‹ Histoire du XVIe arrondissement de ParisChapitre 33 sur 128 · BUE THEOPHILE-GAUTIER · texte numérisé non relu

BUE THEOPHILE-GAUTIER

nette et des ducs d'Angoulôme et de Berry. Sous la Restauration, il devint directeur des décorations de l'Opéra, peintre du roi et administrateur des fêtes et spectacles de la Cour. Son fils, né en iHM, a envoyé des tableaux remarquables aux Expositions de 1824 à i85r>.

Dès 1876, le service des ponts et chaussées étudia, en vue de la reconstruction de l'église d'Auteuil, toutun"programme de travaux d'amélioration aux abords de cette église. Ce programme, qui a été sanctionné par le décret du 27 janvier 1876, comprenait Télargissement de la rue Wilhem ci-dessus mentionnée, le percement de la rue Corot et l'ouverture ou achèvement, à 20 mètres de largeur, d'un prolongement de la rue de la Municipalité, entre la rue d'Auteuil et la rue François-Gérard ; cette dernière section s'est nommée d abord rue de la Municipalité prolongée ; elle a fait ensuite partie de la rue du Point-du-Jour et se nomme, aujourd'hui, rue Théophile-Gautier. Ces derniers travaux (1), exécutés en 1876 et 1877, ont coûté 122.817 francs.

La rue Corot, qui est latérale à l'église, et renferme le presbytère, a été mise en état de viabilité en 1877, moyennant une dépense de 10.30() francs. Son nom lui a été donné par arrêté préfectoral du i février 1879, en mémoire du célèbre peintre paysagiste Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875), qui avait obtenu, en 1855, la médaille de 1'^^ classe; Corot, homme excellent, a été surtout le peintre de Ville-d'Avray et des environs de Paris.

L'ouverture de la partie de la rue Théophile-Gautier qui est comprise entre la rue François-Gérard et la rue Gros, ainsi que l'élargissement de cette dernière rue au droit d'immeubles appartenant à la Ville, a été autorisée par le décret du 10 juillet 1882. Mais les démarches à faire pour l'acquisition des terrains ayant été très laborieuses, ces travaux ne purent être commencés qu'en 1885, année pendant laquelle on exécuta la première partie (2), comprise entre la rue François-Gérard et l'avenue Perrichont. Le dernier tronçon de la rue Théophile-Gautier, entre cette avenue et la rue (iros, donna lieu également à de très longues négociations avec les propriétaires de terrains, de sorte que la percée jusqu'à la rue (iros ne put être réalisée qu'en 1890. La dépense s'éleva (3), pour ce dernier tronçon, à 165.950 francs.

Le nom actuel de cette rue, dont la plus grande partie appartenait autre fois à la rue du Point-du-Jour, lui a été donné par le décret du 23 janvier 1892, en mémoire de Théophile Gautier (1811-1873), poète, publiciste, critique et littérateur, grand ami de Victor Hugo et de Gérard de Nerval. Il a passé quelques années de son enfance près du pont de Grenelle et a demeuré, dans sa jeunesse, rue Gros. Il s'est signalé par le culte de l'art, de la beauté et du romantisme ; son style original peut être considéré comme une ciselure littéraire.

Au n** 57 de la rue Théophile-Gautier se trouve un établissement d'instruction, dirigé parles Dominicaines du Saint-Hosaire : le corps principal du bâtiment est l'ancien château des Choiseul-Prasliu. (^est dans le salon du rez-de-chaussée de ce château que périt dans les flammes la princesse de

(i) Ces travaux ont été exécutés, sous la direction il'AI[»han(l et de l'inj^énieur en chef de Fontiinges, par Tingénieur Barlet et le conducteur des ponts et chaussées Lomprez.

(*.>.) La direction de ces travaux a été confiée à i'in^'énieur en chef BarabanI, linj^énieur Habinet et le conducteur des ponts et chaussées Navez.

(3) Ces travaux ont été faits sous la direction de l'ingénieur en chef de Tavernier, de ringénieur Babinet et du conducteur des ponts et chaussées Navez,

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Carignan, dont la robe prit feu au moment où elle allait se rendre au bal. La maison fut ensuite occupée par une école ecclésiastique, dirigée parTabbé Millot, puis par une Institution de jeunes filles dirigée par Mlles Suleauet Moittié, qui la cédèrent aux Dominicaines le 8 septembre 181M). Dans le jardin, on remarque un portique d*ordre ionique sur le fronton duquel on lit cette inscription : « Ici fut la maison de Molière. »

Le maire d'Auteuil écrivait, le 9 mars 1857, au sous-préfet de Saint-Deois que les iiNK(NN) mètres carrés faisant suite au plateau de Passy et se trouvant placés entre le bois de Boulogne, le chemin de fer, la villa Montmorency et la me de TAssomption, qui ne renfermaient autrefois que des vignes, étaient occupés par des jardins enclos de haies et par des maisons de campagne, dont le seul inconvénient consistait dans la difficulté des communications, cette région n'étant desservie que par quatre sentiers ayant â'^ySO de laideur et dénommés : les Fontis, la Cure, le Four et la Petite-Fontaine. Le maire ajoutait que la valeur des terrains s'était élevée à 10 francs, qu'elle tendait à augmenter, qu'il était impossible délaisser ce quartier plein d'avenir dans la situation où il se trouvait et qu'il avait nommé une commission pour étudier le tracé de nouvelles rues, mais que cette opération rencontrait des difficultés sérieuses, parce que le plateau comprenait G77 parcelles, appartenant à plus de cent propriétaires. En vue de réaliser ce programme, le conseil municipal d'Auteuil projeta, le :2i août 1857, des alignements pour la sente du Four /aujourd'hui rue de rVvette), la sente de la Fontaine (aujourd'hui rue RafTet . la sente de la Petite-Fontaine (aujourd'hui rue Chamfort) et la sente des Fontis (aujourd'hui rue du Docteur-Blacchei ; mais ce n'est que bien des années après que ces sentes ont été effectivement transformées en rues.

L'ancienne sente du Four devait son nom à un four banal, dont il est fait mention dans des titres de liio, liTiC) et ii57. L'arrêté du 1" février 1877 a donné à cette voie le nom de rue de rYveiie: elle a été élargie;!' de 1883 à 188:>, près de son débouché sur la rue Mozart, moyennant une dépense de 52.i'*i4) francs.

La partie de la rue Baffet qui va de la rue de la Source à la rue du Docteur- Blanche remplace l'ancien sentier de la Fontaine. On commença en 1877 par améliorer les pentes et la viabilité de cette rue, entre celle des FontiS' aujourd'hui rue du Docteur- Blanche; et celle de la Cure (aujourd'hui rue Jasmin , moyennant une dépense de 37.i(M) francs; ensuite on exécuta le prolongement de la rue Baffet entre celle des Fontis et le boulevard de Montmorency, opération qui a coûté lîKtKK) francs. Le nom de cette voie lui a été donné par le décret du i* août I80i, en mémoire de Denis-Auguste-Marie I^aflet i84ii-18<>() , qui entra en 18i7 dans l'atelier de Gros et plus tard dans celui de <'harlet. C'était un dessinateur habile et charmant, un aquarelliste remarquable. On distingue parmi ses œuvres FAllmm du voyage du prince iJernûloff en Crimée et en Asie^Mineure, et la Bévue nocturne, espèce de résurrection des soldats des armées de Napoléon I", se pressant devant l'ombre du grand capitaine.

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