‹ Histoire du XVIe arrondissement de ParisChapitre 29 sur 128 · AVENUE MARCEAU · texte numérisé non relu

AVENUE MARCEAU

1861 ; ses eaux concourent à ralimentation des rivières et lacs du bois de Boulogne.

Le côté impair de Vavemie Marceau, nommée précédemment « avenue Joséphine », appartient au XV!*' et le côté pair au \ III*' arrondissement. Le territoire de Tancienne commune de Passy comprenait le côté pair au delà de la rue de Presbourg, jusqu'à la place de l'Étoile. Le percement de cette avenue, autorisé par le décret du 13 août 1854 pour la section comprise entre la place de l'Étoile et la rue de Presbourg, et par le décret du 6 mars 1858, pour la partie comprise entre la rue de Presbourg et la place de TAlma, fut immédiatement commencé, mais n'était pas encore terminé en 1864 (1).

Le décret du 27 janvier 1864 approuva le traité conclu entre la Ville de Paris et la Société Thome et C^®, par lequel cette Société s'engageait à exécuter : 1** l'ouverture de l'avenue n*" 1 (Aima) ; T l'achèvement de l'avenue Joséphine (Marceau) entre la rue de Chaillot et le carrefour de l'avenue de l'Empereur (Trocadéro); 3*» l'amorce de cette dernière avenue, depuis son point de départ au quai Debilly jusqu'au pan coupé sur le passage de la pompe à feu.

Sur remplacement de l'Institution Sainte Périne-de-Chaillol, qui a été transférée à Auteuil (2), on a percé, en 1865, une partie de l'avenue Joséphine (Marceau) et de la rue Bassano, ainsi que les rues Christophe Colomb, Euler et Magellan. En outre, l'expropriation des terrains occupés par cette Institution a permis d'élargir la rue de Chaillot.

La construction de l'avenue Marceau a supprimé : 1** une partie de la rue IHzet;^'' l'impasse des Blanchisseuses; 3" une partie de la ruelle Sainte- Geneviève (rue Keppler) ; i'* une partie de la rue Newton (3).

Le nom d'avenue Joséphine avait été donné à celte voie, par décret du 4 mars 1867, en l'honneur de l'impératrice Joséphine. Sa dénomination actuelle lui a été attribuée, par décret du 16 août 1879, en Ihonneur de Fran çois-Séverin des Graviers Marceau (1769-1796), fils d'un procureur au bailliage de Chartres. Élu, en 1791, commandant du second bataillon des volontaires d'Eure et Loir, il était général à vingt-quatre ans, commanda l'aile droite de l'aimée française à Fleurus, reçut en 1796 le commandementde la premièredivision de TarméedeSambre-et-Meuseet fut tué, à Altejikirchen, à vingt-six ans et demi. La ville de Chartres lui a élevé, en 1851, une statue en bronze, qui est de Préault ; le musée de cette ville possède le beau tableau de Bouchot : Les Funérailles de Marceau.

La rue des Batailles, qui est remplacée par l'avenue diéna, existait depuis fort longtemps à Chaillot; Henri IV et Gabrielle d*Estrées y demeurèrent en 1593, avant l'entrée du roi à Paris. William Pitt, premier comte de Chatam, et Mme d'Épinay y ont logé. Le comte Treilhard, ministre sous le premier Empire, y a séjourné sous le Directoire ; le comte Regnaud de Saint-Jean-

fi} Le nivellement de l'avenue Marceau a été fixé par arrêté du vi décembre i86o pour la partie comprise entre la place de l'Etoile et la rue de Chaillot, par arrêté du 29 juin i8(j5 pour la partie comprise entre la rue de Chaillot et la place de l'Âlma.

,•2} Voir page 216 les indications données sur Tinslitution de Sainte l*érine.

{31 1.a longueur sous-minéede l'avenue Marceau, entre la rue Pierre-Charron et la rue de Chaillot, est de 65 mètres ; devant le n** 33, la distance du sol au ciel de la carrière est de isiB^GG; la hauteur de la galerie d'exploitation est de i™,8o. La consolidation a été opérée au moyen de piliers maçonnés et de remblais bourrés.

MUSÉE GUIMET l/||

L'hôtel du ministre de la République de TÉquateur est au 0*^44 de Tavenue diéna.

La place d'Iéna, qui a 70 mètres de largeur, comprend deux grandes faces rectîlignes ; elle a été formée en même temps que Tavenue d'Iéna et en vertu du même décret du 6 mars 1858; elle est restée longtemps sans déoominatien ; son nom lui a été donné par un décret du 10 décembre 1878. Le 3 juillet 1900 a eu lieu, sur la place d'Iéna, la cérémonied'iuaugurationde la statue en bronze de Washington (1), offerte à la France par un comité de dames des États-Unis ; elle est Tœuvre de deux artistes américains : David French et Edward Potter. Des candélabres ont été installés sur cette place en février 1900. Michel Perret (1813-19(M)) occupait l'hôtel n" 7 de la place d'Iéna (2). L'hôtel du ministre du royaume de Perse se trouve au n'* 1 de cette place.

Le musée Gui/net, qui constitue un établissement unique en Europe au point de vue de l'histoire comparée des religions, particulièrement de celles de l'Asie, occupe un espace compris entre la rue Boissière, l'avenue et la place d'Iéna. A la suite de ses voyages et missions scientifiques, M. Guimet a rassemblé à grands frais, dans ce musée, qui a d'abord été établi à Lyon, beaucoup d'antiquités et de curiosités hindoues, thibétaines, chinoises, japonaises, égyptiennes, alexandrines, grecques, romaines, gauloises, etc., d'objets de céramique japonaise et 13.0(K) volumes, tant imprimés que manuscrits. (>et établissement était connu, à Lyon, sous le nom de Musée Guimet dès 1879.

C'est en 1882 que M. Guimet prit la résolution de transférer son musée à Paris. Ce projet a été réalisé grâce à sa tenace persévérance, à ses libéralités, à son désintéressement, ainsi qu'au zèle et au dévouement infatigable de M. Xavier Charmes, alors directeur du secrétariat au ministère de l'Instruction publique. La première idée de M. Guimet avait été d'offrir son musée à la Ville de Paris ; mais ses amis et M. Xavier Charmes lui représentèrent que, par son but même, ce musée devait plutôt relever du ministère de l'Instruction publique, d'autant plus que c'était ce ministère qui avait confié à M. (fuimet les missions scientifiques au cours desquelles il avait commencé à réunir, en Asie, les images de divinités, les livres et manuscrits religieux, les objets sacrés de l'Inde védique, de l'Inde brahmanique, du bouddhisme chinois et japonais, en ayant soin de s'en faire expliquer le sens par des indigènes.

Le 9 janvier 1883, M. Guimet offrit de céder à l'Etal, sous certaines conditions, toutes ses collections, vitrines, etc. M. René (ioblet, ministre de l'Instruction publique déposa, le 1*"' juillet 1885, sur le bureau de la Chambre des députés, un projet de loi approuvant une convention aux termes de laquelle >L Guimet s'engageait à céder à l'État toutes ses collections et à faire construire à ses frais et risques, sur un terrain à céder par la Ville, un palais dont la dépense était évaluée à 1.590.(KK) francs, moyennant le paiement en trois annuités d'une subvention de 780.(H>0 francs, sous la condition qu'un crédit

:'i) Sur le piédestal de cette statue éciiioslre est t^ravée l'inscription suivante : « Offert par les femmes des Eliils-Unis en souvenir de l'amilié et de l'aide fraternelle prêtées par la France lors des guerres de l'Indépendance. »

^!i) Voir à la p. 207 du III« volume un article nécrologique sur Michel Perret.

l42 HISTOIRE DU XVI** ARRONDISSEMENT

annuel de 45.000 francs serait ouvert par TÉtat pour rentrelien du musée, que M. Guimet en serait le directeur à vie et, qu'après lui, le directeur serait choisi par le ministre de l'Instruction publique, sur une proposition des corps savants ressortissant à son ministère. Hes dispositions furent approuvées par une loi du 8 août 1885.

M. Guimet avait exprimé le désir que l'emplacement du palais fût choisi de manière à avoir les dégagements nécessaires sur une grande voie et à se trouver à proximité des musées modernes (Trocadéro, musée Galliéra, grandes collections des ponts et chaussées). On pouvait satisfaire à ces conditions en achetant un terrain d'environ i.OOO mètres carrés, à l'angle de l'avenue d'Iéna et de la rue Boissière ; mais les ventes faites auprès de cet emplacement en i88i et 1885 faisaient ressortir un prix, par mètre carré, de iOO francs, impliquant une dépense de l.fiOO.OOO francs, que la Ville trouvait trop élevée. Cette difficulté fut aplanie à la suite de négociations avec les propriétaires, MM. Grienenger et d'Erlanger, qui oflrirent de céder le terrain pour 1 million ; ce prix fut accepté, le 15 décembre 1885, par le conseil municipal de Paris.

Le palais a été construit sous la direction de M. l'architecte Terrier, et les collections y ont été installées en 1888; M. (juimet est encore actuellement le directeur du musée, (|ui a pour conservateur M. de Milloué et pour conservateur adjoint M. Deshayes. Les Annales et la Bévue de rhistoire des religions donnent un exposé très complet de toutes les religions orientales.

Lors de la construction du mur d'enceinte de Paris, sous Louis XVI, ce mur fut bordé à Textérieur par de larges boulevards qu'on appelait « boulevards extérieurs ». La commune de Passy payait des participations pour l'entretien des boulevards extérieurs de Passy et de Longchamp, qui était fait par les soios de la Ville de Paris : ces deux boulevards ont été supprimés par suite de la construction de l'avenue Kléber.

L'utilisation de ces boulevards extérieurs était tout indiquée dans le programme des travaux (rembellissement de l'ouest du nouveau Paris. En enet,en prolongeant la ligne qui passait par la barrière Sainte-Marie (place du Trocadéro) et par la barrière du Roule, on obtient l'alignement droit qui forme l'axe des deux avenues actuelles Kléber et Wagram, s'étend sur plus de 2.8(X) mètres de longueur et croise perpendiculairement, sous l'arc de triomphe de l'Etoile, l'axe des magistrales avenues des Champs-Elysées et de la (irande Année.

L'ouverture de la partie de \ avenue Kléber comprise entre la place de l'Etoile et la rue Paucjuet a été autorisée par le décret du 13 août 185i, quia réglé tout ce qui concerne cette place et ses abords. Le surplus de l'avenue occupe l'emplacement de l'ancien boulevard extérieur de Passy^ entre la rue Pauquet et la rue de Longchamp et celui de l'ancien boulevard extérieur dt Longchamp, entre la rue de Longchamp et la place du Trocadéro. L'ancien boulevard extérieur de Passg, qui s'étendait de la barrière de Neuilly (place de l'Étoile) à la barrière do Longchamp, n'était pas en ligne droite dans toute son étendue : à 4(M) mètres environ de distance de l'Étoile, il s'infléchissait suivant une courbe qui rarcordait les deux alignements du boulevard. C.ette courbe ne pouvait pas être maintenue dans le plan d'embellissement des abords de la place de l'Étoile ; on forma donc l'avenue Kléber en rectifiant

AVENUK KLÉUKH 1^3

^ancien boulevard de Passy, suivant le tracé approuvé par le décret du 6 mars 1858. Elle fut complètement terminée en 1805; le décret du 2 mars 1804 la dénomma « avenue du Roi- de-Rome », parce qu'elle va de la place de rÉtoile à la place du Trocadéro et que c'est sur cette dernière place que le palais du roi de Rome avait été projeté sous le premier Empire. La dépense totale pour la construction de cette avenue s'est élevée à 10.1)35.2:2:2 francs, et la revente de terrains et de matériaux a produit 1.318.732 francs ; la dépense nette a donc été de 9.010.490 francs.

Dans son parcours, cette avenue a supprimé : l" la rue Guerlain; '2*' une partie du chemin de ronde de Longchamp, entre la rue de Longchamp et la place du Trocadéro ; 3** une partie du chemin de ronde de l'Étoile, entre les rues de Longchamp et du Belloy. Sur la partie supprimée du boulevard extérieur, on a construit la rue de Lapërouse et une partie de la rue Dumont- <rUrville.

Le décret du 10 août 1879 a donné à cette voie le nom d'avenue Kléber (1), en l'honneur de Jean-Baptiste Kléber (1754 1800) qui, après avoir servi huit ans dans Tarmée autrichienne comme officier, fut élu, en 1790, chef d'un bataillon de volontaires de l'Alsace, sa patrie; il se distingua au siège de Mayence, servit ensuite un an en Vendée, acquitta réputation d'un général habile à Tarmée de Sambre-et-Meuse, dans les campagnes de 1794 à 1790, fut mis ensuite en demi-solde et habita Chaiiiot en 1790 et 1797. Le général Bonaparte lui confia le commandement de l'armée d'Egypte, quand il revint en France. Il fut poignardé par un fanatique, wSuleyman-ei-lIalebi, jeune homme de vingt-quatre ans, et inhumé, avec toute la pompe militaire, dans un des bastions d'Ibrahim-Bey. La ville de Strasbourg a élevé à Kléber une statue de bronze en 18i0.

La reine d'Espagne Ysabelle II, grand'mère du roi Alphonse Xlll, habite depuis 1808, quand elle est à Paris, l'hôtel monumental qui avait appartenu d^abord au comte Basilewski et qui est actuellement nommé le palais de Castille ; il est situé au n" 19 de l'avenue Kléber, à l'angle de la rue Pauquet. La reine Ysabelle a fait apposer, sur les deux principales grilles d'entrée, un Y sur fond d'azur, dans un écussou accolé à celui des armes de France, le tout dans un petit cartouche timbré d'une couronne royale.

L^ambassade des États-Unis d'Amérique se trouve au n*' 18, la légation du Guatemala aux n"* .55 et 57, celle de la République Argentine au n° 87, et celle de la principauté rie Bulgarie au n** 94 de l'avenue Kléber. Le n" 92 de cette avenue est occupé par un hôtel de style Renaissance, avec tourelle à deux étages, en saillie sur la rue Saint Didier, n*' 2, où se trouve l'entrée.

Cette avenue est desservie par quatre stations du métropolitain (Étoile, avenue Kléber, rue Boissière et place du Trocadéro). Les becs à incandescence installés sur la partie de l'avenue Kléber comprise entre la rue Galilée et la place du Trocadéro, ne datent que de 19(K). Sur le trottoir, à la hauteur du n** 79, se trouve un kiosque en fer pour la descente dans les carrières de Passy;

■i. Len travaux de l'avenue Kléber ont Hé exécutés, sous la «lireclion d'AIphand, par M. Darcel, ingénieur des ponts et. elianssées, avec le concours de M. le conducteur Selheimer.

I^ voie sous-minéc a été consolidée sur 3o'| métrés de longueur entre la place du Trocadéro et la rue Saint-Didier. La distance du sol au ciel de la Ctirrière est de ir>™,204 cl In hauteur de la galerie d'exploitation de i"',7.\ au puits de servi<-e [dacé au n" 106.

on y accède par un escalier de quatre vingt-quatre marches, construit enlTK dans les dépendances de l'ancienne barrière de Longchamp.

Les deux faisceaux d'avenues, rayonnant les unes de la place de rÉtoik et les autres de la place du Trocadéro, ont coupé les quartiers de Chaillotet de Passy de manière à modifier notablement le relief assez tourmenté de ces deux quartiers. Pour les nouvelles avenues qui pouvaient être tracées en ligne droite et sans franchir des crêtes trop élevées (comme les avenues Kléber. Victor-Hugo, Henri-Martin), on a suivi le principe du point visuel, ah d'avoir de longues perspectives; c'est ainsi qu'on est arrivé à faire voir l'arc (le l'Ktoile de l'avenue Henri-Martin. Mais le percement de ]*avenue Kléber et de l'avenue Henri-Martin et l'abaissement de Tavenue Victor-Hugo isolaient, comme par des fossés, tout l'Ilot qui se trouve compris entre ces tnw avenues et qui est plus élevé que les grandes voies qui l'environnent. Pour remédiera cet inconvénient, M. lingénieur Darcel a étudié, dès 1801, pour le raccordement des rues avec les nouvelles avenues, un projet de nivellement général, qu'il importait d'exécuter promptement : car plus on aurait retardé Texécution de ce travail et plus il serait devenu onéreux, en raison des constructions nouvelles à acquérir et par suite de l'élévation progressive du prix des terrains. On a admis une pente rapide (7 centimètres par mètre) pour la rue Lnurislon, en vue d'en assurer la communication avec la me circulaire et la place de i'I^Itoile. 11 a fallu également admettre des pentes fortes pour raccorder la rue des Sablons et la rue Coriamberi avec Tavenoe Henri-Martin. L'ouverture de l'avenue du Roi de-Rome (KJéber) avait exigé un déblai de l'",70 au débouché de la rue du Télégraphe (6'ai/i/-Z)irf/fr;i, et cette différence de niveau avait été rachetée provisoirement par un escalieT qui supprinidit l'accrs des voitures; en 1803, le raccordement fut établi ao moyen d'une pente de 4 centimètres et demi par mètre, sur environ 65 mètres de longueur, les constructions préexistantes s'opposant à rétablissement d'une pente uniforme, qui n'aurait été que de "1 centimètres par mètre. Comme la profondeur des déblais dépassait î) mètres k Tintersection de la rue de Villejusi avec l'avenue Kléber, il a fallu admettre une pente de 7 centimètres et demi par mètre pour le raccordement de cette rue.

La rue Mujnnrd [{) formait autrefois l'extrémité de la rue Spontini ; cette extrémité, voisine de la rue de la Tour, avait été ouverte en 1858, avec une largeur de 10 mètres, par la Ville de Paris; elle avait d'abord porté le nom de <i rue Neuve-du-Puits-Artésien »>. L'arrêté du 0 mai 1881 a donné le nom de rue Mignard à la partie comprise entre l'avenue du Trocadéro et la rue de la Tour. La rue de Siam ayant été ouverte en 1884, le décret du 25 février 1886 a complété la rue Mignard, en classant la partie comprise entre la rue de la Tour et la rue de Siam.

Pierre Mignard (101:2-1005), auteur des fresques de la coupole du Val-de- (Irâce, a peint des tableaux d'histoire et plus de cent trente portraits, entre autres ceux de Mlle de la Valiière, de Mme de Montespan, de Mme de Sevigne, de La Rruyère, de Mme de Maintenon. Ses tableaux étaient si soignés qu'on a depuis nommé mignardise le défaut des ouvrages dans lesquels le

1 \j\ vuo. Mi^niai'd renferme, dovant lo n» 0, une anrionne carrièpe; la dislance du sol au ciol de celle ranière esl de 4 nièlres. el la hauteur de la galerie d'exploitation esl àt u™,t>o: la voie sous-min<^e a élé ronsolidée sur une longueur de 3o mètres.

RUE LAPÉROUSE l45

soin 6st poussé à Texcès et qui paraissent peu naturels. Après avoir fait neuf fois le portrait de Louis XIV, il avait Thonneur de le voir encore poser devant lui, pour une dixième toile. Louis XIV lui dit : « Mignard, vous me trouvez vieilli. » — « Sire, répondit lartiste, je vois quelques lauriers de plus sur le front de Votre Majesté », et, le jour même, il était nommé directeur de l'Académie de peinture.

C'est rue Mignard, n** il, à l'angle de la rue de la Tour, qu'habitait le poète Eugène Manuel, inspecteur général de l'Université. Pour honorer sa mémoire^ la Société historique d'Auteuil et de Passy, dont il avait été le président pendant huit ans, a fait apposer sur sa maison une plaque qui a été inaugurée le dimanche 27 octobre lîM)i. De nombreux et beaux discours ont été prononcés, par ses amis et ses admirateurs, le i juin lîH)i, jour de ses obsèques, et le 27 octobre 1901, jour où la plaque commémoralive a été posée sur sa maisoui sous la présidence de M. l'inspecteur général Adrien Dupuy, délégué par le ministre de Tlnstruclion publique et des H^aux-Arts, pour présider cette cérémonie. On pourra lire ces discours aux pages i2 à 52 du IV' volume du Bitllelin, avec le compte rendu des obsèques de M. Eugène Manuel, à qui sont dus le développement et la prospérité de la Société historique d'Auteuil et de Passy. Elle a demandé que son nom soit donné c^ une des rues du XVI* arrondissement (1).

Vimpasse de Malakoff, qui a son entrée au n° IGl de l'avenue Malakof!, a une largeur de ri mèlres. Elle a été créée, en ISriS, par la Compagnie du chemin de fer sur des terrains ayant appartenu à M. Cassard. Elle a reçu sa dénomination en 18(ii.

La rue Dumonl-iVUrville a été ouverte en ISfiO sur l'emplacement de deux anciennes voies, créées à l'époque de rétablissement du mur d'enceinte de Paris sous Louis XVI (chemin de ronde de l'Étoile et une partie du boulevard de Passy). La largeur légale, qui avait été fixée i\ il'", 09 par arrêté du 17 août I8i8, a été portée à 12 mètres lors de l'ouverture de l'avenue Kléber, l'alignement étant maintenu du cùté des numéros pairs. Le décret du 2 mars 1804 a donné à cette rue sa dénomination actuelle, en l'honneur du célèbre navigateur Jules-SébastienCésar Dumont-d Trville (179()-i842), qui a publié ses voyages autour du monde et ses études sur la Polynésie ; il a découvert plusieurs terres dans l'océan glacial antarctique; il fut chargé en 183() de conduire Charles X en Angleterre, fut nommé contre-amiral en 18ii et périt dans la catastrophe du 8 mai !8i2 (chemin de fer de Versailles, rive gauche). Le général Boulanger, qui fut ministre de la Guerre, a habité le n° Il his de la rue Dumont-d'Urville en 1888-1889.

Rue Dumont-d'Urville n" 1 et rue de Belloy n** 2 on voit un hôtel du style Renaissance, qui a été construit en 1883 ; au second étage et faisant face à la place des États-Unis, s'avance une tourelle en encorbellement. A l'encoignure de la rue Dumont-d'Urville et de l'avenue d'Iéna se trouve un hôtel qui a été construit en 1867 et où demeurait le maréchal Razaine lorsqu'il fut arrêté.

La rue Lapérouse a été ouverte en 18()(), avec 12 mètres de largeur, par la Ville de Paris, sur l'emplacement d'une partie de l'ancien boulevard de Passy; elle n'existait antérieurement que du cùté des numéros impairs, dont les

r Voir aux annexes (p. ,Vj9; le discours par M. Dupuy île vj octobre i<»oi). On trouvera également aux annexes (p. 4^»; celui que j'ai prononce^ aux obsèques (lu reprelK^ M. Manuel.

lo

l46 HISTOIRE DU XVr ARRONDISSEMENT

alignements ont été fixés par une ordonnance du bureau des finances du 11) janvier ITKO. Sa dénomination lui a été donnée par le décret duimarslMU. en riionneur de Jean-François de Galaup de Lapérouse (1741-1788), enseigne en 17(ii, lieutenant de vaisseau en 177r>, capitaine de vaisseau en 1780; il s'illustra en Amérique dans la guerre contre les Anglais, sous les ordres de l'amiral d Kstaing; il partit de Hrest en 17K5, avec la Boussole et FAdrolait, pour un voyage de circumnavigation, découvrit au Kamtsciiatka le détroit (fui porte son nom et arriva ù Botauy-Bay en 1788; on n'eut plus ensuitede ses nouvelles. En 1827, le capitaine anglais Dillon découvrit les débris de son navire et. Tannée suivante, Dumont-d'Urville trouva des indices cerlliBS de son dernier séjour à l'Ile de Vanikoro lOcéanie), où il avait perdu lavh, et y lit élever un monument funéraire. Kmile de Girardin, publiciste, a habité le n"* 27 de la rue Lapérouse de 1877 à 1881, date de sa mort.

La rue Jlerraru qui longe le lycée Jansoii-de-Sailly et a li mètres de largeur, est une voie privée, ouverte en 18Gi par M. Herran, qui a été suceessiveineut en Espagne, en Angleterre et en France, ministre des républiques américaines de Honduras, Salvador et r.osta-Rica.

La rue du (iéncrul-Aft/teri est une voie privée ; elle lut ouverte en 1H64, aver une largeur (h) 12 mètres, sur des terrains appartenant à M. Tingénieur Philipps, (|ui, à l'épocfue où elle était encore à Tétat d'impasse, la nomma " rue Apfierl », parce (|ue la première maison y fut construite par le général Apperl(18l7-I8ÎM '. Ogénéral servit longlemi»s en Afrique, fut nom tué général (le brigade le 1 \ juillet 1870, commanda la ])lace de Versailles en 1871 et une division d'infanterie, à Orléans, en 187o. Il fut ensuite envoyé à Saint-Pétersbourg, où il était très apprécié par le tsar, ce qui lui permit de rendre de grands services à la France. (Vest sur la demande des habitants que la dénomination <le <• rue Appert •) a été remplacée, le 10 avril 1893, parcelle de»- rue (lu (lénéral-Appert »•. Le prolongement de cette rue a été ouvert d'août i8î)T à avril 1808, entre les rues de la Faisanderie et Spontini : tous les frais de c«»tt(î ouverture viabilité couiplèli» et éclainige) ont été payés par M. (le Hotbschild.

La Ville de Pai is décida de ne pas aliéner les j)elouses du lianelagh et de les aménager p(»ur en faire une promenade publique. Par délibération du () décembre IH.'iT, le conseil municipal de Passy accorda à la Ville de Paris une subvention de I.O(M) francs, pour établissenient de bancs sur ces pelouses. Elles s(»nl actuellement <lesservies par les (tre/uws Jm/res, Prudhon, du /Uinelufj/i et Jiftjdi(ii'lyi\{)i\[ les riverains sont astreints, dans l'intérêt de Fembellissèment du (luaiiier, à (rerlaines seivitudrs d . en vertu du cahier des charges régissant la vente aux enchères <lu i décembre 18ri8. C.ette adjudication comprenait ii.Triii mètres carrés, qui ont été vendus pour 1.351.()<NI francs. A Pépocjue où elle a eu lieu, la situation des pelouses du Ranelagh laissait encore beaucoup à désirer ; elles étaient envahies par des haies et des broussailles ; des chemins de piétons y étaient tracés dans tous les sens. Les ingénieurs de la Vilh» dressèrent, en 18:)0, un projet montant à 15o.(HM) francs pour jiiveler le sol, h» semer à nouveau, y tracer les chemins longeant le parc de la Muette et h* chemin de fer d'Auteuil, terminer les nouvelles avenues

1 Voir aux aiinex«»s 'paire \\i) ii»s iv^leiiïonts spériaiix (|iii ivi^issont les abords ilu I\anrlni:h «nuirai «I»* veiik' dos leiraiiis burdunl los a\i*iiiR*s Ingres^ I*rudlion cl Hapliai^I .

AVENUE INCiRES l49

Jules II, qui le chargea de peindre les salles du Vatican (fresques de VÉcole (r Athènes, de la Dispute des Docteurs, de la Bataille d'Oslie^ de V Incendie de Borgo-Vecchio), Les ouvrages de Raphaël sont si connus qu'il paraît inutile de les énumérer ici.

Cuvillier-Fleury, ancien précepteur du duc d'Auniale, mourut en 1887 à rbôtel n" 4 de l'avenue Raphaël, qu'il habitait depuis plus de vingt ans (i).

L*avenue Raphaël renferme beaucoup de jolis hôtels et de coquettes villas s'épanouissant au milieu de la verdure. On peut citer : au n** 16, un hôtel gothique à pignon central, et, au n" 8, une villa qui est une des premières construites dans l'avenue Raphaël et dont la façade est formée de briques de différents tons, avec application de faïences émaillées de couleurs variées; en avant et à gauche, accolée à la façade principale, s'avance une véranda pentagonale surmontée d'une terrasse et, sur le côté, toujours à gauche du bâti ment principal, s'élève une tour octogonale également en briques et faïences polychromes (2), couronnée par une autre terrasse en saillie.

Vavenue Prudhon, qui constituait précédemment une pai *.ie de la chaussée de la Muette, a reçu sa dénomination actuelle par décret du. ^ octobre 1865, en mémoire du peintre Prudhon (1760-1823), à qui on doit : le Crime poursuivi par la Justice et la Vengeance célestes, le Christ mourant sur la croix.

Le célèbre compositeur Gioacchino-Antonio Rossini, qui avait demeuré pendant quelque temps à la rue de la Pompe, habita, à partir de 1857, une Vomj '< villa qu'il avait fait construire sur un terrain qui lui avait été gracieusement concédé par la Ville de Paris, près de la porte de Passy, entre le chemin de fer d'Auteuil et le boulevard Suchet (n'' 5 de \ avenue Ingres) ; il mourut dans cette villa, le 13 novembre 18()8, à Tâge de soixante-seize ans.

Au n" 4 de l'avenue Ingres, vis-à-vis de l'ancienne maison de Rossini, se trouve un hôtel qui a été construit par M. Allouard, et dont une reproduction a été donnée par M. César Daly, dans son ouvrage intitulé : De rarchitecture privée au xix* siècle.

On voit, au n* 1 de Y avenue Ingres, un hôtel de style Renaissance, présentant deux riches façades : l'une, sur l'avenue, est masquée par les arbres ; pour bien juger l'autre, qui domine la voie ferrée, il convient de la regarder du boulevard Beauséjour. Des mosaïques sur fond d'or sont incrustées dans les tympans des hauts pignons qui surmontent les fenêtres.

L'avenue Ingres, qui s'est nommée d'abord « boulevard Rossini », a reçu sa dénomination actuelle, par décret du di août I86i, en mémoire du peintre Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867), élève de David, grand prix de Rome en 1801. Il peut être considéré comme un maître classique et comme le représentant du dessin correct et de la peinture sobre, toujours empreinte d'un idéalisme élevé. A l'Exposition universelle de 1855, un salon fut exclusivement réservé à ses œuvres. Il fut nommé sénateur en 1864 et ensuite directeur de la villa Médicis. Plusieurs hôtels de l'avenue Ingres avaient été endommagés par les obus en 1871.

;i) Cuvillier-FIcury, avant de de venir le principal rédacteur du Journal des Débats et un des grands électeurs de TAcadéinie fran<;alse, avait iHe précepteur du duc d'Orléans, flis aîné du roi Louis-Philippe.

;>) Diverses indications sur les hôtels et villas ont élé extraites d'une c(mimunication ftkiie par M. Léopold Mar à la Société historique dAuteuil et de Passy, sur les belles façades du XVI* arrondissement.

RUE HAMELIN l5l

La déclaration d'utilité publique pour Touverture de la partie de la rue de ^reycinet comprise entre la rue Pierre-Charron et l'avenue dléna a été proloncée par le décret du 2 mars 1867. La Ville a utilisé des terrains provenant les anciens réservoirs de Chaillot, pour l'ouverture de cette section, qui a gaiement une largeur de 12 mètres et dont les travaux ont été exécutés par a Société Thome et C'% suivant un traité passé le 2 juillet 1806 entre la Ville t cette Société. Vimpasse des Réservoirs s'est trouvée confondue dans le racé de cette seconde section.

Le décret du 2 mars 1867 a donné à la rue de Freycinet (1), dans tout son parcours, cette dénomination, en l'honneur du navigateur Louis-Claude )eSaulces de Freycinet (1779 1842), qui a découvert des terres australes; il fut lommé capitaine de vaisseau en 1820 et entra à l'Académie des sciences 5a 1825. La légation du royaume de Serbie se trouve au n" 9 de la rue de Freycinet.

La rue de Bassano appartient au XVI« arrondissement entre l'avenue d'iéna ôt l'avenue Marceau, au Vlll'', entre l'avenue iMarceau et l'avenue des Champs- Klysées. Cette rue peut être considérée comme faisant suite à la rue de Lubeck, dont elle est séparée par la place d'iéna. Le décret du 17 septembre 1864 avait autorisé le prolongement de la rue de Lubeck depuis la rue Boissière jusqu'à l'avenue des Champs-Elysées; les travaux furent exécutés 3ar la Société Thome et C*^, et le décret du 2 mars 1867 a donné à ce prolongement, entre la place d'iéna et l'avenue des Champs-Elysées, le nom de rue le Bassano. Ce percement, pour lequel on a adopté la largeur de 13 mètres, a mglobé (2) la ruelle des Jardins, qui existait en 1730 et allait de la rue Kep- )ler à Vimpasse des Réservoirs, supprimée, comme il a été dit ci-dessus, par luite de la création de la rue de Freycinet (3). On remarque, au n*" 48 de la •ue de Bassano, un bel hùlel qu'habite l'illustre peintre Honnat, membre de 'Institut et professeur à l'Ecole des Beaux-Arts.

Hugues-Bernard Maret, duc de Bassano (1763-1834), fut un des fondateurs lu Club des Feuillants; il a été ministre des relations extérieures en 1811, »air de France en 1831 et ministre de l'Intérieur eu 1834.

La rue Hamelin (>4), qui va de la rue de Lubeck à l'avenue Kléber, se trouve

la hauteur de l'ancienne barrière des Bassins, point où le mur d'enceinte

lécrivait un arc de cercle ayant pour efïet de faire abandonner au boulevard

(i) Sous le trottoir de la rue de Freycinet se trouve un escalier circulaire de i4°>,r>r) e prorondeur (63 marches}, construit en 178/1, dans l'enceinte des réservoirs de la ompe à feu de Chaillot, pour desservir les réseaux de l'inspection générale des arrières. La longueur de la voie sous-minée, rue de Freycinet est de 99 mètres, outre avenue dléna et la rue de Chaillot: il s'y est produit quelques fontis, dont 3 venus à )ur en 1807 et 1812. La hauteur du sol au ciel de la carrière est de 1 1^,07; la hauteur de i galerie d'exploitation est de 3™4^>-

',21 Sur le VIII« arrondissement, le percement de la rue de Bassano a supprimé, entre la je Vernet et l'avenue des Champs-Elysées, la rue du Château-des-Fleurx, qui avait été rééc en vertu d'un arrêté du conseil du roi du 21 août 1777 et qui servait de limite rientale au promenoir de Chaillot.

(3; La longueur des voies sous-minées est de 4'^ mètres, devant les n**» 6, 8, 10 et 12 de 1 rue de Bassano ; une carrière isolée s'y étend sous les propriétés des n"» pairs seulement, ntre les rues Pauquet et Bizet, la distance du sol au ciel de la carrière est de ly™,^"): la auteur de la galerie d'exploitation est de 6"»,rK).

>4) La longueur de la voie sous-minée est de 42 mètres spys la rue Uamclin, à Inri- Ine de la rue de Lubeck. La consolidation a été faite par remblais bourrés sur 20 mètres de »Dgueur. La distance du sol au ciel de la carrière est de i3'",7o, et la hauteur de la galerie exploitation ç^{, (|0 4w»,2û.

lb2 HISTOIRE DU XVI* ARRONDISSEMENT

de Passy (ancien boulevard extérieur) la direction de l'avenue Kléber et de lui faire suivre celle de la rue Dumont-d'Urville. Elle a été ouverte avec une largeur de iâ mètres, en vertu du décret du 17 septembre iH64; un autre décret, du 24 du même mois, a sanctionné le traité passé entre la Ville et la Société Thome et C'«, pour l'exécution du percement de cette rue, qui a reru son nom, par décret du â mars 1807, en l'honneur de i*amiral Ferdinand- Alphonse Hamelin (1790-1864), neveu du contre-amiral Hamelin, mort en 1831). Il fut embarqué à onze ans sur la frégate la Vénus, commandée par son oncle ; il prit part, à quatorze ans, en qualité d'aspirant, à la bataille du Grand- Port, que Duperré livra à la flotte anglaise et qui nous rendit rile-de-France; il fut nommé enseigne en ISiâ, lieutenant de vaisseau en 1821, capitaine de vaisseau en 1830, contre-amiral en 1842, vice-amiral en 1848. Pendant la guerre de Crimée, il commanda la flotte française dans la mer Noire; il fut nommé amiral en 1854, ministre de la Marine en 1855 et grand chancelier de la Légion d'honneur en 1800.

En septembre 1897, le pavage en pierre de la rue Hamelin a été converti en pavage en bois (1).

La rue de Belloy a été ouverte à 12 mètres de largeur, en 1806, tant sur remplacement des anciens réservoirs de Chaillot que de divers immeubles acquis par la Ville (traité passé le 2 juillet 1800 avec la Société Thome et C"). Le nivellement a été fixé parTarrôté du 7 novembre 1800; mais le classement de cette rue comme voie publique n'a été prononcé que par le décret du 25 juin 1883, modifiant les alignements.

Le décret du 10 août 1808 a donné à cette rue sa dénomination en Thonneur de Jean-Baptiste de Belloy (1709-1808), qui remplaça l'illustre évèque Belzunce, à Marseille, en 1750,futnomméarchevéquede Paris enl802et cardinal en 1803.

La rue de Juigné^ longeant le terrain qui avait d'abord été réservé en vue de la construction d'une nouvelle église à Chaillot et qui forme aujourd'hui la place des Etals-Unis, a été ouverte en 1800 par la Ville, sur l'emplacement tant des anciens réservoirs de Chaillot que de divers immeubles acquis confonuément à un traité passé entre la Ville et la Société Thome et O. Le décret du 10 août 1808 avait donné à cette rue sa dénomination en l'honneur d'Antoiue-Éléonore-Léon Leclerc de Juigné 1728-1811), évoque de Châlons en 1704, archevêque de Paris en 1781, qui fut député aux Étals généraux, s'expatria et ne revint qu'en 1802 en France, où il passa ses dernières années dans la retraite. La rue de Juigné ne porte plus ce nom actuellement, parce qu'elle fait [)arlie de la place des IJlals-Unis, qui a été créée également en 18<U) I)ar la Ville, s'était d'abord appelée « place (ialilée », avait reçu, par décret du 10 février 1875, le nom de « place de Bitche »>, en mémoire de l'héroïque défense de cette place pendant la guerre de 1870-1871, a été classée et alignée par le décret du 25 juin 1883, et a reçu sa dénomination actuelle, par décret du 1() août 1881, en l'honneur de la grande république américaine. La place des Ltats-Unis, qui a VA) mètres sur .55, est ornée d'une statue de Washington et La Fayette et renferme un jardin anglais. En 1897, le pavage en pierres de la place des Ktats-Unis a été converti en pavage en bois.

Le décret du 2 mars 1807 a donné le nom de Mozarl à l'avenue devant être ouverte entre la chaussée de la Muette et la rue de la Fontaine. Le décret du

(1^ En 1902, Técole municipale de garçons de la rue Hamelin avait 242 élèves.

RUE MOZART l53

29 mai suivant a déclaré d'utilité publique Touverture de cette voie, en spécifiant qu'elle aurait 20 mètres de largeur; qu'elle partirait du carrefour formé à Auteuil parla rencontre des rues Poussin, des Vifj:nes (Pierre-Ciuérin), de la Fontaine (La Fontaine) et de Map^enta (Tierre-Ouérin) : enfin qu'elle aboutirait au point de jonction des rues de la Pompe et de Boulainvilliers, avec formation d'un carrefour de dégap;ement à Tinlersection de ces deux dernières rues avec la rue de Passy.

Le percement de cette rue Mozart a été immédiatement commencé; mais on n'a exécuté, sous le second Empire, que la partie comprise entre la rue Bois-le-Vent et la rue de TAssompliim (1). On a ouvert, en 187G et 4877, la section qui s'étend de la rue de l'Assomption à In rue Ribéra, ainsi qu'une amorce près de la rue La Fontaine; on a fait, en 1S8L la partie qui s'étend entre la rue Ribéra et la rue La Fontaine ; enfin on a mis en état de viabilité, de juin 181)5 à février 1897, la section comprise entre la chaussée de la Muette et la rue Bois-le-Vent.

On a donc mis près de trente ans à percer la rue Mozart (qui dessert Auteuil et Passy), ce qui tient à ce que les travaux ont été interrompus fréquemment, et Ton peut dire que les prévisions n'ont pas encore été complètement réalisées, car les inf^énieurs de la Ville avaient projeté primitivement de prolonjj^er la rue Mozart jusqu'à la place du Trocadéro, ifinde relier directement cette place avec Auteuil. On n'a pas exécuté jusciu'ici ce prolongement, qui devait avoir 20 mètres de largeur, comme la rue Mozart; plus on attendra, et plus la dépense s'accroîtra, en raison des constructions qui s'élèvent sur le tracé. On peut diviser ce prolongement en deux sections : la première aboutirait à la place Possoz, où l'emplacement de la voie projetée est indiqué par deux amorces; la seconde section couperait la rue Vital près de son intersection avec la rue Nicolo, la rue de la Tour entre la rue Rellini et la rue Louis-David, la rue Scheffer à son intersection avec la rue Helliui; elle traverserait la rue Pétrarque et, ce (jui constitue une grave difficulté, le cimetière de Passy, pour rejoindre la place du Trocadéro, entre l'avenue Henri- Martin et la rue Franklin, au point où le mur du cimetière de Passy a été reconstruit, en 1900, avec une forme à arcades, qui dilïère de celle adoptée pour les autres parties de ce mur de soutènement.

La dépense totale faite de 1807 à 1897, pour Touverlure de la rue Mozart, s'est élevée à 2.i72.6o5 francs ; la revente des terrains et des matériaux de démolition ayant procuré une recette d'environ 7:')0.(K)0 francs, le sacrifice de la Ville de Paris pour la création de cette voie peut être évalué à 1.700.000 francs-

Le compositeur Jean-Chrysostome-Wolfgang-Amédée Mozart (1750-1791) fut présenté à l'empereur d'Allemagne François P"^ à l'âge de six ans ; il composait déjà alors des pièces de clavecin et jouait à livre ouvert; il n'avait pas encore huit ans quand il touchait l'orgue ù Versailles ; il fut présenté l'année suivante à la cour d'Angleterre. Il composait de mémoire, sans le secours du piano, et jetait rapidement ses idées sur le papier ; il est l'auteur de Don Juan, des Moces de Figaro, de la Flùle enchantée, d'une célèbre messe de requiem et de beaucoup de symphonies.

(i) Les travaux de la me Mozarlontété dirifçé» de iStjGà i8G8pnrM. rinf^éniciir Ernest Rousseau et M. le conducteur Mahiou: on 1S76 et 1H7S, par M. l'inge^nienr Barlet et M. le conducteur Lomprez; en 1881, par M. l'inj^çénicur Chcniuet et M. le conducteur Hoty; en i8g6, par M. ringénieur Babinet et M. le conducteur Chevallier.

lb4 HISTOIRE DU XVI* ARRONDISSEMENT

Le décret du 2i novembre 1901 a modifié les alignements à l*angle de b rue Mozart et de la chaussée de la Muette.

Vimpasse Mozart^ qui a son entrée au n<^ :16 de la rue Mozart, à peu de distance de la rue du Ranelagh, n*a qu'une largeur de l'',S5 sur une longueur de 28 mètres et était précédemment nommée « impasse de la Chaise ». C'est le restant d'une ancienne sente, dite de la Chaise, qui avait été classée comme chemin public rural par arrêté du 5 octobre 1857 ; elle commençait à la me de la (ilacière (ensuite rue Davioud) et arrivait au lieu dit La Chaise (Beair séjour). Une grande partie de son étendue s'est trouvée supprimée par suite du percement de la rue Mozart. Le nom d'impasse Mozart a été substituée celui d'impasse de la Chaise par l'arrêté du 3 septembre 1869.

Le décret du ^ mars 1807 a donné le nom de rue Largillière à la voie à ouvrir entre la rue Mozart et le boulevard Beauséjour; un autre décret du 20 mai de la même année a déclaré d'utilité publique l'ouverture de cette rue, qui a été immédiatement exécutée : l"" sur un emplacement appartenant à la Ville et précédemment occupé par le service municipal des promenades et plantations ; i" sur des terrains appartenant à la Société Heugel et C*«.

Nicolas Largillière (16r)6-J7i(>) fut d'abord attaché, en Angleterre, à la personne du roi Charles 11 ; la protection de Van der Meulen, peintre historiographe de Louis XIV, lui procura des commandes de portraits en France; Charles Le Hrun le prit en amitié. La vérité du coloris, la fraîcheur du ton et la légèreté de touche de Largillière le tirent surnommer le Van Dyck français. 11 entra, en 1H80, à l'Académie de peinture, dont il devint ensuite chancelier. On lui doit un ex-voto qui décore l'église Saint-Étienne-du-Mont, le Repos, donné \\ Louis XIV par la Ville de Paris, en 1687, et le Mariage du duc de Bourgogne en 1()97 ; il a fait i.olK) portraits.

Au n*" -1 de la rue Largillière, ù l'angle de la chaussée de la Muette, se trouve l'habitation que s'était fait construire M. l'architecte Lheureux, mort récemment ; il a dirigé l'agrandissement de l'École de droit, avec nouvelle façade sur la rue Saint- Jacques. Si on entre dans cette maison, on voit du jardin une construction originale : trois corps de bâtiment reliés à gauche par une tour à deux étages, qui sert d'escalier et à laquelle s'adosse une rotonde. La description de cette habitation se trouve à la page 8ii deVEncyclopédie d'architecture, publiée par Mme veuve Morel et C'*.

La villa Uerran, qui a son entrée rue de la Pompe, au n* 85, a été formée en i8(w par M. Herran it).

La villa de Longchamp a son entrée sur la rue de Longchamp, entre I^ n* 'M'} et le iv 38, près de l'avenue Kléber ; c'est une voie privée qui n'a que ^^^0 de largeur et qui constitue une rectification d'un ancien chemin de Chaillot^ qui était dénommé « ruelle du Houquet-des-Champs », était coudé et avait une largeur variant entre 1 mètre et .'$'",50. Cette rectilication avait été dénommée rue Rigaud (i) par le décret du 27 février 1807. Les propriétaires lui ont doimé, en 1887, le nom de villa de Longchamp.

i^ Voir p. !',() pour la nie HcM-ran. La longueur <le la voie sous-minée est de ao niMres à partir «le la rue de la Pompe: la dislanee du sol au eiel de la rarri«'*re est de 8°»,îx>, et la hauteur de la gaUîrie d'exploilaUon est de fïnièlres. ^)Helques fonlis sVlaienl manifestés: la villa Ilerran a élt^ consolidée par les propriétaires de cette voie jjrivée.

•2' Ilyacinthe-François-Honoré Higaiid :irfcMj-i7'|3 »•) été direrliMir de rAradômio de poirdurtt en ijX); |p Louvre a dp lui \f MiwlUf'^ rf* xaini .\iulr^, les portiftils 4^- Lebrmi pl de Mignard.

HUE FOUCAULT l55

La rue Niloi a été ouverte sur une propriété de la famille Nitot. Le terrain de 75.000 mètres carrés, clos de murs, compris entre la rue de Chaillot et Tancien mur d'enceinte, avait été acheté en 1810 par M. Nitot, un des bijoutiers fournisseurs de Napoléon I*' (1) et était connu sous le nom de clos Nitot. Un banquet réformiste y fut donné en 1848. Le décret du 13 mars 1869 a autorisé le colonel Nitot, le comte Treilhard, conseiller d'État, le sénateur Boittelle et le baron d'Erlanger, alors propriétaires du clos Nitot, à ouvrir sur leurs terrains et suivant les alignements fixés par ledit décret, une rue de 12 mètres, destinée à faire communiquer la rue de Lubeck avec la place Galilée (place des États-Unis), à charge par eux d'abandonner gratuitement à la Ville de Paris le sol de la rue projetée et de se soumettre aux autres conditions énoncées dans leurs soumissions de fin 1806 et du 8 novembre 1868. L'arrêté du 20 juillet 1868 avait donné à cette nouvelle voie le nom de rue Nitot.

Le percement de la rue Le Nôtre, avec une largeur de ir> mètres, est indiqué sur le plan annexé à la loi du 28 avril 1869, approuvant la convention passée entre l'État et la Ville de Paris pour la place du Hoi-de Rome (place du Trocadéro) et ses abords. Cette rue a une pente très rapide ; le décret du 10 novembre 1877 lui a donné sa dénomination en l'honneur d'André Le Nuire, architecte et dessinateur de jardins (1613 17(K)), fils d un surintendant des Tuileries. Ayant succédé à son père, il fit planter la grande allée des Tuileries, dessina pour Fouquet le parc du château de Vaux, créa l'immense parc de Versailles et les jardins de Trianon, ceux de (Chantilly, Saint-Cloud, Meudon et Sceaux, ainsi que la terrasse de Saint-Germain, les canaux du parc de Fontainebleau et la promenade d'Amiens. Louis XIV lui conféra le cordon de Saint-Michel et voulut lui donner des armoiries : « Des armoiries, répondit Le Nôtre, j'ai déjà les miennes : trois limaçons couronnés d'une feuille de chou. »

La rue Théry est une voie privée, ouverte en 1869, avec une largeur de 12 mètres, sur des terrains appartenant à M. Théry, fabricant de chocolat.

La rue Debrousse a été ouverte, comme voie privée, en 1869, avec une largeur de 12 mètres, par la Société Lalessieur de Launay, dont un des principaux actionnaires était M. François-Hubert Debrousse (1817-1878), qui a construit plusieurs chemins de fer (ligne de Picardie et Flandres, Compagnie franco-algérienne). Le décret du 29 novembre 1901 a classé la rue Debrousse au nombre des voies publiques et en a fixé les alignements.

La rue Foucault a été ouverte, vers 1874, par la Ville de Paris, avec 12 mètres de largeur ; le nivellement y a été fixé par l'arrêté du 13 octobre 1874 et elle a été classée au nombre des voies publiques par le décret du 7 juillet 1884, qui en a fixé les alignements. Sa dénomination lui a été donnée par le décret du 10 novembre 1877, en mémoire de Jean-Bernard Léon Foucault (1819-1868), physicien et membre de l'Académie des Sciences. La hauteur des maisons de la rue Foucault est limitée à 14"™, 30.

Foucault a fait, de 18r>0 à 1852, des expériences qui ont été fort remarquées et qui rendaient visible le mouvement de rotation de la terre. Si on fait osciller un pendule, il se déplace dans un même plan vertical ; il se meut donc dans un plan invariable, pendant que la terre tourne. Pour l'observateur

(li Voir p. 44« rarHcle ae M- f-iwilp Ppiin \mm > » yee Pqe dp tJhmIIpt «,

l56 HISTOIRE DU XVI* ARRONDISSEMENT

placé sur la terre, c*est le plan d'oscillation du pendule qui paraît se déplacer d'orient en occident, c est-à-dire en sens inverse du mouvement de la terre. Comme le disait Foucault, dans son feuilleton scientifique du Journal dn Débals, « le mouvement apparent du pendule révèle au spectateur le mouvement n>el du globe qu'il habite». Le pendule de Foucault était constitué par un fil d'acier d'environ 70 mètres de longueur, fixé par un bout au soramel de la voûte intérieure de la coupole du Panthéon et portant, à l'autre exlrémilé, une boule de plomb d'environ 30 kilogrammes, traversée par une lige de cuivre et munie d'un style d'acier. En raison de sa grande longueur, le pendule mettait 10 secondes à revenir au point d'où il était parti; la terre continuant pendant ce temps à tourner, le pendule répondait «^ une autre division du cercle, de 8 mètres de circonférence, au-dessus duquel il oscillait, et chaque oscillation double du pendule correspondait à un déplacement d'environ :i millimètres et demi. Pour manifester ce déplacement, on avait garni le pourtour du cercle dune couronne de sable, posée sur le dallage du monument, à Tintérieur d'une balustrade circulaire qui en séparait le public; une brèche était pratiquée dans celte couronne de sable par une pointe lixée à la boule du pendule. Les expériences du pendule de Foucault seront refaites au Panthéon en lîM»:2, sous la direction de M. Camille Flammarion, secrétaire général de la Société astronomi(|ue de France, directeur de Tobservaloire de Juvisy, auteur de la Pluralilê des mondes habiles, et de M. Berget. directeur du laboratoire de M. Lippmann à la Sorbonne. L'appareil sera installé sous la coupole par les soins de M. Nénot. architecte de la Sorbonne. Le fil d'acier, qui aura un diamètre de 7i centièmes de millimètre, sera retenu au repos par un lil de chanvre (|u'on entlammera pour le rompre et mettre l'appareil en mouvement.

La villa de la Tour a êlé formée, à partir de 1S74, par M. Souchier, propriétaiiv des terrains (|ui appartenaient depuis longtemps -à sa famille; il était main* de Chantilly à répoijue de son décès, survenu en 1801. Pendant la nuit, cette villa est fermée par des grilles : elle appartient actuellement aux propriétaires des neuf maisiïns ((iii y ont été construites. Klle forme un coude et n'avilil priuiiliveinent d entrée une sur la rue de la Tour, au n" î>t» bis: mais M. Souchier lui a donné ensuite une seeontle entive sur la rue Kugène- Delacroix, en autiïrisani la t'onstruclion de iieux maisons en façade sur cette rue. sous la condition de laisser un passage libre dune largeur de l mètres; cette largeur es! celle qui existe entre le> clôtures des diverses maisons «le la villa : mais le> acfes de propriété interdisent d'élever des constructions sur les jardinets, ih» sorte (pie la dislanre ininima entre les faeades des maisons excepte les deux qui ilonnent sur la rue F.ugène Delacroix i est de Î>™,ti7 sur la partie perpendienlaire à cette rue Kugène Uelacroix. et de 10 mètres sur la partie juMpendienlaire à la rue de la Tour. Il résulte des actes de propriété que la villa doit être habitée btuirgeoisement ou par des personnes y établis- >ant seulement leurs bureaux : - que les mui's sont mitoyens jusqu'à la hau teur do> (MMiNiiuctions pour le< partie^ eiuistruites. et jus(]u'à la hauteur d'héberge pour les partie> non con>lruites : que les pmpriélaires ont à leur charge le< gage< du eoncierge de la villa, lentretien du pavillon qui lui sert de logement, celui des grille<, de legout commun, des trottoirs et des pavages. Il était stipule, en outiv. qu en cas de docè> de M. Souchier, comme dans le cas où il ne serait plus pi\>pnetaiiv d un >eul terrain de la villa, Fadminis-

BOULEVARD DELESSERT ibj

Iralion de ladite villa passerait eutre les mains d'un syndicat des propric^taires. Celle éventualité s'élanl réalisée, un acte constitutif de syndicat a été enregistré le l*"^ octobre 180:> ; les pro|)riélaires syndiqués ont établi eutre eux, par un acte que Tauteur a rédigé en 1890, des servitudes réciproques, ayant pour but de limiter les saillies permises sur les façades et, pour mieux assurer Taérage, d'adopter pour la hauteur des bâtiments des maxlma un peu inférieurs à ceux qui résultent des règlements de voirie en vigueur à Paris.

La rue Fresnel a été ouverte en 1870 par la Ville de Paris, avec une largeur de i± mètres ; le décret du 10 novembre 1877 en a fixé les alignements et lui a donné le nom d'Augustin-Jean Fresnel (1788-18:27), qui entra, à seize ans et demi, à THcole polytechnique et fut nommé ingénieur des ponts et chaussées. Il commença en 1810 ses études sur la lumière, (fu'il n*a plus interrompues jusqu'à sa mort; il fut élu, à l'unanimité, membre de l'Académie des Sciences en 18^. Il est Tinventeur des phares lenticulaires et a fondé ainsi, avec l'opticien Soleil, une industrie nouvelle, demeurée depuis essentiellement française; ces appareils lenticulaires ont été successivement adoptés pour l'éclairage des côtes du monde entier.

Le coude et surtout les déclivités excessives delà rue Heethoven rendaient extrêmement difficiles les communications entre Pîissy et le quai de la Seine. Le conseil municipal de Passy émit, le 7 août 18i:2, un vœu en faveur de l'adoption du projet qui avait été présejilé, le 13 mars de la môme année, par M. le baron Benjamin Delessert, en vue de diminuer les pentes et de permettre un meilleur accès de la montagne de Passy. ('e projet fut modifié par les ingénieurs des ponts et chaussées et présenté par eux sous le titre de « rectification de la route départementale iv "1 de Paris à Saint Cloud » ; on .*<ait ((ue cette route empruntait la rue Heethoven et la rue de Passy. Le projet ainsi modifié fut approuvé par une délibération, en date du M) juin 18ii, du conseil municipal de Passy, (|ui accorda, le û août 18'm, une subvention de i().(KK) francs, à laquelle M. le baron Benjamin Delessert (1) ajouta un don de 5().00() francs. Cette rectification fut autorisée par l'ordonnance royale du 4 juin 1840 et exécutée, en 18i7, sur des terrains qui avaient dépendu originairement du couvent des Bonshommes. Elle forma la rue Benjamin-Deiesseri, qui constituait un prolongement de la rue des Batailles (actuellement avenue d'Iénaj.

L'aménagement du parc du Trocadéro entraînait l'ouverture d'une large voie pour relier directement la rue de Passy au centre de Paris; il suffisait pour cela de prolonger le débouché offert par l'avenue d'Iéna. Un décret du 17 mai 1870 prescrivit donc l'ouverture d'un boulevard de 30 mètres de largeur, pour remplacer la rue Benjamin-Delessert et une partie de la rue Beethoven. Ce boulevard (:2), qui sup|)rimait la rue Benjamin-Delessert, en rélargissant et en la transformant, devait d'abord se nommer « boulevard Benjamin-Delessert » ; mais on décida ensuite (|u'il porterait simplement le nom de « boulevard Deiesserl », afin de rappeler les services rendus non seulement par Benjamin Delessert, mais encore par (iabriel Delessert et par

(i) Voir aux annexes (p. 343) la biographio do Dt»losseit, par M. Li^opold Mar.

(2) Voir dans la Revue bleue du 3t) avril i8«jv., pajj^e r)5r), un article de M. Léo (llarelic mentionnant les relations de Jean-.Iacque8 Rousseau avec la ramilie de LesscH (ancienne orthographe du nom des Delessert).

l58 HISTOIRE DU XVi* ARRONDISSEMENT

tous les autres membres de cette famille qui, originaire de Lyon, s'était fixée, dès le xvm* siècle, à Passy.

Les travaux du boulevard Delessert (1), qui ont été terminés au commen cément de 1877, ont donné lieu à une dépense de i.691.i79 francs.

La plantation du boulevard Delessert a présenté des difficultés parti entières : du côté des numéros pairs, elle est faite dans un banc de roche calcaire et y a exigé l'ouverture d'une tranchée de 3 mètres de largeur sur 1 mètre de profondeur, destinée à être remplie de terre végétale; du côté des numéros impairs, les arbres ont été plantés dans le remblai du boulevard, mais également dans une fouille continue de 3 mètres de largeur, parce que les déblais, plus ou moins rocheux ou calcaires, qui formaient ce remblai, étaient peu favorables à la végétation (±). Le boulevard Delessert a été muni, en 1900, de becs à incandescence.

Une avenue devant relier la place du Trocadéro à la porte Dauphineel porterie nom d' u avenue du Prince-Impérial » avait été projetée sous le second Empire (décret du iL\) mai IHOG). C/est seulement en 1877 qu'une amorce de cette voie a été exécutée sur une longueur de 97 mètres à partir de la place du Trocadéro, et avec une largeur de 30 mètres. La partie comprise entre l'extrémité de cette amorce et le rond point de Longchamp a été conslruile en 1887 et 1888 avec une largeur (3) de 16 mètres et moyennant une dépense de 339.193 francs. L'arrêté du 9 décembre 1885 a donné à cette voie le nom d'avenue d'Eylau (qui avait été précédemment attribué à l'avenue Victor- Hugo), en mémoire de la victoire remportée le 7 février 1807 par la Grande Armée sur les Russes et les Prussiens, qui perdirent :20.000 hommes, 18 dra peaux et 10 canons.

L'ambassade de Siam a quitté, en mai 1900, le n** Il de la rue Pierre Charron et a été transférée avenue d'Eylau, n* li, dans un hôtel construit exprès pour elle.

\J impasse des Prêtres est une voie privée, située avenue d'Eylau, 37.

La rue Chardin a été construite, eu 1870, par la Ville de Paris, avec une largeur de 12 mètres. Elle a reçu ce nom, par arrêté du 10 novembre 1877, en l'honneur de .Jean Baptiste-Siinéoii Chardin (ir>99-i779j, membre de l'Académie de peinture à 28 ans, qui passe pour un modèle de grâce simple, d'observation naïve et de fine bonhomie ; il est l'auteur du Benediciie, (|ue possède le Louvre, et de divers tableaux représentant des scènes d'intérieur, curieuses pour l'histoire du costunie de la classe moyeune au xvnr siècle.

\a\ passerelle de Passif , ou i< pont de Passy >, se trouve dans le prolongement de l'axe du boulevard de (irenelle et franchit les deux bras de la Seine, séparés par l'île des Cygnes. Elle eut, tout d'abord, pour objet de remplacer, dans l'intérêt des piétons, le pont d'Iéna, affecté exclusivement à l'usage des personnes qui visitaient l'Exposition universelle de 1878 et elle a été conservée, après la clôture de cette Exposition, parce que l'expérience avait démontré qu'elle était fort utile pour la circulation du public (i). La faible altitude

(I) Ccâ Iravaiix ont tM«^ diriuôs par M. rinijênicur Darlcl et M. h; conducteur Lomprrz (u; Los travaux t»iit otc dirigés par M. Ilousseau, alors ingénieur et depuis inspecteur

général dos ponts et chaussôos.

(3) Los travaux ont iHi> diri^'ôs par M. l'ini^'ôniour Habinet et M. le conducteur Lepel-

tier.

V Mon article sur " la Soino onlro lo pont dlôna ot lo viadUc dAutouil », donnant de Indications sur la i>assorollo do Passy. ost reproduit aux annexes, p. 305.

MUSÉE GALLIÉRA iSg

des quais, aux abords de cet ouvraf^e, n'a pas permis de le rendre accessible aux voitures ; il ne constitue donc qu'un simple passage pour piétons, ayant 6"»,50 de largeur entre les garde corps et une longueur totale de 249 mètres. Cette passerelle, à laquelle on accède par des escaliers de treize marches, a été livrée (1) à la circulation le 11 avril 1878 et a coûté 420.000 francs. Cet ouvrage sera remanié prochainement, en vue de livrer passage aux trains de la ligne circulaire du chemin de fer métropolitain de Paris, sur un pont mo* numental, pour la travée métallique duquel un concours a été ouvert entre les constructeurs, conformément à une délibération du conseil municipal en date du 26 janvier 1902.

La rue Galliéra et la rue de Brignole, ayant 12 mètres de largeur, ont été ouvertes, en 1878 et 1879, par Mme la duchesse de Galliéra et classées par le décret du 30 août 1879, portant que tous les frais de mise en état de viabilité seront acquittés par la dame Marie Brignole-Salle, duchesse de Galliéra, veuve de Raphaël de Ferrari, duc de Galliéra, conformément aux clauses et conditions d'un acte notarié, reçu par M" Delapalnie, notaire à Paris, le 31 octobre 1878. Suivant cet acte, la duchesse cédait gratuitement à la Ville partie d'un terrain de 17.000 mètres carrés, situé entre l'avenue du Trocadéro, la rue de Morny (actuellement Pierre Charron) et la rue de Freycinel, pour Touverture de deux rues nouvelles (Brignole et Galliéra), rétablissement d'un square et la construction d'un musée public, à édifier aux frais de la duchesse, qui y placerait des statues, des tableaux et autres objets d'art qu'elle avait alors l'intention de léguer à la Ville.

Le musée Galliéra est compris entre les rues Pierre Charron (où se trouve l'entrée principale), Brignole, Galliéra et l'avenue du Trocadéro, qui donne accès au square dont le frais décor encadre si bien ce monument princier (2) ; la superficie du musée et du square est d'environ 9.H(H3 mètres carrés. Le musée est devenu propriété municipale à la date du 1"' juillet 1894 ; l'ouverture a eu lieu en avril 1895.

De son vivant, la duchesse de Galliéra, qui a attaché son nom à tant Vf>/ï /-^ d'œuvres artistiques ou charitables, avait formé le projet de léguer à la Ville de Paris sa galerie de tableaux. Mais au cours des travaux, la Ville ayant laïcisé ses écoles, cette décision fit revenir la duchesse sur sa détermination et, ne pouvant retirer la donation en tant que monument, elle conserva du moins la propriété de ses tableaux, dont la collection est restée dans son palais de Gênes. La Ville se trouvant, dès lors, dans l'obligation de garnir le musée, dut en changer la destination. Klle y fit placer des tapisseries anciennes qui proviennent de Beauvais, Aubusson, Lille, Bruxelles et Turin, et dont la valeur est estimée à 2 millions et demi. C'est au musée Galliéra que le président de la République Félix Faure inaugura l'exposition de portraits de femmes et de dentelles organisée par la crèche du WV arrondissement. L'exposition des œuvres de Corot, faite à l'occasion de son centenaire, s'y tînt également. On y a installé des statues achetées aux dillérents salons, des émaux, des grès, des porcelaines, etc.

(i) Cet ouvrage a été diHgé par M. l'inspcclcur général Iluet et M. Tingénieut* Bartct; la partie métallique a été exécutée par la maison Cail.

(2) Voir à la page 97 du i"' volume du Bulletin un extrait du journal l Éclairs du u janvier i8g3| sur le musée Galliéra. Divers détail^i rapportés ici sur ce musée sont extraits d'une description qui en a été donnée dans le Magasin pittoresque»

BUE OCTAVE-FEUILLET iGIÎ

le la Petite Muette » était une voie privée, formée, lors de rétablissement de e chemin de fer, pour desservir les propriétés résultant du morcellement de a Petite-Muette, et pour leur donner un débouché sur la rue de la Pompe, le qui restait des bAtimeuts de la Petite-Muette fut démoli en 1891. \.'d rue ^uaiaue-Nadaudy qui va de la rue de la Pompe au boulevard Émile-Augier, absorbé la plus grande partie de l'ancienne avenue de la Petite-Muette; le Lirplus a été annexé au boulevard Kmile-Augier par l'arrêté préfectoral du "i décembre 1894. Le décret du 8 janvier 1895 a donné à la nouvelle rue, >nforinéraent à la demande présentée par la Société historique d'Auteuil et B Passy, le nom du célèbre chansonnier (îustave Nadaud (18^0-1893), qui ibitait, dans le voisinage, le n*' (>.'] de la rue de Passy; Houbcux, sa ville itale, lui a élevé un monument [V). La rue (iustave-Nadaud est traversée luterraiaemeut par le chemin de fer de C.ourcelles aux Invalides.

A droite du chemin de fer d'Auleuil et parallèlement au boulevard l^mileu|^ier, on avait amorcé, auprès de l'avenue Henri-Martin, sur une longueur B 53 mètres, un boulevard, qui a été achevé de décembre 1898 à juillet 1900, 1 même temps qu*on élargissait la plate forme du chemin de fer, pour y f>rler le nombre des voies de deux à (juatre. Celte voie a été dénommée, Li 1893, boulevard Ju/es-.SV//i</ea«, en l'honneur de Jules Sandeau (1811-1883), lembre de TAcadémie française. Cet auteur a donné au ThéAtre-Français, n 1851, Mademoiselle de la SeirjUère, et, en 18:)i, avec Kmile Augier, le Gendre le Monsieur Poirier; plus tard, Jean de Tlwmmeray,

C*est aussi de décembre 1898 à juillet 1900 (|u*on a percé et mis en état de viabilité les rues destinées à desservir le nouveau quartier devant être bàli iur l'emplacement de l'ancien Fleuriste de la Muette, savoir :

La rue Guy-de-Maupassanl , prolongeant la rue de Siam jus(|u'au boulevard !lmile-Augier ; lame Edmond-About, prolongeant la rue Mignard, également usqu'au boulevard Émile-Augier ; la rue Oclave-Feuillel (^), longeant le parc le la Muette depuis l'avenue Henri-Martin jusqu'au pont par-dessus le chenin de 1er; elle établit une communication avec le boulevard Kmile- Augier; a rue Eugène-Labiche et la rue de Frawiueville, (|ui vont de la rue Octave- '^euillet au boulevard Jules-Sandeau (;)).

Les noms de ces dernières rues ont été donnés en l'honneur de M. le comte le F*rauqueville, propriétaire du château de la Muette; d'Edmond About l8i8<lH85), qui a été directeur du journal le XI.V Siècle jusqu'à sa mort, urveaue peu de temps après son élection et avant sa réception à l'Académie rançaise; de Fauteur dramatique Eugène Labiche (18151888), à qui ou doit ant de pièces spirituelles ; du célèbre romancier Octave Feuillet (18:21-18ÎM)),

(i) Voir aux annexas -p. ^|4'i) rarlich» sur le nMHuinHMit de (iuslave Nadaud, ainsi que article intitulé : « L'Œuvre de Nadaud »>, par M. Kmile Polin. Voir «'pfalemenl la eonfé- 'nee de M. Léo (Ilarelie sur Gustave Nadaud, pp. t^.'j à 234 du I" volume du Bulletin^ et »s articles publiés le 29 avril 1S93 dans le Petit Journal et, le lendemain, dans V Esta- Ile.

{•?.) L'hôtel construit k la rue Octave-Feuillet i)ar M. rarchilecle Arnoud a été primé ar la Ville au concours de fa<;ades de hjix). 11 est dit, dans le rapport du jury, «pie cet (>tel est très harmonieux dans l'ensemble <le ses proportions, la silhouette de sa toiture : In forme de ses baies; que sa grande lucarne centrale, très puissante, couronne bien »ut le motif du milieu, ({ui est légérenumt en encorbellement; enfin, que Tensemble forme le excellente façade d'hôtel particulier, d'un aspect noble et confortable.

• 3) Ces travaux de voirie ont été exécutés sous la direction de M. l'inspecteur général Dreux et de MM. let» ingénieurs Babinet et Uret.

l64 HISTOIRE DU XVi' ARRONDISSEMENT

membre de l'Académie française : et, enfin, du romancier Henri-René-All)erl- (iuy de Maupassant (1830-1893).

On peut encore citer les rues suivantes comme ayant été percées pendant la seconde moitié du xix'' siècle à Passy:

La rue Crevaux, ouverte entre l'avenue du Bois-de-Boulogne et l'avenue Bugeaud, et classée par le décret du 10 janvier 188:2, portant que la dépense des travaux de viabilité, d'éclairage et de conduite d'eau pour cette voie sera supportée par la Société foncière lyonnaise, conformément à l'engagement souscrit en son nom le2:2 janvier 1881. La dénomination de cette rue lui été donnée par arrêté du28aoiU 1882, en l'honneur du docteur Crevaux (1858-1881), explorateur massacré, sur un affluent du Paraguay, par les Indiens Tobas; le récit de ses quatre voyages a paru dans le 'four du Monde. La municipalité de Buenos-Ayres a voté une allocation de i.OlK) francs pour élèvera Crevaui un monument dans le cimetière du Nord. La vue Ouslave-Courbei, de 12 mètres de largeur, a été ainsi dénommée par décret du 3 décembre 1885, en l'iioniieur du peintre (lustave Courbet (1819-1877), chef de TÉcole de peinture réaliste. Elle a été classée et alignée par le décret du 25 octobre 1887; elle a été ouverte en 1882 par la ('ompagnie foncière de France. La rue de VAmiml- Courhel, voie privée de 12 mètres de largeur, allant de l'avenue Victor-Hu^'o, ir 1()0, à la rue de la Pompe, \V 150; elle a été ainsi nommée en l'honneur du vice-amiral Amédée-Anatole-Prosper (^ourbet (1827-1888), qui s'est illustré par ses campagnes en KxtrémeOrient. La rue Butjeaud est une voie privée, qui va de la rue de l'Amiral (lourbet à l'avenue Bugeaud. La rue Léonce-Bei,nuud, ouverte en 188i, a été classée et alignée, avec moindre largeur de li mètres, par le décret du 31 octobre 1893. Son nom lui a été attribué, parle décret du 3 décembre 1885, en l'honneur de Léonce Reynaud (1803-18Wi|, inspecteur ^^énéral des ponts et chaussées et professeur d'architecture, qui a construit un j;rand iionibn» de |)hares sur les eûtes de France et dirigé pendant 32 ans le service (les phares, dont le dépôt est placé dans le voisinajfc et a son entrée prin('i|)ale sur l'avenue du Trocadéro. La rue de Sfax, qui porte un nom tunisien, s'était appelée, pendant quelque temps, « rae Vaudoyer*: elle a reçu sa dénomination actuelle par arrêté préfectoral du 27 février 188(1; elle a été classée, alij^iiée et nivelée par arrêté du 10 janvier 1891 ; elle a reçu le nom d'une ville de Tunisie, prise par les troupes françaises le Iti décembre 1SS3.

La rilla Sponlini, située rue Spontini, 37, est une voie privée qui a été ouverte en 1881. La rue du Bois de Boulogne, voie privée, a été ouverte, en 1888, par M. (iateau; lorsque cette rue sera classée, son sol devra être cédé gratuitement à la Ville. Le st/uare du Bois-de-Boulogne, voie privée, a été fondé par MM. Bechel, Dethomas et (V% C.ourbec et Godard ; il a été ouvert, le () mars ISti.l: suivant le décret du 13 août 185i, il ne peut y être exercé aucun commerce ni aucune industrie, si ce n'est en vertu d'une autorisation du préfet de la Seine, qui en détermine les conditions, et ces autorisations sont lt>ujours révocables. La rilla Michon. voie privée, a été ouverte en 1890 par M. Michon; l'hùtel du ministre <lu royaume des Pays-Bas se trouve au n'* 6 de la villa Michon (entrée par la rue Boissière, 29). La rue Léo-Deiibes a été con>truitt» en 1891 par la Société civile des terrains de l'avenue Kléber, qui a céfié gratuitement le sid de cette rue à la Ville. Elle a été classée comme voie |>ublique par le décret du 10 juin 1893. Klle a été ainsi nommée en l'hoo-

RUE MERIMEE l65

neur de Clément-Philiberl-Léo Delibes (1831 1891), membre de l'Institut; ce compositeur a donné k l'Opéra divers ouvrages, notamment le ballet de Sylvia et celui de ("oppélia. La r«e Je So/i/a// s appelait précédemment « rue Lefuel »; l'arrêté du :20 février 1886 lui a donné le nom d'une ville du Tonkin, prise par les troupes françaises le 10 décembre 1883. La rue \Vebe/\ précédemment « rue Milson », a reçu par décret du 11 mars 1886 sa dénomination actuelle en rhonneur du célèbre compositeur (Iharles-Marie-Weber (1786-1826), auteur du FreyschiUz cl d'Obcron. La rue Yuan de Villarceau porte le nom de l'astronome (1813-1883). La rue de Siam, construite en 1884 par une Compagnie d*assurauces, a re(;u ce nom parce que l'ambassade du royaume de Siam y était autrefois établie; elle a été bâtie sur remplacement d'un hùtel qui a appartenu au comte de Las Cases, auteur du Mémorial de Sainle-Hélcne, et qui a été ensuite occupé, après la dernière guerre carliste, par Don Carlos, duc de Madrid, prétendant au trône d'Kspagne.

La rue de Lola, qui commence rue de Longfîliainp, 137, cl finit en impasse, est une voie privée, ouverte en 189i par MM. Dehaynin etCubbay. La maison construite au n" 8 de la rue de Lota, sous la direction de M. l'architecte Bouweuz van den Goyen, a été primée par la Ville de Paris au concours de façades de 1899.

La rucAlboni a été exécutée en 1893 et I89i, par la Ville de Paris, sur les terrains de M. Ilotlinguer; le sol a été cédé gratuitement. Elle offre de larges escaliers qui permettent de se rendre du carrefour de Passy au quai et ont été bordés de plantations d'arbustes en 1898. Les décrets des 8 mai et 10 août 1896 ont donné à cette rue sa dénomination en l'honneur de Marietta Alboni (1824-1894), devenue ensuite comtesse Pépoli, puis Mme Ritzer. Elle fut élève de Rossini ; sa voix de contralto a eu le plus grand succès à Paris et ù Londres à partir de 1847. Elle a fait des legs importants <^i l'Assistance publique. Une société a élevé, en 1899-191M), sur les collines qui s'étendent de chaque coté de la rue Alboni, entre Passy et le quai, de grandes constructions entourées de jardins. D'abord affectées à l'établissement de vastes hôtels, à prix fixe par semaine, pendant la durée de l'Exposition universelle de 10(K), elles sont actuellement converties en maisons de rapport. La rue Alboni, dont la largeur est de 15 mètres, a été munie, en 19(M), de becs à incandescence. On construit actuellement la ligne circulaire du métropolitain, partant de la place du Trocadéro, pour desservir des boulevards de la rive gauche; cette ligne sera en souterrain sous la rue Franklin et sous la partie supérieure de la rue Alboni ; elle sera ensuite à ciel ouvert pour franchir la Seine sur le pont de Passy; une station dénommée « Quai de Passy » sera établie vers le milieu des escaliers de la rue Alboni ; le préfet de la Seine a approuvé en 190:2 le projet de ce pont (jui comportera une partie centrale pour le métropolitain et deux parties latérales, dont une pour les piétons et l'autre pour les voitures.

Uauenue Jules-Janin, qui a ses accès sur la rue de la Pompe, est une voie privée de 7 mètres de largeur, ouverte vers 1884 (1) ; un décret du 8 janvier 1897 a classé le débouché de celte avenue sur la rue de la Pompe. \.'avenue des Chalets est une voie privée de 6 mètres de largeur, établie entre la rue du Ranelagh et la rue de l'Assomption. La rue Mérimée est une voie privée,

(1 Voir ci-dcâsus les indicalion.^ (l'..r.!UH»^ sur le crilic|nc Julos Janiii ïHi)\-iHjfi}.

l66 HISTOIRE DU XVI^ ARRONDISSEMENT

de 8 inèires de largeur, qui doit son nom à Prosper Mérimée Cl8a3 1870]. membre de TAcadémie française el auteur d'œuvres charmantes. Elle ya du II" (il de la rue des Belles-Feuilles au n°22 de la rue de Pomereu, Yoie privée quia <»té ouverte vers i88i, avec une largeur de 12 mètres, sur les terrains appartenant à M. de Pomereu. La rue de Pomereu, qui part du n" 131 de la rue de Longrhanip, s'est arrêtée longtemps à la rue Mérimée; de juin 1899 à janvier lîMM), elle a été prolongée sur les terrains de M. Ménier, jusqu'à la rue des Belles-Feuilles. Larae Aa/o, qui doit son nom au compositeur français Lalo (1830-189:2), auteur de nombreuses symphonies et du délicat opéra-comique fe lioi (r } s, est une voie privée de 1:2 mètres de largeur, qui va de la rue Pergolèse au boulevard Lannes. Klle a été ouverte sur l'emplacement de la granplazade Taras, théâtre construit par M. l'architecte Botrel, où des représentations de combats de taureaux avaient été organisées pendant l'Exposition universelle de 1889. Le pont Lalo, construit en même temps que le chemin de fer de (a)urcelles aux Invalides, a remplacé une passerelle en bois, qui ne servait (|u'au passage des piétons.

Le nom de Claude Cha/iu, trésorier général des finances, seigneur de Passy et fondateur de l'église Notre-Dame-de-Gràce, a été donné par décret du 8 janvier 1895, sur la demande de la Société historique d'Auteuil et de Passy. à la rue qui va de la rue de Passy à la rue Gavarni. Elle avait été ouverte, comme voie privée, en 1891, par MM. Talamon et (luillemard ; elle a été classée au nombre des voies publiques par le décret du 41) décembre 1901.

De mars à juin IIMM), on a ouvert sur les terrains de M. Meyer, entre la rue delà Tourel la rue Glaude-Ghahu, une voie nouvelle dont la largeur est de 14 mètres: elle a été classée au nombre des voies publiques par le décret du 40 décembre 19i)l et sera probablement dénommée rue « Francisque-Sarcey *.

On a commencé en lîMM) et term ineé en iîK)l les travaux de percement: I** au compte de M. Fou(iuiau. d'une rue nouvelle de 14 mètres de largeur, enliv la rue des Haurhes et la rue du Hanelagh; 4** au compte de M. Blanc, ilune vine de l \ mètres de largeur à établir entre cette rue nouvelle el la rue havioud. c'est celle ci qui recevra pn»bablement le nom d'Eugène Manuel, le n»gretté présiilent de la Société liistori(|ued'Auteuil et de Passy. TV'Vi *

t'.omme rues percées ou admises en lîHU, on peut citer : i" la rue de VilUhois-MareuiL qui est projetée sur remplacement de la pompe à feu de ('haillol, et (|ui doit son nom au vaillant colonel, mort en combattant pour les Bo3rs; elle ira de Tavenue du Tn>cadéro au quai de Billy et aura V\ mètres de largeur. 1* la voie nouvelle, ouverte sur les terrainsde M.Georçes Ville, entre l'avenue \ ictor Hugo et la rue tic Villejusl : T la rue projetée parla Compagnie des ( hemins de fer de lOuest l , entre la rue (iuslave-Nadaud et la chaussée de la Muette, au dessus du souterrain construit, entre les stations de l'avenue HenriMartin el de Boulainvilliers. pour rétablissement du chemin de 1er de t.ouivelles aux Invalitles. l>e nouvelles rues, dues à linitiative privée, seront prochainement ouvertes.

I M r.ipl.nn. oon>oi)lor nuuiiri|MU;) aoin.indo «|uo le nom de PonsArd soit donné !i celte nouxoUe ruo. |Mr\^o «inVllo ooiipo !o i.intin lio l\ iuM>ot\ uù le |x^te Ponsaitl o-^l mort.

extrémité, c'est-à-dire la partie )a plus voisine de la Seioe, forme aujourdbui la rue (iros), la rue de Seine (actuellement rue Wilhem), la rue des (îarennes (actuellement rue Boileau), la rue et la place des Perchamps, la rue Verderet une partie de Tancienne rue de la Municipalité (actuellement rue Chardon- Lagachc), la rue du Buis, une partie de la rue Ribéra et Tavenue de Versailles. Je n'ai pas compris dans celte énumération la rue de l'Âssomptiou, qui forme, avec la partie basse de la rue de Boulainvilliers, la limite entre Auteuil et Passy. On voit, sur les anciens plans, outre ces rues, plusieurs chemins publics, qui ont été ensuite convertis en rues.

La rue iCAuleuU occupe la plus grande partie de Tancienne Grande Rue. qui était au xvr siècle la seule rue d*Auteuil, commençait à la route de Versailles et se terminait à la porte du bois de Boulogne. L'arrêté p^éfe^ toral du i(» juillet 1808 a réuni, sous le nom de rue d*Auteuil, la section comprise (Mitre le bois et la rue Boileau à la partie de l'ancienne rue Molière, qui s'étendait de la rue Boileau à la place de rKglise (1). En IKlKi, on a établi un pavage eu bois à la rue d'Auleuil, entre le boulevard Montmorency et la rue Désaugiers, en même temps que les rails étaient posés pour le petit tramway remplaçant l'omnibus jaune d'Auteuil à Saint-Sulpice.

L'extrémité de la (Irande-Hue, du cùté gauche en allant vers le bois rie Boulogne aux environs des n"" \m\ à 73 de la rue d*Auteuil), était bordée autrefois par le château du Coq, construit par le cardinal de Richelieu et légué par lui au domaine de la Couronne en même temps que le palais Cardinal. Ce château dont les fenêtres avaient vue sur la plaine du Point-du-Jour. composée alors de champs cultivés et de quelques vignes, a été habité par Louis XV pendant son enfance ; il y est revenu à diverses reprises. Cette pro priété a été ensuite occupée par Mme Klisabeth, sœur de Louis XVI, parle chancelier Pasquier, président de la Chambre des Pairs sous Louis-Philippe, et parle ministre (luizot. Le parc, qui avait une grande profondeur, a été coupé lors du percement de la rue d'KrIanger.

t>utre le château du (.ot], il y avait à Auteuil. au x\iir siècle, deux grandes propriétés: le pair et le château des Boufllers, qui se trouvaient vis à-visdu château du Ctn^, sur le côté droit et à l'extriMuité de la Grande Rue (comme i^ sera dit ci après, au sujet de la villa Montmt>rency, qui occupe une partie de remplacement de laucien parc des r»ou(llersi — et la propriété des abbés de Sainte Ceneviève, seiirneurs d'Auteuil t .

Cette propriété des tiénovéfains sétendaiL au sud de l'église, jusqu'à la n>ule de \ ersailles, sur l'emplacement occupé actuellement par la maison de nMraile t^hardon Lacache, I institution de Sainte Péri ne et leurs abords. Elle fut vendue siuis la Bévolulion, K»rsdela suppression des maisons religieuses, CvMume liieu n,itionaL pour :îT. in H> livres. La maison élevée sur l'emplacement de I liôlel seigneurial des abbt's de Sainte iieneviève fut achetée sous le pTviniïM" Kmpirc. par Crotet :> minîsln* de Tlntérieur. Le baron François

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iyi> iiisToinE nu xvi* abrondissement

phalange des idéologues s*y réunissaient. On peut citer parmi les hôtes de Mme llélvétius (1) : son fils adoptif, le sénateur Cabanis (1757-1808», littérateur et philosoplio, Franklin (i7(M>-17îK)), Diderot (I7l3-i78i), le ministre Turgot , 17^7-1781^ l'abbé Morellet (17^^7-1819), Chamfort (17iM79i), le barondHol- IkioIi 1 17^:1 1789), le poète Boucher (1745-1794), le marquis de Condorcelii . 17i:i I79i), ridéolofçue Destutt de Tracy (175i-1836).

Le général Bonaparte vint à Auteuil visiter Mme Hrivétius quelque temps avant le 18 brumaire; en se promenant dans son jardin avec lui, elle lui dit : u (;énéral, si 1 on savait tout ce qu'il peut tenir de bonheur daos un arpent de terre, on songerait moins h conquérir le monde. »

\a\ maison de Mme Helvétius fut occupée de 18(W^ à 1814 parBumford 3\ qui avait épousé, en 1805, la veuve de l'illustre Lavoisier et, dans les dernières années du serond Kmpire, par le prince Pierre Bonaparte ; c*est là qu'eut lion, le l:i janvier 1870, une altercation entre le prince et deux publicistes : M, riri<'h de l'onvielle et Victor Noir; ce dernier fut tué d'un coup de pistolet tiré par le |)rince.

Kn 1871, les lédérés de la commune avaient établi leur état-major dans cette maison, (jui fut incendiée (i). Klle a été reconstruite et est occupée a(*luell<Mnenl par une école normale Israélite, où Ton reçoit les meilleurs élèves d'écoles dOrienl el d'Africiue i5) ; ils y passent quatre ans pour perfectionner leur instruction.

l.îi |)ropriété qui porte les n**^ 43 à M de la rued'Auteuil est un des derniers vestigc^s complets de rareliitecture du xvnr- siècle dans ce quartier : au milieu du biUinienI principal à deux élîiges, un large porche d'entrée, en avant-corps, ft quatre |»ilas[res, supporte une terrasse à balustrade; une autre balustrade iMi |iiern\ «'gîdemenl en avant-corps, règne tout au long du rez-de-chaussée. jhMix grands pen<lentifs sculptés (rinstruments de musique accompagnent à dr«»ile fl à gaurJic un bas-relief idacé au milieu du bâtiment et représentant Inii'* iiNiniirs. Lr dessous des fenêtres du second étage est orné de guirhunles do lliMiis. Les pîivilloiis latéraux en équerre sont du même style (jue le corps \W It»^''^ principal, mais ont été rajoutés après coup, ('ette maison aétéhîihilre piir Mlle Anlicf, actrice (jui sélail rendue célèbre par ses bons mots; elle a elc tMCupr'c ensuit!?, de IT'iOà 17()7, par les demoiselles de Verrières, amies du UhiuMiial de Saxe et du poète ( '.olardeau : elles y recevaient la Ville ella Cour el V dounaicîut d(.'s fêles (|ui avaient beaucoup d'éclat.

I '.oudorcct a liabitr* la rue d'Auteuil. Le docteur ('diardon Lagache et Saiu MOU. rch'hre acieur de la <'oniédie française, ont habité le n° Ki de la rue d'Au-

,1) \'inr Mii\ ;iiirn*xi'^ pp. 'i^i «*l s.) r.n-lirl»' «If M. Antoino Gniilois sur le nionmmMil «!<' Miiir lh'l\«'tiii-i; '^nii .irlirlr irilihilr : Madame tic (Mndorrcl à Auteuil, y^un nvWvlv >Mi'\'o\i\*')'' .1 .Mil .iilnlr iiilihil»': Turijol à AulruiL

\iiii i'('mI«*iim'IiI r.irlirlr «le M. Wvnô Amllas sur 1«» S.ilori <lo Mnn» HoIviMiiis, p. i7'i •^" I \ii| r <lii Itulli'lin.

I • \ Mil .1 l/i p.'i««' s:{ (lu IV' vnliimo (In ludlelin l'.nh» \W notoriôlô «Irossc par W j'i^î*' i|i> pMi\. I«* 'I plNvi<'»-<* •'•" III» i» l'> i«*»l"<''c 'I'* l'« N«'ii\o «If <'.(iii(l(»n-<M, pour iMM-lifnM* >f'''

(Il \v il»' •••■• <"*•

.1} I r pli>«nirii «•! pliil.'intlii'opc .'iiiii''rii'.-nii Hninrnnl t'^l iiiml î\ Aiilciiil, \v 2? aoiil 1814» ,|iii I niHH'iiiM' m.iisofi iU". Mmt' llelvi'liii>. j'.i \ Mil .iiix .MiiM*\<'- 'l». '-^'^ r.irlirli' lir M. litiiilr pMliii -m* !«*> niinos «h» iSjn-iS;!. • 1 \ Mil ,iii\ .'iiiiM'v- PI'- 'l'i*' *'• \-^ r.irlirit' ilrj,i iiMMiliMiiiir «ii' M. AiitoiiH* riiiillttis si»' |i(/* M// •>// x\m" fiii'i'lt\ <•• l'irlii'io «lu niôiiif aulonr >iir hi pi-Miii(Mia«Io Iiistoriquo dtî la SociéU' .1 \iih ml ••! <l«' \*iit<>y.

172 HISTOIRE DU XVl' ARRONDISaEHE^T

scolaire. Elle est actuellement occupée par plusieurs établissements, notais ment par Vécole Jean-BupUsle-Say (I), nommée d'abord : « École municipale supérieure ».

Cette école a son entrée principale au n" Il his de la rue d'Auteui), dans dd renfoncement formant une petite place; elle a, sur la rue Chardon-Lagache, au D* K, une façade et une seconde entrée, qui ont été inaugurées, le 30 mars 1900, par M. Loygues, ministre de l'Instruction publique, la Seine et le conseil municipal de Paris. Le principa diflé, de l'ancien château Ternaux, forme aujourd'bi l'école Jean Haptiste-Say, qui élail originairement >éi le tout constituant un groupe unique, qui fut inaugura Jules Simon, alors ministre de l'Instruction publiqu sous une seule direction. En IKTu, l'école municipale de l'école normale (:2) et nittacliée au système des ', degré ; elle a pris, le 10 juin IHTIJ, le nom d'école depuis tK8'2, une existence tout à fait indépendante 1897, plusieurs agrandissements qui ont porté sa su carrés: (le nouveaux bâtiments ont été élevés, sous chitectc Salard [3t. On peut citer parmi ces acquis son sise à l'angle des rues Chardon-Lagache et du feu M. Ilauréau, premier directeur de la Fondation d'infirmerie et l'autre partiede logement à l'économe. I donne une instruction intermédiaire entre celle de I et celle des lycées ou collèges. Les jeunes gens s'y pré du commerce et de l'industrie, ou aux examens du des écoles d'arts et métiers et d'autres écoles du (Jou

La maison n" 2 de ta rue d'Auteui!, située à l'ani rue Théop)iile-<lautier, porte l'inscriplion suivant maison de camiiagiie habitée par Molière vers IWi". » Malgré le caractèiï ofliriel de celte pla(|ue, on n'est pas lixé d'une manière parfaitement («rtaine sur reni|iiacemont qu'occupait la maison habitée de 1667 à 1673 par .Molière Ci) à Auleuil. Certains prélcndeut qu'il correspond à celui du n'^ de la nie HéniusaL (r|ui était le n° 1 de l'ancienne rue Molière) et qut 1^ maison située [iresqiie eu face (et haltitée ensuite par Mme Récamiff' puis par l'abbé de Ceuoude. ptibliciste) aurait été occupée, comme luaiso»

(1 \'..ir liiL-tii'li- .!.■ M, ICiiiU.' l'..1iii sur loi-ol.. J.-.in-ll.ipUfilc-Say, qui cri l*|'n>d'''^

ii)ili> In ruflUiiilfiiu 11 In lup Moi ilor. sf ra M*""'

B Hiiilr.-iii.

>iiilin> ili-w iMi-vcri ili- recule Ji>iin-Etni>1iHli--S;iy nVInit irncorc que Av î(" i. Il f»\ ar\af\\fmci\\ Av. iiuiii/.c ci'ulx.

:t1ll I.T [i.Ti...l.- (Irc-i-riiwli- .le iSSN ii iK;,N, ÏO rlèvOS (11- l'Ocolc J.-l!,-S.1!- '* - Il- iiiiL.'ciurs <ri>iliiLis-'l<iii ;n[\ (■n.li's !■! fcl cliiiix les einmeiiH ; çiG wmt i""* liiiiiii..UMli<.ii-; |.iililii[n.-;, :wVi lUitis !.■>; ;><]ininUtr.->tions privées et 68» J»""

liiiiii' l.' st^Jimi- ;i Aiili'iii! cli-s |iiii'li-i ihi \\i\- Ai'r\e les nrUrli's de M. .M"*'' I- \.i i:ii,iiii[iiii.-i|i> h \\\U-\\\\i-\ ,-iu- 1,1 tn;ii-;..ri ili- tl.iileau.n-pructuita ipp.tGS ^' \ ;inn.>M-.: Liiln-if .!.■ \!. M.m;.>ii.i' siii- l;i niiU-io,, iln Mnlifrre ft .\iili'uil p.***

; Ir* ri<iiiiii .ilinii- lir' M. Ijnih' S.iiiil l.iiiiiii> (pp. Hi| j) gi du 1" vulinii*' ,

s |.|i. ',•'•;- '.'■■". 'i7' '■ -^ -11'- !'• pii*iili'n .!.■ Molii^i-.-, iitnm i|U(- tes art»*

r l'.-tin -m- H.mI.mii : !.-.; <l.<riiimjil^^ in.'.lil- .-mi- .l.v.rl Hiicinc (p. A ilu l""

h'iitTi» ëlîiil à sa maison (iAiilenil. le -IV» jnillei • tour la maisiin de la rue de lUrlielicii, oi^il

* t^- i Aiileuil traversait tout le village, depuis smi

- *r :.«iit'i::iie. Sons la première Hépnhiique, M. Beiioil.

•i.. vii «v.iit donné le nom de d'A^uesseau à la place

... '•n»'{!i>r>'. attenant à l'éj^i^lise, proposa de ne laisserle

ils .1 partie la pins larj^e de celle voie, c està-dire à hi

•^ : l»«»isdi» Honlo^^^ne cl la nie Hoileau; afin d'honcur

t • >i»Mnanda (|ne son nom fnt atlrilnié à la partie alor^

...»• :'.i-. ^ilnêe entre la ront(Mle Versaillescl larueBolleHU.

.. ^. - . "l'r.dnaient un ehan^n^nent de nuinérotafçe pour les

. .- '.vf's le IS jn-airial an l\ |»ar le sous préfet de Frau

. . • . ■ ..lors la villi» de Saint Denis) et, le 17 fructidor delà

; : <î!vlf' du préfet de la Seine, Krocliol, portant ((ue 1»

.. -rr.iit divisét? en deux partîtes; que la première coin

• î'i NJlljiîrt». Unirait à la rue lioileau et porterait le nom

•il. i|ue la seconde jiartiï» continuerait à porter le nom de

^ ; • rue lîoileau jusqu'à la |)orte du hois de lionlogne.

, . - »iji»unriiui remplacée par une partie de la rue d*Auteuil

: ,^.\i iiccu|iail remplactMuent d'un chemin rpii pardll avoir

- iiuiiléinni'ial: mais la parllt» voisine <Ie la route deVer-

. * ii'orc bàlie en l8tM) : toulc! la ré«;ion voisine de la Seine

^ , • |i,ir la saussaie d'Auleuil. Ce chemin avait été amélion''

. - î iLiricisseim'Ut ne fut terminé cju'en IHori, ù la suite d'un

• ." I.i commune d'Auteuil v{ le sénateur Anioinc-César de

-. -io IM-nslin.

il i: février IHtIT donna le nom de rue Mcdière à une rue de -. l'ii iivail été préc<'»(leinment dém)inmée rue Travel•sicTe-Sainl- ^ :!îc nie de la Kontaine M<ilici'e, huitaine érij^ée non loin de lu . lî.i|ilislc INiqucliiu dit Molière, est mort à 51 ans. Comme il |i.iur «'viler des ciinfu^ions, que «leiix rues de Paris ne |K)rltMit : MU. un décrci du H) juillet IStiS lit disparaître dans notre ? le nom <ie .Molière, en dcridani que la Crande-Rue et notre . ^. : ticnl réunies scmi> le ntun de rue dAiileuil.

.■î'ice ilevant léj^lise a eon^eivé le nom de place d'Afruesseau rnicncemenl (lii xiv <ièclc ju>qu'au décret du :i(i février IS6T. ^:',\'.\wc lilfiir trAulcuil. Mlle a ete liahitée, de 17:27 ;i i7:U, par if i Vi:nc'*seau, chez (jui Loui> Racine faisait de fn*(|ueiils st-jours: N. ; ir le |M)èle traiiitjue lMici< IT.is-lshi . (pij remplava Voltaire à •r.UKMise, en I77S. et qui a |i(quilari>é en France l'œuvn; de ■•0 . en>uile |)ar Victor de l'r.icv. iIImIi' l'idéoloi^^ue Meslult dt^rracv . .. ,-icl C^.utelle, premier aero>lier de larmée, qui rendit à rieuni<, ! .lîuMi. lie {grands service^ à larmee française et qui h^ua um* {larlie ; x in\ pauvres d'Auli'uil.

.;. l.oui> W ordonna reivction. en faer do ht porte de léj^riise d \\\

t^'t IIISTOIllK f)l- XVr AllltONDISSEMEXT

iriliiMiM', Huivsifil MHi lU'tsir, auprès de s;i femme, dans l*égli$e môraed*Auteuil. Lt» moiHUfient de IT.'Wt roiisîstait en une pyramide à base de marbre, couron ut*ê* p;ir un f(lohe d'or, surmonté d'une croix. La sépulture de d*Aguesseau fut \UtU'»i». vu \VX\ ; mais les ossements furent recueillis par M. Benoit^ luaire d Aijl<*iijl, et le lomlieau fut restauré le IM) frimaire an IX. Après rachèvemeot dHH I nivaux de réfection de la pyramide, qui avait été renversée en 1793, une r.iM'éfiionie pulili(|ue eut lieu en présence du maire d*Auteuil et du petit-fi's du clhiiirelier d'Afçuesseau. Dans son di8(;ours, le maire déclara que cette phici! pr«*ndrîiit désormais le nom de place d'Aguesseau. La pyramide, qui iiviijt été entourée d'une ^mllc aux frais de la commune, en mai lHâ8, est tirluellement remplacée par une colonne surmontée d*une croix et dédiée au Cliri'^t sauveur, l/afliclia;^*^ est interdit même en temps d'élections, sur le nionuiuenl d'Aguesseau.

La luairie d'Auteuil fut établie originairement sur cette place: unedélihératjoii du conseil municipal d'Auteuil, en date du 17 thermidor an XIK nppiouva un projet de reconstruction de la maison commune k la place d'Aguesseau. dette mairie fut transférée, en IHii, h la rue Boileau.

L'ancienne église d'Auteuil (iKdont le portail et la tour octogonale étaient du \i\' siècl(\ fut prof inée le l(> novembre 171KK transformée eu club, puis en grange et («nsuile en fat)ri<]ue de salpêtre. Klle fut rendue au culte eu niai ITir». (Itunme cette église, dont la première pierre fut posée par le roi IMiilipjte h Long, en l.'tlO. était devenue absolument insuffisante pour les ht^soins de 1.1 population toujours croissante dWuteuil. et que, d'ailleurs, elle uitMiaçait ruine, M. lahbé Lama/ou {i\, curé d'Auteuil. entreprit de la remplacer jiar un nouvel é liiice. La reotui^trurtion put être réalisée grâce à une transictitm p issi'c entre le citnseil municipal de la commune et le curé de la parjisHC. La priinière pierre île la nouvelle église fut posée le V^ juillet 1877 ; les travaux, entrepris inuuciliati'ment. s;>us la direction de M. l'architecte Naniireuier, furent terniint^s ic :i » o;*tiduv iSii. j.iur où Mgr Richard, cardin.il .irche\ét|n ^ «le l\iri^. rons,i ta la nouvi*lle église.

1 enlise Notre h.uut' d Vuteuil .iiT(\*te la fiu^me d'une croix latine: au tru nitMu de I.) p Mie d entrée Li ri;-.;t\ sljlue en pierre iManiglier. ISHi): au In nipiUMle colle port \ un ki^ iviii'f en piern* tManiglier ISSii». représente le rhrisi entoure des x\ uibit*ic< dt*- ijualre evangêlisles. Au dessus du portail v«« dresve le clorlier. dont Ut Immuo r.ippelle le «lessin de la tiare ponlilicale. l i\ \w\ et le cl^eor no;U enUMins d \n\ Ua< côte, avet^ chapelles aux transepts et A l ,d»H|,|o . le ir,ui>ept e^t a i.; l\..;riCiir du i li-cur. t>l t*tlilioe appartient au vt\le ion\.u\ h\;.intin . il uinî : < . ^^..:^^^ .i l.t simplicité et îmîle les anciennes bi^'^dujnev cluvticnucv Oti»:.) ii^ :.> :i*nv.*:îsi,Mî> en sinent peu considérables. n piosento lex r,\r.ïc: ivn ,i ;iv. n^.v.v.îy.^.^-t rcli^ri eux complet, avec chapelle

I .»ni \*M\r.«^ <»î.,u*it^ K.;. ;:.".: ; :r ■.:: :: >::;r.i i;se <iupi\-s de la place d'An-

» \ oi, ^i.\ , \. «. ■" V V .-.'1. ••■^ '^.iT ïA x'W'*!)^ «rli'^ tl Aulruil:

\ '■» l'»'' ^- . r.- ■ :• -1- 3<- M. :.iStw EVf-i>DUiinif-r,

. I > « >• . . . » •;■-■■ -^ ..'î V. .A:«l»f IVurÎJ^r sur Li

Ij8 lilSTOlHE DU XVI'' ARiiONUlSSEMËNT

vembre 1877, en mémoire de Charles-François-Marie, comte de Rémusal (1797-1875), homme politique et littérateur, lils d'un chambellan d^ Napoléon l'S qui fut préfet de la Haute Garonne, et de Jeanne de Vergennes^ amie intime de Hmpératrice Joséphine. M. de Rémusat, parent de La Fayette et de Casimir Périer, représenta presque constamment, depuis octobre 1830, le département de la Haute Garonne ; il fut ministre de Tlntérieur le l'^'mars 1840, ministre des Allaires étrangères le 2 août 1871 et membrede rinstitut. ll>a publié de nombreux ouvrages. A la suite d*un traité passé avec M. Barraud, propriétaire riverain, un arrêté du 9 mars 1878 autorisa larecliiicatiou et l'élargissement à 20 mètres de la rue Rémusat ; cette opération de voirie a coûté 43.500 francs.

L'ancien sentier des Arches a porté ensuite le nom de rue Sainle-Geneviève, parce qu'il conduisait à la maison seigneuriale de l'abbaye de ce nom. Dans sa séance du 29 pluviôse an II, le conseil de la commune d'Auteuil décida que celte voie serait appelée rue de la Montagne. Quelques années plus tard, on lui donna le nom de rue de Seine (1), à raison de sa proximité du fleuve. Gette voie publique, dont le tracé figure sur le plan de Roussel, | publié en 1730, et qui forme aujourdhui la rue Wilhem, partait de la place de l'église d'Auteuil, laissait sur sa gauche cette église et, sur sa droite, la vasle propriété des Génovéfains (dont la plus grande partie est occupée aujourd'hui par l'institution de Sainte-Périne), rencontrait la route de Versailles à environ ^70 mètres à l'aval de la Grande-Rue et se prolongeait jusqu'au chemin de halagc longeant la rive droite de la Seine. La dénomination actuelle de cette rue lui a été donnée par le décret du 2i août 1864, en mémoire de Guillaume- Louis Bocquillon, dit Wilhem (1781-1842), fondateur des écoles populaires de chant en France, qui fut chargé, en 1819, de créer l'enseignement delà musique et du chant dans les écoles mutuelles de la Ville de Paris et organisa, en 1833, les réunions périodiques des élèves de toutes les écoles, instruits séparément, en un seul chœur, qu'il désigna sous le nom d'orphéon, et où ils chantaient sans aucun accompagnement instrumental. La méthode d'enseignement de Wilhem ne tarda pas à se populariser en France et à l'étranger.

In décret du ±1 janvier 1870 déclara d'utilité publique l'élargissement à \± mètres de la partie de la rue Wilhem (2) qui se trouve comprise entre les rues Mirabeau et Chardon- Lagache : ce travail a coûté 28.900 francs. Jusqu'à ces dernières années, la rue Wilhem suivait, entre l'avenue de Versailles et la rue Mirabeau, un tracé sinueux qui est occupé actuellement par la rue Narcisse-Diaz ; un décret du 22 décembre 1890 a déclassé cel ancien tracé et l'a remplacé par un tronçon en ligne droite, prolongeant la partie de la rue Wilhem comprise entre la Seine et l'avenue de Versailles; la Ville de Paris arriva, en 1892, à terminer les acquisitions de terrains nécessaires pour réaliser cette opération de voirie ; les terrassements et la mise en état de viabilité de cette section donnèrent lieu à une dépense de 70.050 francs. Enfin, par suite d'arrangements avec les propriétaires riverains, la partie de la rue Wilhem comprise entre le chemin de halage et l'avenue de Versailles a pu être établie à son niveau définitif et mise en étal

,1; Kn iS;iS, il fallut dôiuMiser K'tô francs pour mettre en élat de viabilité la rue de Soiiu*.

•» La lari^our do la riio Wilhem avait été llxOe à 6 mètres par Farrété du i3 fé- >rior iS3S.

l8a HISTOIRE DU XVI* ARRONDISSEMENT

du 10 avril 1857, et ù 20 mètres (au moyen de nouveaux alignements du côté des nunu^ros impairs) par le décret du 10 juillet 1882. Celte rue avait été munie de trottoirs exécutés de 1857 à 1859.

La partie de la rue La Fontaine qui formait autrefois la rue de la Tuilerie donne entrée au hameau La Fontaine, ainsi qu^au hameau Béranger, dont le chalet n^ 3« d'abord transformé, puis actuellement entièrement démoli, a été habité (1} parle célèbre comédien Bouffé (1800-1888), qui eut beaucoup de succès au théâtre du Gymnase.

Au iV 40 de la rue La Fontaine se trouve Vorpheiinai de fabbé Boussel, fondé le 19 mars 1863 pour recueillir des enfants vagabonds, abandonnés oti maltraités et chercher h en faire d'honnêtes gens. 11 comprend deux sections, dont la première est l'œuvre de la première communion, qui est destinée aux enfants de treize ans et au-dessus, n'ayant pas encore reçu rinstruclion religieuse : ils restent dans la maison pendant trois mois, pour y recevoir cette instruction. I^ seconde section est l'œuvre des apprentis et est composée d'orphelins auxquels on apprend différents métiers, tels que ceux de menuisier, de serrurier, de tailleur.de mouleur, de cordonnier, de relieur et surtout de typographe. Les frères de Saint Vincent-de-PauI prirent possession de cette œuvre le l*"" mai 1895. M. labbé Fontaine succéda, en 1896, à M. l'abbé Roussel qui est mort le 11 janvier 1897' dans la direction de cette maison: il y a fait construire des bâtiments pour dortoirs et ateliers i). Une école pn»fossionnelle y a été inaugurée le i mai 1898. Le nombre des pupilles s'élevait à 8ii0, au commencement du xx*" siècle. M. le sénateur Roussel membre de Tlnstitut. est vice- président de l'œuvre.

On a vu ci-dessus que la rue (ims a fait partie, jusqu'en IH65, de la rue I^ Fontaine section comprise entre la rue de Boulainvilliers et la rue de la Tuilerie . Vu élargissement à :ît> mètres, au droit d'immeubles appartenant à la Ville, a été prescrit par le dtH^ret du 10 juillet 1882 pour cette rue, dont la mise en état de viabilité n'a été terminée qu'en 1899. époque à laquelle la lanreur r^^^lementaire de ii> mètres a été n^alîsée entre le n» 10 et la rue La Font,uno. La dénomination actuelle de cette rue lui a été donnée par le décret pnvite dui«>ct«ibrt^ |Sir»,en mémoire du ban>n Antoine- Jean Gros I771-IH35». l»eintnMrhi>toin\ qui fut pn»senté au in'»néral Ri>naparte. dès son entrée à Milan, par Mme Jo>»*phine Ronaparte, s illustra parle tableau du général au ^•••nt d An^ole rt ùt la campagne d Italie avec le grade d'inspecteur aux revues, n |vîf:nit- en lsi*l. /rs Pestiférés tiir Jaffa, puis Bonaparte aax Pyramides, le J.:-. if'^itzH ifKy^nu. Fr»î»H>i:$ /' et Ch'iHe^-fhnni risiiani ia basilique de Sainl- /V"::s îl fut ni^mmé membre de rinstitut en ISI5et professeur à l'École de> IV.Hîx Arts en iNlt^, « hi lui doit la déi^>ration de la coupole de Sainte-tiene- \it \e ranîhTN>n Le prix de iv travail avait été ûxé à 50.000 francs : quand il \;: ît rmînt\ Tharlos \ dit à lartiste : Les rois doivent donner plus qu'on e pnv.iit •. t^n îrur nom, <urtoiit quand ils ont à récompeiiser des hommes de \^ :t\ r.vritT^ \^m^ i |»i*.i>%» fr.^ncs et le titn? de harc^n. »•

RUE BOILEAU l83

La rue Boileau (1), ancien chemin puis rue des Garennes, a son origine à la rue d'Auteuil, au point où se trouvait autrefois, devant une- maison dénommée de Vlniage Notre-Dame^ la jonction de la Grande-Rue et de la rue Molière ( rues actuellement dénommées Tune et Tautre : rue d'Auteuil). Elle aboutit h l'avenue de Versailles. Le tracé de cette rue n'a donc pas été modifié; au xvm® siècle, elle n'était bordée de maisons que sur le cùté droit et aux abords de la Grande-Rue ; sur le côté gauche, c'est-à-dire le plus voisin de la Seine, elle servait de limite à la grande propriété des Génovéfains et, vers le Point-du-Jour, elle traversait des champs cultivés. Le plan fixant les alignements de la rue Boileau et lui assignant 8 mètres comme moindre largeur a été approuvé par arrêté du ^7 septembre 1837. Des trottoirs, ayant coûté 8.942 francs, ont été construits en 18i3 à la rue Boileau ; en outre, des caniveaux y avaient été établis, moyennant une dépense de 2.648 francs, pour faciliter l'écoulement des eaux ; cependant, la chaussée était si dégradée en 1855 que le maire d'Auteuil dut prendre un arrêté pour y interdire le passage des voitures non suspendues et attelées de plus d'un cheval ; une somme de 10.000 francs fut consacrée, en 18o(>, à l'amélioration de la rue Boileau, où les constructions se développaient dès cette époque aux abords de l'avenue de Versailles. De nouveaux trottoirs ont été établis en 1858; régout de la rue Boileau, qui date de 1859, a coûté 60.882 francs. D'autres trottoirs réglementaires ont été établis rue Boileau, en 1899, entre les rues d'Auteuil et Molitor; en 1900, entre la rue Molitor et les n"^ 54-59. En avril 1890, la rue Boileau a été munie de candélabres avec becs à incandescence. Vers le milieu du xix"" siècle, on a créé un ensemble de voies privées désigné sous le nom de hameau Boileau (2) et composé d'une vingtaine de petits hôtels entourés de jardins, pour la plupart habités par des bijoutiers de Paris, à l'origine.

La dénomination de rue des (iarennes était due à ce qu'elle conduisait au lieu dit « les Garennes », dont le nom se trouve déjà mentionné dans des actes du xV siècle (3). Un arrêté de la municipalité d'Auteuil, en date du 26 octobre 1792, porte : « Le nom de Boilot (sic) sera donné à la rue des Garennes, en mémoire du citoyen dont l'habitation était dans cette rue. » Cette dénomination, qui a été confirmée par le décret du 24 août 1864, rappelle le souvenir du séjour de plus de vingt ans que fit, pendant la belle saison, dans une maison située sur l'emplacement du n" 26 de cette rue (4), Boileau-Despréaux (1636-1.711), auteur des Satires, de l*Ari poétique et du Lutrin. Il avait acheté, en 1685, douze ans après la mort de Molière, cette mai-

1) L'acle do décès do «« Nicolas Boilcnii, cHcuyor, sieur Desprcaux, l'un des quarante de l'Académie française », a élé rédigé le 15 mars 171 1, par M. de la Janire, curé de Saint- Jean-le-Rond, en présence de son frère Jacques Boileau, chanoine de la Sainle-Chapelle, et de son pelit-neveu par alliance, (iilhert de Voisin, président de la deuxième Chambre des enquéies du Parlement.

I» Ce hameau comi)rend l'avenue Despréaux, dont l'entrée est au n" 38 de la rue Boil«»au et qui donne accès à Vauenue Molière, ainsi qu'aux impaanea Corneille, Racine el Voltaire.

(3) Voir les notes historiques de M. rabl)é Beurlier (p. 3ii du III* volume du Bullelin).

(^ Voir, pour le séjour de Boileau à Auteuil, l'article de M. I.éopolil Mar intitulé : Frnffment el correspondance de Boileau se rallachanl à la maison dWuleail (pp 87 à 90 du IV« volume du Bu//e//fi, l'article de Mme Chochod-Lavcrgne intitulé : Réception de Boileau: ù l'Académie française (p. lyi du IV» volume), les articles de M. Emile Saint-Lanne sur la maison de Boileau (p. 3o du l»»" vcdume); et aux annexes : (p. ^71) l'article de M. Antoine

RUE BOILEAU l85

visites à Aateuil, et ensuite à ne presque plus venir à la campagne ; c'est sans doute le motif qui le détermina à vendre sa maison d'Auteuil, en 1709, à son ami Leverrier, qui avait fait graver, en i70i, le portrait du poète par Drevet et avait fait met(re« au bas, les vers suivants :

Au Joug de la raison aRservit^sanl la rime, Et même en imitant, toujours orip^inal, J ai su dans mes écrits, docl<», enjoutV, sulilime, Rassembler en moi Perse, Horace et Junéval.

Boileau (i) sentant qu'il y avait de la vanité dans ce quatrain, répondit à Leverrier:

Oui, Le Verrier, c'of»l là mon fidèle portrait,

Kl le graveur en chaque trait A su Irè»' finement tracer sur mon visage De tout faux bel esprit l'ennemi redouté; Mais dans les vers pompeux qu'au lias de cet ouvrage Tu me fais prononcer avec tant de fierté.

D'un ami de la Vérité

Qui peut reconnaître l'imapre?

L^ouis \IV montrant des vers de sa composition à Boileau, lui demanda ce qu'il en pensait : « Sire, répondit-il, rien n'est impossible à Votre Majesté ; c'ïe a voulu faire de mauvais vers et... elle a réussi. »

l^oileau s étant présenté au Trésor royal pour toucher sa pension, remit

son Ordonnancée un commis qui, y lisant ces mots : « La pension que nous

^^'<^*^s accordée à Boileau, à cause de la satisfaction que ses ouvrages nous

^^^ clonnée, etc. », lui demanda de quelle naliinî étaient ses ouvrages : « De

"^^Çonnerie, répondit le poète, je suis architecte. »>

ï-^^ toutes les épigrammes, celle que Boileau estimait le plus était oelle^ci:

Ci-gist ma femme; ah! (lu'elle est bien, Pour son repus et pour le nnen.

ï Citroduil dans la salle de l'Opéra, à Versailles, BoihsTii dit à l'oflicior (|iii a^st|çnail les places : « Monsieur, mettez moi dans un endroit où je n'entende (V^^ la musique ».

Après Leverrier, la maison de Boileau à Aiiteiiil fut habitée par (lendron, ^^Ufîcin du Régent, par la femme du chancelier d'Aj^uesseau, par Chamfnrt ^^ 1779, et ultérieurement par ('aulaincoiirl, duc de \ irence.

11 y a quelques années, on pouvait voir encore, dans un jardin de la villa Boileau (rue Molitor, 18i, un sn[)erbe marronnier, contemporain de Boileau; il a été détruit par un coup de tonnerre: il ne reste plus de cette é|KK|ue qu*un orme giganlesfiue qui se trouve dans la propriété portant le II' 2U de la rue Molitor.

L'école municipale de la rue Boileau était fré(|uentée, au rommencenient

(1 1 Oa d«^tails 8ur Boileau i«ont l'xirails d'urio l'oininiiiiiralion f.-iile p,-ir M. Lropnid Var à la Soci^ti^ historique d'Auteuil et de Passy, cl intitulée: « .l/iffs ronrcrnaiil <pi«*l«|nrs rél^bril^*» du XVI* arrondissement. »*

ÉCOLE NORMALE d'aUTEUIL 187

la rue Boileau comprise entre le hameau Boileau et la rue Molitor (1); la Diaison utilisée pour cette destination était voisine de celle qui avait été habitée par Hubert Robert (2). Elle fut achetée par la commune d^Auteuil, en 1843, pour y installer la mairie, moyennant un prix principal de «3G.0()() francs (3).

Les parents d*Alfred de Musset, M. et Mme de Musset-Pathay, ont habité pendant quelques années,avec leurs trois enfants, une maison située rue Roileau et à peu de distance de la rue de Musset, entre un vaste jardin et une 30ur close par une grille ; le poète s'y trouvait en 18^8, à l'Age de dix-huit ins, après avoir obtenu le prix de philosophie au concours général, et c'est laiis les bois (4) d*Auteuil qu'il a fait ses premiers vers.

Uimpasse Boileau, dont la formation remonte au commencement du cix* siècle et dont rentrée se trouve au n" 98 de la rue Boileau, a été ainsi iënommée par arrêté préfectoral du 1"'^ février 1877; on l'appelait précédemment * impasse des Pauvres » ; sa moindre largeur est fwéi} à 5"*, .'>().

A Tangle du boulevard Exelmans, n° ^5, et de la rue Boileau, se trouvait la maison du célèbre statuaire Carpcaux (;*>) ; elle a été démolie en 1898.

Au n? 78 de la rue Boileau se trouvait la villa Bamhoul, située entre cette rue et le boulevard ?]xelmans; elle avait été formée en 1803, sous le nom de villa Saint-Allais; le nom de fantaisie de « Bamhoul » lui avait été donné par MmePlanteau, devenue propriétaire, en 1877, de celle voie privée, qui a été ensuite dénommée u villa Exelmans » et est actuellement remplacée par la rue Blanchon (rue Boileau, 7(5, et boulevard Kxelmans, 35) ; ce nom est celui d'un directeur d'établissement médical, situé dans cette rue.

Au n* 34 de la rue Boileau, M. l'architecte 11. Ouimard a construit, en 1891, un hôtel orné de motifs en terre cuile et de faïences émaillées à riches dessins polychromes.

Les écoles normales du département de la Seine sont établies à Auleuil et à Batignollos ; celle d'Auteuil, qui forme les instituteurs primaires, occupe un espace compris entre la rue Boileau, la rue Molitor et la rue Chardon Lagache ; elle est contiguë à l'école Jean Baptiste-Say et elle a son école annexe rue Boileau n* 23. Ainsi que cela a été dit ci-dessus, page 172, les deux écoles étaient

(i) Voir larlirlo «le M. riabillol sur In in.iison «lllnborl RoImmI à Auleuil p. 8o du Il« volume du Bulletin).

{•2) Voir aux annexes (p. /jjS) larlirie de M. Antoine (înilloi^^, rendant compte de l'ouvrage de M. Gahillol : fluberl Roherl et son lemps.

(3) Les travaux d'appropriation <Ie la nouvelle mairie d'Auteuil furent atljugés le 3 octobre i843; Tbôtel où elle avait été installée fut payé en plusieurs termes, dont le dernier a été soldé par la commune en juillet iH'17.

Les mairies d'Auteuil et de Passy ont été supprimées par suite de l'annexion et remplacées par la mairie du XVI' arrondissement, (jui est en façade sur l'avenue Henri-Martin et sur la rue de la Pompe, l^e projet de cette nouvelle mairie, dressé par M. l'architecte (îodbeuf et montant h •?..iif^().'jCri francs, a été approuvé le aS décembre ïHôft. Elle a été construite : i® sur un terrain de 8.^90 métrés carrés, ac(piis de M. de Las Cases, moyennant 2<>i.783 francs, suivant acte passé par M° Delapalme, notaire ; a^ sur un terrain de 4s mètres carrés, cédé par M. (lail, aux termes d'un acte d'échange passé par M« Ancy, notaire : 3* sur des terrains provenant <les expropriations faites, suivant jugement «lu :>•;» mai 1860, pour le percement de l'avenue. Les travaux ont été commencés en i8t'>7, interrompus par la guerre et repris en 1875; ils ont coûté •.>.3/|0.ooo francs.

Cl) Voir p. 'ij'i' l'article de M. Emile Potin intitulé .. l'n Ami (l'Alfred de Mu^isel >» et ■p. 'iT^'O 1**^ conununication faite par M. Anloim» Ciuillois sur le même sujet. Voir également l'article de M. de lUissy intitulé:/.// Muse au bois d'Auleuily page \-a du IIP volume du /i///lelin.

r> Voir (p. 47tV l'article de M. ÉFuile Potin intitulé : Auleuil (jui n'en m. Ce! article est reproduit aux annexes.

*#>m w ^ vi'i» Ui ^ MOI u\r «*iiir .»i i Testai i !sst» av^abuf mejecxif fndM fj^ ;;# ^vUft^ fK u \^nr^ "lOiDUf-sar t iMfiUKiir ou. veuc ^ftf '*ticp«^ pt

;^r|r^ V»* -«^ 'v:»*'*ù. Di l'^T* «miuciaBf«tiiittar ce ^^dr». 'M?nBn «l fuûrt DBI; *>^t*^ inuvn. fiuutf^ «JuiftiiH^ «fuu!^^ fit .' irrrrusF^ i nnturaK BJ&snfoMi

iM^.*séux^^vf 41^ u)?»^:«^j»:-^..'^'4Ç^^«e.iiaÉiier«v«ttse lie Versait

r^V^^ /HTi'^/w»: 4^ l>T>rî,>^ ^t k Stûe. â X^Tià da post Minbeaii.it V'^i>^ tk y/m^, '^ \*ri 4 X'j^Jtrfâiï Z . Lk lui ds lu aTril Idùl y a aaloriséh f^f^y^^^y/u 6^ **T^'¥:^ 4f: 1 acttwrDfte p'^^p^ â fea de ClMiUot diariéslt f^m"^*-^ >^ ^ ix 4^ la S^icMr au r^^nr^'jîr d oà dles reparteot poer itrt ^¥**$'pi/'A^*. &^u* l*r \\ I' arr>Ddb^>eiBeot.

I,^l;ïira3f^ t\^iXrn\n*: a tUr installé à rareaue de Versailles, »>^ I sn^ffrï^U'^u 4ofiUèf: par l'arrêta pn^fecioral do a avril 1900.

I.^^'>^/I^ mHuif:\\9H\H de Tareoue de Versailles éUil fréqaeatée, aa ^ $$i^WÂrm^Jii drj %x ' -f^:!^ par deux ceot Irenle-su jeunes filles.

(,/i'UVi*î 'l<î Ihff^ifiihWUi i\u travail se trouve au n" 5± de Tavenuedc ^^' H4i\\tr*.. hhu Util #r*-t fin fournir aux per^oBoes sans ouvrage un travail p^"^ té/itf, /|Mi l^îur \9é*rmf\ de vivre, sans avoir recours à l'aumùoe, en allei*"*" U'. wotitttftl hii i',\W,^. j^ourronl trouver un emploi. L'établissement ne les t^ t\u*' \f**\u\iîu\ «iiKî \tt:vitpiïit cl au plus il) jours: on y prend note de leurs ^P lMdi'4 lîl on H vihnt'Ât de le.s placer.

I; Vou MrM' rM»l#' <l#' M, Anfoin»' (iijilloi-i sur remplacement de la justice de? ^ f/»iii« /i Aii(<'(iH; *'ll<* **'• lroiiv«* (l;jriH un ;irlirle <l^jà cité du même auteur. ,^|

i t) Voir /Mi« /ififH'kf'H '(i|», '178 et hh.) I.'i noie sur les demeures de Gavami et tU' M lin. l'olin : Auh'ull ffui ë'en va^ niKiiiel il a été déjà renvoyé. . ^

'.'1/ Vol» mon /irijrir niir ji* HiTvice «los eîiu:f dans le XVI» arrondissement, ^* ^ I/M'llrl»' <|<' M. I,, Mur wur r/inricinnr |)onipc h feu de Chaillot; ces deux aiiic»^^ rilf», 4onl r«'|H'o(lniU niix nnnexen (pp. 3(/i cl 4'-^).

Histoire des rues établies à Auteuil depuis 1800

jusqu'à Tannexion.

Auteuil resta à peu près stationnaire pendant la Révolution et fit peu de progrès sous le premier Empire; mais, après les guerres, les rues déjà bordées de propriétés se peuplèrent peu à peu, les champs disparurent sur divers points, et plusieurs voies publiques à l'état de chemins se transformèrent en rues.

En l'an X, le chemin du Point-du-Jour à Hillancourt fut élargi, débarrassé des eaux stagnantes et forma la rue de Billancourt^ classée sous ce nom par arrêté préfectoral du :25 prairial an X. Les alignements de cette rue ont été fixés par les arrêtés du 13 février 1838 et du IG juillet 1855, portant la largeur légale de 8 à 10 mètres. En 1848, la commune d'Auteuil a fait exécuter des remblais sur la rue de Billancourt, pour donner de l'ouvrage aux ouvriers nécessiteux (1). En raison de l'augmentation de la population aux abords de Favenue de Versailles, les trottoirs de la rue de Billancourt furent mis en état de viabilité, suivant un arrêté du 17 août 1880, autorisant une dépense de ii.^K) francs.

A partir de 1808, le conseil municipal, à raison du développement des constructions, s'occupa très activement des mesures à prendre pour améliorer et assainir les voies publiques, ainsi que pour élargir ou régulariser, par voie d'alignement, celles où habitait la partie la plus dense de la population.

La rue Jouvenei occupe l'emplacement d'un chemin très ancien et sinueux; elle s'appelait précédemment rue de la Réunion et ligure sous ce nom au cadastre de 1823 ; mais elle existait dès le commencement du xix* siècle, car Tarrêté du !•' avril 1808, prescrivant l'ouverture d'une rue nouvelle, qui s'est appelée sous le premier Empire rue d'Iéna, porte qu'elle ira de la rue de la Municipalité à la rue de la Réunion (2). Dans sa séance du ."> août 1859, le conseil municipal proposa de lui donner le nom de M. Jehannot, ancien

(i Sur la rue de Billancourt, la cuminuno trAnleuil a dispensé CàVj francs en i833 pour 6tablirt^»eInent de caniveaux, y.iiîo francs en i83y pour pavage de celle rue et de celle de la Demi-Lune, et 5.8o3 francs ù la m(>nie époque pour travaux de nivellcnienl et d'assainissement.

(2) Voir ci-après l'historique de la rue <le Musset. Les alignements de la rue de la Réunion ont été fixés par l'arrêté préfectoral du i3 février i838.

maire; cette proposition n^a reçu aucune suite, et la dénomination actuellede la rue Jouvenet lui a été donnée, par décret du 24 août 1864, en mémoire do peintre Jean Jouvenet (1(H4-I7i7), qui se fit connaître dès Tâge de diineuf ans par un tableau appelé « la Ouérison du Paralytique », autrefois à h basilique de Notre-Dame de Paris. 11 entra en 1675 à l'Académie de peinture, sur la présentation de Lebrun. On lui doit plusieurs tableaux qui ornent le musée du Louvre, ainsi que des peintures de la chapelle du cliâteau de Versailles. Devenu paralytique du côté droit, il s'exerça à peindre de la main gauche, et c'est de cette main gauche qu'il fit, pour le chœur de l'église de la Visitation, le tableau appelé Magnificat.

L'école municipale de la rue Jouvenet était fréquentée, au commencement du xx'^ siècle, par 274 jeunes filles.

L'impasse Jouvenet, qui débouche dans la rue Jouvenet à la hauteur de la rue Lancret et qui est aussi ancienne que ces deux rues, se nommait précédemment impasse de la Réunion et a reçu sa dénomination actuelle par arrêté du 27 mai 1881. Sa largeur a été fixée à 8 mètres par arrêté do 13 février 1838. Elle a à peine 30 mètres de longueur.

La rwe Lancret, autrefois impasse ou passage des Miracles, est également fort ancienne (1) et a reçu sa dénominatic; \ actuelle, par décret du 24 août 1864, en mémoire du peintre Nicolas Lancret (1691-1743), qui fut condisciple et ami de Watteau dont il suivit les conseils et fut reçu en 1719 à PAcadémie de peinture, sous le titre de « peintre des fêtes galantes ». On connaît de lui au moins 80 tableaux, reproduits fréquemment par la gravure ; beaucoup d'originaux sont au Louvre, à Dresde et dans les palais du roi de Prusse ; on a po voir ces derniers à l'Exposition universelle de 1900 (pavillon allemand).

La rue de Musset s'est appelée d'abord rue d'iéna, puis rue Benoit. Un arrêté préfectoral du 1*^'' avril 1808 ordonna l'ouverture de la partie de celte rue comprise entre les voies qui portent actuellement les noms de me C.hardon-Lagache et de rue Jouvenet ; cette section a porté d'abord le nom de rue d'iéna. Le docteur Lacroisade, qui avait succédé à M. Benoit comme maire d'Auteuil, demanda qu'il fût interdit de bâtir des maisons sur le tracé du prolongement de la rue d'iéna, projeté vers la rue Boileau ; radministration déclara, le 25 novembre 1814, qu'elle ne pouvait pas empêcher les propriétaires de bûtir, tant que ce prolongement n'aurait pas été régulièrement et définitivement autorisé. En 1810, après la mort de M. Benoit, qui fut maire d'Auteuil de 17î)3 à 1813, remplit ses fonctions avec beaucoup de zèle et fit exécuter divers travaux d'intérêt général, le nom de rue d'iéna fut changé en celui de rue Benoit. La partie de la rue de Musset comprise entre les rues Chardon-Lagache et Jouvenet (ancienne rue d'iéna) figure seule, sous le nom de rue Benoit, au plan cadastral de 1823. Le prolongement, entre la rue Jouvenet et la rue Boileau, qui avait été projeté avant la fin du premier Empire et fréquemment sollicité par la municipalité d'Auteuil, notamment par une délibération du 5 mai 1825, n'a été autorisé que par l'ordonnance royale du 23 décembre i83î», maintenant pour l'ensemble de la rue Benoit une largeur légale de 8 mètres. Ce n'est qu'en avril 1841 que M. Molin, alors maire d'Auteuil, a acheté les terrains nécessaires pour réaliser ce prolonge-

(i Lo< nliiînomonls do la vue LaïuTot ont (Mo fix<>s par arrêté du ay septembre i837,et coxxx (le la rue Jouvenet par arrêté «lu i3 février i838.

RUE PIERRE-GUÉRIN igS

ment ; une indemnité de 975 francs a été payée en 1842 pour ces terrains par la commune aux hoirs Reculé. Une somme de 10.100 francs a été dépensée en 1880 pour achever la mise en état de viabilité de la rue de Musset, ancienne rue Benoit, qui a reçu sa dénomination actuelle, par décret du 24 août 1864, en mémoire du poète Louis-Charles-Alfred de Musset (1810-1857), élu académicien en 1852 (1).

L*école municipale de la rue de Musset était fréquentée, au commencement du XX* siècle, par 350 garçons.

La rue Pierre-Guérin (2) a remplacé la sente des Vignes, qui est devenue ensuite la rue des Vignes. Cette sente réunissait, de même que la rue des Perchamps, la grande rue à la rue de la Fontaine, en longeant à gauche les murs du parc de Boufflers et à droite les nombreuses vignes qui recouvraient alors le coteau montant vers Passy : jusqu'en 1870, on voyait encore des vestiges de ce vignoble, ou tout au moins de nombreuses tonnelles dans de petits jardins, séparés par des treillages, sur les terrains situés entre les emplacements occupés actuellement par la rue Chardon-Lagache et la rue du Docteur-Blanche; de nombreux sentiers bordés de haies serpentaient dans cette région.

La rue Pierre-Ouérin se prolonge en impasse, sur une longueur de 90 mètres à partir de la rue de la Source; le surplus de la longueur de cette rue peut être divisé, au point de vue historique, en deux sections distinctes, dont la première va de la place des Perchamps à la rue de la Source, et la seconde (qui constitue une sorte de prolongement de la rue Boileau) va de la rue d*Auteuil à la place des Perchamps.

La première section, qui remplace Tancienne sente des Vignes, est de beaucoup la plus ancienne ; il résulte d'un alignement, délivré en 1810, que cette sente n'avait alors qu'une largeur de 2 mètres ; un arrêté de 1822 a fixé la largeur légale de ladite sente à 12 pieds. La municipalité d'Auteuil voulait délivrer les alignements de manière à donner à cette voie une largeur de 8 mètres, ce qui motiva des contestations avec les propriétaires rive rains. Le préfet de la Seine fit observer que la conversion d'une sente en rue ne pouvait être légalement acquise que par l'approbation d'un plan général d'alignement. Il déclara que, par application de la loi du 28 février 1805, le classement de la sente en chemin vicinal ne permettrait pas de lui donner une largeur supérieure à 6 mètres ; enfin, que la largeur de 8 mètres, demandée par le conseil municipal d'Auteuil, ne pourrait être réalisée que si une ordonnance royale convertissait plus tard le chemin en rue. Conformément à une délibération prise le 23 août 1823 par le conseil municipal d'Auteuil, l'arrêté préfectoral du 8 mars 1825 classa et aligna le chemin vicinal, dit sentier des Vignes, avec une largeur de 6 mètres. L'arrêté du 27 septembre 1837 a donné au sentier des Vignes le nom de rue des Vignes, en lui assignant une largeur minimum de 8 mètres ; enfin, le nom de rue Magenta a été, comme on va le voir, donné à cette section, ainsi qu'à la seconde, pendant quelques années.

(i) Pour le rti^jour <lo Miiss<'l à AiiUniil, voir c«» i|iii a clô ilit ri-dossns, à la (in <lo rhi!<toriquo de la rue Hoiloau, pa^o IS7.

{'i! Les aligncincnU ont été réiçUVs par Tarri^té du 8 mars iS-A pour la parlio comprise entre la plaee des Perchamps et la rue de la Source, à u> mètres de largeur par l'arriMé «Ju 3o juin iSTiG pour la ])artie comprise entre la place des Perchamps et la rue de la S^mrce: ces alignements ont i^h^ modith^s par le «lécrel du i5 juin i8sr>.

194 HISTOIRE DU XVI® ARROxNDISSEMENT

L'ouverture de Li seconde section, sous le nom de rue Neuve-Boilean^a été réalisée en 1850, à la suite de Tapprobation donnée par délibération rnonicipale en date du 1*' février de la même année, à un projet d'échange de terrains entre la commune d'Auteuil et M. Boudon, cédant 1.300 mètr» carrés pour ouvrir cette nouvelle rue, avec une largeur de 10 mètres. EnTerti d'une délibération prise le 8 juin 185^ par le conseil municipal d*Auteuil,le nom de rue de Magenta a été donné non seulement à la rue Neuve-Boilean, mais encore à une partie de la rue des Vignes (1), en souvenir de lavictoiR remportée le i mai 1859 par les Français sur Tarmée autrichienne. Ledécnl du il septembre 1809 a supprimé, à Auteuil, le nom de la rue des Vigneset celui de la rue de Magenta et a donné à cette voie sa dénomination actudk. en mémoire du baron Pierre- Narcisse (îuérin (1774-1833), peintre d'histoiit. professeur à Thlcole des Beaux-Arts, (|ui fut nommé membre de rinstitut en 1815 et a été directeur de l'Académie de Home de 1822 à 182î>. — Descandélabres et becs à in<*an(lcscence ont été installés, en décembre 1899, i b rue Pierre-Ciuérin.

Tne ordonnance royale du 27 septembre 1825 a autorisé rétablissemeit du pont de Grenelle (2;, qui est divisé en deux parties par l'tle des Cygnes, séparant la gare de (irenclle du bras droit de la Seine, et qui donnait passage à la route départementale n" 10, reliant la rive gauche de la Seine (Montrouge. Vaugirard et (irenelle) à la rive droite (Auteuil, Passy et Neuilly). Lestravées métalliques (fui ont remplacé, en 1875, l'ancien pont en charpente, ont été exécutées dans les ateliers de la maison Cail. Le passage conduisant aox pontons des bateaux parisiens (station du pont de Grenelle) a été élarp en 1898. La Chaussée du pont de (Irenelle, voie qui conduit au pont et accède H l'avenue de Versailles, est bordée de maisons de rapport.

La partie gauche de la section de la rue de Boulainvilliers, qui se troare comprise entiv les abords du [)ont de (îrenelle et le carrefour où aboutissent les rues La Fontaine», de TAssoniption et Haynouard, dépend d'AuteuiLle surplus de cette rue appartient à Passy. Llle doit son nom au château seigneurial de HouiainvilliiTs. La section de la rue de Boulainvilliers qui. dans le voisinage du pont de (Irenelle, forme limite entre Passy et Auteuil. sajh fM^lait autrefois avenue de Bonlaiiivilliers et était empruntée par la roate départementale n" 10 de Montrouge à Neuilly.

On peut citer, |)armi les voies datant du premier tiers du xix" siècle, les rues I)ésaugi(4's, de la Source, .lasmin, Téniers, Van-Loo et le quai <1 Auteuil.

La rue iJésauyiers y,]) est une voie minuscule qui va de la rue d'Auleuilà la rue du Buis : elle s'est appelle d'abord rue des Bons-Enfants et a reçu a dénomination actuelle |)ar décret du 2iaoiU 180i, en mémoire du chansonnier Marc Antoine Madeleine Augier, dit des .Vugiers (1773- 1827), dont la verre «•iHiple t't féi-oiule s'exhalait en joyeuses et bouffonnes chansons, parmi lesquelles ou peut citer Cadet Buleux, Monsieur et Madame Denis. Il a com-

1 Lé 10 iiovcmhn» iMr»<»j lo toiwtMJ iiinni(-ip;il <rAuteuil a autorisé rélal»li'^?^in*iO «1 un»* «li.ni-i-i'r «Miiiiij'nv»' avrr (.uiivcaiix «M honliiivs do trottoir.^ danâ In rue de* ViiD^s

• \ «m nia iiolo intitnl»'** : « la S<mih' rnlic h» pont d'Iéna ot lo viaduc d'Auteuil •; ^'^ l'-t iii-ôii'<' aux aniK'\<'H p. 'Mk% .

^ L*'< aliiiiuMiHMils (Mit r\c \\\rri \un\v la vwo I)('*?>aiii;ior9 comme |)our le# rue^ Venfcivl i-'t du bjiiî-, «Iniit l'Il»' rr*\ \ni>iiu», par lai'nMr du :»7 r^optembre i837i

RUE DE LA SOURCE igB

posé beaucoup de pièces de thé.1tre, entre autres : les Petites Danaïdes, ta Chatte merveilleuse, M. Vautour. Il dirigea le Caveau moderne et devint, en 1813, directeur du théâtre du Vaudeville. Nodier a dit de Désaugiers : « Malin sans méchanceté, il a fait rire aux dépens de tout et ne s'est jamais permis de faire rire aux dépens de personne. On ne saurait ni compter ses épigrammes, ni lui en reprocher une seule. II a exercé la critique sans blesser et le pouvoir sans nuire. » Un buste lui a été élevé à Fréjus, sa Tille natale.

La rue de la Source et la rue Jasmin, précédemment nommée rue de la Cure, sont à peu près parallèles et ont succédé à d'anciens chemins publics qui existaient au nord de la rue La Fontaine ; ces chemins étaient fort étroits. Le nom de rue de la Cure est attribué en raison de la vertu curative que possédaient les sources d'eaux minérales, découvertes dans les vignes d'Auteuil. Au-dessus des glaises, chargées de pyrites et de cristaux de gypse, qui constituent une partie du sous sol d'Auteuil et de Passy (1), il existe une nappe d'eau chargée de sulfate de chaux et de sels de fer ; c'est de cette nappe que provenaient les sources, traversant les sables ocreux qui surmontent l'argile. Une d'elles existait dans le parc de la villa Montmorency; une autre portait le nom de source de la Vigne ou source Joseph et alimentait une fontaine dans la grande rue; la source Quicherat, découverte en I84:i,a été exploitée jusque vers 1894, au !!• 4 de la rue de la Uure. Les tranchées exécutées pour la construction d'égouts et de maisons particulières ont à peu près complètement tari ces sources.

La rue de la Source a remplacé une sente dite des Vignes, pour laquelle le conseil municipal avait proposé, le :23 septembre 1824, d'approuver un plan d'alignements, avec 6 mètres de largeur ; cette voie est indiquée sur le cadastre de 18:23. Le 10 octobre 1827, M. Kvrard, alors maire d'Auteuil, demanda au préfet qu'elle fût convertie eu une rue de 8 mètres de largeur, portant le nom de rue de la Source, afin que les constructions projetées par les riverains fussent bien alignées ; il a été donné satisfaction à cette demande par Tarrété du 28 janvier 1828, classant la rue de la Source avec une moindre largeur de 8 mètres.

La mise en état de viabilité des parties de la rue de la Source comprises entre la rue Pierre-Guérin et la rue Halïet, ainsi qu'entre les rues Mozart et Ribéra, date de 1878 et 187i) et a coûté 33.000 francs (2). On a complété ce travail, en 188D, par la mise en état de viabilité de la partie de la rue de la Source située entre les rues Rafïet et Mozart, moyennant une dépense de 23.250 francs.

Le prieuré des Bénédictins de la congrégation de Saint-Maur, établi depuis 1893 rue Garancière, puis rue Vaneau, a été transféré, en 1895, au n** 5 de la rue de la Source, dans Tancienne propriété de feu M. Perrichet. Les Bénédictins, n'ayant pas cru devoir demander au gouvernement d'autoriser leur congrégation, ont quitté, en 1001, la maison qu'ils occupaient à Auteuil.

L'ancienne rue de la Cure, dont l'assiette a été profondément modifiée par suite du percement de la rue Mozart, avait remf)lacé une partie de la sente de

(i) Voir, pour les eaux d'Autciiil, h In page o?, du I" volume du Ballelin, rarliclc de M. le docteur Raymond sur les origines des eaux de Passy et d'Auteuil, et une note 8ur le service des eaux dans le XYl^ arrondissement, insérée aux annexes ( p. 3</>).

(2) Os travaux ont été exécutés sous la direction de M. de Kontange, ingénieur en chef, de M. Bartet, ingénieur,* et de M. Lomprcz, conducteur des ponts et chaussées.

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