BOULEVARD MURAT
dissements ont été réalisés entre1843 et1847. I] s'étend à peu près parallèlement à la rue Michel-Ange et occupe l'angle compris entrecette rue et la rue Claude- Lorrain; il a été ravagé par le bombardement de 1871. L’ordonnance royale du 10 mai 4845 a autorisé pour ce cimetière un agrandissement qui a été réalisé en 1846, moyennant une dépense de 16.000 francs. Depuis longtemps ce cimetière ne s'ouvre plus que pour les propriétaires de concessions perpétuelles.
Je me bornerai à signaler, parmi les tombes du cimetière d'Auteuil, celles de la comtesse Amélie de Boufflers, de Mme Helvétius, de la famille de Cabanis, de Rumford, de l’archéologue Barthélemy, auteur du Voyage du jeune Anacharsis en Grèce, du peintre Hubert Robert, de l'abbé Lacrolle, curé d’Auteuil, victime de son dévouement pendant l'épidémie cholérique de 1832, du manufacturier Ternaux-Rousseau, du géomètre Legendre (1834) (1), du chef d'orchestre Musard, qui a été en 1848 maire d'Auteuil (1859), de Gavarni (1866), de Villemessant, fondateur du Figaro (1879), de Paul Dalloz, directeur du Monileur universel (4887), du peintre Adolphe Yvon et du compositeur Gounod (1893) et de son beau-frère Zimmermann. On lit, sur les dalles tumulaires, d'autres noms illustres : Palikao, Goupil, Alphand, Benoît, maire, et Legonidec, curé d'Auteuil, Tarbé des Sablons, etc.
La rue Gudin se nommait autrefois rue de la Demi-Lune, parce qu’elle aboutissait à une demi-lune où débouchait également la rue de Billancourt; elle faisait partie de la route départementale n° 1. Sa dénomination actuelle lui a été donnée par décret du 27 février 1867, en mémoire de Charles-Etienne- César, comte Gudin (1768-1812), condisciple de Napoléon I‘ à l’école militaire de Brienne, sous-lieutenant au régiment d'Artois en 1784, chef de bataillon en 1793, chef d'état-major de Gouvion-Saint-Cyr, général de brigade en 1799, tué au début de la campagne de Russie.
C'est en 1899 qu'on a établi les trottoirs réglementaires entre le n° 12 de la rue Gudin et l'avenue de Versailles.
L'ordonnance royale pour l'établissement de l'enceinte fortifiée de Paris fut signée le 10 septembre 1840; le 8 novembre de la même année, le Conseil municipal d'Auteuil présenta diverses objections contre ce projet, dont la réalisation devait rendre plus difficiles les communications avee le bois de Boulogne: La loi du 3 avril 1841 ouvrit pour cette opération un crédit de 140 millions, dont 35 à dépenser en 1841 et 20 en 1842. Les fortifications furent établies, vers le Point-du-Jour, sur des vignes ou des champs cultivés et, pour le surplus du territoire d'Auteuil, sur des terrains boisés. La remise conditionnelle de la rue Militaire, longeant intérieurement les fortifications, a été autorisée par la décision ministérielle du 98 juillet 1859; cette rue Militaire a été classée comme voie publique, avec moindre largeur de 14 mètres, par le décret du 9 septembre 1861. Celui du 2 mars 1864 a donné le nom de boulevard Murat à une partie de la rue Militaire jusqu'à la porte d'Auteuil et le nom de boulevard Suchet au surplus de la route Militaire, depuis la porte d'Auteuil jusqu'à la porte de Passy. Joachim Murat (1771-1815), beau-frère de Napoléon Le", dont il fut l'aide de camp en Italie et en Egypte, commanda la cavalerie de 1805 à 1808 et fut proclamé roi de Naples le 1* août 1808. Sa biographie est assez connue pour qu'il paraisse inutile de la résumer ici.
(1) Voir les communications de M. Léo Claretie à la page 8 du I* volume et la note sur la tombe du mathématicien Legendre, page 88 du Il° volume du Bulletin.
Le décret du 23 septembre 1880 a autorisé le prolongement du boulevard Murat au delà de l'avenue de Versailles.
C'est par la porte du bord de l’eau et sur une indication donnée par M. Ducatel, piqueur des ponts et chaussées, que l’armée entra dans Paris, le 21 mai 1871.
Le passage Murat, qui va de la rue de Billancourt au boulevard Murat, est une voie privée, qui a été ouverte en 1881.
Les constructions furent interrompues à la suite des événements de 1848; mais elles prirent un grand essor à Auteuil, à la suite de la loi du 8 juillet 1852, qui a cédé à la ville de Paris le bois de Boulogne (1), et en a permis la transformation, et du décret du 18 août de la même année, qui a autorisé la création du chemin de fer de Paris à Auteuil, inauguré en septembre 1853.
La Compagnie concessionnaire de cette ligne (Compagnie du chemin de fer de Paris à Saint-Germain, remplacée ensuite par la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest) acheta pour 400.000 francs l’ancienne propriété de Montmorency-Boufflers, par actes notariés (étude Fould) de novembre et décembre 1852. Sur ces terrains, dont la superficie était de 13 hectares 67 ares et 47 centiares, la Compagnie du chemin de fer a établi la gare d'Auteuil et ses abords, la villa Montmorency, le boulevard de Montmorency et les trois rues du Débarcadère, des Arts et Montmorency ; ces divers travaux, commencés en 1853, furent terminés en 1856. La Compagnie avait proposé à la commune d'Auteuil de recevoir au nombre de ses voies publiques la rue du Débarcadère (aujourd’hui rue Poussin), la rue des Arts (aujourd’hui rue Géricault) et la rue Montmorency (aujourd'hui rue Donizetti); mais l’accord n'ayant pas pu s'établir à ce sujet entre la Compagnie et la commune, ces trois rues n’ont été rangées parmi les voies publiques de Paris que par le décret du 23 mai 1863, approuvant le tableau des voies publiques du quartier d’Auteuil, comme suite à la délibération prise le 6 février de la même année et après l'annexion, par le conseil municipal de Paris.
Au commencement du xvur° siècle, on voyait à l'extrémité de la Grande- Rue, tirant vers le bois de Boulogne, l'Ostel du Pare, qui était occupé en 1728 par l’abbé Rouillé ; ce domaine a ensuite appartenu aux familles de Boufflers et de Montmorency ; il occupait l’espace compris entre le bois de Boulogne, la Grande-Rue d'Auteuil, le chemin de la Fontaine et le chemin des Vignes. Il a été habité longtemps par la marquise de Boufflers, dont le salon était fort célèbre; elle est morte en 1787. Le 22 pluviôse an VIII, le domaine fut vendu par la citoyenne veuve Boufflers pour la somme de 65.185 francs; il appartint sous la Restauration à la duchesse de Montmorency (
La villa Montmorency, qui occupe une grande partie de l’ancien pare des Boufflers et renferme des maisons avec jardins, appartenant à divers propriétaires, est comprise entre le boulevard Montmorency, la rue Poussin et la rue Pierre-Guérin, avec entrée sur chacune de ces trois voies. Elle avait pour concierge en 1867 la fille du fameux ciseleur Gouthière. Elle renferme cinq voies privées, qui y ont été construites en 1854 par la Compagnie du chemin
(1) Voir, à la page 69 du premier volume du Bulletin, les documents communiqués par M. Émile Saint-Lanne.
(2) Voir (p. 480) l'article de M. Antoine Guillois intitulé : les Boufflers à Auteuil; il est reproduit aux annexes ainsi que le texte d'une lettre de la comtesse de Boufflers au poète Roucher, et une note sur la vente de la propriété de Boufflers.