EMPLACEMENT DU TROCADÉRO
Monograohie lue au Congrès des SociéU Savantes le 8 avril iS96.
Sur le penchant du coteau qui forme xvLfi d'hui le Trocadéro, Catherine de Médicis s'< fait élever une riche maison de plaisance, qu'a elle on nomma la maison de Grammont. En vier 1630, le maréchal de Bassompierre. seÎE de Chaillot, l'acquit de la tille du président! niii et l'embellit considérablement. Cinq ans ; sa mort, le H mai 4651, les héritiers du i chai la revendirent à Henriette de France, sième fille de Henri IV, veuve de Charie d'Angleterre, qui désirait y établir des religi
HISTOIRE 1)1' XVI* AnnONDISSEMFNT
l'exemple de toutes les \ertus. Klle s'occupa d'élever pieusement ses enfants et, surtout, de dompter par Thumilité chrétienne Torgueil de sa jeune tille, ll^nriftte d'Angleterre (i), qu'elle obligea plusieurs fois à servir les reliip^uses et les pauvres. Bossuet dit aussi : « Henriette de France étant à Sainte-Marie de Chaillot, où elle a pratiuué lieaucoup de vertus, nous l'avons vue prendre sans répupance et sans chagrin le soin de sa dépense, <|ui a été en certains temps fort petite ; elle on faisait les comptes et s'occupait à c<^la duns un esprit de pénitence et d'humilité. » Va Talleniunt des Héuux, dans ses UistorietteSj raconte que faute dUtuf chaise Iwnni'teh veuve de C.harlos l*"" ftc i>ut assister iVune façon déceiiteaiw processions du Jubillê de 76\>5.
V.w IbriS. elle eut le bonheur de recevoir au couvent de ('.haillot sa nièce nouvellement convertie, la piinorsse Louise- Marie, palatine de Bavière (*£). tille du roi de Bohème et petite-fille de Jacques l*'"" d'Angleterre; elle Tv traita comme sa propre tille. L)uise y demeura une année entière, et y éditia par ses vertus toute la communauté. Oubliant le prestige de son rang, elle ne dèilaignait pas d'aller avec les simples religieuses soiijnfT les bestiaux et faner les foins du rouvent {'M. V.n 1659, Henriette de France eut une autre joie : elle leçut à (^.haillot le bref de la Ivèatitication de saint François de Sales, le fondateur de l'onlrt», qui devait ètn» canonisé le 19 avril !()(>«>. On a rai$«>n de dire qu'un bonheur ne vifut jamais seul, car après la mort de i>ofln>Kell. Charles 11 Stuart axant pu remonter sur le tn*»ne de son père, Henriette rentra triomphante dans cette même Angleterre, dont elle sVlait éch.nppée avec tant de peine seize ans auparavant. Elle ne revint en France qu'en IG(>5, et, après quatro nouvelles années (>asst^s dans l'asile de pai\ qu'elle avait fonde, dans cette humb e maison qu'elle aima, dit In^ssuet. plus que ses pabis, elle mourut pn*sque subitt-meot le lO septembre Il»ô9. dans une pn>priete qu'elle avait à (Atlomlvs et ou elle allait passer Us plus beaux jours de VvU\ IVjà iiuiKule, uno dose tn^p fi>rte d'opium qu'rlio pnt la plongea dans un Si>mineil dont elle ne s-» rt*veillj plus. Quarante jouis apK'S, le lô novembie, le du*- d*Mrlean>. son j;en«lre (M*>nsleur^ et la priiuesse Henriv'i:e. sa ti'îo iMadameK lui tirent fjire un servi, e S'.»leurel dai s Fe^ilis** du louvenl ûe Sainte-Marie de C.b;«illot.«>u <ou co'ur ti >«*> entrailles ve!>aient d'eire defv«N ^. lUvssuet, |Hmr lors evt\jue nv^muie de IVmu1o:i:. pronons*a s^ui orai>on funrbre en preseiue i\> principaux p^rsonna^ies de la Cv^ur. retraçant e i ternies maprliq-.ïrs la tr.sîe destinée de o»îte malheurwjN:» priuces>e.
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Voici le portrait qae M'b* de MotteviHe a tracé d'Henriette de France dans ses Mémoires :
« C^luand elle arriva en France, en i6i4, elle était défigurée par la grandeur de ses maladies et de ses malheurs, et n avait guère de marques de sa beauté passée. Elle avait de beaux veux, un teint admirable et le nez bien fait. Il y avait dans son visage quelque chose de si agréable, qu'elle se faisait aimer de tout le monde ; mais eUe était maigre et petite, elle avait même la taille gâtée, et sa bouche, qui naturellement n*était pas belle, par la maigreur de son visage, était devenue grande. Comme sa beauté n'avait duré que F^^pace d'un matin et l'avait (piittée avant son midi, elle avait accoutumé de maintenir que les femmes ne |M*uvent plus èliv In'lles, passé vingt-tleux ans. File avait infiniment d'esprit, mais de cet esprit brillant et enjoué qui plait aux s{>e<'tateurs. Elle était agivable dans la société, honnête, douce et facile, vivant sans nulle façon avec ceux qui avaient riionneur de l'approcher, et était DatureUement liliêrale. »