RUE PIERRE-GUÉRIN
ment; une indemnité de 975 francs a été payée en 1842 pour ces terrains par la commune aux hoirs Reculé. Une somme de 19.100 franes a été dépensée en 1889 pour achever la mise en état de viabilité de la rue de Musset, ancienne rue Benoit, qui a reçu sa dénomination actuelle, par décret du 24 août 1864, en mémoire du poète Louis-Charles-Alfred de Musset (1810-1857), élu académicien en 1852 (1).
L'école municipale de la rue de Musset était fréquentée, au commencement du xx° siècle, par 359 garçons.
La rue Pierre-Guérin (2) a remplacé la sente des Vignes, qui est devenue ensuite la rue des Vignes. Cette sente réunissait, de même que la rue des Perchamps, la grande rue à la rue de la Fontaine, en longeant à gauche les murs du parc de Boufflers et à droite les nombreuses vignes qui recouvraient alors le coteau montant vers Passy : jusqu’en 1870, on voyait encore des vestiges de ce vignoble, ou tout au moins de nombreuses tonnelles dans de petits jardins, séparés par des treillages, sur les terrains situés entre les emplacements occupés actuellement par la rue Chardon-Lagache et la rue du Docteur-Blanche; de nombreux sentiers bordés de haïes serpentaient dans cette région.
La rue Pierre-Guérin se prolonge en impasse, sur une longueur de 90 mètres à partir de la rue de la Source; le surplus de la longueur de cette rue peut être divisé, au point de vue historique, en deux sections distinctes, dont la première va de la place des Perchamps à la rue de la Source, et la seconde (qui constitue une sorte de prolongement de la rue Boileau) va de la rue d'Auteuil à la place des Perchamps.
La première section, qui remplace l’ancienne sente des Vignes, est de beaucoup la plus ancienne ; il résulte d'un alignement, délivré en 1810, que cette sente n'avait alors qu'une largeur de 2 mètres ; un arrêté de 1822 a fixé la largeur légale de ladite sente à 12 pieds. La municipalité d'Auteuil voulait délivrer les alignements de manière à donner à cette voie une largeur de 8 mètres, ce qui motiva des contestations avec les propriétaires riverains. Le préfet de la Seine fit observer que la conversion d’une sente en rue ne pouvait être légalement acquise que par l'approbation d'un plan général d’alignement. Il déclara que, par application de la loi du 28 février 1805, le classement de la sente en chemin vicinal ne permettrait pas de lui donner une largeur supérieure à 6 mètres ; enfin, que la largeur de 8 mètres, demandée par le conseil municipal d'Auteuil, ne pourrait être réalisée que si une ordonnance royale convertissait plus tard le chemin en rue. Conformément à une délibération prise le 23 août 1823 par le conseil municipal d'Auteuil, l'arrêté préfectoral du 8 mars 1825 classa et aligna le chemin vicinal, dit sentier des Vignes, avec une largeur de 6 mètres. L'arrêté du 27 septembre 4837 a donné au sentier des Vignes le nom de rue des Vignes, en lui assignant une largeur minimum de 8 mètres ; enfin, le nom de rue Magenta a été, comme on va le voir, donné à cette section, ainsi qu'à la seconde, pendant quelques années.
(1) Pour le séjour de Musset à Auteuil, voir ce qui a été dit ci-dessus, à la fin de l'historique de la rue Boileau, page 187.
(2) Les alignements ont été réglés par l'arrèté du 8 mars 1825, pour la partie comprise entre la place des Perchamps et la rue de la Source, à 10 mètres de largeur par l'arrêté du 30 juin 1856 pour la partie comprise entre la place des Perchamps et la rue de la Source; ces alignements ont été modifiés par le décret du 15 juin 1885.
L'ouverture de la seconde section, sous le nom de rue Neuve-Boileau, a été réalisée en 1856, à la suite de l'approbation donnée par délibération municipale en date du 1‘ février de la même année, à un projet d'échange de terrains entre la commune d'Auteuil et M. Boudon, cédant 1.200 mètres carrés pour ouvrir cette nouvelle rue, avec une largeur de 10 mètres. En vertu d'une délibération prise le 8 juin 1859 par le conseil municipal d'Auteuil, le nom de rue de Magenta a été donné non seulement à la rue Neuve-Boïileau, mais encore à une partie de la rue des Vignes (1), en souvenir de la victoire remportée le 4 mai 1859 par les Français sur l’armée autrichienne. Le décret du 11 septembre 1869 à supprimé, à Auteuil, le nom de la rue des Vignes et celui de la rue de Magenta et a donné à cette voie sa dénomination actuelle, en mémoire du baron Pierre-Narcisse Guérin (1774-1833), peintre d'histoire, professeur à l'École des Beaux-Arts, qui fut nommé membre de l'Institut en 1815 et a été directeur de l’Académie de Rome de 1822 à 1829. — Des candélabres et becs à incandescence ont été installés, en décembre 1899, à la rue Pierre-Guérin.
Une ordonnance royale du 27 septembre 1825 a autorisé l'établissement du pont de Grenelle (2), qui est divisé en deux parties par l'île des Cygnes, séparant la gare de Grenelle du bras droit de la Seine, et qui donnait passage à la route départementale n° 10, reliant la rive gauche de la Seine (Montrouge, Vaugirard et Grenelle) à la rive droite (Auteuil, Passy et Neuilly). Les travées métalliques qui ont remplacé, en 1875, l'ancien pont en charpente, ont été exécutées dans les ateliers de la maison Cail. Le passage conduisant aux pontons des bateaux parisiens (station du pont de Grenelle) a été élargi en 1898. La Chaussée du pont de Grenelle, voie qui conduit au pont et accède à l’avenue de Versailles, est bordée de maisons de rapport.
La partie gauche de la section de la rue de Boulainvilliers, qui se trouve comprise entre les abords du pont de Grenelle et le carrefour où aboutissent les rues La Fontaine, de l’Assomption et Raynouard, dépend d'Auteuil ; le surplus de cette rue appartient à Passy. Elle doit son nom au château seieneurial de Boulainvilliers. La section de la rue de Boulainvilliers qui, dans le voisinage du pont de Grenelle, forme limite entre Passy et Auteuil, s'appelait autrefois avenue de Boulainvilliers et était empruntée par la route départementale n° 10 de Montrouge à Neuilly.
On peut citer, parmi les voies datant du premier tiers du xix° siècle, les rues Désaugiers, de la Source, Jasmin, Téniers, Van-Loo et le quai d'Auteuil.
La rue Désaugiers (3) est une voie minuscule qui va de la rue d'Auteuil à la rue du Buis; elle s'est appelée d'abord rue des Bons-Enfants et a reçu sa dénomination actuelle par décret du 24 août 1864, en mémoire du chansonnier Marc-Antoine Madeleine Augier, dit des Augiers (1773-1827), dont la verve souple et féconde s'exhalait en joyeuses et bouffonnes chansons, parmi lesquelles on peut citer Cadet Buteux, Monsieur el Madame Denis. I a com-
(i) Le 10 novenibre 1856, le conseil municipal d'Auteuil a autorisé l'établissement d'une chaussée empierrée avec caniveaux et bordures de trottoirs dans la rue des Vignes,
(2) Voir ma note intitulée : « la Seine entre le pont d'Iéna et le viaduc d'Auteuil »; elle est insérée aux annexes (p. 365). é
(3) Les alignements ont été fixés pour la rue Désaugiers comme pour les rues Verderèt et du Buis, dont elle est voisine, par l'arrêté du 27 septembre 1837: