‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 8 sur 329 · LE RANELAGH · texte numérisé non relu

LE RANELAGH

(Collection de M. Chandebois.)

l'utilisation de carrières lointaines; maïs il a présenté l'inconvénient de créer, au-dessous d'une partie de la grande ville, des vides qui peuvent occasionner des effondrements : c’est pour prévenir des accidents de ce genre, sous les voies publiques, que le service de l'inspection générale des carrières créé en 1777. Beaucoup de pierres à bâtir ont été extraites des carrières souterraines ouvertes dans le calcaire grossier, au-dessous d’une partie des quartiers de Chaillot et de Passy; cette exploitation a été fort active pendant les xvu et xvrn® siècles et pendant le commencement du xix° siècle. L'exploitation des carrières souterraines a été interdite dans l'intérieur de Paris, par le

(1) Les dernières constructions principales devaient se trouver sur l'emplacement du 26 actuel de l'avenue Raphaël, appartenant à M. Berrus.

Le bal du Ranelagh eut une grande vogue sous la direction de M. Herny; on y rencontrait le Tout-Paris de l'époque et beaucoup de personnages; un des habitués de ce bal était le prince de Syracuse, nommé vice-roi de Sicile par son frère le roi de Naples Ferdinand II, lors de son avènement au trône (8 novembre 1830).

(>) Mon article intitulé : « Les carrières souterraines et le sous-sol du XVIe arrondissement », et inséré dans le Bullelin, est reproduit aux annexes (p. 315); on y trouvera également (p. 314) l’article de M. Léopold Mar, intitulé : « Passy et Chaillot souterrains »,

décret du 22 mai 1813 ; la même mesure a été appliquée en 1860 à la zone annexée, comprenant le XVI° arrondissement, où le nombre des rues ayant leur sol sous-miné est de quarante et une; la longueur des galeries souterraines d'inspection s'y élève à 6.419 mètres.

L'ancien mur d'enceinte de Paris, construit sur la demande des fermiers

généraux en vue de soumettre tous les consommateurs au paiement des droits d'entrée, fut exécuté, de 1784 à 1786, sous la direction de l'architecte Ledoux. Cinq barrières (1) faisaient alors communiquer Passy avec Paris. Après l'achèvement de ce mur d'enceinte, la partie de Chaillot qui se trouvait en dedans de ce mur était définitivement réunie à Paris, et la paroisse de Passy était limitée.par la Seine, par le mur d'enceinte (chemin de ronde de Sainte-Marie, boulevards extérieurs de Longchamp et de Passy, place de l'Etoile), par la paroisse d'Auteuil, par la partie de la grande route de Paris à Cherbourg qui forme actuellement l'avenue de la Grande-Armée, et enfin par une ligne prolongeant la rue de Longchamp et par une autre ligne tra- | versant le bois de Boulogne sur l'emplacement qui est occupé aujourd'hui | par les lacs. La paroisse d'Auteuil avait toujours été, depuis 1672, séparée de celle de Passy par le chemin des Tombereaux (aujourd'hui rue de l’Assomption); vers Billancourt, elle était limitée par la grande route de Paris à Versailles et par un sentier, qui est devenu actuellement l'avenue Victor- | | Hugo de Boulogne.

11 | Les droits seigneuriaux ont été exercés jusqu'à la fin du règne de | Louis XVI par les abbés de Sainte-Geneviève à Auteuil, par les seigneurs à Hill | Passy et par le prévôt des dames du monastère royal de la Visitation sur | leurs domaines. À partir de 1787, Auteuil et Passy dépendirent pendant 1 | quelque temps (2) de l'arrondissement de Bourg-la-Reine, département de | Corbeil. La loi du 22 décembre 1789 fit de Boulogne, Auteuil et Passy des BL | communes du département de Paris, arrondissement de Saint-Denis: ces trois communes formaient alors un canton dont Passy a été le chef-lieu depuis 1790 jusqu’en l'an VIII. A l'époque où l'on créa les sous-préfectures, en remaniant les cantons, les communes d'Auteuil et de Passy furent placées par la loi du 13 décembre 1799 dans le canton de Neuilly (arrondissement de Saint-Denis). :

Enfin, la loi du 16 juin 1859 a annexé à la Ville de Paris (3) la partie des territoires d'Auteuil et de Passy située à l’intérieur de l'enceinte fortifiée et a réuni le surplus à la commune de Boulogne-sur-Seine. Le décret du 4‘ novembre de la même année a constitué le XVI: arrondissement, et l'annexion a été effectivement réalisée le 4e janvier 1860. L'ancien faubourg de Chaillot (partie comprise à l'intérieur du mur d'enceinte et limitée par la voie nommée actuellement avenue Marceau) a fait partie du [* arrondissement de Paris jusqu'au 31 décembre 1859, date où l'ancien Jer est devenu le VIII, en même temps qu'il perdait, à l'ouest, Chaillot rattaché au XVIe et, à l’est, le quartier des Tuileries et du Louvre, annexes au Le arrondissement actuel.

(1) Voir aux annexes (p. 34) l'article de M. Léopold Mar, intitulé : « Nos anciennes barrières ».

(2) Voir l'ouvrage de M. Fernand Bournon sur l'Assemblée provinciale de l’'Ie-de- France (départements de Saint-Germain et de Corbeil), de 1787 à 1790.

(3) Voir aux annexes (p. 332), un extrait de la loi du 16 juin 1859 et l'indication des limites des quatre quartiers du XVIe arrondissement, ;

LE PASSÉ D'AUTEUIL, DE CHAILLOT ET DE PASSY 27 Le XVIe arrondissement de Paris, dont la superficie est de 709 hectares (1), est divisé en quatre quartiers : Auteuil-Point-du-Jour, la Muette, la Porte- Dauphine et Chaillot. Ge dernier, qui avait été d'abord nommé quartier des ssins, a reçu sa dénomination actuelle (2) par décret du 20 avril 1896, pour rappeler le souvenir d'une localité importante ; en réalité, l’ancien village de Chaillot, dont dépendait la plus grande partie du quartier actuel de Chaillot, comprenait, en outre, une partie du quartier des Champs-Elysées. Les limites du XVI° arrondissement sont: l'axe de l'avenue de la Grande- Armée, qui le sépare du XVII; celui de l’avenue Marceau, qui le sépare du VILI, la Seine, qui le sépare du VII et du XV°, enfin le bois de Boulogne, dont il est séparé par les fortifications. Ses principaux monuments sont : l'Arc de l'Etoile, le palais du Trocadéro, la Mairie, les quatre églises paroissiales et quelques belles chapelles, les ponts sur la Seine, le lycée Janson-de- Sailly, le musée Guimet, le musée Galliéra. IL ouvre neuf portes sur les fortifications : Billancourt, Point-du-Jour, Saint-Cloud, Molitor, Auteuil, Passy, Muette, Dauphine et Maillot. Il est desservi par sept gares des chemins de fer de l'Ouest (porte Maillot, avenue du Boïis-de-Boulogne, avenue Henri- Martin, Passy, Auteuil, Point-du-Jour et Boulainvilliers), et par huit stations du chemin de fer métropolitain (porte Maillot, rue d'Obligado, Etoile, place du Trocadéro, rue Boissière, avenue Kléber, place Victor-Hugoet porte Dauphine). La population de Passy était, en 1793, de 2.500 âmes en hiver (3.500 pendant sept mois de la belle saison) ; en 1800, elle avait diminué et n'était plus que de 1 800 : elle était de 2.300 en 1807, de 3.034 en 1820, de 3.528 en 1829, de 4.200 en 1831, de 5.702 en 1836, de 6.704 en 1841, de 8.657 en 1846, de 10.375 en 1848, etenfin de 47.494 âmes en 1856, date du dernier recensement avant l'annexion. Dans ces dernières années, la population de l’ancien Paris est restée à peu près stationnaire, tandis que celle de la zone annexée s'est accrue de plus de six cent mille âmes ; cette progression paraît devoir continuer, car la zone annexée renferme encore beaucoup de terrains non bâtis. Le tableau ci-après donne, pour chacun des quatre quartiers du XVI arrondissement, les résultats des deux derniers recensements, pour la population

de fait :

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