‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 74 sur 329 · RUE TENIERS · texte numérisé non relu

RUE TENIERS

la Glacière, qui allait jusqu'à la rue Pajou. Cette ancienne rue de la Cure commençait à la rue de l'Assomption ; mais, en 1877, la partie comprise entre cette dernière rue et la rue Mozart a été supprimée et son emplacement vendu à un propriétaire. Un décret du 2 mai 1881 a fixé les dimensions, avec moindre largeur de 6 mètres, de la partie qui est située entre la rue Mozart et la rue de l'Yvette et qui, actuellement, porte seule le nom (1) de rue de la Cure; les travaux autorisés par ce décret du 2 mai 4881 furent terminés en 1883 et ont coûté 119.000 francs. Une autre partie de l’ancienne rue de la Cure, comprise entre la rue de la Cure actuelle et la rue Jasmin actuelle, a été supprimée par décret du 8 novembre 1883, fixant une moindre largeur de 12 mètres pour la section de l'ancienne rue de la Cure comprise entre la rue Raffet et la rue de l’Yvette. Enfin, le décret du 3 décembre 1885 a donné à cette dernière section le nom de rue Jasmin, en mémoire du poète languedocien Jaquon Jasmin (1798-1864), qui a ressuscité la langue des troubadours et est resté toujours fidèle, malgré ses grands succès poétiques, à son état de perruquier, à Agen.

Par délibération en date du 7 mai 1809, le conseil municipal d'Auteuil demanda quele chemin du Bac, conduisant à la Seine, presque en face de larue d'Iéna (récemment ouverte et actuellement nommée rue de Musset), fût rendu praticable aux voitures et que le passeur fût obligé de tenir constamment son bateau, à l'usage des passagers, devant ce chemin du Bac. Il figure au plan cadastral de 1823, sous le nom de rue du Bac (2). Le décret du 11 septembre 1869 donna à la rue du Bac, une des plus déclives de Paris, le nom de ue Van-Loo, en l'honneur d'une famille de peintres hollandais qui se fixèrent en France et dont le plus célèbre est Charles-André, dit Carle Vanloo (1705- 1765) ; il fut chargé par le duc de Savoie de faire le portrait du prince de Carignan, qui devint son protecteur et lui paya son voyage et un long séjour en ltalie. Il se fixa ensuite en France, où il obtint un fauteuil à l'Académie en 1731, le titre de premier peintre du roi et la direction de l'École de peinture. Il a fait les portraits de Louis XV, de Marie Leczinska, de Mme de Prie : on cite parmi ses tableaux : Diane et Endymion, Saint Pierre délivré de prison, Henri II recevant les chevaliers du Saint-Esprit, Henri II sur son lit de mort (collection du marquis de Biencourt), Charles IX (château de Chambord). Les Van-Loo ont donné trois générations de peintres.

La rue Téniers, qui va, comme la rue Van-Loo, de l'avenue de Versailles au quai d'Auteuil, n’a qu'une largeur de 1",95 ; c'est une voie non classée, appartenant à la Ville de Paris ; elle s’est nommée d’abord sente, puis rue de 1 Égout, parce qu'elle prolonge un égout. Elle ne peut servir qu'aux piétons et on y descend par un escalier de l'avenue de Versailles. Elle a porté ensuite le nom de rue Callot et a reçu sa dénomination actuelle par décret du 11 septembre 1869, en mémoire de peintres célèbres : David Téniers, dit le vieux (1582-1649), qui a peint surtout des scènes villageoïises, et son fils, David Téniers, dit le jeune (1610-1685), qui fut élève de Rubens, professeur de Don

(Gi) Il existe, en outre, rue Raffet, 13-15, une ruelle de la Cure, en prolongement de la rue Jasmin, qui était autrefois une partie de la rue de la Cure; cette ruelle n'a que 1,50 de largeur et 50 mètres de longueur.

{2) Le conseil municipal d'Auteuil a voté, le 8 février 1846, un crédit de 1.300 francs pour la construction d'un mur de soutènement. Les alignements de la rue Van-Loo ont été fixés par le décret du 4 février 1884, avec largeur de 8 mètres.

Juan d'Autriche, et a laissé un nombre énorme de tableaux, d'après lesquels on a fait beaucoup d’estampes. Téniers le jeune a porté jusqu’à la perfection le genre de son père : il peignait avec beaucoup de finesse et de vérité les mœurs rustiques, les scènes de cabaret et les kermesses flamandes. — Un unique et étroit trottoir a été établi à la rue Téniers en 1858.

Carle Van-Loo,

(Collection de M. Ém. Potin.)

Le quai d'Auleuil ne consistait originairement qu'en une servitude de passage, au long de la Seine, pour le halage des bateaux. Un décret spécial du 22 juillet 1863 a classé l'établissement du quai d'Auteuil entre le pont de Grenelle et les fortifications d'aval, sous la réserve que les expropriations seraient terminées dans un délai de trois ans ; mais cette condition n’a pas été remplie. Le Conseil d'État ayant décidé, par arrêt du 1° août 1890, qu'il résultait de l'inobservation de ce délai que le classement de 1863 n’était plus

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