours général, et c'est dans les bois (4) d'Auteuil qu'il a fait ses premiers vers.
L'impasse Boileau, dont la formation remonte au commencement du xixe siècle et dont l'entrée se trouve au n° 98 de la rue Boileau, a été ainsi dénommée par arrêté préfectoral du 1° février 1877; on l’appelait précédemment « impasse des Pauvres »; sa moindre largeur est fixée à 5,50.
A l'angle du boulevard Exelmans, n° %5, et de la rue Boileau, se trouvait la maison du célèbre statuaire Carpeaux (5); elle a été démolie en 1898.
Au n° 78 de la rue Boileau se trouvait la villa Bamboul, située entre cette rue et le boulevard Exelmans ; elle avait été formée. en 1863, sous le nom de villa Saint-Allais ; le nom de fantaisie de « Bamboul » lui avait été donné par Mme Planteau, devenue propriétaire, en 1877, de cette voie privée, qui a été ensuite dénommée «villa Exelmans » et est actuellement remplacée par la rue Blanchon (rue Boileau, 76, et boulevard Exelmans, 35) ; Ce nom est celui d'un directeur d'établissement médical, situé dans cette rue.
Au n° 34 de la rue Boileau, M. l'architecte H. Guimard a construit, en 1891, un hôtel orné de motifs en terre cuite et de faïences émaillées à riches dessins polychromes.
Les écoles normales du département de la Seine sont établies à Auteuil et à Batignolles ; celle d'Auteuil, qui forme les instituteurs primaires, occupe un espace compris entre la rue Boileau, la rue Molitor et la rue Chardon-Lagache ; elle est contiguë à l’école Jean-Baptiste-Say et elle a son école annexe rue Boïleau n° 23. Ainsi que cela a été dit ci-dessus, page 172, les deux écoles étaient
{) Voir l'article de M. Gabillot sur la maison d'Hubert Robert à Auteuil (p. 8o du Ile volume du Bulletin).
(2) Voir aux annexes (p. 473) l'article de M. Antoine Guillois, rendant compte de l'ouvrage de M. Gabillot : Hubert Robert el son temps. (3) Les travaux d'appropriation de la nouvelle mairie d'Auteuil furent adjugés le 3 octobre 1843; l'hôtel où elle avait été installée fut payé en plusieurs termes, dont le dernier a été soldé par la commune en juillet 1847.
Les mairies d'Auteuil et de Passy ont été supprimées par suite de l'annexion et remplacées par la mairie du XVI: arrondissement, qui est en façade sur l'avenue Henri-Martin et sur la rue de la Pompe. Le projet de cette nouvelle mairie, dressé par M. l'architecte Godbeuf et montant à 2.346.762 francs, a été approuvé le 28 décembre 1866. Elle à été construile : 1° sur un terrain de 3.490 mètres carrés, acquis de M. de Las Cases, moyennant 261.783 francs, suivant acte passé par Me Delapalme, notaire ; 2° sur un terrain de 48 mètres és, cédé par M. Cail, aux termes d'un acte d'échange passé par Me Ancy, notaire ; 3° sur des terrains provenant des exproprialions faites, suivant jugement du >> mai 1860, pour le percement de l'avenue, Les travaux ont été commencés en 1867, interrompus par la guerre et repris en 1879 ; ils ont coûté 2.340.000 francs.
(4) Voir (p. 474) l'article de M. Émile Potin intitulé « Un Ami d'Alfred de Musset » et (p. 476) la communication faite par M. Antoine Guillois sur le même sujet. Voir également l'article de M. de Bussy intitulé: La Muse au bois d'Auteuil, page 172 du IN volume du Bulletin.
(5) Voir (p. 476) l’article de M. Émile Potin intitulé : Auteuil qui s'en va. Cet article est reproduit aux annexes,
d’abord réunies, ou plutôt juxtaposées dans les mêmes locaux et ont été inaugurées par Jules Simon, ministre de l’Instruction publique, le 28 octobre 1872, en présence de Léon Say, préfet de la Seine, et de M. Gréard, directeur de l’enseignement primaire. L'entrée des deux écoles était alors rue d'Auteuil, A1 bis, ou rue du Buis, 5. Elles occupaient une partie de l'ancienne propriété qui servit de résidence, au xvm' siècle, à plusieurs opulents fermiers généraux, fut possédée par Ternaux, le célèbre manufacturier qui introduisit en France la fabrication des châles cachemires, et fut ensuite occupée par l'ancienne institution Notre-Dame-d'Auteuil, fondée en 1859 par l'abbé Lévêque. Au 1° octobre 1876, l’école Jean-Baptiste-Say obtint son autonomie administrative, mais en gardant d'abord en commun avec l’école normale plusieurs bâtiments, notamment le gymnase. C’est le 8 octobre 1882 qu'on a ouvert la nouvelle école normale d'Auteuil, avec entrée rue Molitor; 10: la construction des nouveaux bâtiments a été dirigée par M. l'architecte Salleron.
De l'ancien parc Ternaux, jadis fort vaste, puisqu'il s’étendait jusqu'à la vieille rue Jouvenet, il ne reste plus qu'un lambeau, avec un beau cèdre, contigu aux constructions nouvelles de l’école normale, dont il forme le jardin botanique.
La rue des Perchamps, établissant une communication entre la grande rue (aujourd'hui rue d'Auteuil) et la rue La Fontaine, existe à l’état de chemin sur les plus anciens plans d'Auteuil. Le nom que porte cette rue est celui du lieu dit ou territoire dont elle fait partie; ce nom s'est écrit successivement de diverses façons : les Parchants, les Perchants-à-la-Croix en 1492, le Grand-Perchant, la place du Grand-Perchamp en 1773. Sur un plan du xvu° siècle, on voit: « Petit-Perchamp ou vidange de la ville », ce qui paraît indiquer que ce chemin était utilisé à cette époque pour la vidange des déchets, déblais et immondices. Les philologues ne se sont pas encore mis d'accord sur l'étymologie de ce nom de Perchamp : on a supposé qu'il signifiait champ d'un bleu vert, ou champ de l'égalité (1), en raison du voisinage de l'ancien cimetière attenant à l’église, ou champs égaux (2), provenant de coupes successives faites par les habitants dans les bois qui s’étendaient autrefois sur l'espace compris entre la rue La Fontaine et la rue Théophile- Gautier. En 1818, année où fut ordonné le numérotage de toutes les maisons d'Auteuil, on a dépensé 1.050 francs pour réparer le pavage de la rue des Perchamps. Une délibération du conseil municipal d'Auteuil en date du 14 décembre 1825 à approuvé un plan d’alignements, comportant l’élargissement de la rue à 6 mètres; cette largeur a été, en effet, approuvée par arrêté préfectoral du 4 février 1826, mais elle a été portée à 8 mètres, par arrêté du 27 septembre 1837. Le tracé sinueux de la rue des Perchamps a été remplacé, auprès de la rue d'Auteuil, par un tronçon en ligne droite, avec une largeur de 12 mètres en prolongement de la direction générale de la rue des Perchamps ; ce travail, commencé en 1884, définitivement autorisé par le décret du 19 juillet 1890 et terminé en 1892, a coûté 28.270 francs. On a poursuivi l'amélioration de cette partie de la rue des Perchamps, en octobre 1893, en reconstruisant à l'alignement, à son débouché sur la rue d'Auteuil, une
(1) Voir aux annexes (p. 237) l’article, déjà cité, de M. Antoine Guillois, sur la vieille église d'Auteuil.
(2) Voir, à la page 152 du [* volume du Bulletin, l'article de M, Émile Saint-Lanne sur les Perchamps,
RUE RIBÉRA 189
maison qui continue à la diviser en deux branches, dont l’une fort étroite, très mal pavée et sans trottoirs. C'est un reste du xvin‘ siècle, époque à laquelle la rue des Perchamps était bordée de petites constructions, occupées par des vignerons et des blanchisseuses; on les à remplacées, sur la place des Perchamps et pour les numéros impairs de la partie comprise entre cette place et la rue d'Auteuil, par de grandes maisons modernes de rapport. Le surplus de la rue des Perchamps, resté sinueux, est un des rares, mais peu propres, vestiges du vieil Auteuil.
La largeur de la place des Perchamps a été fixée à 12 mètres par l'arrêté préfectoral du 27 septembre 1837.
La rue Verderet, qui n'a que 50 mètres de longueur, est fort ancienne ; elle s'est appelée successivement Mérodée, Merderée en 1736, Merderet, enfin, d'une manière plus convenable, rue Verderet. Sa largeur avait été fixée à 8 mètres par arrêté du 27 septembre 1837; mais les maisons du côté gauche ont été démolies lors de la construction de la grande voie qui porte actuellement le nom de rue Chardon-Lagache; les alignements du côté pair ont été fixés par le décret du 20 septembre 1896.
La sente dite des Tas-de-Caïlloux a été remplacée en 1779 par une rue appelée ensuite rue de la Municipalité et dont l'emplacement est aujourd'hui occupé par la rue Chardon-Lagache ; la partie de cette dernière rue qui se trouve comprise entre la rue Claude-Lorrain et la rue Jouvenet existait à l'état de rue dès 1779. Des renseignements au sujet de l’ancienne rue de la Municipalité sont donnés ci-après dans l'historique de la rue Chardon- Lagache.
La rue du Buis est également fort ancienne; elle occupe l'emplacement d'un ancien chemin qui existait dès 1755 au lieu dit « le Bouys » ; elle finissait originairement à la rue Verderet et a été prolongée jusqu’à la rue de la Municipalité, lors de la construction de cette dernière rue entre la rue Jouvenet et la place de l'Église.
La partie de la rue Ribéra qui est comprise entre la rue La Fontaine et la rue Dangeau se nommait, au xvnr siècle, rue de la Croix, en raison d’une croix de pierre qui y avait été posée, fut brisée en 1793 et remplacée plus tard par une croix de bois. La largeur a été fixée à 8 mètres par arrêté du 28 janvier 1828 ; le prolongement entre la rue Dangeau et la rue Mozart a été autorisé par décret du 29 mai 1867. La mise en état de viabilité de la rue Ribéra a été terminée en 1882 et a coûté 17.100 francs; la dénomination actuelle de cette rue lui a été donnée par décret du 11 septembre 1869, en mémoire du peintre espagnol Joseph Ribéra (1588-1656), surnommé l'Espagnolet, qui vint tout jeune à Rome, y étudia d’abord à l'atelier du Caravage et se rendit ensuite à Parme auprès du Corrège ; son génie sombre et hautain se plaisait surtout à représenter les supplices des martyrs.
Trois maisons, d’un style original, ont été construites en 1894 par M. l’architecte J. Boussard, aux n° 41, 42 et 45 de la rue Ribéra. Celle qui porte le n° 41 a quatre étages de loggias, supportées par des cariatides de femmes ou par des colonnes.
La route n° 10 de Paris à Bayonne par Versailles, Chartres et Bordeaux, était très fréquentée, dès le xvn° siècle, par les carrosses circulant entre Paris et Versailles; elle s’est nommée d’abord route de Versailles, puis sur notre territoire « chaussée d'Auteuil »; un arrêté du 4% février 1877 lui a
donné son nom actuel d'avenue de Versailles : elle est plantée d'arbres. Les fourches patibulaires d'Auteuil étaient autrefois situées sur la route de Versailles (1). Le service des ponts et chaussées y a exécuté, en 1846, l'adoucissement de la côte du Point-du-Jour. On a réuni à cette avenue une petite fraction de la route de la Reine (conduisant à Boulogne) qui avait été coupée par les fortifications. Le décret du 10 octobre 1883 a fixé la moindre largeur à 25",60.
Au n° 7 de l’avenue de Versailles se trouve l'atelier de l'Union d’assistance par le travail du XVI arrondissement de Paris, ouvert en juillet 1896 ; cette union donne chaque année de l’ouvrage à quelques milliers d’indigents des deux sexes qui, sans cette ressource, seraient réduits à la mendicité. Elle a été présidée d'abord par Léon Say, ancien ministre des finances, et après sa mort par M. Jean-Casimir Périer, ancien président de la République ; elle l'est actuellement par M. Coulon, vice-président du Conseil d'État, membre de la Société historique d'Auteuil et de Passy.
Hippolyte-Guillaume-Sulpice Chevallier, dit Gavarni (1801-1866), célèbre dessinateur, aquarelliste et lithographe, a habité l'avenue de Versailles à partir de 1845 et s'était fixé en 1865 à la villa (2) de la Réunion. Son buste en bronze, par Puech, sera prochainement érigé place Saint-Georges.
Entre l'avenue de Versailles et la Seine, à l'aval du pont Mirabeau, se trouve la pompe à feu d'Auteuil (3). La loi du 10 avril 4901 y a autorisé la translation des services de l’ancienne pompe à feu de Chaillot, chargés de remonter les eaux de la Seine au réservoir d’où elles repartent pour être distribuées dans le XVI° arrondissement.
L'éclairage électrique a été installé à l'avenue de Versailles, suivant l’autorisation donnée par l'arrêté préfectoral du 5 avril 1900.
L'école municipale de l'avenue de Versailles était fréquentée, au commencement du xx° siècle, par deux cent trente-six jeunes filles.
L'œuvre de l'hospitalité du travail se trouve au n° 52 de l'avenue de Versailles. Son but est de fournir aux personnes sans ouvrage un travail provisoire qui leur permet de vivre, sans avoir recours à l’aumône, en attendant le moment où elles pourront trouver un emploi. L'établissement ne les reçoit que pendant une période d'au plus 20 jours; on y prend note de leurs aptitudes et on s'efforce de les placer.
(1) Voir une note de M. Antoine Guillois sur l'emplacement de la justice des Génovéfains à Auteuil; elle se trouve dans un article déjà cité du même auteur.
(2) Voir aux annexes (pp. 478 et ss.) la note sur les demeures de Gavarni et Particle de M. Em, Potin : Auleuil qui s’en va, auquel il a été déjà renvoyé.
(3) Voir mon article sur le service des eaux dans le XVI: arrondissement, ainsi que l'article de M. L. Mar sur l'ancienne pompe à feu de Chaillot; ces deux articles, déjà cités, sont reproduits aux annexes (pp. 395 et 426),
Histoire des rues établies à Auteuil depuis 1800
iusqu'à lannexion.
Auteuil resta à peu près stationnaire pendant la. Révolution et fit peu de progrès sous le premier Empire ; mais, après les guerres, les rues déjà bordées de propriétés se peuplèrent peu à peu, les champs disparurent sur divers points, et plusieurs voies publiques à l'état de chemins se transformèrent en rues.
En l'an X,le chemin du Point-du-Jour à Billancourt fut élargi, débarrassé des eaux stagnantes et forma la rue de Billancourt, classée sous ce nom par arrêté préfectoral du 95 prairial an X. Les alignements de cette rue ont été fixés par les arrêtés du 13 février 1838 et du 16 juillet 1855, portant la largeur légale de 8 à 10 mètres. En 1848, la commune d'Auteuil a fait exécuter des remblais sur la rue de Billancourt, pour donner de l'ouvrage aux ouvriers nécessiteux (1). En raison de l'augmentation de la population aux abords de l'avenue de Versailles, les trottoirs de la rue de Billancourt furent mis en état de viabilité, suivant un arrêté du 17 août 1880, autorisant une dépense de 42.200 francs.
A partir de 1808, le conseil municipal, à raison du développement des constructions, s’occupa très activement des mesures à prendre pour améliorer et assainir les voies publiques, ainsi que pour élargir ou régulariser, par voie d'alignement, celles où habitait la partie la plus dense de la population.
La rue Jouvenet occupe l'emplacement d'un chemin très ancien et sinueux ; elle s'appelait précédemment rue de la Réunion et figure sous ce nom au cadastre de 1823 ; mais elle existait dès le commencement du xrx° siècle, car l'arrêté du 1° avril 1808, prescrivant l'ouverture d'une rue nouvelle, qui s'est appelée sous le premier Empire rue d'léna, porte qu'elle ira de la rue de la Municipalité à la rue de la Réunion (2). Dans sa séance du 5 août 1859, le conseil municipal proposa de lui donner le nom de M. Jehannot, ancien
(1) Sur la rue de Billancourt, la commune d'Auteuil a dépensé 669 francs en 1833 pour établissement de caniveaux, 7.160 francs en 1839 pour pavage de cette rue et de celle de la Demi-Lune, et 5.803 francs à la mème époque pour travaux de nivellement et d'assainissement.
(2) Voir ci-après l'historique de la rue de Musset. Les alignements de la rue de la Réunion ont été fixés par l'arrêté préfectoral du 13 février 1838.
maire ; cette proposition n'a reçu aucune suite, et la dénomination actuelle de la rue Jouvenet lui a été donnée, par décret du 24 août 1864, en mémoire du peintre Jean Jouvenet (1644-1717), qui se fit connaitre dès l'âge de dixneuf ans par un tableau appelé « la Guérison du Paralytique », autrefois à la basilique de Notre-Dame de Paris. Il entra en 1675 à l'Académie de peinture, sur la présentation de Lebrun. On lui doit plusieurs tableaux qui ornent le musée du Louvre, ainsi que des peintures de la chapelle du château de Versailles. Devenu paralytique du côté droit, il s’exerça à peindre de la main gauche, et c'est de cette main gauche qu'il fit, pour le chœur de l’église de la Visitation, le tableau appelé Magnificat.
L'école municipale de la rue Jouvenet était fréquentée, au commencement du xx° siècle, par 274 jeunes filles.
L'impasse Jouvenet, qui débouche dans la rue Jouvenet à la hauteur de la rue Lancret et qui est aussi ancienne que ces deux rues, se nommait précédemment impasse de la Réunion et a reçu sa dénomination actuelle par arrêté du 27 mai 1881. Sa largeur a été fixée à 8 mètres par arrêté du 13 février 1838. Elle a à peine 30 mètres de longueur.
La rue Lancret, autrefois impasse ou passage des Miracles, est également fort ancienne (4) et a reçu sa dénominatic \ actuelle, par décret du 24 août 1864, en mémoire du peintre Nicolas Lancret (1691-1743), qui fut condisciple et ami de Watteau dont il suivit les conseils et fut reçu en 1719 à l’Académie de peinture, sous le titre de « peintre des fêtes galantes ». On connaît de lui au moins 80 tableaux, reproduits fréquemment par la gravure ; beaucoup d'originaux sont au Louvre, à Dresde et dans les palais du roi de Prusse ; on à pu voir ces derniers à l'Exposition universelle de 1900 (pavillon allemand).
La rue de Musset s'est appelée d'abord rue d’Iéna, puis rue Benoit. Un arrêté préfectoral du 1° avril 1808 ordonna l'ouverture de la partie de cette rue comprise entre les voies qui portent actuellement les noms de rue Chardon-Lagache et de rue Jouvenet ; cette section a porté d’abord le nom de rue d'Iéna. Le docteur Lacroisade, qui avait succédé à M. Benoit comme maire d'Auteuil, demanda qu'il füt interdit de bâtir des maisons sur le tracé du prolongement de la rue d'Iéna, projeté vers la rue Boileau ; l’administration déclara, le 25 novembre 1814, qu’elle ne pouvait pas empêcher les propriétaires de bâtir, tant que ce prolongement n'aurait pas été régulièrement et définitivement autorisé. En 1816, après la mort de M. Benoit, qui fut maire d'Auteuil de 1793 à 1813, remplit ses fonctions avec beaucoup de zèle et fit exécuter divers travaux d'intérêt général, le nom de rue d'Iéna fut changé en celui de rue Benoit. La partie de la rue de Musset comprise entre les rues Chardon-Lagache et Jouvenet (ancienne rue d’Iéna) figure seule, sous le nom de rue Benoit, au plan cadastral de 1823. Le prolongement, entre la rue Jouvenet et-la rue Boileau, qui avait été projeté avant la fin du premier Empire et fréquemment sollicité par la municipalité d'Auteuil, notamiment par une délibération du 5 mai 1825, n'a été autorisé que par l'ordonnance royale du 23 décembre 1839, maintenant pour l'ensemble de la rue Benoit une largeur légale de 8 mètres. Ce n’est qu'en avril 1841 que M. Molin, alors maire d'Auteuil, a acheté les terrains nécessaires pour réaliser ce prolonge-
(1) Les alignements de la rue Lancret ont été fixés par arrêté du 27 septembre 1837, et ceux de la rue Jouvenet par arrêté du 13 février 1838,