‹ Histoire du XVIe arrondissement de Paris (volume 3)Chapitre 41 sur 218 · RUE THÉOPHILE-GAUTIER SIQ · texte numérisé non relu

RUE THÉOPHILE-GAUTIER SIQ

nette et des ducs d'Angoulême et de Berry. Sous la Restauration, il devint directeur des décorations de l'Opéra, peintre du roi et administrateur des fêtes et spectacles de la Cour. Son fils, né en 1801, a envoyé des tableaux remarquables aux Expositions de 1824 à 1855.

Dès 1876, le service des ponts et chaussées étudia, en vue de la reconstruction de réglise d'Auteuil, tout un'programme de travaux d'amélioration aux abords de cette église. Ce programme, qui a été sanctionné par le décret du 27 janvier 1876, comprenait l'élargissement de la rue Williem ci-dessus mentionnée, le percement de la rue Corot etTouverture ou achèvement, à 20 mètres de largeur, d'un prolongement de la rue de la Municipalité, entre la rue d'Auteuil et la rue François-Gérard ; cette dernière section s'est nommée d abord rue de la Municipalité prolongée ; elle a fait ensuite partie de la rue du Point-du-Jour et se nomme, aujourd'hui, rue Théophile-Gautier. Ces derniers travaux (1), exécutés en 1876 et 1877, ont coûté 122.847 francs.

La rue Corot, qui est latérale à l'église, et renferme le presbytère, a été mise en état de viabilité en 1877, moyennant une dépense de 10.300 francs. Son nom lui a été donné par arrêté préfectoral du 4 février 1879, en mémoire du célèbre peintre paysagiste Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875), qui avait obtenu, en 1855, la médaille de 1*^® classe ; Corot, homme excellent, a été surtout le peintre de Ville-d'Avray et des environs de Paris.

L'ouverture de la partie de la rue Théophile -Gautier qui est comprise entre la rue François-Gérard et la rue Gros', ainsi que l'élargissement de cette dernière rue au droit d'immeubles appartenant à la Ville, a été autorisée par le décret du 10 juillet 1882. Mais les démarches à faire pour l'acquisition des terrains ayant été très laborieuses, ces travaux ne purent être commencés qu'en 1885, année pendant laquelle on exécuta la première partie (2), comprise entre la rue François-Ciérard et l'avenue Perrichont. Le dernier tronçon de la rue Théophile-Gautier, entre cette avenue et la rue Gros, donna lieu également à de très longues négociations avec les propriétaires de terrains, de sorte que la percée jusqu'à la rue Gros ne put être réalisée qu'en 1890. La dépense s'éleva (3), pour ce dernier tronçon, à 165.950 francs.

Le nom actuel de cette rue, dont la plus grande partie appartenait autrefois à la rue du Point-du-Jour, lui a été donné par le décret du 23 janvier 1892, en mémoire de Théophile Gautier (1811-1873), poète, publiciste, critique et littérateur, grand ami de Victor Hugo et de Gérard de Nerval. Il a passé quelques années de son enfance près du pont de Grenelle et a demeuré, dans sa jeunesse, rue Gros. Il s'est signalé par le culte de l'art, de la beauté et du romantisme ; son style original peut être considéré comme une ciselure littéraire.

Au n® 57 de la rue Théophile-Gautier se trouve un établissement d'instruction, dirigé parles Dominicaines du Saint-Rosaire: le corps principal du bâtiment est l'ancien château des Choiseul-Praslin. C'est dans le salon durez-de-chaussée de ce château que périt dans les flammes la princesse de

(i) Ces travaux ont tHé exécutés, sous la direction d'Alphand et de l'ingénieur en chef de Fonlanges, par l'ingénieur Bartet et le conducleur des ponts et chaussées Lomprez.

(2) La direction de ces travaux a été contlée à l'ingénieur en chef Barabanl, l'ingénieur Habinet et le conducteur des ponts et chaussées Navez.

(3| Ces travaux ont été faits sous la direction de l'ingénieur en chef de Tavernier, de l'ingénieur Babinet et du conducteur des ponts et chaussées Navez,

220 HISTOIRE DU XYl* ARRONDISSEMENT

Carignan, dont la robe prit feu au moment où elle allait se rendre au bal. La maison fut ensuite occupée par une école ecclésiastique, dirigée parTabbé Millot, puis par une Institution déjeunes filles dirigée par Mlles Suleauet Moittié, qui la cédèrent aux Dominicaines le 8 septembre 1890. Dans le jardin, on remarque un portique d'ordre ionique sur le fronton duquel on lit cette inscription : « Ici fut la maison de Molière. »

Le maire d*Auteuil écrivait, le 9 mars 1857, au sous-préfet de Saint-Denis que les 200.(KK) mètres carrés faisant suite au plateau de Passy et se trouvant placés entre le bois de Boulogne, le chemin de fer, la villa Montmorency et la rue de TAssomption, qui ne renfermaient autrefois que des vignes, étaient occupés par des jardins enclos de haies et par des maisons de campagne, dont le seul inconvénient consistait dans la difficulté des communications, cette région n'étant desservie que par quatre sentiers ayant 2°S50 de largeur et dénommés : les Fontis, la Cure, le Four et la Petite-Fontaine. Le maire ajoutait que la valeur des terrains s*était élevée à 10 francs, qu'elle tendait à augmenter, qu'il était impossible délaisser ce quartier plein d avenir dans la situation où il se trouvait et qu'il avait nommé une commission pour étudier le tracé de nouvelles rues, mais que cette opération rencontrait des difficultés sérieuses, parce que le plateau comprenait 677 parcelles, appartenant à plus de cent propriétaires. En vue de réaliser ce programme, le conseil municipal d'Auteuil projeta, le 2^ août 1857, des alignements pour la sente du Four (aujourd'hui rue de l'Yvette), la sente de la Fontaine (aujourd'hui rue Raiïet), la sente de la Petite-Fontaine (aujourd'hui rue Chamfort) et la sente des Fontis (aujourd'hui rue du Docteur-Blanche) ; mais ce n'est que bien des années après que ces sentes ont été effectivement transformées en rues.

L'ancienne sente du Four devait son nom à un four banal, dont il est fait mention dans des titres de 12-25, 1450 et 1257. L'arrêté du 1*' février 1877 a donné à cette voie le nom de rue de /' Vveile; elle a été élargie ( 1 ) de 1883 à 1885, près de son débouché sur la rue Mozart, moyennant une dépense de 52.250 francs.

La partie de la rue Raffet qui va de la rue de la Source à la rue du Docteur- Blanche remplace l'ancien sentier de la Fontaine. On commença en 1877 par améliorer les pentes et la viabilité de cette rue, entre celle des Fontis* (aujourd'hui rue du Docteur- Blanche) et celle de la Cure (aujourd'hui rue Jasmin), moyennant une dépense de 37.400 francs; ensuite on exécuta le prolongement de la rue Raflet entre celle des Fontis et le boulevard de Montmorency, opération qui a coûté 19.000 francs. Le nom de cette voie lui a été donné par le décret du 24 août 1864, en mémoire de Denis-Auguste-Marie Raffet (1804-1800), qui entra en 1827 dans l'atelier de Gros et plus tard dans celui de Charlet. C'était un dessinateu^ habile et charmant, un aquarelliste remarquable. On distingue parmi ses œuvres V Album du voyage du prince Demidoff en Crimée et en Asie-Mineure, et la Bévue nocturne^ espèce de résurrection des soldats des armées de Napoléon P', se pressant devant l'ombre du grand capitaine.

(i) Cet élargissement a H6 exéculé sous la direction de l'ingénieur en chef Barabant, des ingénieurs Chabert et Dabinet, et du conducteur des ponts et chaussées Navez.

RUE CHAMPORT 221

La ruelle de la Cure (voie privée) a son entrée entre les n**» 13 et 15 de la rue RaSet.

La rue du Docleur-Blanche s*est nommée d*abord sente, puis rue des Fontis et occupe la partie haute du coteau d'Auteuil. Ce nom de Fontis (fondrières), qui a été appliqué souvent aux affaissements du sol provenant de l'exploitation de carrières souterraines, provenait ici des mouvements de terrain occasionnés par 1 extraction d'argiles pour la fabrication des briques. Pour opérer un raccordement avec la riie Raffet, on amorça en 1877 la mise en état de viabilité de la rue des Fontis ; moyennant une dépense de 37.400 francs. En vue de poursuivre rœuvre ainsi commencée, un décret du 31 janvier 1881 autorisa Télargissement de la rue des Fontis, la mise en état de viabilité fut complétée au prix d'une dépense de 10.400 francs pour la partie comprise entre les rues de l'Assomption et de l'Yvette, et d'une dépense de 29.000 francs pour la partie restante, c'est-à-dire pour celle comprise entre la rue de l'Assomption et le petit tronçon qui avait été déjà exécuté en 1877, en même temps que la rue Rafiet.

La dénomination actuelle de cette rue lui a été donnée, par décret du 16 janvier 1894, en mémoire du médecin aliéniste Esprit Blanche (1796- 1852), qui avait établi à Montmartre (1) une maison de fous et la dirigeait avec son fils le docteur Antoine-Emile Blanche, qui vint prendre en 1847 la direction de la maison de fous de la rue Berton à Passy et eut deux fils : l'aîné mourut jeune ; le second est le peintre Jacques Blanche, qui habite l'hôtel n* 19 de la rue du Docteur-Blanche, où son père était venu se retirer et où il mourut le 17 août 1893. Le docteur Meuriot succéda au docteur Blanche comme directeur de la maison de santé de la rue Berton ; il avait été reçu docteur en 1868 et est mort en mai 1901.

La rue Dangeau occupe une partie de l'emplacement d'une ancienne sente étroite et sinueuse, dite de la Petite-Fontaine, qui est marquée au cadastre de 1823. Son nom lui a été donné par le décret du 24 août 1864 en mémoire de Philippe de Courcillon, marquis de Dangeau (1636-1720), favori de Louis XIV, qu'il accompagna dans toutes ses campagnes, en qualité de colonel aide-de-camp ; il était académicien et ami de Boileau, qui lui dédia sa Satire sur la noblesse; il se servit de son crédit pour favoriser les gens de lettres. Dans son journal historique il a inscrit, jour par jour, de 1684 à 1720, tout ce qui se passait à la cour et dans la famille royale ; il dit en mourant : « J'ai la conscience de n'avoir jamais écrit dans mou journal un seul mensonge. » C'est une des plus courtes, des plus étroites et des moins droites rues de Paris.

La rue Chamfort a remplacé une partie de l'ancienne sente de la Petite- Fontaine; le nom de rue Dangeau ayant été attribué à la voie qui va de la rue Ribéra à la rue Mozart, la rue très courte qui va de la rue Mozart à la rue de la Source se trouvait sans nom ; sur la demande de notre collègue M. Antoine (juillois et la proposition de la Société historique (2) , sa dénomination actuelle lui a été donnée par le décret du 8 janvier 1895 en mémoire du poète

(i) Voir les pages 199 du !•' volume, 89 du II* cl 288 du III" du Bullelin de la Société historique (VAuteuil et de Passy.

Voir ci-dessus les indications donm^es au sujet de la maison de sanlt^ du docteur Blanche dans riiistorique de la rue Berton.

(2) Voir les pages 44 <?! ^^> du I" volume du Buttetin.

peintre Franco w M/ W (1815-1883), Sixxieur de T Angélus, des Glaneuses, etc.

C'est également en 1889 qu'on a ouvert Vimpasse Exelmans, voie privée dont rentrée se trouve au n* 5 du boulevard Exelmans.

La rue Chapu a été ouverte comme voie privée, entre l'avenue de Versailles et le boulevard Exelmans, en 1893, par M. Tassu, architecte et propriétaire, moyennant une dépense de !25.806 francs. Elle a été classée par décret du ^ juin 1897 et avait été nommée d'abord rue Nouvelle, puis rue Maxime; le décret précité lui a donné sa dénomination actuelle en mémoire du sculpteur Henri Michel-Antoine Chapu (1833-1892), membre de l'Institut, auteur, entre autres œuvres, de cette immortelle statue, la Jeunesse, au tombeau d'Henri Regnault.

En 1894 et 1895, deux voies nouvelles. Tune de 12 et l'autre de i\ mètres de largeur, ont été ouvertes par M. le marquis de Casa-Riéra, moyennant une dépense de 93.106 francs, entre les rues Théophile-Gautier, George-Sand et des Perchamps. Des décrets de 1896 ont donné à ces rues les noms de Leconiede-Lisle et de Mignel, Le célèbre poète Charles-Marie-René Leconte de Lisle (1818-1894) était membre de l'Académie française. L'historien François- Auguste-Marie Mignet (1796-1884), ami de Thiers, remplaça, à la fin de 1836, Raynouard à l'Académie française et devint, l'année suivante, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences morales et politiques.

M. Huet a ouvert en 1894 la voie privée dite rue des Grandes-Papeleries. et M. Sénécal a établi en 1895, moyennant une dépense de 4.322 francs la voie privée dite rue Pierre-Ducreux. C'est également en 1895 qu'on a percé, moyennant une dépense de 19.941 francs une voie privée dite villa-Mozart, qui se trouve au n"" 73 de la rue Mozart et se termine actuellement en impasse, mais doit aller jusqu'à la rue La Fontaine. Cette voie, qui a été établie par la Société des Immeubles de la rue La Fontaine, n'a actuellement que 58 et aura plus tard 354 mètres de longueur.

Une voie nouvelle, autorisée par arrêté préfectoral du 5 juillet 1898, a été ouverte en 1899, entre le boulevard Exelmans et la rue Daumier, au compte de M. Fournier, propriétaire; le décret du 23 avril 1900 a donné le nom de rue Auguste- Maquet à cette voie, qui est peu éloignée lie la porte de Billancourt. Elle a été ouverte sur des remblais accumulés depuis quelques années et sous lesquels avait achevé de disparaître un très beau jardin, dont l'hôtel a été récemment démoli. Ce parc, qui avait le défaut détre en contrebas du boulevard Exelmans et exposé aux infiltrations de la Seine, lors des hautes eaux, avait été admirablement dessiné, vallonné et planté, avec grotte, rivière, ponts rustiques. 11 appartenait à M"*° Cuvelîer.

Une rue nouvelle va être percée également par M. Fournier entre la rue Auguste Maquet et le quai d'Auteuil.

On a décidé, en 1901, l'ouverture d'une nouvelle voie devant prolonger la rue Bosio, sous le nom de rue de la Mission-Marchand, et se trouver comprise entre la rue Pierre-Guérin et la rue de la Source. Le décret du 21 novembre 1901, qui a classé ce prolongement de la rue Bosio, lui a assigné une largeur de 12 mètres et en a fixé les alignements et le nivellement. Cette rue est ouverte sur partie du jardin ayant dépendu de l'hôtel de M. l'architecte Foulquier.

Page 1