‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 3)Chapitre 26 sur 218 · RUE DES SABLONS · texte numérisé non relu

RUE DES SABLONS

sur le plan de 1731 comme chemin de Versailles, et sur le plan de A^erniquet (1791) sans dénomination ; il dépendait de la terre et seigneurie de Chaillot. Cette rue s'est d'abord appelée « rue du Chemin-de Versailles »; une ordonnance royale du 6 avril 183â lui a assigaé une moindre largeur de 13 mètres. Elle prit, en 1849, le nom de u rue du Banquet », pour rappeler le souvenir du fameux banquet de la Réforme, qui servit de prélude à la révolution de février 1848. En 185i, on lui rendit son nom de rue du Chemin-de-Versailles.

Le décret du 16 novembre 1853 prescrivit le prolongement de la rue du Chemin-de- Versailles, à travers le promenoir de Chaillot, depuis la rue Vernet jusqu*à Tavenue des Champs-Elysées. Le décret d'utilité publique du 17 septembre 1864 prescrivit le prolongement de la rue Galilée depuis la rue de Juigné (place des États-Unis) jusqu'à l'avenue Kléber, et le décret du 24 du môme mois sanctionna le traité passé entre la Ville et la Société Thome etC* pour Texécution de ce prolongement.

Le décret du 24 août 1864 a donné à la rue Galilée sa dénomination actuelle, enl'honneurde Galileo Galilei, ou Galilée (1564-1642), que les Médicis nommèrent, quand il n'avait que vingt-quatre ans, professeur de mathématiques à l'Université de Pise. La hardiesse de ses idées en physique l'obligea à quitter cette ville en 1592; il alla à Padoue, où il professa pendant vingt ans. 11 fut persécuté, à la fin de sa vie, pour avoir publié en Italie un ouvrage où il exposait, d'après Copernic, le mouvement de la terre et l'immobilité du soleil. On lui doit la découverte des lois de la pesanteur et l'invention ou le perfectionnement du télescope, du thermomètre, du pendule et de la balance hydrostatique (1).

L'intrépide aéronaute brésilien Auguste Severo, qui, en 1902, a perdu la vie en faisant une ascension dans son ballon dirigeable Pax, habitait la rue Galilée.

La rue Mesnil a été ouverte en 1834, avec une largeur de 10 mètres, sur des terrains de la plaine de Passy, appartenant à M. Mesnil.

La rue des Sablons n'allait primitivement que du rond-point de Longchamp à la rue Saint-Didier; elle paraît avoir été ainsi dénommée en souvenir d'une carrière à sable, à Tépoque où la plaine de Passy commença d'être mise en valeur. Cette rue peut se diviser, au point de vue de son histoire, en quatre parties:

1** Celle comprise entre la rue Saint-Didier et le rond-point de Longchamp, qui conserve encore aujourd'hui le nom de rue des Sablons, a été percée vers 1834, avec une largeur de 10 mètres ;

2** La section allant du rond-point de Longchamp à la rue Schefïer correspond à l'ancienne « rue des Bornes » , remplaçant le chemin des Bornes, dont le nom était dû aux bornes qui, sur ce point, indiquaient les limites des dépendances du couvent des Bonshommes. Il résulte de la délibération du conseil municipal de Passy, en date du 14 mars 1825, qu'à cette époque, le chemin des Bornes n'avait que 2 mètres de largeur, qu'il avait son origine è la rue des Moulins (rue Schefïer) et se terminait à l'embranchement des chemins de la Croix (rue Decamps) et de Longchamp. Ce chemin fut classé vicinal pararrêtédu6 juillet 1825; vers 1848, il fut élargi à 11 mètres et transformé ainsi en une rue qui prit le nom de rue des Bornes. La remise

[i) On a donné, dans cette région, des noms d'astronomes à plusieurs rues (Galilée, Newton, Copernic, Keppler, Euler).

du sol de la rue des Bornes à la commune de Passy par la Société Malézieux, qui avait succédé à la Société des terrains de la plainede Passy, a été approuvée par les délibérations municipales des 6 mars 1853 et 5 février i85i. L'arrêté du 2 avril 18G8 a réuni la rue des Bornes à la rue des Sablons ;

3** La partie comprise entre la rue de la Tour et la place Possoz, qui fut ouverte avec une largeur de 10 mètres, par suite du lotissement du parc Guichard, et fut nommée « rue Saint-Hippolyte », en l'honneur du curé de Passy, l'abbé Hippolyte Locatelli. L'arrêté du 3 septembre 1869 a réuni la rue Saint-Hippolyte à la rue des Sablons;

4" La section s'étendant de la rue Schefler à la rue de la Tour, ouverte en vertu du décret du 2 mars 1863, qui porte : « La Ville est autorisée à accepter l'offre faite par les sieurs Harold, Ernest, et Jules Portails, qui s'engagent à ouvrir, à travers les terrains dont ils sont propriétaires, entre la rue des Moulins (Scheffer) et la rue de la Tour, une rue de 12 mètres, destinée à former le prolongement de la rue Saint-Hippolyte et de la rue des Bornes, à la charge par la Ville de leur payer 40.000 francs. » Ce prolongement fut immédiatement exécuté et prit d'abord le nom de rue Saint-Hippolyte.

Pendant vingt-deux ans, à partir de 1869, la rue des Sablons s'est étendue du rond-point de Longchamp à la place Possoz; mais le décret du 24 avril 1891 a donné le nom de rue Cortamberi à la partie de la rue des Sablons qui était comprise entre l'avenue Henri-Martin et la place Possoz (1), en l'honneur d'Eugène Cortambert (1805-188i), qui habitait Passy et y mourut; il s'est rendu célèbre comme géographe et a publié beaucoup d'ouvrages classiques; il a professé au lycée Charlemagne (2) et a, le premier, tracé sur le tableau noir le dessin des diverses contrées du globe, à mesure qu'il les décrivait à ses auditeurs ; il a été président de la Société de géographie de Paris et de la Société de géographie commerciale ; il a su rendre attrayante l'étude de la géographie. Mme Cortambert a écrit sur le langage des fleurs, sous le pseudonyme de Charlotte de Latour, un livre qui a eu beaucoup de succès et dont la 6*" édition a paru en 1814. Richard Cortambert, fils d'Eugène, a publié, lui aussi, deo ouvrages intéressants sur la géographie.

Le XVP arrondissement constitue une des huit paroisses qui forment la circonscription consistoriale de l'église protestante réformée de Paris, telle qu'elle a été organisée par le décret du 25 mars 1882. La paroisse protestante de Passy (3) est desservie par un pasteur titulaire et deux pasteurs auxiliaires. Le temple est situé rue Cortambert, n° 19, sur un terrain appartenant au conseil presbytéral. Le culte réformé est célébré en cet endroit depuis 1880; mais, pendant une dizaine d'années, le temple n'était qu'une modeste construction en bois et fer. Comme elle était devenue insuffisante par suite du développement de la population, elle a été remplacée, en 1890-1891, par un édifice en pierre, qui contient 500 places environ. Le nouveau bâtiment a été construit, sur les plans de feu M. l'architecte Aubert, au moyen de fonds

(i) La voie sous-minée a été consolidée sur ya mètres de longueur, près de langle de la rue de la Tour et de la rue (lortambert.

(*^.) Voir la biographie des géographes Kugène et Richard Corlainhert par leur flls et pelit-lils, p. '21 et ^3 du IVo volume du Bulletin.

(3) Celle paroisse est administrée par un conseil presbytéral, «pii comprend, outre le pasteur titulaire, cinq membres laïques ; les deux pasteurs auxiliaires y siègent avec voix consultative.

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