‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 3)Chapitre 16 sur 218 · RUE DE LA POMPE ÔJ · texte numérisé non relu

RUE DE LA POMPE ÔJ

avenue de la Grande-Armée). Vers 18:25, la société qui avait entrepris la transformation de la plaine de Passy en un nouveau quartier, élargit et redressa ce chemin, qui prit, lui aussi, la dénomination de rue de la Pompe.

La route de Montrouge à Neuilly, comprenant, dans le XVP arrondissement, le pont de Grenelle, la rue Boulainvilliers et la rue de la Pompe, a été classée comme chemin vicinal de grande communication le A septembre 1839, et comme route départementale n^ 10 le :25 juillet 1851.

La rue de la Pompe s'arrête actuellement à l'avenue du Bois-de Boulogne, le décret du 10 août 1868 ayant donné à la partie de cette rue qui s'étendait entre l'avenue du Bois-de- Boulogne et l'avenue de la Grande-Armée le nom de rue Duret, en mémoire du statuaire Francisque-Joseph Duret (1804-1865), élève de Bosio, qui a concouru à l'achèvement du palais du Louvre et fut nommé, en 1843, membre de l'Académie des Beaux-Arts.

Au n" 20 de la rue Duret se trouve la cité Félix^ voie privée, qui n'a que 'S'^Jù de largeur et a été ainsi nommée, parce que Félix est le prénom de M. Guépin, qui a fait construire cette cité.

L'arrêté préfectoral du 8 novembre 1840, qui incorporait la rue de la Pompe au chemin de Montrouge à Neuilly, avait fixé pour cette rue une moindre largeur de 12 mètres, maintenue par le décret du 12 mai 1882, sauf en ce qui concerne la section comprise entre l'avenue du Trocadéro (Henri-Marlin) et la rue de Longchamp, section pour laquelle le décret fixe la largeur à 15 mètres; ce décret porte, en outre, que les parties de Timmeuble n" 2 comprises dans le tracé de la voie publique ne pourront être occupées par la Ville qu*après acquisition amiable ou expropriation, et non par application de la servitude de reculement.

On remarque d'élégantes loggias à la façade de la maison de rapport qui porte le n" 7 sur la rue de la Pompe et qui a été construite récemment par M. Tarcbilecte G. Debrie (\),

L'auteur dramatique F. Ponsard (1814-1867), qui fut élu académicien en 1855 et à qui on doit: Lucrèce (1843), Agnès de Méranie (1846), Horace et Lydie ^ Charlotte Corday [V^TA))^ T Honneur et V Argent (1853), le Lion amoureux (1866), a passé les dernières années de sa vie à Passy (2) ; il y mourut, à l'hôtel portant le n*" 9 de la rue de la Pompe, assisté des bons soins du critique Jules Janin (3), qui avait un pied-à-terreàPassy dès 1843 et demeura dans son chalet, portant le n" 11, depuis 1856 jusqu'à sa mort, surveaue en 1874.

« Cher petit bas-bleu à talons rouges, écrivait un jour Jules Janin à la

i) Cet architecte a été primé, au concours de façadeP, pour sa maifion de la rue du Roi-<le-SiciIe,

'^2; Ponsard fut toujours malheureux au jeu : il perdait aux dominos avec Jules Janin, an lansquenet chez Augier. Etant allé retrouver à Spa, en 1853, M et Mme J. Janin, il voulut voir si sa mauvaise chance l'avait abandonné et y perdit tous les droits d'auteur qu'il avait gagnés A l'Odéon. Pour le séjour de Ponsard à Passy, voir dans le Bulletin Tar- Ucle de M. Léopold Mar, intitulé: « Ponsard à Passy », p. 6i A 63 du IV« volume.

3; Voir aux annexes (p. 373) la Conférence faite par M. Antoine Guillois sur Jules Janin à une soirée littéraire donnée, à la mairie du XV1« arrondissement, par la Société historique d'Autcuil et de Passy. — Voir également la communication de M. Ch. Chamiebois : « Vers écrits par Jules Janin au bas d'une photographie du chalet »>, p. i5o cl i5i, et rarticlc de M. Louis Aigoin, intitulé : «« Jules Janin et Félix Arvers », p. i5i et i53 du III^' volume du Bulletin.

comtesse de Mouzay, je fixe désormais ma lente à Passy; car, de cette colline charmante, il me semble qu'on peut mieux ouvrir ses ailes vers Tinfini. »>

Jules Janin avait fait inscrire au nord de la façade de sa demeure ces deux vers de Clément Marot, l'un de ses poètes favoris :

tt Que le ciel nous préserve en ce bas monde, icy, De faim, d'un imporlun, de froid et de soucy. »

Cette propriété, qui avait 1.100 mitres de superficie, était placée au milieu des arbres de la Petite-Muette ; Jules Janin raflectionnait beaucoup et y avait réuni un p^rand nombre de livres rares, que sa veuve donna à l'Institut, à la condition que la salle qui contiendrait cette bibliothèque porterait le nom de son mari.

Le chemin de fer de Courcellesau Champ de Mars a été construit en souterrain près de cette propriété ; le chalet de Jules Janin, habité après lui par le colonel Mannheim, a été démoli en 1898; on vient d'exécuter une nouvelle rue, établie au-dessus du souterrain du chemin de fer; elle va de la rue Gustave-Nadaud à la chaussée de la Muette, coupe la propriété habitée autrefois par Jules Janin et sera probablement dénommée rue Ponsard,

Le compositeur Rossini a habité, vers 1857, Tancien n^ 24 de la rue de la Pompe. Don Carlos, prétendant à la couronne d'Espagne, et sa première femme, la duchesse de Madrid, occupèrent, de 1877 à 1881, un hôtel sur l'emplacement duquel la rue de Siam a été percée. Cet hôtel avait été habité, à partir de 1825, par le comte de Las Cases, auteur du Mémorial de Sainle- Hélène, qui y mourut en 1842, àTâge de soixante quatorze ans, après avoir eu la satisfaction de voir rendre à la France les cendres de Napoléon P% à qui il avait donné tant de preuves de dévouement. Son fils, le marquis de Las Cases, né en 1800, qui avait eu, pendant quelque temps, l'honneur de servir de jeune secrétaire à l'empereur à Sainte-Hélène et qui y avait ensuite accompagné le prince de Joinville, quand il vint y prendre les cendres de Napoléon, fut conseiller d'État, député et sénateur du second Empire; il habitait également rue de la Pompe, vers Je n** 47, une maison attenante au jardin de l'hôtel de son père ; il y mourut en 1854.

Le graveur Bertinot, membre de l'Institut, habitait au n" 35, en 1856-1859. Une chapelle ayant son entrée sur la rue de la Pompe a été reconstruite, en 1898-1899, par les Carmes, dans l'îlot compris entre la rue de Siam et la rue de la Tour. Ces religieux, n'ayant pas cru devoir demander au gouvernement d'autoriser leur congrégation, ont quitté la France en 1901, et leur chapelle est actuellement fermée. Adolphe Crémieux, avocat et homme politique, vint habiter en 1873 au n° 75, à l'angle de l'avenue Henri-Martin, et y mourut en 1880. La mairie du XVI* arrondissement, qui s'élève à l'autre angle de l'avenue Henri Martin, fut inaugurée officiellement le 21 avril 1877 ; mais les bureaux y étaient déjà installés depuis quelques années.

C'est sur la rue de la Pompe que le lycée Janson-de-Sailly (1) a son entrée principale. Sa création a été décidée par décret du 30 décembre 1876; la première pierre a été posée, le 15 octobre 1881, par le ministre Jules Ferry ; Victor Hugo assistait à cette cérémonie. La construction a été dirigée par

(i) Voir aux annexes (p.38o) larticle de M. Antoine Guillois, intitulé ; « Ouelques Mots sur le lycée Janson-de-Sailly ».

r.YCÉE JANfiON-DE-SAII-LY Sg

l'architecte Laisné, et les cours ont comniencé dans les bAtiments. encore

(Cotlcclion de U. Ém. Polin.}

inachevés, le 10 octobre I8Ki ; les travaux, ont été terminés en avril 1885. Ce lycée, qui est très bien agencé, conformêuieul à toutes les règles de

6o HISTOIRE Dr XVl" ARRONDISSEMENT

l'hygiène, est le plus vasle de Frayée : il occupe une surface de 33.774 mètres carrés, dont ll.OUO mf'tres Mlis, el le reste consacré à des cours pluntées el à des jardins. Le lerrain a été aciielé au prix de trois millions, grâce à UQ legs tait h l'Université par Janson de SaiUy, beau-fn-re de l'urateui A. Berryer. L'Ktat a fait élever à ses frais les constructions, quiontcoOté environ neuf millions.

Jules Janin.

(Colleclion tic M. Cliiindel»ls.)

Les élèves forment, d'après leur âge, quatre divisions qui ont chacune leur cour de récrftation,' leurs salles d'études et de classes, leur réfectoire et leurs dortoirs particuliers. L'infirmerie se trouve dans un bâtiment isolé et elle a, dans ses dépendances, un petit jardin pour les convalescents.

M. Kortz a été proviseur du lycée depuis sa fondation jusqu'au 15 septembre IHfll, époque à laquelle il fut remplacé par M. Tourteau. Cet établis-

STATION DE PASSY 6l

sèment n'a besoin de recourir à aucune subvention : son budget de dépenses comprend environ 1.400.000 francs, équilibré par des recettes dont le montant s'élève à la même somme.

Beaucoup de belles habitations ont été construites à Passy, depuis que le lycée Janson y a été fondé ; le voisinage du bois de Boulogne attire et retient les familles ; la population aisée s'accroît très rapidement, ce qui favorise la prospérité du lycée, où le nombre des élèves augmente chaque année. Il n'était que de 458, en 1884, année de la fondation et est, en 1001, de 1853, dont 800 pour l'enseignement classique, 400 pour l'enseignement moderne, et le surplus réparti entre les classes élémentaires et primaires. L'augmentation porte principalement sur le nombre des élèves externes, qui était de 233 en 1884 et s'élève, en 1001, à 1.377. Pour être en mesure de satisfaire aux demandes de nouvelles admissions, il faudrait créer un lycée d'externes à Auteuil.

Le nombre des élèves reçus chaque année au baccalauréat est en moyenne de 200. Depuis dix ans, 800 élèves ont été reçus aux écoles du gouvernement (polytechnique, normale, Saint-Cyr, navale, centrale, institut agronomique et écoles supérieures du commerce). En douze ans, le lycée Janson a obtenu huit fois le prix du Lendit de Paris, fondé en 1880 par le président (^arnot.

La Chausiée de la Muette prolonge la rue de Passy jusqu'aux pelouses du Ranelagh, en passant devant l'entrée principale du château (1) dont elle porte le nom. C'était autrefois un chemin compris dans l'enceinte du bois de Boulogne: une partie avec grille, située à l'extrémité de la grande rue de Passy (2) et à la naissance de la rue de la Pompo, donnait entrée au bois; plus tard, cette porte fut tranférée à l'endroit où S3 trouve aujourd'hui la station de Passy ; enfin, elle fut supprimée lors de l'annexion, en 1800.

Le décret du 11 décembre 1811 classa la chaussée de la Muette comme route départementale n^ 2, de Paris à Saint-Cloud, et fixa sa moindre largeur à 14 m. 50 ; elle s'étendait alors jusqu'à la porte de la Muette. La partie retranchée de l'avenue de la Muette a reçu, en 1805, les noms d'avenue Prudhonet avenue Raphaël.

Ce n'est qu'en 1860 qu'on a achové la chaussée de la Muette, qui est plantée d'arbres; elle n'est bordée de maisons que dans les parties comprises entre la rue Mozart et la rue Largillière d'un cùlé, entre la rue de la Pompe et le château de la Muette de l'autre côté, le surplus étant occupé par les pelouses du Ranelagh. Jenny Vertpré (Mme Carmauchei, actrice du Gymnase, habita longtemps le n"^ 8 de la chaussée de la Muette, avant 1857.

La station de Passy (chemin de fer de Paris à Auteuil) a son entrée sur la chaussée de la Muette. Le 30 septembre 1890, la compagnie du chemin de fer '3) fit abattre, sur une longueur de lOi) mètres, la palissade séparant la promenade du Ranelagh du trottoir de la station de Puosy, afin d'établir le pavillon de réception où le tsar Nicolas II et la tsarine débarquèrent le 0 octobre 1896, pour faire leur entrée triomphale à Paris par le Ranelagh, les

(i) Voir ci-dessuf:, et aux annexes, p. 2(j5, les indications données sur Thistoire du château de la Muette.

''2) ("est sans doute pour ce motif que la rue de Passy se termine encore aujourd'hui au point où commence la rue de la Pompe.

3 Voir pages 176 A 180 du IP' volume du hulletin, l'article de M. Emile Polin, intitulé : * Le Tsar Nicolas II et la Tsarine à Paris »», et, aux annexes p. 38ij,un extrait du Journal le Gaulois, du i3 septembre iç)0i.

ba HlïSTOlBI-: UV XVI" AimONmHSbMKNT

avenues Prudhon et Rapliaël, le bois de Boulogne et l'aveoue des Champs- Elysées.

Comme c'est par Passy que celte entrée a eu lieu, la Société historique d'Auteuil et de Passy, qui veille à la coDservation des souvenirs historiques du \VI" arrondissemeat, a formé le projet d'ériger au Ranelagh un monument comraéraoratif de l'arrivée de l'empereur et de l'impératrice de Russie â Paris. Le projet de ce monument a été établi par l'éminent statuaire M. Gustave >iichel, qui est vice-président de cette Société et lui prête son concours avec le plus grand désintéressemenl.

Ce monument ne peut être élevé que sur des terrains appartenant à la ville; l'autorisation du conseil municipal de Paris est donc nécessaire. Dans la séance du conseil du 21 avril I8!IH, M, Le Breton, rapporteur de la 3' commission, a proposé d'émettre un avis favorable à la demande de la Société, étant entendu qu'on adopterait l'emplaa'meiit admis par le service d'architecture de la ville (I) et que la V commission serait appelée il statuer sur l'esthétique du monument, avant son exécution. Ces conclusions furent adoptées ; mais le conseil décida, le iU avril 1808, qu'il n'y avait pas Heu de concéder un terrain et qu'il apposcraitlui-méme une plaque coramémoralîve.

Néanmoins, la Société n'a pas abandonné son projet; elle ne l'a jamais perdu de vue ; elle continue ses démarches et elle espère que le conseil municipal lui accordera bientôt un emplacement p^ur l'érection du monument projeté.

(Collection lie M. Cliandcbolp,.)

Les renseignements concernant l'avenue de la Petite-Muette seront donnés ci-après, en parlant de la rue Ciustave-?s'adaud, qui l'a remplacée.

La partie de la rue de la Tour qui est comprise entre la rue de Passy et la

vc uu cruiseriieiil li^' la chuui^M-e Je la Muette ul

RUE DE l,A TOUR

rue de la Pompe était autrefois un simple cliciiiia qui était tracé à travers champs, s'étendait depuis le clos des p(>r<;s Minimes (vulgairement itonsbommes) jusque vis-à-vis du mur du cliùteiu royal de la Muette, et s'appelait

Pavillon où le Isor Nicolas II et la tsarine ont déban|U^ le Ci octobre i&jC. (Archives de la SociitÉ)

le " chemin des Moines ■>, probablement parre que c'était celui que prenaient les Minimes pour aller à la plaine de l'assy ou :)u bois de lloulogne. A la fin du xviir sircle, le chemin des Moines tut élargi à trente pieds (!l m. 75), en vue de former une rue q»e l'on désigna d'abord sims le nom de ■■ rue du Moulin-de-la-Tour>>,jt cause d'un moulin banal ([u'onavaitétablisurrancienne loHF qu'on voit encore aujourd'hui dans le jardin de la maison portant le

64 HISTOIRE DU XVi' AHHONDISSFMENT

n° 86. Cette tour, qui a servi autrefois de prison, a été restaurée en 1897 (1) ; il n'est nullement certain qu'elle soit un vestige du château que Philippe le Bel (2) a occupé ù Passy. Ce moulin ayant été démoli, on donna à la voie qui nous occupe le nom de « rue de la Tour », qui était plus simple et présentait l'avantage d'éviter une demi-similitude avec la rue voisine (aujourd'hui rue SchelTer), qui s'appelait alors rue des Moulins.

Les délibérations du conseil municipal de Passy montrent que la viabilité de la rue de la Tour laissait beaucoup à désirer pendant les quarante premières années du mx** siècle. C'est en 1819 que ce conseil vota un premier crédit pour l'exécution d'un empierrement à la rue de la Tour. Le puisard qui avait été établi au point bas, c'est-à-dire à la jonction de la rue de la Tour et de la rue de la Pompe, ne pouvait pas absorber toutes les eaux, lors des grandes pluies ; elles inondaient les caves et les rez-de-chaussée du quartier et interceptaient la circulation. Il est dit, dans la délibération municipale du 31 mars 1826, que le conseil, considérant que la rue du Moulin-de-la-Tour a acquis de l'importance par les constructions qu'on y a faites récemment, qu'elle n'est praticable pour aucune espèce de voitures, surtout à la fin de l'automne et pendant l'hiver, que l'écoulement des eaux ménagères des maisons y est une cause perpétuelle de dégradations, mais que la commune n'est pas en état de supporter les frais d'ua pavage, alloue un crédit de mille francs par an pour réparation et entretien. Cependant les dégradations occasionnées par les transports que nécessitait l'exploitation des carrières souterraines obligèrent le conseil à voter des crédits spéciaux : il approuva, le 2 mai 1828, un projet de cailloutage de la rue de la Tour (3) et, le 10 août 1844, il autorisa la construction de trottoirs et de caniveaux pavés sur une partie de cette rue, savoir: du coté des numéros pairs, depuis la rue des Tournelles (rue Louis-David) jusqu'à la rue de la Pompe, et, du côté des numéros impairs, depuis l'extrémité de la propriété Guichard (dans le voisinage de l'angle de la rue Desbordes-Valmore) jusqu'à la rue de la Pompe.

Vers 1840, la rue de la Tour, qui, jusqu'alors, n'allait pas au delà de la rue de la Pompe, fut prolongée jusqu'à l'avenue de Saint-Cloud (extrémité de l'avenue Victor-Hugo, aujourd'hui englobée dans l'avenue Henri-Martin). Le cadastre de 18i0 n'indique que trois maisons construites sur ce prolongement. Enfin, vers 1858, la ville de Paris continua la rue de la Tour sur des terrains retranchés du bois de Boulogne, jusqu'à la rue Militaire (boulevard Lannes). Sur cette partie, qui n'a élé classée que par le décret du 14 mai 1883, une zone de servitude non œdifîcandi, ne permettant de construire qu'à 10 mètres de l'alignement des clôtures, a élé établie du cùté des numéros impairs, sur 45 mètres de longueur au delà de l'avenue Henri-Martin.

(i) Voir aux annexes (p.SSj».) l'article intitulé : «< La Tour de la rue de la Tour, n® 86 », par M. Léopold Mar. Un édit si^jné par Philippe-lc-Bel en i3i2 est daté de Passy.

{'}) dette tour avait déjA subi, sous le premier Empire, une restauration complète, qui lui a fait perdre son cachet primitif; du haut de la plate-forme, on a une très belle vue. Un dessin de cette tour a cHé donné dans llllustration (numéro du 2 septembre

i3i On doit supposer que les dénominations inscrites dans les délibérations municipales sont exactes ; on pourrait donc conclure de celles qui viennent d'être citées que l'appellation de « rue de la Tour » a élé adoptée entre i82() et i8'28.

ntiK DE i.A Toun 65

Jusqu'en IHtMi, la rue de la Tiuir (I) sélendail du carrefour de l'assy au

(i) La lonf; u eu r tic u parties soUii-inini^cs ilu roI Uc la rue de la Tuur i|i M^H de [806 A 180g et ea iHSG, enlru \c carrefour île Pnssy H le (4t mèlrea. La distance ilu sol nu ciel de la nnrrièrc cet de 3" ,05 rt li

boulevard Lannes ; la partie de cette rue comprise entre l'avenue Henri- Martin et le boulevard Lannes a reçu, en 1896, le nom de rue Adolpke-Yvon, en mémoire du peintre Adolphe Yvon (1817-1893), qui y a eu son atelier pendant les vingt-cinq dernières années de sa vie. Il était élève de Paul Delaroche, a fait des tableaux d'histoire, quelques belles toiles religieuses et des portraits. Il fut le seul artiste attaché officiellement à l'expédition de Crimée; il exposa, au salon de 1857, la Prise de Afalakoff^ tableau qui avait été commandé pour les galeries de Versailles et qui valut à son auteur la médaille d'honneur. La maison d'Adolphe Yvon, qui porte le n<» 16, est décorée au sommet, au-dessus du second étage, d'un médaillon qui représente Michel- Ange et au-dessus duquel est un bas-relief composé d'une palette, avec appuiemain^ entourée de palmes et de lauriers. Deux grandes frises émaillées, surmontées d'un cartouche sculpté, accompagnent le médaillon, à droite et à gauche, et deux bustes à l'antique, placés aux angles du bâtiment, en complètent la décoration.

Le théâtre Rossini avait été établi au coin de la rue de la Tour et de la rue des Sablons (aujourd'hui rue Cortambert); il fut inauguré le 26 mars 1867; on y jouait des drames, des comédies et des vaudevilles ; il a cessé d'exister en 1876.

Le comte Portails, homme d'État et ancien ministre, mourut, en 1858, dans sa propriété du n^ 62 ancien de la rue de la Tour (78 actuel), qu'il habitait depuis longtemps. La rue des Sablons (rue Cortambert) a été ouverte sur le milieu du parc de cette propriété. Le docteur Ed. Bamberger, député de Metz, puis de la Seine après 1870, habite encore la maison n«78.

Mme Montigny, dite Rosé Chéri (!), célèbre actrice et femme du directeur du théâtre du Gymnase, mourut, en 1861, au n'' 75, dans l'hôtel qu'elle habitait depuis plusieurs années avec son mari, qui y mourut également en 1880. Le général Jomini demeurait rue de la Tour en 1864 (2).

Villemain, homme de lettres et ancien ministre de l'Instruction publique, mort en 1870, avait habité, pendant bien des étés, l'hôtel du n** 86, où se trouve la tour; cet immeuble est occupé par une institution de jeunes filles.

Le célèbre chanteur Duprez (1806-1896) s'est éteint dans la maison n^ 119 de la rue de la Tour, qu'il habitait depuis cinq ans.

Mme Claude Vignon (Mme Rouvier), romancier et sculpteur, fit construire en 1866 un hôtel, aun'' 152 de la rue de la Tour, qu'elle habitajusqu'àsamort, en 1888. Cet hôtel se trouve dans la partie qui est actuellement nommée « rue Adolphe-Yvon » et porte le n**6 de cette dernière rue ; il avait été endommagé pendant le siège de Paris (3). On voit sur la façade de cet hôtel un grand et

l'angle de la rue de Passy, iira,C5 à l'angle de la rue Corlaniberl, 8",45 au puits de service près delà rue Desbordes- Valinore, 8°>,i5 A l'angle de la rue Eugène-Delacroix. La hauteur des galeries d'exploitation est de i™,()5 près de la rue de Passy, 4 mètres près de la rue Cortambert, 2™,95 près de la rue Desbordes-Valmore, 4 mètres près de la rue Eugène-Delacroix.

(i) Voir aux annexes (p. 383) rarticle de M. Léopold Mar, intitulé : « Rose Chéri, M. Montigny n.

(2) La Société historique d'Auteuil et de Passy a demandé que le nom du poète Eugène Manuel, son ancien président, soit donné à la partie de la rue de la Tour comprise entre la rue de la Pompe et l'avenue Henri-Martin.

(3) Voir aux annexes (p. 385) Tarticle intitulé : u Les Ruines de 1870-1871 au Point-du- Jour, à Auteuil, à Passy et au Trocadéro ».

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