L. Mar
LE CABINET DE PHYSIQUE DU ROI (i)
Caroches, mécanicien et opticien du cabinet du Roi, à Passy, près le château de la Muette à...
Passy, le 22 novembre ilSi,
Monsieur,
Je vous supplie de recevoir mes très humbles respects et vous fais mes excuses si je prends la liberté de vous interrompre n^ayant pas le bonheur d*ètre connu de vous.
Comme je viens d^apprendre la mort de M. Blondeau et que je sais oue vous étiez lié avec lui, je vous prierai d*avoir la bonté de vous informer si l'Académie de Brest lui a remis dix louis pour le paiement du baromètre nautique en fer que j*ai fait par Tordre de M. Blondeau pour l'Académie. Si M. Blondeau en a reçu le montant, je vous prierais de "m'indiquer à qui il faudrait que je m'adresse à Brest, soit à sa famille ou autrement.
J'ai entre mes mains une lettre du 26 mai 1781
Sar laquelle M. Blondeau me fait la commande *un baromètre nautique en fer par ordre de l'Académie et que l'Académie me comptera 120 francs dès que l'instrument lui sera parvenu parfait de ma part et en état d'être achevé par M. Blondeau en ce qui le concerne, et la plupart des lettres et
I taquets et modèles ont été adressés chez M. Kéraio (2), cour des Fontaines, au Luxembourg, à Paris.
line autre lettre du 30 avril 1782, de M. Blondeau, par laquelle il m'écrit que le ministre a commandé 100 tubes à la manufacture de Tulle. C'est cette lettre qui m'a engagé à en exécuter deux parce quej'avais écrit que cela me paraissait à trop bon marché et que ie m'en trouverais mieux à en exécuter deux à la fois qu'un seul et que je lui en finirais un totalement, afin qu'il me fasse les observations nécessaires pour corriger les de-
(i) D'oprèsi l'uriKinnl cominuniniit' par M. Antoine Giiillois. Le cabinet de plivsiiiue du Hoi était installé dans la maison qui fait actuellement l'angle de la rue delà Pompe et de la rue de Pussy. La partie qui est sur la rue de la Pompe n'a subi aucune modiflcalion depuis un siècle.
(vl) Ins]»ecleur j^ênérnl «les Ecob*s royales militaires, c'est M. de Kéralio qui a\ait fait cetU* prédiction que le jeune Bonaparte, alors h Brienne, ferait un excelfeul oflicier de Marine.
fauts du premier sur le second, ce qui a été fait.
Une autre lettre du 2 aoAt 1782 de M. Blondeau en réponse à une lettre que je lui avais écrite pour lui demander certaines mesures, il me dit de m'adresser ch(z M. Keralio, que je trouverais dans les cahiers imprimés de son Journal de la Marine les dessins gravés et que je tâche de lui finir au moins un des deux baromètres.
Il m'écrit : < Nous venons de recevoir de Tulle 49 tubes et 49 bouts propres .à en faire autant; si TAcadémie était contente de votre travail, Ton écrirait de vous envoyer une partie des 51 que nous attendons encore afin d'éviter les dépenses du transport et la perte du temps. »
Enfin» la dernière lettre que j*ai reçue de M. Blondeau, du 25 aoiU 1783, ob il me marque qu^il a reçu depuis peu de jours le second baromètre en fer, « et il a fallu, m'écrit-il, le faire recevoir à l'Académie et me faire autoriser à en solliciter le paiement ainsi que du premier ,ce que je fais,mais cela entraînera plusieurs formalités : je vous satisferai le plutôt possible ».
Vous voyez, xVonsieur, par cet exposé, que ma dette est légitime ; de plus, on a dA trouTer des lettres de moi depuis cette dernière époque dans les papiers de M. Blondeau, où je lui marquais que les baromètres me coûtaient beaucoup plus que j'en devais recoToir, que je le priais de me faire réponse sur le parti que j'avais i prendre pour demander le paiement à l'Académie, au'ayant quitté mon commerce, étant attaché au cabinet du roi à Passy, que je ne pouvais plus lui en construire, mais que je donnerais un ouvrier à Paris qui les exécuterait bien, puisqu'il avait travaillé à ceux de l'Académie et que je les suivrais pour le bien de la marine puisque, suivant M. Blondeau, cet instrument était très précieux.
Je n'ai eu depuis ce temps aucune réponse. Cependant la' famille a dû recevoir mes lettres.
J'espère, Monsieur, que vous voudrez bien avoir la bonté de vous employer pour moi et de m'honorer d'un mot de vos intentions, et je suis, etc.
CiiROCHEr.