NOTICE SUR HENRI- FRANÇOIS D*A6UESSEAU
Si la ville de Limoges s'enorgueillit d'avoir vu naître Henri-François d'Aguesseau, le 1^' novembre 1668, le village d'Auteuil est également fier d'avoir été affectionné par ce grand magistrat, honneur du barreau français, qui, pendant plusieurs années, habita la maison ayant appartenu à Boileau, et dans laquelle mourut sa femme le !«' décembre 1735.
Ce fut d'Auteuil que d'Aguesseau partit pour Versailles s'opposer à l'enregistrement de la bulle « Unigenitus> ; et, à cette occasion, Mme d'Aguesseau lui adressa ces paroles, au moment de son départ : « Mon ami, allez oublier, devant le Hoi,
(1] II n'est pas contestable que c'est au quatrain qu'il faut ajouter fol. et la piélc liliale ne saurait changer la vérité et l'histoire.
Il les conserva jusqu'en 1750, remplissant en sage la charge qu il avait acceptée en bon citoyen. Il mourut à quatre-vingt-trois ans, le 9 février
D'Aguesseau demanda a être enterré dans le cimetière d'Auteuil, oh reposait le corps de sa femme, qu'il avait tant aimée.
Coulanges avait dit à l'époque de son mariage, qui eut lieu en 1694, qu'on avait vu pour la première fois € les Grâces et la Vertu s'allier ensemble ».
En 1753, leurs enfants firent mettre leurs cendres dans un monument élevé aux frais et par ordre de roi Louis XV, en face de la porte de l'Eglise (1).
En 1793, alors que tout sentiment de respect était étouffé et que le ravage et la destruction faisaient leur œuvre, la sépulture de d'Aguesseau fut violée et les cercueils de plomb ouverts,
(1) Ce monument était composé d'une pyramid à base de marbre, couronné d'un globe d or surmonté d'une croix.
IfJO HISTOIHK DU SVI* ARRONDISSEMENT
Hais les osiemcDls furent réanis pir tes soins et « Ouand il eut le mslhenr de p«rdre si fenine,
en présence du mire, H. Benoit, dont on ne • li douleur de d'Aguesseau égala sa tendresse
lanrait assez louer la pieuse TÎgilance, dans un * pour elle. Cependant 1 peine eatii essuyé ses
cercueil de bois que l'on replaça sous lo monn- > larmes qu'il se livra aux fonctions de u place.
ment. *■ Comme on craignait que le poids des affaires,
LeSOfrintaireanlX, le tombeau fut restau ré(l) < joint à celui de l'affliction, ne l'aceablit ; < Je
et, i cette occasion, M. Benoit prononça nn * me dois au public, disait-il, et il n'est pas
discours duquel il faut retenir c« passage : * juste qu'il souffre dios mes malheurs doneslJ-
< Dans un de ces moments oii d'Aguesseau * qoes. >
< méditût sur ses devoirs, on croyait l'entendre Je lermiDerai en eit^ot une des quatre inscrip- « dire à la Patrie : Je n'ai à t'offrir que ce que tions latérales du tombeau de d'Aguesseau :
' m'a donni la nature. ma vie courte et passagère; La nature ne fait qiie prêter \et grattât
- mais j'eu déposerai dans ton sein tous les ins- hommes à la terre; lit t'éièvmt, Mlunt et
< tants. — Beçoig le serment que je fais de ne dnparaissent; lewr exemple et leurs ouvrage* « vivre que pour toi I restent.
* Il était digne d'avoir pour amis le sage au- He-nbi db Forues de HmiAOSAC. « teur de t'Arl poétique et l'auteur sublime
. d'Athalie.
* Il n'avait point l'orgueil de protéger ces deux « hommes, l'hounenr de leur siècle ; mais il ap~
. preiuil J'». 1 boDorer m joar le m. PÉTITION lU COaSEIL HUIIICIPIl
(j) Oti pcul lire aui Archinl^^ ik la mnirie rie^ Nous doiinnni ici, A litre do docament. l'eipasé
elle reslau- dts moiifa de In p^llUnn au Conseil muDîclpal, expoït qui » clé tiàigo par H - GuHlols