‹ Histoire du XVIe arrondissement de ParisChapitre 34 sur 128 · RUE CHAMFORT · texte numérisé non relu

RUE CHAMFORT

La ruelle de la Cure (voie privée) a son entrée entre les u^* 13 et 15 de la rue Raflet.

La rue du Docleur-Blanche s'est nommée d'abord sente, puis rue des Fontis et occupe la partie haute du coteau d'Auteuil. Ce nom de Fontis (fondrières), qui a été appliqué souvent aux affaissements du sol provenant de Texploitation de carrières souterraines, provenait ici des mouvements de terrain occasionnés par l'extraction d'argiles pour la fabrication des briques. Pour opérer un raccordement avec la rue Ralïet, on amorça en 1877 la mise en état de viabilité delà ruedes Fontis ; moyennant unedépensede 37.iO() francs. En vue de poursuivre l'œuvre ainsi commencée, un décret du 31 janvier 1884 autorisa l'élargissement de la rue des Fontis, la mise en état de viabilité fut complétée au prix d'une dépense de lO.iOO francs pour la partie comprise entre les rues de l'Assomption et de l'Yvette, et d'une dépense de 29.000 francs pour la partie restante, c'est-à-dire pour celle comprise entre la rue de l'Assomption et le petit tronçon qui avait été déjà exécuté en 1877, en même temps que la rue Haflet.

La dénomination actuelle de cette rue lui a été donnée, par décret du l(i janvier 1894, en mémoire du médecin aliéniste Esprit Blanche (1796- 185^), qui avait établi à Montmartre (1) une maison de fous et la dirigeait avec son fils le docteur Antoine-Emile Blanche, qui vint prendre en 1847 la direction de la maison de fous de la rue Berton à Passy et eut deux fils : l'aîné mourut jeune ; le second est le peintre Jacques Blanche, qui habite Thùtel n** 19 de la rue du Docteur Blanche, où son père était venu se retirer et où il mourut le 17 août 1893. Le docteur Meuriot succéda au docteur Blanche comme directeur de la maison de santé de la rue Berton ; il avait été reçu docteur en 1868 et est mort en mai 1901.

La rue Dangeau occupe une partie de l'emplacement d'une ancienne sente étroite et sinueuse, dite de la Petite-Fontaine, qui est marquée au cadastre de 18i3. Son nom lui a été donné par le décret du 21 août 1864 en mémoire de Philippe de Courcillon, marquis de Dangeau (1636-17:^0), favori de Louis XIV, qu'il accompagna dans toutes ses campagnes, en qualité de colonel aide-de-camp ; il était académicien et ami de Boileau, qui lui dédia sa Saiire sur la noblesse; il se servit de son crédit pour favoriser les gens de lettres. Dans son journal historique il a inscrit, jour par jour, de 1684 à 1720, tout ce qui se passait à la cour et dans la famille royale ; il dit en mourant : « J'ai la conscience de n'avoir jamais écrit dans mon journal un seul mensonge. » C'est une des plus courtes, des plus étroites et des moins droites rues de Paris.

La rue Chamfort a remplacé une partie de l'ancienne sente de la Petite- Fontaine; le nom de rue Dangeau ayant été attribué à la voie qui va de la rue Ribéra à la rue Mozart, la rue très courte qui va de la rue Mozart à la rue de la Source se trouvait sans nom ; sur la demande de notre collègue M. Antoine (luillois et la proposition de la Société historique (2) , sa dénomination actuelle lui a été donnée par le décret du 8 janvier 1895 en mémoire du poète

■i; Voir 1rs papes içjtj du I*' voIuiim», 89 du II' et 288 du III« du Bulletin de la Société hi»tori<iue d'Auteuil et de Paasy.

\'<»ir ci-dessus les indications données au suj(»l de la maison de sanl«' du «locteur Blanche dans l'historique de la rue Berton.

(2) Voir les pages 44 ^*l ^^^ <lu I" volume du Bulletin.

222 HISTOIRE I)U XVl'' ARRONDISSEMBNT

et littérateur Sébastien-Roch-Nicolas, dit Chamfort (174i-i794), né de père inconnu, qui fut secrétaire des commandements du prince de Condé en 1776, membre de TAcadémie française en 1781, lecteur de Mme Elisabeth, conservateur de la Bibliothèque nationale en 1791 ; il fut l'ami (i) de Sieyès et de Mirabeau et habita la maison de Boileau à Auteuil.

La rue Mozart, classée en 1857 se trouve sur les territoires de Passy et d*Auteuil ; elle a été mentionnée ci-dessus dans Thistolre des rues et avenues de Passy.

La rue Daumier a été classée par le décret du 23 septembre 1880; celai du il mars 188() lui a donné sa dénomination en mémoire du dessinateur satirique Honoré Daumier (1808-1879), qui s est fait une célébrité par les caricatures publiées dans le journal le Charivari ; la politique, les modes, les travers de l'esprit ou du caractère ont excité sa verve moqueuse et inépuisable.

hdi rue Antoine- Boucher, qui peut être considérée comme prolongeant la rue Corot, a porté d'abord le nom de François-Millet, qui lui fut retiré, pour éviter des confusions, parce qu'il était alors attribué à une rue de Grenelle{i). C'est une voie privée, dont le nom rappelle la mémoire du poète Jean-Antoine Moucher, né î^i Montpellier en 1745. Il a publié en 1779 les Mois, poème en douze chants qui eut beaucou[) de vofçue ; il est l'arrière grand-père iMiteael ^ de M. Antoine (juillois; il était un des amis et commensaux, à Auteuil, de Mme llelvétius, à qui il présenta Cabanis; il fut l'ami d'André Chénier, et, comme lui, condamnée mort sous la Révolution, il subit le dernier suppUce avec un grand courage le ^6 juillet 1791 (7 thermidor).

Les élargissements des anciens chemins et surtout les percements de nouvelles rues de -li) mètres de largeur ayant considérablement augmenté la valeur des terrains à Auteuil, des propriétaires et des sociétés y ouvrirent de nombreuses voies. Mais comme on avait bi\ti à la fois un très grand nombre de maisons neuves, beaucoup de locaux ne se louèrent pas immédiatement et la construction dans Auteuil subit do ce fait un arrêt marqué; le mouvement reprit ensuite, surtout après l'Exposition universelle de 1889. Les voies ouvertes pendant les dernières années du xix® siècle sont énumérées ci-après.

La Compagnie Foncière de France a ouvert en 1884, sous la surveillance (les agents du service municipal, la rue Bosio ; le décret du 15 juin 1885 a classé cette voie, dite villa Caprice, et lui a donné le nom qu'elle porte actuellement, en mémoire du baron Bosio (1707-1845), statuaire français.

C'est également en 1882 (ju'a été ouverte, sur des terrains appartenante M. le conseiller municipal Perrichont, V avenue Perrichonl, entre les rues La Foutaine et Théophile-Gautier; en 1897, cette avenue a été prolongée en impasse au delà de la rue Théophile-Ciautier. Vu décret du 16 février 1899 a classé l'avenue Perrichont au nombre des voies ])ubliques et en a lixé les alignements.

Kn ISS.*}, une Société de construction, dirigée par M. Laubière. entreprit rouvert nre, près delà rue Bosio, d'une voie nouvelle qui porta d'abord le nom d«» villa Michel-Ange et dont les travaux furent exécutés, sous la surveillance

(i) Viûrln jKi^'o i(V) ilii I" voluiiio du liullelin.

■> i'.o iKiiii a ô\v (Mij^nile donné délinitivenicnt à iino riio <nii a ôtt^ ouverte en iS(t9 ;i Aiili'uil. N'oir à la pa^e suivanlo

hUÉ FRANÇOIS-MÎLLET î?23

du service municipal, au compte de cette Société de construction. Cette voie nouvelle, à qui le décret du 3 décembre 1885 a donné le nom du peintre Jules- Baslien Lepage (1818-1884), a été classée par le décret du 14 mars 1887. C/est entre les n~ 3 et 5 de la rue Bastien-Lepa^^o que la cité Michel-Ange, voie privée ouverte également en 1883, a son entrée.

MM. Heine, banquiers, demandèrent, en 1883, Tautorisation d'établir sur leurs terrains et à leurs frais une rue de 12 mètres de largeur, allant de la rue Mozart à la rue des Fontis (aujourd'hui rue du Docteur-Blanche). Elle fut classée pour toute cette longueur par le décret du 19 juin 188i; mais, en exécution, ils arrêtèrent ù la rue de la Cure (aujourd'hui rue Jasmin) cette nouvelle voie à qui le décret du 11 mars 1886 a donné le nom du littérateur ^<e/iri-/l^f//ie (1797-1856). Né Israélite, il embrassa le protestantisme en 18±'j, séjourna en France à partir de 1830 et devint dès lors, de cœur et d'esprit, plus français qu'allemand ; il a publié un grand nombre de poésies et d'autres Ouvrages dans les deux langues : son originalité consistait dans un mélange de sentimentalité ardente et d'amère ironie. Les amis français et étrangers de Henri Heine ont élevé, par souscription, à sa mémoire, un monument qui a été inauguré le 25 novembre 1901 dans l'avenue de la Cloche du cimetière du nord (Montmartre). 11 est surmonté d'un buste en marbre, dû au ciseau du statuaire danois Hassebrûs.

Dans le voisinage de la rue Boileau et de la rue Claude-Lorrain, on a ouvert en 1887 Vavenue de la Frilliêre, auprès de laquelle on peut visiter la viiia Mulhouse, comprenant 67 maisons construites ou achetées par la Société anonyme des habitations ouvrières de Passy-Auleuil, constituée en 1882 dans le but humanitaire détablir de petites maisons salubres et à bon marché, dont le locataire puisse devenir propriétaire en vingt ans par le paiement d'uQ amortissement à i p. 1(K), compris dans son loyer, d'après le modèle des cités ouvrières de Mulhouse. Cette villa s'étend entre la rue C^laude- Lorrain, la rue et l'impasse Boileau ; elle a pour principale entrée Vavenue Jean-Dollfus, qui débouche sur la rue Claude-Lorrain ; elle est découpée par les trois passages : Dielz-Monnin, Émile-Meger et Chei/sson.

Cette Société philanthropique a été présidée de 188:2 à 1890 par M. le sénateur Dietz-Monnin, de 18!M) à 1893 par M. Jules Siegfried, ancien ministre du Commerce,et, depuis 1893, par M. Cheysson, membre de l'Institut et inspecteur généra] des ponts et chaussées. MM. Dietz-Monnin, Emile Meyer et Kmile Cacheux ont déboursé, en 188^, pour cette fondation, 1 1 i.OOO francs en achat de terrains et de maisons.

Le patronage d'Auteuil et du Point-du-Jour, établi aux n*"* 7 et 7 his, de l'avenue de la Frillière, reçoit plus de irU) jeunes garçons des écoles laïques auxquels il donne l'instruction religieuse et pour lesquels il a créé des cours divers, une bibliothèque et une caisse de prévoyance.

Dans le but de mettre en valeur certains terrains communaux provenant des acquisitions d'immeubles faites pour le prolongement de la rue Chardon- Lagache, la Ville de Paris ouvrit, entre cette rue et la rue La Fontaine, une voie nouvelle qui fut classée par le décret du :26 novembre 1889 et dont la luise en état de viabilité, autorisée par l'arrêté du 30 juin 1890, a coûté 31. i^ francs. Cette voie, nommée d'abord « rue Bichard-Wallace », avait reçu le 30 avril 1890 le nom de rue François Boivin ; sa dénomination actuelle lui a été donnée par arrêté du 30 avril 1891, en mémoire du

peintre François Millet (1815-1883), auteur de r Angélus, des Glaneuses, etc.

C'est également en 1889 qu'on a ouvert Vimpasse Exelmans, voie privée dont l'entrée se trouve au n* 5 du boulevard Exelmans.

La rue Chapu a été ouverte comme voie privée, entre l'avenue de Versailles et le boulevard Exelmans, en 1893, par M. Tassu, architecte et propriétaire, moyennant une dépense de 25.806 francs. Elle a été classée par décret du 29 juin 1897 et avait été nommée d'abord rue Nouvelle, puis rue Maxime; le décret précité lui adonné sa dénomination actuelle en mémoire du sculpteur Henri Michel-Antoine Chapu (1833-1892), membre de l'Institut, auteur, entre autres œuvres, de cette immortelle statue, la Jeunesse, au tombeau d'Heori Regnault.

En 1894 et 1895, deux voies nouvelles. Tune de 12 et l'autre de i i mètres de largeur, ont été ouvertes par M. le marquis de Casa-Riéra, moyennant une dépense de 93.l0<i francs, entre les rues Théophile-Gautier, George-Sand et des Perchamps. Des décrets de 1896 ont donné à ces rues les noms de Leconiede-Lisle et de MigneL Le célèbre poète Charles-Marie-René Leconte de Lisle (1818-1891) était membre de l'Académie française. L'historien François- Auguste-^iarie Mignet (1796-1884), ami de Thiers, remplaça, à la fin de 1836, Raynouard à l'Académie française et devint, l'année suivante, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences morales et politiques.

M. Huet a ouvert en 1894 la voie privée dite rue des Grandes-Papeierieê, et M. Sénécal a établi en 1895, moyennant une dépense de 4.322 francs la voie privée dite rue Pierre-Ducreux, C'est également en 1895 qu'on a percé, moyennant une dépense de 19.941 francs une voie privée dite villa-Mozari, qui se trouve au n"" 73 de la rue Mozart et se termine actuellenxent en impasse, mais doit aller jusqu'à la rue La Fontaine. Cette voie, qui a été établie par la Société des Immeubles de la rue La Fontaine, n*a actuellement que 58 et aura plus tard 354 mètres de longueur.

Une voie nouvelle, autorisée par arrêté préfectoral du 5 juillet 1898, a été ouverte en 1899, entre le boulevard Exelmans et la rue Daumier, au compte (le M. Fournier, propriétaire; le décret du 23 avril 1900 a donné le nom de rue Auguste- Maquet à cette voie, qui est peu éloignée de la porte de Billancourt. Elle a été ouverte sur des remblais accumulés depuis quelques années et sous lesquels avait achevé de disparaître un très beau jardin, dont l'hôtel a été récemment démoli. Ce parc, qui avait le défaut d'être en contrebas (lu boulevard Exelmans et exposé aux infiltrations de la Seine, lors des hautes eaux, avait été admirablement dessiné, vallonné et planté, avec grotte, rivière, ponts rustiques. 11 appartenait à M™'* Cuvelier.

Une rue nouvelle va être percée également par M. Fournier entre la rue Auguste Maquet et le quai d'Auteuil.

On a décidé, en 1901, l'ouverture d'une nouvelle voie devant prolongera rue Rosio, sous le nom de rue de la Mission-Marchand, et se trouver comprise entre la rue Pierre-Cuérin et la rue de la Source. Le décret du 21 novembre 1ÎH)1, qui a classé ce prolongement de la rue Bosio, lui a assigné une largeur de 12 mètres et en a !ix('» les alignements et le nivellement. Cette rue est ouverte sur partie du jardin ayant dépendu de l'hcitel de M. rarchitecle Foulquier.

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