‹ Histoire du XVIe arrondissement de ParisChapitre 30 sur 128 · HUE TENIERS I · texte numérisé non relu

HUE TENIERS I

la Glacière, qui allait jusqu'à la rue Pajou. Cette ancienne rue de la Cure commençait à la rue de l'Assomption ; mais, en 1877, la partie comprise entre cette dernière rue et la rue Mozart a été supprimée et son emplacement vendu à un propriétaire. Un décret du 2 mai 1881 a fixé les dimensions, avec moindre largeur de 6 mètres, de la partie qui est située entre la rue Mozart et la rue de TYvette et qui, actuellement, porte seule le nom (1) de rue de la Cure; les travaux autorisés par ce décret du 2 mai 1881 furent terminés en 1885 et ont coûté 119.000 francs. Une autre partie de l'ancienne rue de la ('ure, comprise entre la rue de la (^ure actuelle et la rue Jasmin actuelle, a été supprimée par décret du 8 novembre 1883, fixant une moindre largeur de 12 mètres pour la section de l'ancienne rue de la Cure comprise entre la rue Rafifet et la rue de l'Yvette. Enfin, le décret du 3 décembre 1885 a donné à cette dernière section le nom de rue Jasmin, en mémoire du poète languedocien Jaquon Jasmin (1798<1864), qui a ressuscité la langue des troubadours et est resté toujours fidèle, malgré ses grands succès poétiques, à son état de perruquier, à Agen.

Par délibération en date du 7 mai 1809, le conseil municipal d'Auteuil demanda quele chemindu Bac, conduisant à la Seine, presque en face de la rue d'Iéna (récemment ouverte et actuellement nommée rue de Musset), fût rendu praticable aux voitures et que le passeur fût obligé de tenir constamment son bateau, à Tusage des passagers, devant ce chemin du Bac. Il figure au plan cadastral de 1823, sous le nom de rue du Bac (2). Le décret du il septembre 1869 donna à la rue du Bac, une des plus déclives de Paris, le nom de rue Van-Looy en l'honneur d'une famille de peintres hollandais qui se fixèrent en France et dont le plus célèbre est ('.harles-André, dit Carie Vanloo (1705- 1765) ; il fut chargé par le duc de Savoie de faire le portrait du prince de Carignan, qui devint son protecteur et lui paya son voyage et un long séjour en Italie. Il se fixa ensuite en France, où il obtint un fauteuil à TAcadémie en 1731, le titre de premier peintre du roi et la direction de l'École de peinture. Il a fait les portraits de Louis XV, de Marie Leczinska, de Mme de Prie ; on cite parmi ses tableaux : Diane ei Endymion^ Saint Pierre délivré de prison, Henri III recevant les chevaliers du Sainl-Espril, Henri If! sur son lit de mort [collection du marquis de Biencourt), Charles IX (château de Chambord). Les Van-Loo ont donné trois générations de peintres.

La rue Téniers, qui va, comme la rue Van-Loo, de Tavenue de Versailles au quai d'Auteuil, n*a qu'une largeur de i",î)5; c'est une voie non classée, appartenant à la Ville de Paris ; elle s'est nommée d'abord sente, puis rue de 1 Égout, parce qu'elle prolonge un égout. Klle ne peut servir qu'aux piétons et on y descend par un escalier de l'avenue de Versailles. Elle a porté ensuite le nom de rue (.allot et a reçu sa dénomination actuelle par décret du 11 septembre 1869, en mémoire de peintres célèbres : David Téniers, dit le vieux (1582-1649), qui a peint surtout des scènes villageoises, et son fils, David Téniers, dit le jeune (1610-168.%), qui fut élève de Hubens, professeur de Don

'1; II existe, en outre, rue Haffet, iS-iT), une ruelk de la Ciire^ on proNuiffeiuenl de la rue Jnsniin, (|ui était autrefois une partie de Ja rue de la (hire: celle ruelle n'a que i>",rio de larjreur et 3o mètres de hmijueur.

i'2) Le conseil municipal d'Auleuil a volé, le S février iS',r», un crédit de i.3<K) francs pour la construction d'un mur «le soutènement. Les alignements de la rue Van-Loo ont été fixés par le décret du 4 février 1884, avec largeur de 8 mètres.

200 HISTOIRE DU XTl* ARRONDnSEMENT

K mètres la largeur de la voie publique. — Un égout a été construit, en 1859, 801JB la rue Cuissard ; ce travail a coûté 2().4i6 francs.

Le chemin vicinal des Pâtures ou de la Prairie, qui avait son origine à la rue de Boulainvilliers, avait (>00 mètres de longueur, tandis que la rué Félicien David, qui commence à la rue Gros, n'en a que 450 : cela tient à ce que la partie comprise entre la rue Gros (alors rue de la Fontaine) et la me de Boulainvilliers a été supprimée en 1861, époque à laquelle la Ville de Pansa établi sur cet emplacement, qui est riverain de la rue de Boulainvilliers, qq dépôt de pavés et des magasins ; en vue de cette installation, elle avait acheté H ares et r>3 centiares de terrains, pour 31G.000 francs, à MM. Moity et Massol, par acte notarié du 3 juillet 1801.

Le décret du 24 août 1864 a remplacé le nom de rue Cuissard par celui de rue Ilérold, en mémoire du célèbre compositeur Louis-Joseph-Ferdinajid llérold (17911833), élève de Méhul, qui a donné Zampa, en 1831, et le Préaud'Clercs. en 1832. Son nom a été attribué, par décret du 21 février 1881, à la rue d*Argout (précédemment rue des Vieux- Augustinsu parce qu'il est né dans la maison portant le n'' 10 de cette rue. Comme il est de principe que doux rues de Paris ne doivent pas porter le même nom, ce décret de 1881 a remplacé, à Auteuil, le nom d*Hérold par celui du compositeur Félicien-César David ^810-1876), qui alla avec les saint-simoniens en Orient. On lui offrit au Caire, la place de professeur des beautés du harem, mais sous la condition qull se serxirait des eunuques comme intermédiaires, c'est-à-dire que le professeur devait enseigner la musique aux eunuques, qui se chargeraient de transmettre ses sages et utiles conseils aux épouses du vice-roi. Félicien David refusa de donner ainsi des leçons par procuration ; à son retour à Paris, il tvrivit h Siimphonie du Désert, qui eut un grand succès et le mit hors de pair : on lui doit, entre autres œuvres, les opéras de Chrisiopke-Colomb et de /•: Perle ihi BrèsiL ainsi que l'opéra-comique Lalla-Rauck,

l>e< becs à incandescence ont été installés, à la rue Félicien-David, en juillet 1^^».

La rue Fri:nçois'Gér(inl se nommait précédemment rue des Planchettes: rllf a n luplacë un chemin dont le tracé figure sur le plan de Roussel. Des trv:ît'ir> y nnt été construits, en IH.%8 et 1H39. Larrèté du ±7 septembre 1837 r\ aÎî nxf la lanreur léirale de cette rue à 8 mî*tres ; mais le décret du tl janlitT l^'tî a ri.ibli les alisrnemfnts avec une moindre largeur de 12 mètres -.i'^r i.-. j.srtir comprise entre la rue d'Auteuil aujourd'hui rue de Rémusal) t : r :-:.e de K) Munioi[xtlité aujourd'hui rue Chardon-La^rache . Par déiirr.-:: l iu IT décembre IST»:*. le conseil municipal dWuteuil a demandé i '. .i.r-i:::r.v quf W nom de rue df> Planchettes fût remplacé par celui jt r,.r Fr.-.z-.i^ «•t-ranl, comme temoiirnaire de gratitude publique pour la iLtn.-irr i- ;^iîi:re d histoirv l« qui avait résidé pendant plus de vingtl: i.1- .- \-:r -i. ; Otite nouvelle dénomination a été prescrite par le décret 1.1 1 : :v.- :.t : .r:»:i Fr.tn- oi>-PasL.al-Simon Gérard 1771-1837» fut élève 1: I :: : X — :1:tu i enfuies tel> que •îirLtdêl et Gros : il a fait les portraits i'*-? :t tin.trf i- : nimeccèmeni du x.x' sieek : le ccaeial Hoche. le maré- :iii> >.•*.: V -f Kt\^^:i;irr. L:ui> Wlll, !e ^JMtal For, Cano%'a, Ducis,

:• 'i.* -•: '^:. ■— • .- :•- r. :. Yr: :■,- > vV:-.-£ri « AsMvJLîjrtiole ^ëjà càté Uc M. L.

RUE DE l\sSOMPTION 201

Mme de Staél, Mlle Mars, Talma ; aussi avait-il été surnommé le peintre des rois et le roi des peintres. On lui doit beaucoup de tableaux, notamment BélisairCy Psyché, la Bataille d'Auslerlitz^ VEnlrée d*Uenri IV à Paris, Sa maison de plaisance, à Âuteuil, était située sur remplacement de Thôtel seigneurial des Abbés de Sainte-Geneviève.

Samson, sociétaire de la Comédie-Française, a demeuré au n"^ 2 de la rue François-Gérard ; il eut le prix de comédie en 1812 et compta, parmi ses élèves, Mlle Rachel et les deux Brohan.

La rue de l* Assomption, précédemment chemin et rue des Tombereaux, sépare le territoire d'Auteuil de celui de Passy (i). Le nom du chemin des Tombereaux provient de ce qu'il servait de passade aux charrettes que Ton déchargeait aux fortes terres d'Auteuil. Il figure sur le plan de Roussel, auquel il est bien antérieur, puisqu'il a servi de limite à la paroisse de Passy, dès sa fondation, en 1672. Avant le xix^' siècle, il était renfermé entre deux murs, celui du parc de Boulainvilliers et celui des jardins du château de la Tuilerie, et, comme il était étroit, il se trouvait complètement ombragé par les branches des arbres de ces deux vastes propriétés. 11 fut porté en tableau de classement des chemins vicinaux d'Auteuil, approuvé le 2 août 1837 comme chemin vicinal n" 1, de 850 mètres de longueur et 7 mètres de largeur légale, entre la demi-lune de Boulainvilliers et les murs du bois de Boulogne. Par délibération du 15 février 1854, le conseil municipal d'Auteuil a approuvé une ollre des propriétaires riverains, consistant à fournir une souscription de 2.780 francs et à céder gratuitement les terrains nécessaires, sous la condition que la largeur serait fixée îi 10 mètres ; l'arrêté du 6 juillet 1855 a effectivement porté la largeur légale de 7 à 10 mètres. Des travaux, adjugés en 1855 et terminés en 1857, rendirent la rue immédiatement praticable sur une largeur de 8 mètres, étant entendu qu'elle serait portée à 10 mètres par voie d'alignement, au fur et à mesure de Térection de constructions par les riverains. Ces travaux ont coûté 9.6(X) francs ; une subvention départementale de 4.000 francs était venue s'ajouter aux fonds de concours donnés par les propriétaires riverains et le surplus de la dépense a été partagé également entre la commune d'Auteuil et celle de Passy.

11 a été dit ci- dessus, dans l'historique de la rue La Fontaine et du château de la Tuilerie, que ce dernier a été acheté, en 1855, par la communauté religieuse de l'Assomption. Cette belle propriété se trouve sur le côté gauche de la rue et, par conséquent, sur le territoire d'Auteuil ; elle renferme un très grand parc et sa superficie s'élève à i9.071) mètres carrés. C'est vers 1846 que Mlle Eugénie Meilleret de Brou a créé, avec Monseigneur Affre, archevêque de Paris, l'abbé Combalot et le Père d'Alzon, la congrégation des Augustines de l'Assomption, dont le nom a été donné, vers 1851), à la rue qui nous occupe. Cet ordre, dont la maison mère est au couvent d'Auteuil, a de nombreux établissements dans le monde entier; la reine Mercedes, première femme du roi d'Espagne Alphonse XII, était une ancienne élève du couvent d'Auteuil.

Le monastère des dames de l'Assomption a été construit en 1850 et 1857, sous la direction de M. l'architecte Verdier. Le domaine de ce couvent a été mis en vente, à la requête du fisc, en 1901, pour refus par la congrégation

(i)Voir les indications données ci-dessus, dans riiislorique de la rue La Fontaine, au sujet du château de la Tuilerie, page iSi.

d'acquitter les droits d'accroissement. A la suite d*une première adjudication, il avait été adjugé pour 1.060.000 francs à M*» Charveau, avoué; mais une surenciière s'étant produite dans les délais légaux, le domaine a été rem» en vente sur une mise à prix de 1.213.314 francs adjugé définitivement i M" Charveau pour 1. 400.000 francs; la congrégation continue à occuper rimmeuble.

Au 38 de la rue de TAssomption se trouve l'entrée des élèves du lycée Molière, lycée de jeunes filles, qui n'admet que des externes et des demipensionnaires. Ce lycée, quia son entrée principale rue du Ranelagh, n*71, a été créé par décret du 6 août 1888 et inauguré le 8 octobre de la même année. Il est administré par l'État et s'étend sur une superficie de plus de 9.000 mètres carrés, ('et établissement renferme une classe enfantine pour les jeunes filles ! (le six f^ sept ans, une classe élémentaire, trois classes préparatoires pour te jeunes filles de sept à douze ans et cinq classes d^enseignement secondaire. Le diplùnie de iin d'études secondaires délivré par ce lycée permet aux jeunes filles qui eu sont munies, soit de se présenter aux concours d'admission aux écoles normales de Sèvres et de Fontenay-aux- Roses, soit de se mettre en instance pour obtenir un emploi d'institutrice primaire ou de maîtresse répétitrice dans les lycées et collèges de jeunes filles.

La rue Le Marois est une partie de l'ancien chemin du vieux pont de Sèvres, converti ensuite en route départementale. Le décret du 2i août 1865 a donné h cette rue son nom en l'honneur de Jean-Léonor-François, comte Le Marois (177()-183()), qui fut élève de l'école de Mars en 1794, se distingua comme aide de camp du général Bonaparte à Lodî et à Roveredo et fut chargé de porter au Directoire les drapeaux conquis sur les Autrichiens à Arcole. Colonel îi Marengo, général de brigade en 180i, il fut nommé général de division après la bataille dWusterlitz ; il fit la compagne de Russie et défendit glorieusement Magdebourg.

La rue Le Marois a été munie, en 1899, de trottoirs réglementaires.

La rue Ciuude-Lorraifu i)récédemmeut allée du Cimetière, puis rue et avenue des Clos, figure au cadastre de 1823, pour la partie comprise entre la rue de la Municipalité (aujourd'hui rue Chardon-Lagache) et la rue Boileau partie dont la largeur légale a été fixée à 8 mètres par l'arrêté du i7 septembre 18,17. Le conseil municipal d'Auteuil avait autorisé, le i7 octobre 1834, l'achat à M. Hernard de i ares et i:\ centiares pour élargissement de la rue conduisant au ciuietièiv. Le prolongement de la rue Claude-Lorrain, entre la rue Boileau et la rue Michel-Ange, a été autorisé par arrêté du i novembre I8r»l>, et le classement de cette section, avec largeur légale de li mètres, a été prononcé par décriât du 14 juillet 1877. Cette voie (1) a reçu sa dénomination actuelle par décret du ±\ août 18(>i. en mémoire de Claude Gelée, surnommé le Lorrain l(UM>-t(>78 , qui excella surtout dans les paysages et fit admirer la beauté de son coloris et la richesse de son style: il passa la plus grande partie de sa vie à Borne, où il dirigt^i pendant plus de vingt ans une école d*où sont sortis des peintres distingués.

Le cimetière d AuleuiL qui a été ouvert en l80iK fut agrandi en 181)7, grAce à la giMiérosite du sénateur Le ( ^niteulx de (^.anteleu : de nouveaux agran-

1 I.;i cil«* onxn^n* ilo la rue i'.lauilo-I.orraiii a ôlo visilèo, on 1893, par M. Camot, prosuloiU de U KepuMiquo.

BOULCYABD NURAT 2o3

diss^emeiïis ont été réalisés entre 18i3 et 1847. Il s'étend à peu près parallèlement à Ja rue Michel- Ange et occupe Tangle compris entre cet te rue et la rue Claude- Lo i-rain ; il a été ravagé par le bombardement de 1871. L'ordonnance royale du 10 ïïXkSLi 1845 a autorisé pour ce cimetière un agrandissement qui a été réalisé en J.S46, moyennant une dépense de 16.(KX) francs. Depuis longtemps ce cimetière ne s ouvre plus que pour les propriétaires de concessions perpétuelles.

Je me bornerai à signaler, parmi les tombes du cimetière d'Auteuil, celles dd la comtesse Amélie de Boufflers, de Mme Helvétius, de la famille de Cabanis, de Rumford, de Tarchéologue Barthélémy, auteur du Voyage du jeune An€Mcfiarsi8 en Grèce, dw peintre Hubert Robert, de l'abbé LacroUe, curéd^Auteoil, victime de son dévouement pendant l'épidémie cholérique de 183îi, du manufacturier Ternaux-Housseau, du géomètre Legendre{18,*U) (1), du chef d*oi*ctiestre Musanl, qui a été en 1848 maire d'Auteuil (1859), de Gavarni (1866), de Vî llemessant, fondateur du Figaro (1879), de Paul Dalloz, directeur du 3/onif^EMr' universel (1887), du peintre Adolphe Yvon et du compositeur Counod (ltt03)et de son beau l«è» Zimmermann. On lit, sur les dalles tumulaires, ;foi' rc d'autres noms illustres : Palikao, (Joupil, Alphand, Benoît, maire, et Legonîdeo, curé d'Auteuil, Tarbé des SabUms, etc.

I^îi rue Guiiin se nommait autrefois rue de la Demi-Lune, parce (|u'elle abou-

tiss^ailà une demi-lune où débouchait également la rue de Billancourt; elle

faisait partie de la route départementale n** 1. Sa dénomination actuelle lui a

été donnée par décret du !27 février 1867, en mémoire de Charles-Etienne-

Césîif^ comte (iudin (i7(i8-i8ii), condisciple de Napoléon 1" à l'école militaire

dô l^rienne, sous-lieutenant au régiment d'Artois en 1784, chef de bataillon en

^'•^3, chef d etat-major de (iouvion-Sainl-C.yr, général de brigade en 17ÎW, tué

9Xk début de la campagne de Russie.

C*est en 1899 (|u'ou a établi les trottoirs réglementaires entre le n** 12 de ^'^ rue (iudin et l'avenue de Versailles.

L'ordonnance royale pour l'établissement de l'enceinte fortifiée de Paris ^^l signée le 10 septembre 18i0; le 8 novembre de la même année, le ('onseil *ïïunicipal d'Auteuil présenta diverses objections contre ce |)rojet, dont la Réalisation devait rendre plus difficiles les communications avec le bois de Boulogne. La loi du 3 avril 18il ouvrit pour cette opération un crédit de iiO millions, dont ;i5 k dépenser en I8il et 20 en 184i. Les fortitications furent établies, vers le Point du-Jour, sur des vignes ou des champs cultivés et, pour Je surplus du territoire d'Auteuil, sur des terrains boisés. La remise conditionnelle de la rue Militaire, longeant intérieurement les fortifications, a été autorisée par la décision ministérielle du 28 juillet 1859; cette rue Militaire a été classée comme voie publique, avec moindre largeur de li mètres, par le décret du 9 septembre 1861. OJui du 2 mars 1864 a donné le nom de houlevartl Murai à une partie de la rue .Militaire jus<|u'à la porte d'Auteuil et le nom de boulevard Sachet au surplus delà route Militaire, depuis la porte d'Auteuil jusqu'à la porte de Passy. Joachim Murât (1771-1815), beau-frère de Napoléon !•', dont il fut l'aide de camp en Italie et en Kgypte, commanda la cavalerie de 1805 à 1808 et fut proclamé roi de Naples le P^^ août 1808. Sa biographie est assez connue pour qu'il paraisse inutile de la résumer ici.

(i) Voir le* coiniiiunic«itions do M. L^o Clarolio « la pago 8 du I" voliiinc et la note MIT la tombe du mathématicien Legendre, page 88 «lu II* voluiiie du IhUletin,

Le décret du 23 septembre 1880 a autorisé le prolongement du boulevard Murât au delà de l'avenue de Versailles.

C'est par la porte du bord de Teau et sur une indication donnée par M. Ducatel, piqueur des ponts et chaussées, que Tarmée entra dans Paris, le 21 mai 1871.

Le passage Murât, qui va de la rue de Billancourt au boulevard Murât, est une voie privée, qui a été ouverte en 1881.

Les constructions furent interrompues à la suite des événements d) 1848; mais elles prirent un grand essor à Auteuil, à la suite de la loi du 8 juillet 1852, qui a cédé à la ville de Paris le bois de Boulogne (1), et en a permis la transformation, et du décret du 18 août de la même année, qui a autorisé la création du chemin de fer de Paris à Auteuil, inauguré en septembre 1853.

La Compagnie concessionnaire de cette ligne (Compagnie du chemin de fer de Paris à Saint-Germain, remplacée ensuite par la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest) acheta pour 400.000 francs Tancienne propriété de Montmorency- Boufflers, par actes notariés (étude Fould) de novembre et décembre 1852. Sur ces terrains, dont la superficie était de 13 hectares 67 ares et 47 centiares, la Compagnie du chemin de fer a établi la gare d'Auteuil et ses abords, la villa Montmorency, le boulevard de Montmorency et les trois rues du Débarcadère, des Arts et Montmorency ; ces divers travaux, commencés en 1853, furent terminés en 1856. La Compagnie avait proposé à la commune d'Auteuil de recevoir au nombre de ses voies publiques la rue du Débarcadère (aujourd'hui rue Poussin), la rue des Arts (aujourd'hui rueGéricault) et la rue Montmorency (aujourd'hui rue Donizetti); mais Taccord n'ayant pas pu s'établir à ce sujet entre la Compagnie et la commune, ces trois rues n'ont été rangées parmi les voies publiques de Paris que par le décret du 2:) mai 1863, approuvant le tableau des voies publiques du quartier d'Auteuil, comme suite à la délibération prise le 6 février de la même année et après l'annexion, par le conseil municipal de Paris.

Au commencement du xviir' siècle, on voyait à l'extrémité de la Grande- Bue, tirant vers le bois de Boulogne, l'Ostel du Parc, qui était occupé en 17:28 par l'abbé Bouille ; ce domaine a ensuite appartenu aux familles de Boufflers et de Montmorency ; il occupait l'espace compris entre le bois de Boulogne, la Crande Bue d'Auteuil, le chemin de la Fontaine et le chemin des Vignes. Il a été habité longtemps par la marquise de Bouftlers, dont le salon était fort célèbre: elle est morte en 1787. Le 22 pluviôse an VIlLledomainefutvendu parla citoyenne veuve Bouftlers pour la somme de 65.185 francs; il appartint sous la Bvstauralion à la duchesse de Montmorency '2L

La villn Monlnwrencif. qui occupe une grande partie de Fancien parc des Boufflers et renferme des maisons avec jardins, appartenante divers propriétaiiYs. est comprise entre le boulevard Montmorency, la rue Poussin et la rue IMeriv-tiuêrin, avec entrée sur chacune de ces trois voies. Elle avait pour concierije en 1867 la tille du fameux ciseleur (iouthière. Elle renferme cinq voies privées, qui y ont été construites en 18:'>i par la Compagnie du chemin

ii Voir, à la p;»i;o (*) du promior voluino liu Bulletin, les diKumcnis communitiués jKir M. Kinilo Sainl-l.auiHV

-» Voir p. |S» larliclo do M. Auloiuo (iuiiloi> iiititutt' : lei; Boufflers à Auteuil; il est roprvHluil aux annexes ainsi que le toxlo «l une lettre de la ooinlessc de Bou mers au poète Bouclier, et une note sur la vente de la propriété de Boufflers.

RUE DONIZETTI 2o5

de fer et qui portent les noms d'avenue de Monimorency, avenue des Sycomores^ avenue des Peupliers, avenue des Tilleuls (1) el avenue de Boufflers. Ce dernier nom rappelle le souvenir du chevalier Stanislas-Jean de Boufflers (1738-1815), fils de la célèbre marquise, qui fut d'abord abbé, puis chevalier de Malte, se fit nommer gouverneur du Sénégal en 17K5, membre de TAcadémie française en 1788 et est surtout connu par ses poésies légères.

L*bùtel des frères Jules et Edmond de Concourt, surnommé par eux le grenier d'Auleuil, était entre Tavenue des Sycomores et le boulevard de Montmorency, où il avait entrée au n° 67. Edmond de Concourt est mort le 16 juillet 1896. Le prix de vente de cet hôtel, qui a été aliéné, en août 1901, doit être versé à l'Académie de Concourt, qui fonctionnera dès que le décret de reconnaissance d'utilité publique, dont le projet est soumis ù Texamen du Conseil d*Etat, aura été promulgué et aura accordé la personnalité civile à cette académie. Vvi r £ f-

Le boulevard de Monimorency (2) doit son nom à la maréchale de Luxembourg-Montmorency, auparavant, marquise de Boufflers (1707-1787), mentionnée ci-dessus comme ayant été longtemps propriétaire du domaine. Les conditions d'exécution, avec largeur de 12 mètres et phintations d'arbres, ont été fixées par la décision du ministre des Travaux publics du 18 mars 1853, approuvant rétablissement de plusieurs voies latérales au chemin de fer d'Auteuil. La construction de ce boulevard a été faite sous la direction d'Eugène Flachat, ingénieur en chef de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Saint- (lermain et sous la surveillance du service des promenades, à la léte duquel était Alphand.

Le décret du 24 août 186i a donné à la rue des Arts le nom de rue Géricdnll, en mémoire du peiutre Jeaii-Louis-Audré-Théodore Céricault (1794- 182^4), qui exposa en 1812 son Chasseur de la yarde impériale en 1814 son Cuirassier blessé et en 1819 le Radeau de la Méduse. Il est mort prématurément d'une chute de cheval.

Le môme décret à donné le nom de rue Poussin à la rue du Débarcadère (précédemment rue Neuve), également ouverte par la Compagnie du chemin de fer en 18.53 et ayant 15 mètres de largeur. Nicolas Poussin (1594-1665) s'est distingué surtout dans le paysage historique ; il commença à Rome, en 1628, une suite de chefs-d'œuvre qui lui donnèrent une grande réputation; il fut appelé à Paris vers 1640 par le cardinal de Richelieu el reçut, avec une pen sion de 3.000 francs, et un logemeul dans un pavillon, situé au milieu du jardin des Tuileries, le titre de premier peintre du roi avec la direction de tous les ouvrages de peinture et d'orn(»menl des maisons royales. 11 fut chargé de la décoration de la grande galerie du Louvre. H retourna en septembre 1642 à Rome, où il mourut; il y fut enterre dans l'église Sainte-Marie in Lucina.

La rue Poussin avait été détruite jusqu'au marché par le bombardement de 1871 (3).

La partie de la rue Donizelli, comprise enlre la rue La Fontaine et la rue Poussin, a été ouverte en 1853 parla Compagnie du chemin de fer el à reçu

(i) La veuve du peintre Alplionse de Neuville s'est éleinle le <j février i()Oi,i'iu n» iode l'avenue des Tilleuls.

(•2) Voir aux annexes ; p. 490) le procès-verbal dadjudicalion du 'jO juillet i85G, imposant Jes règlements spéciaux pour le boulevard de Monimorency.

(3) Voir aux annexes (p. 385) l'article déjà cité sur les ruines de 1870-1871.

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