‹ Histoire du XVIe arrondissement de ParisChapitre 32 sur 128 · BOULEVARD EXELMANS · texte numérisé non relu

BOULEVARD EXELMANS

L*expiratioQ du bail, en 1905, pourra donner lieu à un lotissement du parc de Sainte-Périne; si cette éventualité devait se réaliser, il serait à désirer que des conditions fussent imposées aux acquéreurs, dans un intérêt esthétique, pour que le gracieux aspect de ce quartier ne soit pas compromis (1).

La fondation Rossini, établie en vertu du testament de ce grand compositeur, pour les chanteurs et musiciens français et italiens, vieux et sans forlune, se trouve auprès de la rue Wilhem, dans lenclos de l'Institution de Sainte-Périne, avec entrée sur la rue Mirabeau. M"® Monrose, de l'Opéra- Comique, fille de Tex-sociétaire du Théâtre-Français, est parmi les plus notables pensionnaires. Les artistes sont reçus gratuitement à la fondation Rossini.

On construira prochainement de nouveaux bâtiments annexes de la fondation Rossini sur un terrain de 5()0 mètres carrés, sis rue Wilhem, touchant rinstitution de Sainte-Périne et acheté par l'Assistance publique.

Le nombre des pensionnaires était, en liH)l, de ^39 à Sainte-Périne, 135 à la maison de retraite Chardon-Lagache et 47 à l'asile Rossini.

Au n"* M de la rue (Hiardon-Lagache et à l'entrée de la villa de la Réunion, on voit une villa originale, construite en 1893 par M. l'architecte Hector Guimard, en pierres meulières et briques, avec faïences décoratives et toitures en grosses tuiles rondes vernissées ; le cintre de la porte d'entrée est abrité par un large auvent angulaire à consoles obliques.

Gavarni est mort dans la maison qui occupait le n"" 29 de la rue Chardon- Lagache, là où l'on voit actuellement trois hôtels modernes.

L'avenue de la villa de la Réunion, qui joint la rue Chardon-Lagache à Favenue de Versailles, a été établie en 185(i. Elle donne, au n° 18, accès à Vavenue de VErmitage, nom donné par le propriétaire, parce qu'elle conduisait à un kiosque dit TErmitage. Vow v'y. J^

Le décret du 14 juin 18()1 a déclaré d'utilité publique le prolongement du chemin de fer de ceinture depuis la gare d'Auteuil jusqu'à la ligne d'Orléans ; le chemin de fer d'Auteuil au Point-dn-Jour a été ouvert à Texploitation le 25 février 1867. Le priocipal ouvrage d'art de ce chemin de fer est le long viaduc du Point-du-Jour (2), dont les 152 arches, de 5 mètres d'ouverture chacune, constituent une sorte de passage couvert. D après le plan joint au décret du 14 juin 1801, deux voies de Ki^ïoO chacune de largeur étaient projetées de chaque côté du chemin de fer, entre la rue d'Auteuil et le quai de la Seine. En effet, une décision du ministre des Travaux publics, du 30 avril 18G2, autorisa la création de deux voies latérales au chemin de fer, entre la rue d'Auteuil et l'avenue de Versailles ; une décision semblable, du ai juin 18(î3, décida le prolongement de ces deux voies entre l'avenue de Versailles et le quai d'Auteuil. Les travaux ont été dirigés par M. l'ingénieur en chef des ponts et chaussées Darcel et ont coûté 482.100 francs. La dénomination de boulevard Exelmans a été donnée à la voie de chaque côté du viaduc par décret du 2 mars 1867, en mémoire de Rémi-Joseph-Isidore,

:i) Voir dans les Causeries de Bianchon^ par le docteur Maurice de Fleury, un joli chapilre sur Sainte-Périne.

(2) Voir aux annexes (p. 366) mon article sur » la Seine entre le pont dl^na et le viaduc d'Auteuil ».

9AS histoire du XVI'' ARRONDISSEMENT

comte Exelmans (1775-1852), qui fut aide de camp de Murât, colonel à Austerlitz, ^énérnl de division en 181^, commanda la cavalerie à Waterloo, fut nommé pair de l'Yanceen 1830, grand chancelier de la Légion d^bonneur en 1850 et maréclial de France en 1851. Le statuaire Carpeaux (1) avait son atelier au n" 25 du boulevard Exelmans; le général vicomte de Mootfort, beau-père de Carpeaux, demeurait au n"* 2 du boulevard Exelmans et y mourut, le 20 mars 1883, à Tâge de soixante -seize ans.

Par actes des 18 septembre et 27 octobre 1800 (étude Delapalme), la Ville de Paris acheta pour 277. HO francs, à la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest, :\/M\i mètres carrés de terrains, provenant originairement du pare (le Montmorency-Houfllers ; ces terrains ont servi à élargir la rue d'Auteuil, h rectifier le débouché de la rue La Fontaine sur la rue d'Auteuil, à établir le marché (2) d'Auteuil, ainsi que les deux rues longeant les côtés latéraux (le ce marché et servant à l'isoler. Ces deux rues ont été dénommées, par le décret du 2 mars 1807, rue Girodel et rue Isabeij ; après avoir été longtemps des voies privées appartenant à la Ville, elles ont été classées par le décret du 12 juin 1883^3). La Compagnie des chemins de fer de l'Ouest a payé la moitié (les frais de mise en état de viabilité de la rue (Jirodet, qui est la plus voisine de la gare. Le marché d'Auteuil a été construit en 1800 et 1807 par la Compagnie générale des marchés, à qui la Ville de Paris avait, par traité du 12 décembi^e. 1805, accordé une concession de cinquante ans, à dater de l'ouverture, pour sept marchés, parmi lesquels figurait celui d'Auteuil, comprenant ill places; il avait été ouvert le 10 octobre 1807. Le terrain sur lequel il existait a été vendu, loti, bâti. Un marché forain l'a remplacé, qui se tient sur le terre-plein des rues Donizetti, La Fontaine et d'Auteuil.

Le peintre Anne-Louis Cirodet 1 1707-1821) avait été adopté par le médecin Trioson, dont il joignit le nom au sien. Parmi les tableaux qu'on lui doit, on peut citer : Joseph reconnu par ses frères, qui lui valut le grand prix de Rome en I7S9; /<• Samnuil <riùuitjnunn, en i7l>l ; Ilippocraie refusant les présents tiWrtaxerxt^s. toile niagnitique faite en i7î^i pour son tuteur, le docteur Trioson» (jui en lit hommage à l'Académie de médecine de Paris; Anliochus et Siraionice, en [1\K]\ timjal arec ses tjuerriers, dans leur séjour aérien, en 180i; la Stv/jc» du l)êiutp\ qui obtint le grand prix décennal en 1806. Il était, en outnv poète et a traduit Anacrêon et Lucain.

Jean-Haptiste Isabey lT07-IH:;o , peintre des cérémonies et du cabinet sous Napoîèon l\ qui lui donna un appartement aux Tuileries, dessina le Sacre, lit tous les portraits de la famille impériale, notamment celui du général lHUii«p,irleàla Malmaison. Saoolleotion de miniatures est un des monuments historiques de Tèpoque : on y voyait les j>orlraits de la reine Marie- Anloi-

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