‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 3)Chapitre 40 sur 218 · BOULEVARD EXELMANS · texte numérisé non relu

BOULEVARD EXELMANS

L*expiration du bail, en 1905, pourra donner lieu à un lotissement du parc de Sainte-Périne; si cette évenlualit^> devait se réaliser, il serait à désirer que des conditions fussent imposées aux acquéreurs, dans un intérêt esthétique, pour que le gracieux aspect de ce quartier ne soit pas compromis (1).

La fondation Rossini, établie en vertu du testament de ce grand compositeur, pour les chanteurs et musiciens français et italiens, vieux et sans fortune, se trouve auprès de la rue Wilhem, dans Tenclos de l'Institution de Sainte-Périne, avec entrée sur la rue Mirabeau. M"* Monrose, de TOpéra- Comique, fille de Tex-sociétaire du Théàtre<Français, est parmi les plus notables pensionnaires. Les artistes sont reçus gratuitement à la fondation Rossini.

On construira prochainement de nouveaux bâtiments annexes de la fondation Rossini sur un terrain de 500 mètres carrés, sis rue Wilhem, touchant rinstitution de Sainte-Périne et acheté par TAssistance publique.

Le nombre des pensionnaires était, en 1901, de 239 à Sainte-Périne, 135 à la maison de retraite Chardon-Lagache et M à Tasile Rossini.

Au n^ 41 de la rue Chardon-Lagache et à l'entrée de la villa de la Réunion, on voit une villa originale, construite en 1893 par M. Tarchitecte Hector Guimard, en pierres meulières et briques, avec faïences décoratives et toitures en grosses tuiles rondes vernissées ; le cintre de la porte d'entrée est abrité par un large auvent angulaire à consoles obliques.

Gavarni est mort dans la maison qui occupait le n"" 29 de la rue Chardon- Lagache, là où l'on voit actuellement trois hôtels modernes.

L'avenue de la villa de la Béunion, qui joint la rue Chardon-Lagache à l'avenue de Versailles, a été établie en 1856. Elle donne, au n"" 18, accès à Vavenue de VErmilagey nom donné par le propriétaire, parce qu'elle conduisait à un kiosque dit TErmitage.

Le décret du 14 juin 1861 a déclaré d'utilité publique le prolongement du chemin de fer de ceinture depuis la gare d'Auteuil jusqu'à la ligne d'Orléans ; le chemin de fer d'Auteuil au Point-du-Jour a été ouvert à Texploitation le 25 février 1867. Le principal ouvrage d'art de ce chemin de fer est le long viaduc du Point-du-Jour (2), dont les 152 arches, de 5 mètres d'ouverture chacune, constituent une sorte de passage couvert. D'après le plan joint au décret du 14 juin 1861, deux voies de 16*^,50 chacune de largeur étaient projetées de chaque côté du chemin de fer, entre la rue d'Auteuil et le quai de la Seine. En effet, une décision du ministre des Travaux publics, du 30 avril 1862, autorisa la création de deux voies latérales au chemin de fer, entre la rue d'Auteuil et l'avenue de Versailles ; une décision semblable, du 24 juin 1863, décida le prolongement de ces deux voies entre l'avenue de Versailles et le quai d'Auteuil. Les travaux ont été dirigés par M. l'ingénieur en chef dés ponts et chaussées Darcel et ont coûté 482.100 francs. La dénomination de boulevard Exelmans a été donnée à la voie de chaque côté du viaduc par* décret du 2 mars 1867, en mémoire de Rémi-Joseph-Isidore,

(i) Voir dans les Causeries de Bianchon^ par le docteur Maurice de Fleury, un joli chapitre sur Sainte-Périne.

(a) Voir aux annexes (p. 366) mon article sur « la Seine entre le pont d'Iéna et le viaduc d'Auteuil •.

^t8 HISTOIRE DU XVl** ARRONDISSEMENT

comte Exelmans (1775-185^), qui fut aide de camp de Murât, colonel à Aus* terlitz, général de division en 1812, commanda la cavalerie à Waterloo, fut nommé pair de France en 1830, grand chancelier de la Légion d*honneur en 1850 et maréchal de France en 1851. Le statuaire Carpeaux (1) avait son atelier au n"" 25 du boulevard Exelmans; le général vicomte de Montfort, beau-père de Carpeaux, demeurait au n* 2 du boulevard Exelmans et y mourut, le !20 mars 1883, à l'âge de soixante -seize ans.

Par actes des 18 septembre et 27 octobre 1860 (étude Delapalme), la Ville de Paris acheta pour 277.140 francs, à la Compagûie des chemins de fer de rOuest, 5.364 mètres carrés de terrains, provenant originairement du parc de Montmorency-Boufflers ; ces terrains ont servi à élargir la rue d'Auteuil, à rectifier le débouché de la rue La Fontaine sur la rue d'Auteuil, à établir le marché (2) d'Auteuil, ainsi que les deux rues longeant les côtés latéraux de ce marché et servant à l'isoler. Ces deux rues ont été dénommées, par le décret du 2 mars 1867, rue Girodet et rue Isabey ; après avoir été longtemps des voies privées appartenant à la Ville, elles ont été classées par le décret du 12 juin 1883 (3). La Compagnie des chemins de fer de l'Ouest a payé la moitié des frais de mise en état de viabilité de la rue Girodet, qui est la plus voisine de la gare. Le marché d'Auteuil a été construit en 1866 et 1867 par la Compagnie générale des marchés, à qui la Ville de Paris avait, par traité du 12 décembre 1865, accordé une concession de cinquante ans, à dater de l'ouverture, pour sept marchés, parmi lesquels figurait celui d'Auteuil, comprenant 111 places; il avait été ouvert le 16 octobre 1867. Le terrain sur lequel il existait a été vendu, loti, bâti. Un marché forain l'a remplacé, qui se tient sur le terre-plein des rues Donizetti, La Fontaine et d'Auteuil.

Le peintre Anne-Louis Girodet (1767-1824) avait été adopté parle médecin Trioson, dont il joignit le nom au sien. Parmi les tableaux qu'on lui doit, on peut citer : Joseph reconnu par ses frères^ qui lui valut le grand prix de Rome en 1789; le Sommeil cTEndymion, en 1791 ; Hippocraie refusant les présents dWrtaxerxès, toile magnifique faite en 1792 pour son tuteur, le docteur Trioson, qui en fit hommage à l'Académie de médecine de Paris ; Antiochus et Stratonice, en 1793; Fingalavec ses guerriers^ dans leur séjour aérien, en 1802; la Scène du Déluge, qui obtint le grand prix décennal en 1806. 11 était, en outre, poète et a traduit Anacréon et Lucain,

Jean-Baptiste Isabey (1767-1855), peintre des cérémonies et du cabinet sous Napoléon I", qui lui donna un appartement aux Tuileries, dessina le Sacre, fit tous les portraits de la famille impériale, notamment celui du général Bonaparte à la Malmaison. Sa collection de miniatures est un des monuments historiques de l'époque ; on y voyait les portraits de la reine Marie-Antoi-

(i) Le décret du 17 juillet 188-2 a fixé une largeur de fx) mètres pour le boulevard Exelmans, qui est planté d'arbres; les alignements et nivellement ont été établis, pour la partie comprise entre l'avenue de Versailles et la rue Chardon-La gache^ par le décret du 26 avril 1897.

(2) Le 18 août 1826, le conseil municipal avait émis un avis favorable à rétablissement d'un marché h Auleuil pour y vendre tous les jours des comestibles. Ce marché est actuellement démoli. Sur son emplacement une rue a été ouverte et des immeubles construits.

(3) Nous nous souvenons encore du joli chalet en briques et du grand jardin, avec un très beau rideau de peupliers, que la Compagnie de l'Ouest louait à des particuliers e( que les modiflcations dont il est question ici ont fait disparaitrct

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