‹ Histoire du XVIe arrondissement de ParisChapitre 72 sur 128 · V.:. '.ri . Brnjamiii lWW>.«»r-*n i»^tiI: riahl lum · texte numérisé non relu

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La façon dont il avait administré la préfecture d'Eure-et-Loir fit songer à lui pour la place émineote et périlleuse de préfet de police, qu'il n'accepta qu'après bien ahonorables hésitations. 11 l'occupa du 10 septembre 1836 au 24 février 1848, et, grâce à lui, la capitale tranquillisée put jouir d'un long repos. < N'y a-t-il pas — disait Jacques Arago — un noble dévouement dans la vie de celui

2ui, pouvant se reposer heureux dans les loisirs e la vie domestique, aime mieux consacrer son infatigable intelligence à la répression des délits et des crimes qui attristent son pays? M. Gabriel Delesscrt a bien mérité de ses concitoyens, et de légitimes regrets le suivront dans sa retraite. >

< La population parisienne — a dit encore M. Ducoux, un de ses successeurs — conserve avec reconnaissance le souvenir de ce magistrat dont les vertus privées égalaient l'intelligence et le dévouement à la chose publique. M. Gabriel l)elessert sut toujours atténuer les nécessités <|uelquefois terribles de sa charge, par l'esprit de tolérance et de bonté avec Ie({uel il remplit ses devoirs (1 ) ». N'y a-t-il pas lieu de rappeler ici, à ce propos,

?|ue deux fois pendant l'exercice de ses délicates onctions, il eut à recevoir comme prisonnier de passage à la prélecture de police le prince Louis- Napoléon Bonaparte (Napoléon lll). 1^ première fois, ce fut le il décembre 1836, à 2 heures du matin, après la malheureuse tentative de Strasbourg.

On conduisait le prince de Strasbourg à Lorient, ou il devait s'embarquer pour les Etats-Unis. « M. Gabriel Delessert l'attendait (2), et la réception, quoique froide, fut bienveillante, mais douloureuse ; il lui était pénible d'exercer ses sévères fonctions contre le neveu de l'Empereur, de revoir dans la condition extrême de prisonnier le tils d'une reine qui l'avait accueilli autrefois dans ses voyages avec une exquise et rare bienveillance, ce tils qu'il avait connu tout enfant et pour lequel il avait eu de si douces et de si gracieuses paroles, de si tendres et de si bons sentiments. Une collation avait été servie pour le prince dans la grande salle à manger de la préfecture, dans cette mèrne salle o(],presquetouslesmatius, MlieC^ileelM. h^ouard Delessert, jeunes enfants du préfet, venaient s'ébattre et prendre avec Mlle de Montijo, leur amie, des leçons de g}'mnastique sous l'habile direction de >l. Delestre, alors sous-otlicier des sapeurs-pompiers de l*aris. Le prince ne voulut pomt accepter cette collation. 11 ne prit que quelques biscuits et un verre de Champagne dans le salon rouge de la préfecture, où il attendit patiemment le moment de son départ, qui eut lieu deux heures après. »

M. Gahriel Delessert n'en était qu'à la première épreuve.

Lii seconde eut lieu après la fâcheuse écbauffourée du prince à Boulogne-sur-Mer, le 6 août 1840. Conduit d'abord à la citadelle de Ham, il fut amené, dans la nuit du 1:2, à la Conciergerie

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de Paris. Comme la première fois, M. Gabriel Delessert l'attendait, et après avoir reçu du prioee des félicitations dn maintien en exmice de l'ani de sa mère, du fonctionnaire bienveillant qui l'avait si délicatement reçu dans les mêmes cooditions quatre ans auparavant, il le fit eondoin dans le logement le plus salcbre el le pins coof^ nable de la prison, od il resta josqn'an 26 septembre suivant; puis le prisonnier comparât devant la Chambre des Pairs, qui devait le renvoyer à Ham.

Après la révolution du 24 février 1848, Gabriel Delessert voulut partager l'exil de son roi, et alla le retrouver à Claremont, où il reçnt de Louis- Philippe un accueil plein d'effusion, de reconnaissance et de bonté. Six mois après, sollicité par sa famille et ses amis de rentrer en France, voyant que le pouvoir républicain lonctionnait traLnquill^ ment et que sa vie n'avait rien & craindre de ce parti, il sollicita de Lonis-Philippe la permission de s'éloigner de Claremont, quitta le sol hospitalier de l'Angleterre et vint se retirer dans sa charmante villa de Passy.

Trois ans après, un événement douloureux vint troubler la sérénité de sa nouvelle existence. Sa fille Cécile, linguiste habile et peintre amateur distingué, mariée depuis 1847 au vicomte Alexis de Valon, jeune homme anssi charmant que modeste, connu par des articles de revues et quelques bons ouvrages, avait organisé le 20 août 1851 une partie de natation dans l'étang de sa belle propriété de Saint-Priest, près de Limoges. Nageurs et nageuses se jettent gaiement à l'eau et gagnent le large. Mme de Valon, se sentant fatiguée, ap-

{^elle à son aide ; son mari na^e vers elle, l'aborde, a soutient et cherche à la diriger vers le rivage, auand tout à coup il s'embarrasse les jambes dans e hautes herbes. Le comte de NadaïUac (Sigismond du Pouget), habitué de la maison, qui voit ce qui se passe, ramène vivement à terre Mme de Vu Ion, puis s'élance au secours de son ami. Dévouement inutile ! il est trop tard, M. de Valon a disparu sous les eaux, il meurt victime de la plus cruelle fatalité. Le désespoir de sa femme et de M. Gabriel Delessert, qui assistaient à cette scène, est indescriptible.

Seize mois après, Mme de Valon, qoi avait trouvé dans son sauveur une âme aussi générease que sympathique, touchée des soins dévoués et sincères que M. de Nadaillac n'avait cessé de loi témoigner dans la cruelle épreuve qu'elle avait eue à subir, et, de plus, encouragée par son père et sa mère (1), unissait son sort à cet homme de bien.

En dépit de son Age, Gabriel Delessert — qoi. du reste, n'avait guère connu la maladie — ne laissait pas s'écouler un seul jonr sans faire une promenade à cheval, au bois de Boulogne on du Vèsinet, ou ailleurs. Le 16 juillet 1856. étant dans la forêt de Saint-Germain, son cheval s'effnve

''OMIh' Mario Charlolle île Lab«^pite. née en itJoC, rlail fille 6c la conile^s*'! de Labonle. anriiMiiiediiiiu' dlioniieurde rimpêralrioe Jot^èptiine. «•I avail ép4uisé M. Gabriel lïeleœrt, le !• juin is»',. Kllr iimunit en mai iSî»^. Mme de NadailLic. sa lille. née à Passy. lejoelidire i^à'k mourut euî*- Iciiieiit à l*aï>sy. Ie**j6 mars i**7.

membres de la famille nous ont boMirés de leor adhésion : le très regretté banm Bartlioldi et Mme Odier, dont nous souhaitons meaMnt Toir le nom fîgarer bien longtemps encore snr la liste de nos adhérents.

Ici s*arrète notre monographie des Delessert, que nous avons longtemps hésité à écrire. Ce n'est guère par les membres de la famille, on le sait, qu'il eût été possible d obtenir des renseignements plus nombreux, et surtout plus intimes : leor amour du silence pour tout ce qui les coocemait, leur modestie, excessive peut-être, mais qu'on ne saurait blâmer, leur inspiraient rhorreor de tout ce qui aurait pu ressembler à de la réclame. Force a donc été pour nous d^avoir recours i tout ce qui a été écrit sur eux par des contemporains qui les avaient fréquentés, et à leur faire de nombreux emprunts. Aussi notre travail s*estil, en partie, simplement borné à réunir des documents épars, à les collationner et i les mettre en ordre.

()es documents, nous aurions hésité i les publier du vivant des fK^res Messert, dans la crainte de blesser ce sentiment de modestie qui. chez eux, était une véritable passion; mais aujomrd*hui que, hélas ! ils ne sont plus, nous regardons comme un devoir de reconnaissance de les insérer dans nos Archives, |Hmr per|)étuer le souvenir de ces hommes de bien dont la vie peut servir de modèle à tons.

Ah ! s'il nous eiU été donné de connaître tous les actt^s de Itonté et de bienfaisance qu'ils répandirent fhaque jour si discrètement sur Passy et uilleura, pendant une grande partie de notre siècle, bioii Aa^n pagt\s ne suffiraient pas à les divulguer. r/oHt d\'\\x qu'on peut dire que leur main gauche iunorait le bien ((ue ptinUguait leur^ main nrinte, el nous no saurions mieu\ finir qu'en réé- (lit mit (OS mots bien connus :

(Ut! les hwH's ijens ! les brjces cœurs !

L>'op.iLD Mkk.

m \H\t.i;s (ONs; LTi's :

il I l'iiiMiir. «uiMro iS;»; t^h^rnnt /V/f.t.vir/, par

l.iiM iU Ni.iii.x . „ ,^, . ...

f /ii(/i' /n*/n»n/iii' i/<» tWnj^uHin Ihrlfsi^rt, «itMarmi- I h M Hf>n\ |»iii M l"l«»iirrnH, Muivlniri' porpêlurl de \( «nlt iiii«* tlr<« SriOliroH lu «l»iis la M'aiiro jui- • lliHit ilu '♦ nuii-» iH.»»» .

\../<.i .11» /•! lie »/i" Hfnjtuuin /Wc*.vfT/. par le iifiiih tl Nim«'mI iluo A l an'^oinhloo i:viu*ralo dos I Ml ...i . «I I iMiiHur W S mai is»7 . /Siri^, /*/.»« fri-rcs. lU'i/ |H« I • il» \

V'./î I 'Ui /i»M/.i»niM IK'U'ss^rt, |Kn* Alphonse de

I M||ll"ll*'

f, .., , / |i<ii !•• Imioii |!l», l^upin; l\tris, h'. Uidot

//.,/' '' /'''»/'•"•'" /*«/«*<NV»/. par l^aiil-Antoine I „., ,||. r-iii'ii. I iMiiniim* par lAoadomio île l.\on;

f, ,, , /'/<<M /•••<i'., iM.m. III s.

^.,n t . /»uMiWiMi<i/nr >tf M. /»• hurytn Bn'njamin i, /, .,/ pHi 1 1 t •» n«ii »'l r. N .. /*ii»-t.N'. imp. de i^f,,, I '/.^.H^ll^^■, |N',,. puro iu S. evlraîlo des

. /,/, ■/• ■ /ji.MiMir» i/ll /(«II' .

lu ■.!• •/*'•' Wf 'mnj. luii^ ariK'le Mir Henjnmin

Magojtin pilloresqae^ articles sur Benjamin BektserL années 18(7, p. 4o6; 1860, p. agiB; 1S9, p. 103.

Sotice biographique sar la me et les travaux polili-

Î]ae$ de M. Prancou Ddesseri ; Pari», à rAdministnvtn générale, i845, pièce in -8, extraite des Conlemporatnn.

M. Gabriel Delesserl, par Tripier le Franc ; Paris, Dénia, iHSo, 1 fort volume grand in-8.

Edouard DdeMert, par Heniy Lauzac, eitrait da .^ vol. de la Galène historique et critique do XIX* siècle : Paris, Bureau de la Galerie, 1861, pièce in-8.

Annales historiques nobiliaires et biographique^,}^ Tisseron. — Voir l'article sur les Delesseri.

Sftlice sar la collection de tableaux de MM. Dd»sert; Paris, i846. in^.

Catalogue des tableaux de M, François Delessai; Paris (S. d.)^ in-8 (contenant 236 numéroi»).

Galerie Delesseri, par Ch. Blanc {Gazette des Beaux-Arts): Paris, Claye, i86î>, gr. ifr8 avec 8 eaux- fortes.

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