‹ Histoire du XVIe arrondissement de ParisChapitre 18 sur 128 · RUE BOISSIÈRE · texte numérisé non relu

RUE BOISSIÈRE

4 897, qui a tenu à avoir une tombe très simple, Sophie Croizette B Stern), rastronome Hervé Faye, le conseiller d'Klat Demagny. "^^3 des plus beaux monuments du cimetière de Passy est le tombeau, de jTUsse, élevé pour une illustre jeune fille, Marie Bashkirtsefi (1), qui est à vingt-trois ans et s'était déjà fait apprécier comme écrivain et comme i «ZM t.re; elle n'avait vécu que pour l'art et les lettres et elle avait formulé ses L^>D. tés dernières en ces termes: « Je veux dormir mon dernier sommeil le cimetière de Passy. » corps de Mlle Jane Henriot, pensionnaire de la Comédie Française, dans rincendie de ce théâtre, a été transféré, le 27 juin 1ÎK)0, aucimede Passy.

rue Boissière, qui va actuellement de la place d'Iéna à la place Victor-

, doit être divisée, au point de vue de son histoire, en deux parties tout

t, distinctes : 1° celle comprise entre la place d'iéna et l'avenue Kléber, et qui

it partie de l'ancien Paris (quartier de Chaillot); 2** celle comprise entre

enue Kléber et l'avenue Victor-Hugo, laquelle, à la fin du xvui" siècle et

les 59 premières années du xix% se trouvait sur le territoire de la

mune de Passy.

f^remiêre partie (^nciimm) rue de laCroix-Boissière). — Un arrêté préfectoral

*^Vi ^ avril 1808 a réuni la rue Boissière et la rue de la Croix Boissière sous le

^^^m de rue Boissière. On appelait hoisnières les croix auquelles il était

^^Usage d'attacher du huis, le jour des Bameaux; on voit encore figurer la

^ï'oix boissière sur des plans de Paris datant du xvnr siècle. La rue de la

^^roix-Boissière, inscrite comme simple chemin sur le plan de Boussel (1731),

'%it tracée vers 1780; elle commençait alors au chemin de Longchamp et

«Iboutissait à la campagne. Sa moindre largeur fut fixée à 7 mètres, le 17 août

1818, pour la partie comprise entre les rues de Longchamp et de Lubeck ;

elle fut portée à 12 mètres, pour toute l'étendue de la rue de la Croix-

Boissière, le 17 août i8i(). Le décret du 17 septembre 18(>i déclara d'utilité

publique l'élargissement à Ki mètres de la rue de la Ooix Boissière et le

redressement de cette voie entre la rue de Luheck et le carrefour formé

par la renc(mtrc de l'avenue de l'Empereur (aujourd'hui du Trocadéro) avec

1 avenue d'Iéna ; ce décret, qui a été immédiatement exécuté, comportait la

suppression delà partie de la rue de la Croix Boissière comprise entre les

rues de Lubeck et de Longchamp.

Deuxième partie (rue Boissière extra muros). — Par délibération du limars 1823, le conseil municipal de Passy demanda que le chemin de la Boissière, ayant une largeur de 0 mètres et bordé de (luehjues constructions, entre le boulevard extérieur de Longchamp (2) (avenue Kléber) et la rue du Bel Air (rue Lauriston), fût prolongé jus(|u'au grand rond point de la plaine (place Victor-Hugo), avec moindre largeur de 10 mètres. Ce projet fut réalisé promp-

(i) Voir la biof^rapliio de Marie BashkirtsefT, par Mme la comtesse de Moiizay, pp. 223 à '225 du III« volume du Bulletin.

(2) Avant Tannexion, le mur d'enceinte de Paris éUiit, du côté de Passy, bordé extérieurement par le boulevard de Longchamp entre le rond-point (place du Trocadéro) et la rue de Longchamp, ensuite par le boulevard de Passy. «pii s'étendait de la rue de Longchamp h la place de l'Etoile. Le boulevard de Longchamp est remplacé par l'avenue Kléber ; le boulevard de Passy a été supprimé pour la formation d'une partie de celte avenue et des rues La Pérouse et Dumont-d'Urville.

temeat^ et la nouvelle rue prit le nom de rue Boissiëre, diminutif de celui de la voie (rue de la Croix -Boissière), qui était située à rintérieur du mur d'enceinte de Paris et dont elle formait le prolongement sur le territoire de Passy.

Lors de Touverture de l'avenue du Roi-de-Rome (aujourd'hui Kléber), le raccordement de la rue Boissière avec cette avenue a été opéré au moyen d'une pente de 0 centimètres par mètre, sans donner lieu à aucune indemnité en faveur des riverains, parce qu'alors aucune construction n'existait encore sur la partie de la rue Boissière abaissée en vue de ce raccordement

En i8î)7, le pavage en pierre de la rue Boissière a été converti en pavage en bois, ('elte rue est desservie par une station du chemin de fer métropo litain (i) établie, en i8î>9, sous Tavenue Kléber.

V avenue de Boulainrilliers, qui existait au xviir siècle, est mentionnée ci-après dans l'histoire de la rue de Boulainvilliers.

Le territoire du XVI'' arrondissement est limité par deux lignes droites qui se croisent au centre de Tare de triomphe de TÉtoile, savoir : l'axe de l'avenue Marceau et celui de la grande route n* 13 de Paris à Cherbourg (avenue de la Grande-Armée) ; il comprend ainsi plus du tiers de la superficie de la place de rÉ toile.

Cette magnifique place, dont le sol est plus élevé que tous les terrains environnants, a été d'abord un simple rond-point, où divers chemins venaient aboutir à la grande route de la haute Normandie. Au commencement du second Empire, elle se trouvait encore en dehors de l'enceinte de Paris, sur les territoires de Passy et de Neuilly.

L'avenue des Champs-Elysées, plantée eu IGTO, s'arrêtait alors à la grande rue de Chaillot (-2). En i72î), la place de l'Étoile, nommée autrefois « l'Étoile de Chaillot », formait un octogone inscrit dans un cercle de 50 toises de rayon. Le public parisien et les étrangers avaient déjà adopté la promenade des Champs-Elysées. En 17(3i, le marquis de Marignyui) et de Ménars, frère de la marquise de Pompadour, surintendant des beaux arts et des bâtiments du roi, prolongea Tavenue des Champs-Elysées jusqu'à la porte Maillot à travers la butte de l'Étoile, qui fut aplanie. En 1774, Louis XM fil abaisser de 16 pieds la butte de TÉtoile, et élargir l'avenue droite allant du jardin des Tuileries au pont (jue l'ingénieur des ponts et chaussées Perronnet venait de construire à Neuilly ; les terres provenant de l'abaissement de la butte de l'Étoile servirent à surélever la partie des Champs-Elysées où se trouvait la grille de Chaillot et à régulariser la pente ; ces travaux furent dirigés par Perronnet : en outre, il continua l'avenue jusqu'à Courbevoie, ce qui compléta l'entrée triomphale de Paris : la place de l'Étoile, vers laquelle convei^eaient alors quatre avenues, fut agrandie : on en changea la forme octogonale : elle devint circulaire avec un diamètre de 120 toises (arrêt du Conseil du Roi du il août 1777 et on l'entoura d'amphithéâtres gazonnés, formant le promenoir de Chaillot. qui a été concédé à la ville de Paris par les lois du 19 juillet 1852 et du 22 juin 1854.

'1 Voirci-aprt»s l*»s in<iiratinns ilorinre^ ;ui y^ujet du chemin de fer métropoliUiin de Paris, •à) La barrière de l'Éloile élail un rerulenient de la barrière des Champs-Elysées, qui

limitait autrefois F'aris à la hauteur des rues de Chaillot et de Berri.

(3' Louis XV avait éritri^ la terre «le Maricny en manjuisat pour le frère de Mme de

Pompadour et lui avait donné l.i direction générale des jardins du roi.

ARC DE TRIOMPHE DE l'ÉTOILE j5

Varc de triomphe de l Étoile a été projeté par les architectes Chalgrin et Raymond, membres de l'Institut; Raymond ayant donné sa démission, Chalgrin resta seul chargé de Texécution de ce monument, élevé à la gloire des armées françaises ; les travaux en furent commencés en mai 1806, et la première pierre fut posée solennellement le i5 août de la même année.

Quand Napoléon I" et Marie-Louise se rendirent de Saint-Cloud aux Tuileries (1), pour la célébration de leur mariage, Tare de triomphe ne s'élevait encore qu*à la hauteur de la corniche du piédestal ; mais Chalgrin avait fait exécuter, au moyen d'une charpente recouverte de toiles, le simulacre de Tensemble de Tédifice sous lequel le cortège impérial passa, le 1*"" avril 1810.

Un journal du 26 mars disait : « Dès ce jour, il n'y a pas une fenêtre, depuis la porte Maillot jusqu'à la place de la Concorde, qui ne soit retenue ou louée cinq ou six louis au moins, pour assister i\ l'entrée dans Paris de l'empereur et de l'impératrice Marie-Louise. La plus petite chambre chez les restaurateurs ayant vue sur la route que doit suivre le cortège ne s'obtient pas à moins de 5 ou 600 francs. » — Les choses n'ont pas changé.

Chalgrin étant mort en 1823, les travaux furent continués par son élève Goust et par Huyot; ils furent achevés, de 1832 à 1836, par l'architecte Blouet, membre de l'Institut, qui était né ù Passy en 1795 et mourut en 1853. — (V. aux Annexe$i, p. iOi.)

Le 29 juillet 1836, on inaugura solennellement l'arc de triomphe et on a compté que le r*^ août de la môme année, 58. (KK) personnes étaient venues contempler ce monument, dont la construction a coûté 9.65L115 francs. Sa hauteur est de 19'", 48, sa largeur de U'",82 et son épaisseur de 22'",21 ; le grand arc a li™,62 de largeur. Ce monument appartient à trois arrondissements : le V1II% le XVI' et le \\\V

Le diamètre de la place de l'Étoile est de 2i0'",86; cette place a été le théâtre de toutes les grandes solennités nationales. Jai assisté, le 15 décembre 1840, au retour des cendres de l'empereur; l'afiluence était énorme, bien que le froid fût très rigoureux.

Le 3i mai 1885, le cercueil de Victor Ilugo, qui était mort le 22 mai, fut exposé sous l'arc d« triomphe de TEtoile. In gigantesque cénotaphe, qui se dressait sous la voûte de cet arcet avait 22 mètres, était du plus grandiose effet; un immense voile de crêpe partait du sommet du monument. Pendant toute la journée, une foule immense défila devant le cénotaphe. La nuit, une double haie de cuirassiers portait des torches dont la lueur se mêlait à celle de 36 lampadaires à flammes vertes. La cérémonie des obsèques, qui eut lieu le i*** juin (2), attira un tel concours d'admirateurs du grand poète que Floquet s*écria : « Ce ne sont pas des funérailles, c'est une apothéose. »

A la cérémonie du centenaire de Victor Hugo, qui a été célébré au Panthéon, dans la matinée du 26 février 1902, avec une grande pompe officielle, M. Ciabriel Hanotaux, directeur de l'Académie Française, a terminé son discours par les paroles suivantes :

« Il mourut. Un frisson, une rumeur immense coururent de proche en

(Ti Voir aux annexes (p. "X.*^) l'arliclo de M. Li^opciM Mar, intitulé : i. Nos Antiennes narri^res »».

'1 Victor Hugo avait voulu le rorhillard des pauvres: mais le Parlement vola en son honneur des funéraille»^ nationales.

J^ HISTOIIIE DU XVr ARRONDISSEMENT

rvrODfilie d'un tumulte où le deuil de la mort se confondait avec la joie de I Iflimortalité, alors lui, tumultueux encore et déjà légendaire, il traversa l'aris à la tête du cortège prodigieux qui rejoignait la colline de Napoléon à la colline de Clovis et il fit rouvrir devant lui les portes du Panthéon, pour y ramener la gloire. »

La place de l'Étoile n'était encore bordée, en 1854, que de chétives constructions, principalement occupées, comme sur les autres boulevards extérieurs, en dehors des barrières, par des débits de vins. La transformation de c«Ue place est due au décret du 13 août 1854, qui en a fixé la belle ordonnance et les alignements, avec constructions symétriques, grilles en fer et fonte, suivant un type obligatoire, séparées des constructions par des jardins d'agrément. Ces grilles reposent sur un socle bas en pierres de taille et les bâtiments ne peuvent être élevés qu'à 16 mètres en arrière. Les splendides hôtels qui bordent ainsi la place ont été construits en 1808 et 1869; ils ne peuvent avoir d'entrée que sur les avenues rayonnant vers la place et sur la rue circulaire, nommée rue de Tilsit d'un côté de la place, et rue de Presbourg de l'autre (1).

Kn avril iîMK), la place de l'Étoile a été munie de candélabres électriques.

Le chemin de fer* métropolitain de Paris dessert souterrainement la plac« de l'Étoile : cinq branches, dont quatre en exploitation et une actuellement ouverte juscju à la place d'Anvers (IX*^^ arrondissement), ont cette station pour point de» départ.

L'insuflisance des moyens de transport dans Paris commandait l'exécution de ce métropolitain ; les omnibus et tramways circulant à Heur de sol et (on:ément limités par cela môme dans leur capacité de transport et dans, leur vitesse, parce qu'ils ont à croiser dans les rues beaucoup d'autres véhicules, ne permettent ni d'elïectuer des trajets un peu longs avec la rapidité désirable, ni de transporter à la fois de très grandes masses de voyageurs.

Il est donc logifjue de recourir pour les longs trajets et pour les directions Importantes à un moyen de locomotion plus puissant, c'est-à-dire à un chemin de fer métropolitain, établi sur des lignes entièrement isolées de la voie publi(|ue et se prêtant à la réalisation, entre deux stations consécutives, d'une grande vitesse. Les progrès récents de l'industrie électrique appliquée aux transf)orts fournissent la solution la plus satisfaisante de ce problème. La transmission de l'énergie électrique à distance autorise, en effet, la substitution aux pesantes locomotives d'un matériel beaucoup moins lourd, capable de rirculer sur des courbes de très petits rayons, tels que ceux qu'on est obligé d'admettre sur le métropolitain d'une capitale. Kn outre, ce système he ()rète bien à l'organisation de trains extrêmement fréquents.

L**s lignes du métropolitain de Paris exploitées entièrement en 1901 sont i'm\W^ dn la |)orte de Viucennes à la porte iMaillot, de l'Étoile au Trocadéro t'\ \ï l;i (M>rt(; Dauphine. Cette section du métropolitain, qui n'est que la huili' iiH' |iarli<* du réseau actuellement concédé, représente une longueur d'environ li kilomètres. Elle est totalement souterraine, mais éclairée à la \mHïint éliM'.lricpie ; elle ne présente donc pas, pour les voyageurs, les mêmes

'j, V'/ii mit .itirMVxos ^p. ',«>0; dos extraits dos mémoiros du baron Haussmann, coniinuiij'l'i» • ji.ii M. limilc Potin ; voir, égalciiient, aux aniiexos p. '|i3), la loi du 22 juin i8r>4 cl i' dr. j.i i\ii j:j ;ioûl do la niôuic année, concernant la place de rKtoile et TaviMnic i * |j«/i - d<- ISoiilo^ne.

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