RUE SINGER IO
La roule départementale n° 10, à laquelle étaient incorporés le pont de Grenelle, la rue de Boulainvilliers et la rue de la Pompe;
Et la route départementale n" 64 (avenue Victor-Hugo).
Le classement de ces voies exonérait la commune des frais qu'impose leur entretien, et il dispensait le public d'avoir affaire à Toctroi de Paris (ce qui avait lait donner à ces routes le nom de routes de transit). Ces avantages n'existent plus depuis l'annexion; mais ces mesures n'en ont pas moins procuré des améliorations durables, car l'ouverture, la régularisation ou l'élargissement de ces routes facilitèrent la circulation, permirent une augmentation notable des constructions de maisons particulières en bordure de ces voies et déterminèrent, dans leur voisinage, le percement de plusieurs rues nouvelles.
La rue Singer a été ouverte en 183fi, avec une largeur de O^jToïSurdes terrains provenant des dépendances de Tancien château de Boulainvilliers et de l'ancien hôtel de Valentinois; ils appartenaient à M. David Singer (1778-1846), qui avait acquis dans l'industrie du coton une certaine fortune et en légua une grande partie à des établissements charitables. Parmi les nombreuses dispositions testamentaires de ce philanthrope, on peut citer deux legs de 300 francs de rente chacun aux ministres de la Guerre et de la Marine, « pour un prix annuel et perpétuel qui sera attribué au simple soldat et au simple matelot qui Taura le mieux mérité par sa bonne conduite et l'ancienneté de ses services ».
Les travaux d'assainissement de la rue Singer ont été autorisés, le ^ mars 1848, par le conseil municipal de Passy.
Benjamin Franklin habita souvent, de 1777 à 1785, un pavillon dépendant de l'ancien hôtel de Valentinois, dont l'emplacement est actuellement occupé par la chapelle de l'Institution des frères de la doctrine chrétienne (n"" 1 de la rue Singer). Le duc d'Aumont a habité Passy à l'emplacement de la rue Singer, n*" 2. Le jurisconsulte Faustin-Hélie, dont le nom a été donné à une des rues de Passy, a habité, de 1871 à 1879, le n" 13; il avait occupé précédemment, de 1859 à 1871, le n" 3 bis de l'avenue Saint-Philibert, qui va de la rue Singer à la rue des Vignes. Eugène Scribe demeura pendant quelques mois, vers 1849, au n" 40 de la rue Singer.
Des règles spéciales ont été édictées par l'ordonnance royale (i) du 18 mars 1836 pour la rue Newlon, la rue Pauquet et la rue des Bassins (aujourd'hui rue Auffusle-Vacquerie). En vertu de cette ordonnance, MM. Dumoustier, Laurent et Grassal obtinrent l'autorisation d'ouvrir sur leurs terrains ces trois rues, chacune de 1^ mètres de largeur, à la charge par eux de livrer sans indemnité, à la Ville de Paris, le sol occupé par les nouvelles voies publiques, de supporter les frais de pavage et d'éclairage desdites rues, d'y établir des trottoirs en pierre dure, de la forme et de la largeur déterminées par l'autorité municipale, de pourvoir à l'écoulement souterrain ou à ciel ouvert des eaux pluviales et ménagères, et de ne pouvoir élever les constructions riveraines au delà de la hauteur de ii mètres. Le décret du 8 août 1895 a donné à la rue des Bassins le nom de rue Augu^te-Vacquerie.
Carnot, président delà République, habitait le n"29de la rue des Bassins, avant le â décembre 1887, jour de son installation au palais de TËlysée.
;i; Voir «aux annexes ip. 417) une copie de celte ordonnance.
IlO HISTOIRE DU XVI* ARRONDISSEMENT
La partie de la rue Nicolo qui est comprise entre la rue de Passy et la rue Vital figure sur le plan de Passy, publié en 1860 par M. Th. Lefèvre, sous le nom de « rue des Carrières », qu'elle a conservé jusqu'au décret du 2 octobre 1865. Le surplus de la rue Nicolo, c'est-à-dire la partie comprise entre la rue Vital et la rue de la Pompe, a été ouvert, en 1854, avec une largeur de 10 mètres, et a reçu le nom de « rue Saint-Pierre ». La section mentionnée ci-dessus, de la rue des Carrières, a été réunie par le décret du 2 octobre 1865 à la rue Saint-Pierre, sous l'unique dénomination de rue Nicolo, en l'honneur de Nicolas Isouard, dit Nicolo (1775-1818), qui a composé, pour l'Opéra- Comique, vingt-neuf pièces, entre autres Joconde,
Cette première section de la rue des Carrières (comprise entre les rues de Passy et Vital, actuellement incorporée à la rue Nicolo) avait remplacé le chemin du même nom qui conduisait, de la grande rue de Passy aux massifs des carrières. Il est dit, dans une délibération municipale du 25 pluviôse an XIII (14 février 1805), qu'antérieurement à 1776, cette ruelle n'avait qu'une largeur de 5 pieds 10 pouces ; que, sur le rapport des voyers de l'ancienne justice de Passy (canton de la Folie), le marquis de Boulainvilliers, dernier seigneur de Passy, fit rendre par son prévôt, en 1777, une ordonnance portant la largeur à 24 pieds (7", 76) ; et que c'est à cette époque que cette voie reçut le nom de « rue Boulainvilliers ». Ce nom fut supprimé par un arrêté du conseil général de la commune de Passy, en date du 3 septembre 1791, qui remplaça le nom de rue Boulainvilliers par celui de rue des Carrières.
Sous le premier Empire, le conseil municipal de Passy insista, à diverses reprises, en faveur de l'achèvement du prolongement de la rue des Carrières et arriva à le réaliser. Ce qu'on appelait le prolongement de la rue des ("arrières, c'était une voie formant un angle presque droit avec la première partie de ladite rue, aboutissant à la rue du Moulin-de-la-Tour (rue de la Tour) et constituant actuellement la partie de la rue Vital comprise entre la rue de la Tour et la rue Nicolo. La rue des Carrières formait ainsi un coude très prononcé et occupait, au commencement du xix* siècle, des emplacements appartenant aujourd'hui à la rue Nicolo et à la rue Vital, à l'époque où ces deux rues n'existaient pas encore ; d'ailleurs, la rue des Carrières a conservé son nom pendant plus de soixante-dix ans, et n'a été réunie aux rues Nicolo et Vital que longtemps après leur percement.
La comtesse de Castiglione, célèbre par sa beauté sous le second Empire, a habité le n** 51 de la rue Nicolo de 1859 environ à 1870 ; elle est morte à Paris, le 10 avril 1901 (1).
L'hôtel portant le n'' 38 sur la rue Nicolo a été reconstruit par Mme de Monchicourt à la suite du succès obtenu en Belgique par niérodiade^ de Massenet, dont son fils, M. Milliet Monchicourt, avait fait le livret.
La première partie de larwe Vital, comprise entre la rue de la Tour et la rue Nicolo, a été longtemps, comme il est dit ci-dessus, une partie de la rue des Carrières, dont la plus grande fraction avait pris, en 1865, le nom de rue Nicolo. Cette partie de la rue des Carrières, ayant une largeur de 8 mètres, a été réunie à la rue Vital par l'arrêté préfectoral du 2 avril 1868.
La seconde partie de la rue Vital, comprise entre la rue Nicolo et la rue
i) Voir, p. 'x-]^ et '-^77 du III« volume du liullelin^ l'article de M. Léopold Mnr sur la comtesiso de Castiglione.