‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 76 sur 329 · RUE DE L'ASSOMPTION · texte numérisé non relu

RUE DE L'ASSOMPTION

Mme de Staël, Mlle Mars, Talma ; aussi avait-il été surnommé le peintre des rois et le roi des peintres. On lui doit beaucoup de tableaux, notamment Bélisaire, Psyché, la Bataille d'Austerlitz, l'Entrée d'Henri IV à Paris. Sa maison de plaisance, à Auteuil, était située sur l'emplacement de l'hôtel seigneurial des Abhbés de Sainte-Geneviève.

Samson, sociétaire de la Comédie-Française, a demeuré au n° 2 de la rue François-Gérard ; il eut le prix de comédie en 1812 et compta, parmi ses élèves, Mile Rachel et les deux Brohan.

La rue de l’Assomplion, précédemment chemin et rue des Tombereaux, sépare le territoire d'Auteuil de celui de Passy (1). Le nom du chemin des Tombereaux provient de ce qu'il servait de passage aux charrettes que l’on déchargeait aux fortes terres d'Auteuil. Il figure sur le plan de Roussel, auquel il est bien antérieur, puisqu'il a servi de limite à la paroisse de Passy, dès sa fondation, en 41672. Avant le xix° siècle, il était renfermé entre deux murs, celui du pare de Boulainvilliers et celui des jardins du château de la Tuilerie, et, comme il était étroit, il se trouvait complètement ombragé par les branches des arbres de ces deux vastes propriétés. Il fut porté en tableau de classement des chemins vicinaux d’Auteuil, approuvé le 2 août 1837 comme chemin vicinal n° 4, de 850 mètres de longueur et 7 mètres de largeur légale, entre la demi-lune de Boulainvilliers et les murs du bois de Boulogne. Par délibération du 15 février 1854, le conseil municipal d'Auteuil a approuvé une offre des propriétaires riverains, consistant à fournir une souscription de 2.780 francs et à céder gratuitement les terrains nécessaires, sous la condition que la largeur serait fixée à 10 mètres ; l'arrêté du 6 juillet 1855 a effectivement porté la largeur légale de 7 à 10 mètres. Des travaux, adjugés en 1855 et terminés en 1857, rendirent la rue immédiatement praticable sur une largeur de 8 mètres, étant entendu qu'elle serait portée à 10 mètres par voie d'alignement, au fur et à mesure de l'érection de constructions par les riverains. Ces travaux ont coûté 9.600 francs; une subvention départementale de 4.000 francs était venue s'ajouter aux fonds de concours donnés par les propriétaires riverains et le surplus de la dépense a été partagé également entre la commune d'Auteuil et celle de Passy.

IL a été dit ci-dessus, dans l'historique de la rue La Fontaine et du château de la Tuilerie, que ce dernier a été acheté, en 1855, par la communauté religieuse de l’Assomption. Cette belle propriété se trouve sur le côté gauche de la rue et, par conséquent, sur le territoire d'Auteuil; elle renferme un très grand parc et sa superficie s'élève à 49.079 mètres carrés. C'est vers 1846 que Mlle Eugénie Meilleret de Brou a créé, avec Monseigneur Afîre, archevêque de Paris, l'abbé Combalot et le Père d'Alzon, la congrégation des Augustines de l'Assomption, dont le nom a été donné, vers 1856, à la rue qui nous occupe. Cet ordre, dont la maison mère est au couvent d'Auteuil, a de nombreux établissements dans le monde entier ; la reine Mercédès, première femme du roi d'Espagne Alphonse XII, était une ancienne élève du couvent d'Auteuil.

Le monastère des dames de l'Assomption a été construit en 1856 et 1857, sous la direction de M. l'architecte Verdier. Le domaine de ce couvent a été mis en vente, à la requête du fisc, en 1901, pour refus par la congrégation

(1) Voir les indications données ci-dessus, dans l'historique de la rue La Fontaine, au sujet du château de la Tuilerie, page 181.

d'acquitter les droits d'accroissement. A la suite d’une première adjudication, il avait été adjugé pour 1.060.000 francs à M° Charveau, avoué; mais une surenchère s'étant produite dans les délais légaux, le domaine a été remis en vente sur une mise à prix de 1.213.314 francs adjugé définitivement à Me Charveau pour 1.400.000 francs; la congrégation continue à occuper l'immeuble.

Au 38 de la rue de l’Assomption se trouve l'entrée des élèves du lycée Molière, lycée de jeunes filles, qui n'admet que des externes et des demipensionnaires. Ce lycée, qui a son entrée principale rue du Ranelagh, n° 71, a été créé par décret du 6 août 1888 et inauguré le 8 octobre de la même année. Il est administré par l'État et s'étend sur une superficie de plus de 9.000 mètres carrés. Cet établissement renferme une classe enfantine pour les jeunes filles de six à sept ans, une classe élémentaire, trois classes préparatoires pour les jeunes filles de sept à douze ans et cinq classes d'enseignement secondaire. Le diplôme de fin d'étudés secondaires délivré par ce lycée permet aux jeunes filles qui en sont munies, soit de se présenter aux concours d'admission aux écoles normales de Sèvres et de Fontenay-aux-Roses, soit de se mettre en instance pour obtenir un emploi d’institutrice primaire ou de maîtresse répétitrice dans les lycées et collèges de jeunes filles.

La rue Le Marois est une partie de l'ancien chemin du vieux pont de Sèvres, converti ensuite en route départementale. Le décret du 24 août 1865 a donné à cette rue son nom en l'honneur de Jean-Léonor-François, comte Le Marois (1776-1836), qui fut élève de l’école de Mars en 1794, se distingua comme aide de camp du général Bonaparte à Lodi et à Roveredo et fut chargé de porter au Directoire les drapeaux conquis sur les Autrichiens à Arcole. Colonel à Marengo, général de brigade en 1802, il fut nommé général de division après la bataille d'Austerlitz ; il fit la compagne de Russie et défendit glorieusement Magdebourg.

La rue Le Marois a été munie, en 1899, de trottoirs réglementaires.

La rue Claude-Lorrain, précédemment allée du Cimetière, puis rue et avenue des Clos, figure au cadastre de 1823, pour la partie comprise entre la rue de la Municipalité (aujourd’hui rue Chardon-Lagache) et la rue Boileau partie dont la largeur légale a été fixée à 8 mètres par l'arrêté du 27 septembre 1837. Le conseil municipal d'Auteuil avait autorisé, Le 27 octobre 1834, l'achat à M. Bernard de 4 ares et 75 centiares pour élargissement de la rue conduisant au cimetière. Le prolongement de la rue Claude-Lorrain, entre la rue Boileau et la rue Michel-Ange, a été autorisé par arrêté du 4 novembre 1869, et le classement de cette section, avec largeur légale de 12 mètres, a été prononcé par décret du 14 juillet 1877. Cette voie (1) a reçu sa dénomination actuelle par décret du 24 août 1864, en mémoire de Claude Gelée, surnommé le Lorrain (1600-1678), qui excella surtout dans les paysages et fit admirer la beauté de son coloris et la richesse de son style; il passa la plus grande partie de sa vie à Rome, où il dirigea pendant plus de vingt ans une école d’où sont sortis des peintres distingués.

Le cimetière d'Auteuil, qui a été ouvert en 1800, fut agrandi en 1807,

grâce à la générosité du sénateur Le Couteulx de Canteleu ; de nouveaux agran-

(1) La cité ouvrière de la rue Claude-Lorrain a été visitée, en 1893, par M. Carnot, président de la République.

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