LA DUCHESSE DE NEMOURS ET SES FILLES
Les guerres de la Fronde étant terminées, il y eut à la lin de juillet 1652, entre François de Vendôme, iluc de Beaufort, le célôlMre Hoi des Halles, et S4»n beau-fn»n». Charités- A métlêe de Savoie, duc de Nemours, une querelle à (iropos du combat de Jargeau. Elle se renouvela pour une «{uestion de préséance, au conseil de Monsieur ((■astoii d'Orléans), et prit un caractère tellement violent, que le duc de Nemours provoipa son iK'au-fK'iv en duel, et malgré les résistances natuivlli^ de «-e dernier, il fallut, le manli ^juillet, aller Mir le terrain choisi, au Marrhë aux «hevauv <eiiiplaeemeiit des rues Ltuis-le-Graiid. d'.Vntin et (iailItMO.
Le dn<- di* Nemours, qui n'avait que vingt-huit aii>. fut tue laide d'uii coup de pi>tii|et à 1j lête. et. par MUitu^-ioup. N»n ténhùit. M. de Villars. tua fliii du duc de B<^aufort, M. d'Herioiurt. lieutenant de v> jranles. A la suite de cet horrible iluel. daii> b-'juel Son ppipre frère avait lue s«in mari. !.» ilu» h»*>M' de Nemours LIisalielh de Veu- .!-»m»'). |H'tit.'^till.' de Henn IV et de Gabrielle •i"KNii.-.->, \iiit, dans >«»ii d«-s«*<pi»ir. «-h^^n-her un r»-ùij:e u la Vi>itati'»ii d*» Cuailb»!. Elle y amena ^■N d'';i\ nn.'>. .|ui > dem»»urêrent pemiaiil de l"!;ii. ■> oîL'-'-^^s et n'en Siirlireul. Faiiiee, Marie- J*'.'- :.r'-B..['ti>i»-. ju'eii 1665. {kimr «levenir du- « L'-xv» "i" S.v.ii.'. »»t la >«^^ifhle. l>*uis4^Marie- 1 r. -r - -Fîk'i- th. dit- M^^» d'Aumale. en 166*;, ;-.jr r>'ii^r \lj»ho!:>e VI. DM à demi idiMl du P •'. •.'.:^.!. !••.;•<. "'ï 166^, dt»m P^nt de Br.i$:anre, •r*î** i"\:j'L •■ "•• t't r»ià >ji pli»f. Ij durbes^o de N .: •.:r^. r.: •»>• -i: I «*•»&. ;»v,Mt He iiihum*^. >4ji-
>r. ♦.'> !•* .î'»i:r>* itu 4**uvrnt d»* I.
ANNEXES
M"« DE LA MOTTE-.ARGfr:NCOlIRT
marie: mancini
Ce&t bien avec intention que nous réunissons, un peu tarditement peut-être, les noms de ces deux jeunes filles aimées de l^uis XIV. et dont nous n'aTons pas touIu parler plus tôt pour ne pas interrompre le récit du séjour d* Henriette de France à Chaillot.
Donc, au commencement de Tannée 1(i57, Anne d*Autricbe avait pris depuis peu comme fille d'honneur M^^^ de 1^ Motte- Argencourt {{). Sa beauté n^était pas éclatante, ni son esprit fort extraordinaire, dit M"** de Motteviile, mais elle était aimable. Ses yeux bleus, surmontes de sourcils noirs et de cheveux blonds, lui donnaient en même temps un air de douceur et de vivacité si agréable, qu'il était difficile de se défendre de ses charmes ; aussi le jeune Louis XIV s'y laissat-il prendre et tinit-il par lui déclarer sa passion. M"® de La Motte repoussa les propositions peu mesurées du roi; puis, voyant qu'il s'éloignait d'elle, s'éprit violemment du marquis de Richelieu, marié à la fille aînée de M"'* deBeauvais (!2), première femme de chambre et favorite d'Anne d'Autriche. La marquise de Richelieu, jalouse à bon droit, incita sa mère à faire éloigner de la cour M*'^ de La Motte, et on l'envoya au couvent de la Visitation de Chaillot, où, quoiqu'elle ne s'y fût pas retirée de son plein gré, désabusée des vanités de la cour, elle resta volontairement, sans être religieuse, après avoir donné à celte maison vingt mille écus que lui avait remis le roi, et s'y créa une vie fort tranquille et fort heureuse. Vers 1700, les bâtiments du couvent tombant en ruine, ce fut elle qui fit les plans des nouvelles constructions, à l'exception de l'église, qui fut confiée à l'architecte Gabriel. M"** de La Motte mourut à Chaillot le 25 octobre 1709.
Marie Mancini, la meilleure des nièces de Mazarin, née en iH39, demeura pendant deux uns comme pensionnaire, avec sa s<rur llortense, au couvent des filles de Sainte-Marie de (Ihaillot, et
Î' resta jusqu'au commencement de l'année 1(357. je cardinal la fit venir alors à la cour. Son espiit, sa grJice, ses manières enjouées faisaient oublier son manque de beauté, et Louis \1V, qui s'enflammait alors si facilement, en devint passionnément amoureux, l>eaucoup plus même qu'il ne Tavait été déjà de sa sœur Olympe Mancini, de- ▼eoue comtesse de Soissons. Marie Mancini répondit i cette passion, espérant toujoui-s que le nn l'épouserait. Fort jalouse, et craignant de laisser érhapper sa conquête, elle ne quittait pas le roi, quVlle suivait partout et allait jus(|u'à Tobsi^ssion. Mazarin. voulant anéantir les folles esp<'M'anoes de sa nièce, prit la résolution de l'éloigner et de l'envoyer pour quelque temps au couvent de
/i)Ne pns confoiitlre avec Mlle «U» l.a MulU* lloiidniH'oiirl. ce qui ii lieu u«<><>/. >ou\ciit. ■,i) Vuir l'article qui suit.
Brouage, près de la Rochelle. La séparation des deux jeunes amants, à la fin de 1G59, fut des plus pénibles. « Vous pleurez, dit Marie au roi, vous êtes le mai Ire, vous m'aimez,,, et je pars! » Dix-huit mois après, le 11 avril 1()61, on lui fit épouser solennellement par pro<:urution, dans la chapelle de la nMiie, uu lx)uvre, en présence de toute la cour, le prince Gdonna, grand connétable de Naples (1), et, depuis, elle eut une vie des plus aventureuses, dont le récit ne siérait pas ici à sa place. Vjè que nous tenons à noter cependant, c'est qu'en 1705, s'étant avisée de quitter l'Italie }>otM' venir voir sa famille, on ne lui accorda cette faveur qu'à la condition qu'elle ne mettrait pas les pieds à Paris et encore moins à la cour. Klle vint alors s'insUtller à Passv, dans une {>etite maison appartenant à son frère, le duc de Nevers ; mais, comme elle ne connaissait plus poi*sonne en dehors de sa famille, l'ennui la prit, et elle s'en letourna peu de temps après à Rome.
LES FILLES DE MADAME DE BFLVUVAIS ET DE LA MARQl ISE DE RICHELIEl
(165ià1709)
La trop célèbre M'"'* de Reauvais, qu'on appelait aussi familièrement la Heaurais, cette cri'ature insinuante, première femme de chambre et favorite d'Anne d'Autriche, qui ne Tapiielait que Cataut (abréviation de son nom de (^^atherine); cette femme Idide, désagréable, sans attraits, dont les mœurs furent loin d'être pures, avait cru dev(»ir conlier à notre maison naissante sa fille alntV, Anne-Jearuie-ltaptiste, (pii n'avait pas la moindre vocation religieuse. Aussi, comme les verrous et les tjrilles ne sont pas un garant de la vertu- dès filles, Anne s empressa-t-elle de se faire enlever par le marquis de Richelieu (Jean-Raptiste-Ainador Vignerot , qui l'épousa à Saint-Eustache le 1:2 novembre 1H,->!Î. Le marquis avait ilix-sept ans, la mariée quinze ans et treize joui's; elle était filleule d'Anne d'Autiiche et de Gaston d'Orléans ("2). Sa vie fut courte; elle mourut au h)uvre le 29 avril n>()3. juste un an apK'S mm mari, et fut inhumée dans la cha}N'lle de la Sorbonne, lieu de sépultun' des Richelieu, (m attribua la mort prématurée des di*u\ jeunes époux à dt* trop fortes doses de vin d'émétique (ou antimoine) que leuravjitaclministréi's (îuénauU (et non Guén»ud), ce premier médecin de la reine Marie- Théivse. qui ne faisait ses visites qu'à cheval, et dont Boileau a dit dans sa sixième satire :
(iiiriinuil sur sou clirval vu passant niVclubousse
et dans sa quatrième (ce qui est plus grave) :