‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 2)Chapitre 82 sur 329 · RUE MICHEL-ANGE · texte numérisé non relu

RUE MICHEL-ANGE

rue Moliere) vient y aboutir, longeant la nouvelle maison de retraite de Sainte- Périne, puis coupant la rue Boileau à la hauteur de l’ancienne Mairie d'Auteuil, et rejoignant le boulevard Murat, après avoir passé sous le chemin de fer d'Auteuil ; cette rue A, qui s'est d’abord nommée nouvelle route d'Auteuil, puis boulevard d'Auteuil, porte actuellement le nom de rue Mirabeau entre l'avenue de Versailles et la rue Chardon-Lagache, le nom de rue Molitor entre la rue Chardon-Lagache et le boulevard Murat;

Rue B, prolongeant l’ancienne rue de la Municipalité jusqu'à la place d'Auteuil et formant actuellement une partie de la rue Chardon-Lagache;

Rue C, reliantle centre d'Auteuil à la porte de Saint-Cloud et actuellement nommée rue Michel-Ange ;

Rue D, correspondant à la partie de la rue d’Erlanger qui se trouve comprise entre la rue d'Auteuil et le boulevard Exelmans.

On n'exécuta d'abord que les travaux des rues G et D; ces travaux (1), qui furent terminés en 1863, donnèrent lieu à une dépense de 780.824 francs.

Le décret du 2 mars 1864 a donné à la rue C le nom de Michel-Ange, en mémoire de Michel-Ange Buonarotti (1475-1564), qui annonça dès l’enfance des dispositions extraordinaires pour les arts, fut d’abord protégé par Laurent de Médicis, qui le traita comme son fils, se fixa ensuite à Rome sous les papes Jules IT et Léon X et jouit également de la faveur des papes Paul LIT et Jules III. On lui doit la statue de Moïse dans le mausolée de Jules II, le tableau du Jugement dernier dans la chapelle Sixtine et beaucoup d’autres œuvres grandioses, parmi lesquelles les statues de plusieurs Médicis, notamment {l Pensieroso (le Penseur), et es Deux Gladialeurs du Louvre. Il s'est imposé à l'admiration du monde comme sculpteur, comme peintre et comme architecte ; ce n’est qu'à l’âge de soixante-douze ans qu'il commença la construction de Saint-Pierre de Rome et il consacra dix-sept ans à ce travail. — La rue Michel-Ange a été plantée en 1877.

On remarque aux n° 2%5 et 27 de la rue Michel-Ange deux hôtels primitivement semblables, de style renaissance, construits en 1880 par M. Eugène Le Maire et tous deux précédés d’un perron à balustrades. Celui du 25 appartient à M. et Mme Emile Potin, et celui du 27, agrandi, à M. le docteur Salathé.

La partie de la rue d'Erlanger comprise entre la rue d'Auteuil et le boulevard Exelmans a été terminée en 1863. Le décret du 19 août 1864 porte : « La voie nouvelle ouverte parallèlement à la rue Michel-Ange sur les terrains de M. d'Erlanger conservera le nom de ce propriétaire, nom sous lequel elle est déjà connue. »

La maison de Ponson du Terrail (2), rue d'Erlanger n°11, avait été endommagée par le bombardement de 1871.

L'arrêté du 4 novembre 1869 autorisa M. d'Erlanger à ouvrir la partie de la rue portant son nom, qui s'étend du boulevard Exelmans au boulevard Murat ; il fit promptement exécuter ce percement.

Le même arrêté autorisa M. d'Erlanger à faire ouvrir, sur des terrains dont il était propriétaire, la rue de Varie, divisée en deux branches, et la rue de Civry. Elles furent ainsi dénommées, par décret du 10 février 1875, en l'hon-

(i) Ces travaux ont êté dirigés par l'igénieur en chef de La Galisserie, l'ingénieur Beïnard et le conducteur des ponts et chaüssées Duperron, {2} Voir aux annexés (p. 385) l'article dé M; E; Potin sur les ruines de 1870-1871:

neur de deux villages situés près de la ville de Châteaudun, illustrée par la défense héroïque du 18 octobre 1870. Les travaux (1) faits en exécution dudit arrêté du 4 novembre 1869, ainsi que pour l'achèvement de la rue Chanez, ont coûté 153.500 francs.

Au n° 23 de la rue de Varize, se trouve l'asile Schilizzi, tenu par les petites sœurs des pauvres ; il a été fondé par MM. Paul Stefanowich et Jean Schilizzi, au nom de leur frère, M. Demetri Schilizzi, banquier à Paris. Le terrain a été acheté en janvier 1896 et la construction commencée en février de la même année, sous la direction de l'architecte Vaudremer ; elle a été terminée le 22 mars 1897 ; les donateurs ont fourni tout le mobilier. S. E. le cardinal Richard, archevêque de Paris, a béni, le 3 juillet 1897, cet établissement, qui contient 250 vieillards : 125 hommes et 125 femmes. Il est uniquement entretenu par les quêtes que font chaque jour les petites sœurs des pauvres.

Un traité fut passé, le 13 août 1867, entre la Ville de Paris et M. Perrichont, qui fut conseiller municipal d'Auteuil de 1886 à 1896, pour l'exécution des travaux d'achèvement de la rue Molitor, de la rue Mirabeau et de la partie de la rue Chardon-Lagache située entre la place d'Auteuil et la rue Jouvenel.

Les travaux de la rue Molilor furent terminés, en 1869, entre les rues Chardon-Lagache et Michel-Ange, ainsi qu'entre la rue d’Erlanger et le boulevard Murat.

L’Institution Notre-Dame-d'Auteuil, établie vers le milieu du xix° siècle pour l'éducation des jeunes gens et dirigée, avant 1860, par les abbés Lévêque et Poiloux, avait un vaste pare, ombragé de beaux arbres, qui s'étendait encore, en 1867, de la rue d'Auteuil à la rue Jouvenet, le long des propriétés bordant la rue Boileau, au sud-est. Ce pare occupait l'emplacement de l’ancien château de M. Ternaux (2), qui fut d'abord transformé en une grande teinturerie, rattachée à l’industrie des châles Ternaux (cachemires français). M. Lavessière, l’un des dérniers propriétaires, morcela le pare ; les lots aboutissant sur la rue Boileau furent promptement vendus et bâtis. En 18592, M. Laveissière fils vendit la propriété à M. Lévêque, préfet des études de l’Institution Poiloux, de Vaugirard, qui y fonda l’Institution Notre-Damed'Auteuil, contenant alors près de 6 hectares. L'abbé Lévêque mourut en 1864 et, après lui, là prospérité de l’Institution déclina : la distribution des prix de 1870 fut la dernière. En 1868, ce beau parc ne contenait plus que 4 hectares, parce qu'il avait été coupé pour l'ouverture de la rue Molitor et séparé

(1) Ces travaux ont été dirigés par l'ingénieur Rousseau et parle conducteur des ponts et chaussées Lomprez.

(2) Cette propriété Ternaux élait, au xvire siècle, attenante au jardin de la maison seigneuriale des abbés de Sainte-Geneviève; elle avait son entrée rue du Buis, près de la place de l'Église, et renfermait deux maisons contiguës. Elle appartint, de 1655 à 1659,

à Michel de Verthamon, marquis «€ d'Étienne d’Aligre, surintendant des de 1659 à 1677, par Édouard Gayot, « gentilhomme de la maison du Roi, « quise de Rénel, qui mourut en 1719.

M. Parent de Rosan croit qu'elle fut de d'Aguesseau, en 1755, elle fut acc lier de Marigny ; elle la revendit en général au grand conseil, qui s'en dé trésorier de l'argenterie du Roi, et «

e Manœuvre, conseiller d'État, et à sa femme, fille finances, puis chancelier de France. Elle fut possédée, achetée le 29 avril 1677 par Louis Prévot de Maze, ui fil reconstruire le château et le céda à la mar- Son fils, Fabbé de Rénel, hérita de cette propriété; habitée par d’Aguesseau. Quatre ans après la mort uise moyennant 20.000 livres par la veuve du cheva- 1774 à Benoist Decon, ancien substitut du procureur it en 1777, moyennant 20.000 livres, en faveur d’'Hébert, e Baïilleux, marchand de musique.

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