SOUVENIRS ANGLAIS
SLR Cn\ilJ/)T ET LE ROIS DE BOL'LOr.NE
LKS BONNES IIOMMKS LA FAMILLE DRS STrART.s
John Evclyn, Esq., auteur de plusieurs ou-* vrages sur des sujets variés : La Saviijatimi et
le Commerce; Sylva ; les Mystères révélés du cabinet de toilette des dames, etc., grand Tovageur, amateur d^objets d*art, esprit carieax
Îoi savait regarder et oe ressemblait pas à ceux e ses compatriotes dont souvent les caravanes bariolées parcourent Paris pour vérifier leur Murny ou leur Baedeker, consignait dans un journal, régulièrement tenu durant quatre-vingt-deux ans (de i6:2ià 1706), ses observations et ses souvenirs. Il décrivait les monuments visités, les choses dignes de reman{ue, en Angleterre, en Italie, en France ; il racontait ses promenades, parlait des personnes qu'il avjit rencontrées, et quelques-unes de ses notes concernent notre arrondissement.
h FAI F. AU ItOIS
I^ 42 axril Kiii, Evelyn prend une voiture pour assister à une revue générale de tous les grndarmes de la ville, au bois de Boulogne, devant Leurs Majestés et les grands ; vingt mille hommes do troupe et encore plus de specttteure. I^es soldats y tirent tous leurs exercices et étant mis, ravalcrte et infanterie, en plusieurs formations et figures, représentèrent une bataille.
Dans sa ga/ette rimée, Uret, dix ans après (10 janvier 1<ir>4) nous décrit une autre de ces revues i»ii les gardes.
In iilii|iiirl nMinl li«>nnc troène Allcrnit nu )iui> de Bouluyfiie.
On vv \nillnnt et hrav«> corps.
hi'M pliiN riiiiu>lct> ot lio plus furl:^. Kil Nfloii rnri o( In milii'O Ailiiiirnlilrmciit rexoroioc.
\s(i roi parut en habit riche et pomfieux, mieux paré encore par cette jeune ardeur guerrière qu'on voyait sortir de ses \eux.
U '27 février t<>ii, revenant de Saint-tiermain h PuriH, Kvelyn passe par Madrid, puis il va aux « jlonnfN Hommes », dont il admire la chapelle et lu hlbliothcquo.
MVIilllI)
lei:» avril HmO, il décrit Madrid, les terraiiM^N et 1(«H gdleries. Tune au-dessus de l'autre jusqu'au toit, ot les mutériauv qui simt tous de Inirtf piMiiie comme do la |HHTolaino de (.hine, dniii lt«« Hiulours sombleiit tri's fraîches ot sont Itin iraullo?! 11 y u dos >tatuos ot dos reliefs de fulln piilorio, di*N chouiiiiéts et des colonnes au ijiMliiiii ni au dehors. Sous la chapelle est une I hiMMiii^n au nriliou d'une pièce, près de la salle flia KiinloH. I.a maison est ùvtilioe par un fossé hfufntiil l'I u Hiio vue admirable sur le lH)isdo BimiM/fin ••! lu riMiTo. Pauvre Madrid ! Kvolyn ne lo fiiiiiiiiiiilliiiil iiiiiiMnd'hui tiuo par ce revorl»ère <|iii put lit riiiniriptuin : rfi.i/cMii </<* Madrid, .Slifiiiilt'ini'iilM miiihli's.
lu M jiiiiviN H»M. r\ol\u \a iY\oir les Ihnniri IhniniH'H qu'il diViil ; l n **tnivent qui a Mil Im Mil I liiilrit ou Monl peuilos les vies des hermiii..i . 1" jitidiii «ur un riN'hor avec plusieurs des-
centes, une belle vigne et une gentille vue sur laL cité. On y élevait en ce moment dans la chapelle un magnifique autel, 24 jauTier.
Le lendemain, journée uen remplie : après ituâ^c vu un dromadaire, une très monstrueuse bèteqLV i ressemble beaucoup au chameau, mais plus po»^ , et un saltimbanque, Evelyn fait une viate a^^va frère Nicolas, que, sans loi, nous ne oonnaUrioiiK.d pas, et ce serait dommage. Il est le médedc^ , Papothicahre, le chimiste du couvent. M. AnatoH^ 4 France en pourrait faire un joli conte de iik m Nicolas, qui a guéri M . Senétan d*une maladie inr- — telle, et, en reconnaissance de cette guériaon,l.S^^ nétan fait bâtir un autel monumental qui coAtcr-ai 37.500 francs. Frère Nicolas conduit Eveljn dacB.â son laboratoire, ou il a une rare collection de remèdes spag}riques. Il est peintre aussi, peintre sur boites ; au lieu d*y écrire les noms d^^ drogues, il v représente, ainsi que sur les pots, les figures des drogues et des simples. Il mont à Evelyn comme grande curiosité un peu de cure, d'antimoine.
Guy Patin, partisan de la purge et de la gnée, n'aimait pas les « moines froquez et dé quez, charlatans, chimistes, soufdeun, apotlii' caireset tawfuamasini exultantes intersimiaM » , qui admettaient l'antimoine, c Jamais, dit-U, 6 mai 1650, tète encapuchonnée ne fut propre à notre métier. » Guy Patin se trompait, frère Pîicolas y était propre, et, grâce à lui, le couvent aT-ait son autel.
LA VISirATlON DE SAl!fT£-MARIE
Chose étrange, Evelyn, qui avait des symp^' thies pour Charles P', qui vit souvent HenrieK^ de France, ne dit rien sur le séjOur que fit eei^ reine à Chaillot, ni sur le couvent qu elle y fonda i et où vint faire des retraites, plus taid, cett« autre reine d'Angleterre exilée, Marie de ModèaCi la femme de Jacques II. Elle l^ua au monastèref on souvenir d'elle et de son mari, une verge oa discipline dont Macaulay (llist.,chap. vi) raconte ainsi Thistoirc :
A son avènement au trùne, le roi, déjà remarié, mais resté fidèle à sa maltresse Catherine Sedley, forma de bonnes résolutions, parla en pablic contre la licence du temps, annonça i la reine qu'il ue verrait plus jamais Mra Sedley. U manqua à ses promesses et alors eurent lieu des scènes curieuses. La reine pleura, et les courtisans, qui assistaient i ses repas, virent remporter les pbta sans qu'elle y eût touchi*. Les larmes ruisselaient sur ses joues en présence des ministres et des ambassadeurs. Evelyn fut à deux de ces dinen. € laissez-moi me cacher dans un couvent, ditelle au roi. Vous êtes prêt à hasarder Totre royaume pour l'amour de votre salut, et pourtant vous perdez votre salut pour l'amour de cette créature. » La reine, raconte Bomet, assembla dans son appartement tous les prêtres qui aTaient l'oneille de Jacques. Le roi fut appelé, et tous les Pères se jetèrent i ses pieds pendant que la reine éclatait en plaintes (I). Jacques II pendant quelque
1 iKipK's Macaulay. le Père Pî'lre,jêsuiltf su; jol.i ««oui aux genoux du roi.
ANNEXES
■pB continua à firre mal ; mais souveat il était arrelé de remords, et, dans ses heares de re- •tir, il fidsait sévèrement pénitence. 11 vengeait r tes royales épaules les injures faites à la iae, il se frappait de cette discipline que la reine fdt et laissa au couvent de Chaillot, dont Ma- ■iay eite les manuscrits parmi ses sources.