DUE DE SAIGON
l'avenue du Boîs-de-Boulogne et formant un coude avec la première partie, est ce qui reste dune rue qui commençait à la rue du Bel-Air (rue Lauriston), traversait l'avenue Victor-Hugo et avait été ouverte en 1825, avec une largeur de 8 mètres, sur les terrains de la plaine de Passy; sa situation lui avait fait donner le nom de « rue de Bellevue »; des travaux d'assainissement et d'amé* lioration y ont été exécutés conformément aux délibérations du conseil municipal de Passy en date du 1" août 1839 et du 10 novembre 1845. Elle fut coupée parle percement de l'avenue du Bois-de-Boulogne, et, à la suite de ces travaux, la partie de la rue du Bel -Air comprise entre la rue Lauriston et l'avenue Victor-Hugo reçut la dénomination de « rue de Traktir ».
La dénomination actuelle de la rue Chalgrin lui a été donnée par le décret du 2 octobre 18()o, en l'honneur de Jean-François-Thérèse Chalgrin (1739-1811). qui obtint le grand prix d'architecture en 1758, acheva l'église Saint Sulpice, fît construire celle de Saint-Philippe-du-Roule. fut nommé membre de l'Institut en 1799 et chargé de l'érection de Tare de triomphe de rÉtoile.
C'est à la hauteur de la rue Chalgrin que la Ville a fait construire, avenue du Bois-de-Boulogne, le monument de l'inspecteur général des ponts et chaussées Alphand, qui a tant contribué à Tembellissement de Paris et à la transformation du XVl'' arrondissement ; sa statue (!) est entourée de celles de quatre collaborateurs : M. Huet, inspecteur général des ponts et chaussées en retraite; M. Bouvard, directeur des services d'architecture de la ville; M. Roll, peintre, et M. Dalou, sculpteur. Ce monument, élevé en l'honneur de l'organisateur des Expositions universelles de 1867, 1878 et 1889, a été inauguré avant l'ouverture de l'Exposition liniverselle de 1900, le 14 décembre 1899.
ha rue de Traklir faisait autrefois partie de la rue de Bellevue, ouverte en i8i5, comme il a été dit ci-dessus. Le décret du S octobre 18(>5 a donné le nom de Traktir à la partie de la rue de Bellevue comprise entre la rue de Lauriston et l'avenue du Bois-de Boulogne ; l'autre partie de la rue de Bellevue porte actuellement le nom de rue Chalgrin ; enfin, un décret du 13 juin 1875 a déclassé et supprimé la partie de la rue de Traktir comprise entre la rue Lauriston et l'avenue Victor-Hugo; remplacement que cette partie occupait a été vendu à un propriétaire riverain.
Traktir est le nom d'un pont sur la Tchernaïa (rivière qui se jette dans la baie de Sébastopol), auprès duquel l'armée franco-sarde remporta une victoire sur les Russes le 16 août 1855. *
La rue de Saigon a été percée, en 1824 ou 1845, sur une partie du promenoir de Chaillot, ou pelouse de l'Étoile, avec une largeur de 10 mètres, et prit d'abord le nom de « rue de la Pelouse ». Le nivellement général de cette rue fut autorisé par une délibération du conseil municipal de Passy du 10 avril 1851. Sa dénomination actuelle lui a été donnée par le décret du 10 août 18G8, en mémoire de la prise de Saigon, capitale de la Cochinchiue, le 17 février 1859. La rue de Saigon a été munie, en 1899, de trottoirs réglementaires.
Le plan extrait de l'atlas des environs de Paris, dressé par l'ex- bénédictin
(1/ Voir aux annexes (p. 4i6) l'article de M. le coint'» Fernand de l'Kglise, sur Tinauguration du monument Alphand. — L'aftichage est inlerdit, mCmc en temps d'<ilccUoqs, sur ce monument,
Coutous, revu et publié eu 1800 par Ch. Picquet, montre que toute la plaine de Passy, entre la rue de la Tour, la rue Lauriston, la lisière du bois de Boulogne, Tavenue de la Grande-Armée et le mur d'enceinte de Paris, ne formait, à la fin du xviii® siècle, qu'une vaste étendue de cultures et de vignes, coupée par des excavations provenant de carrières et de trous à sable. Cette situation ne s*est pas modifiée pendant les premières années du XIX*' siècle, parce que les capitaux étaient peu abondants ou timides ; d^autre part, la spéculation ne s*était pas encore emparée de cette question. Mais Taccroissement de Passy fut considérable, à partir de 1824, par suite des percements de rues et des constructions qui eurent lieu dans cette plaine. La création du nouveau quartier, qui fut nommé d'abord « Èlysée- Charles X », est due principalement à la Société des terrains de la plaine de Passy, qui était devenue propriétaire d'une grande partie des terrains compris entre l'avenue de Neuilly (avenue de la Grande-Armée), le boulevard extérieur (avenue Kléber), la rue du Petit-Parc (rue Spontini) et le village de Passy. Cette Société entreprit, à partir de 1825, la transformation d'anciens chemins, généralement étroits et sinueux, en rues suffisamment larges. Elle dressa un plan général d'alignement des rues projetées, et ce plan fut approuvé en principe par le conseil municipal de Passy, en 1825.
11 fut convenu que la commune de Passy abandonnerait des terrains à la Société, en échange du sol des nouvelles rues que cette Société devait remettre à la commune. Ce contrat d'échange de terrains fut approuvé par une ordonnance royale du l""* mai 1832, mais suscita entre la commune et la Société de nombreuses difficultés, notamment au sujet des conditions dans lesquelles les nouvelles chaussées devaient être entretenues. Ces difficultés ne furent définitivement réglées qu'en 185G, après une nouvelle enquête. Le plus important de ces contrats d'échange est celui par lequel la Société des terrains de la plaine de Passy a remis à la commune les voies suivantes, après leur achèvement : avenue Dauphine (avenue Bugeaud), rue des Bassins (rue Copernic), rue Boissière, rue Saint-André (rue Cimarosa), rue du Bel-Air (rue Lauriston), rue et rond-point de Longchamp, rue du Petit-Parc (rue Spontini), rue Perier (rue Pergolèse), rue des Sablons, rue Mesnil et rue de la Pelouse (rue de Saigon), en tout 3 hectares 83 ares et 3 centiares.
La Société (1) était devenue propriétaire de beaucoup de terrains dans la plaine de Passy, et c'est surtout à elle qu'est due la transformation de cette plaine en un quartier élégant.
La partie de la rue Le Sueur qui est comprise entre l'avenue de la Grande- Armée et le croisement avec la rue Chalgrin, a été ouverte en 1825, avec une largeur de 10 mètres. Cette section, qui prenait naissance à la rue des Bouchers (rue Chalgrin), dut son premier nom de « rue Saint-Ange » au banquier Boscheron Saint-Ange, l'un des principaux actionnaires de la Société des terrains de la plaine de Passy. L'ouverture de la partie de la rue Le Sueur, qui, sur une faible longueur, se trouve comprise entre la rue Chalgrin et l'avenue du Bois-de-Boulogne, a été autorisée par le décret du 9 septembre 1861 et promptement réalisée, après l'achat des terrains nécessaires
(i) La Société des terrains de la plaine de Passy était composée, en i83i, de MM. Capron, Constantin, Bigé, Brack, Dosne (beau-père de M. Thiers), Picot, Minguet (banquier), Cominet (syndic des courtiers de commerce}, Didier et Cosnard (ancien notaire à Passy).