A DUCHESSE DE NEMOURS ET SES FILLES
Les guerres de la Fronde étant terminées, il y eut à la fin de juillet 1652, entn^ François de Vendôme, duc de Beaufort, le célèbre Roi des HalleSy et son beau-frère, Charles- Amédée de Savoie, duc de Nemours, une querelle à propos du combat de Jargeau. Elle se renouvela pour une question de préséance, au conseil de Monsieur (Gaston d'Orléans), et prit un caractère tellement violent, que le duc de Nemours provo<jua son l)eau-frère en duel, et malgré les résistances naturelles de ce dernier, il fallut, le mardi 30 juillet, aller sur le terrain choisi, au Marché aux chevaux (emplacement des rues Louis-le-Grand, d'Antin et (vaillon).
Le duc de Nemours, qui n'avait que vingt-huit ans, fut tué raide d'un coup de pistolet à la tète, et, par contre-coup, son témoin, M. de Villars, tua celui du duc de Beaufort, M. d'Uéricourt, lieutenant de ses gardes. A la suite de cet horrible duel, dans lequel son propre frère avait tué son mari, la duchesse de Nemours (Elisabeth de Vendôme), petite-fille de Henri IV et de Gabriello d'Estréos, vint, dans son désespoir, chen-her un refuge à la Visitation de Cuaillot. Elle y amena ses deux filles, qui y demeuivrent pendant de longues années et n'en sortirent, l'aînée, Marie- Jeanne-Baptiste, qu'en 1665, i)our devenir duchesse de Savoie, et la seconde, Louise-Marie- Françoise-Elisabeth, dite M"« d'Aumale, enl666, nour é{)ouser Alphonse VI, roi à demi idiot du Portugal, puis, en 166«, dom Pedro de Bragance, frère d'Alphonse et roi à sa place. La duchesse de Nemours, morte en 4664, avait été inhumée, suivant son désir, dans le cloître du couvent de la Visitation de la rue Saint-Antoine.