‹ Histoire du XVIe arrondissement de ParisChapitre 73 sur 128 · LA TOUR D'AUVERGNE A PASSY · texte numérisé non relu

LA TOUR D'AUVERGNE A PASSY

S11 est on hôte dont Psissy paisse véritablement être fier, c'est à coop sdr Théophile Maie- Corret de La Tour d'AuTerane, somommé le premier grenadier de la République^ si grand par sa bravoure, son ardent amour &b la patrie, sa candeur, la sensibilité de son àme, mo indépendance de caractère et son désintéressement S> biographie est dans tontes les mains ; nous nots contenterons de la résumer brièvemeot jnsqa*à lepoque de sa retraite définitive, sur laquelle nous nous appesantirons davantage, parce qu'elle appartient essentiellement à notre histoire locale. Né, le 23 décembre 1743, à Carhmi, dans le Finistère, voué an métier des armes, il entra, le 3 avril 1767, en qualité de sous-lieotenant, dans la deuxième compagnie des Mousquetaires noirs, se distingua particulièrement en Espagne, sortoat au siège de Port-Mahon, à la fin de i78i , et revint en France le 23 janvier 4782. Il fut enfin nomoé capitaine à Tancienneté 'le 29 octobre 1784, et chevalier de Saint-Louis le 6 octobre 1794, aprn vingt-quatre ans de service. La Tour d'ÀQvergoe fut toujours favorable aux principes de la Rérolulion, fit la campagne de 479^ à rannéedes Alpes, puis commanda en 4793 et 4794, à Tirmée des Pyrénées occidentales, les compagnies de grenadiers qui s'immortalisèrent sons le nom de coUmne infernale. Autorisé à prendre sa retraite définitive le 7 janvier 4795, il s'était embarqué le 5 février suivant, à Rayonne (i). sur on navire breton qui devait lo ramener daos son pays natal, quand il fut fait prisonnier par les Anglais et emprisonné à Bodmin dans |e comté de G)mouaille8. An début de sa captiTit^i ses geôliers voulant le forcer à qnitter sa eocarde, il la perça de son éftée jusqu'à la garde, déclaraDt fièrement qu'il se laisserait plutôt tuer qoe de i< rendre. Enfin, libéré le 7 janvier 4796 à la sotte d'un échange de prisonniers, il débarqua aa Havre

(1) Qiiolmies l>ioa:rn|>he5; disent: à liordeanïj La Tour a'Auvergne, dans une de ses leUrc»i dit : (i Bayonne.

Mmnme. se nv i

■ «wrmvUiM^Ai

set- lies Eaux, me Ravnnuard, ij.

iiutt- et l'E^calkr m 1881.

Jb s*. L. Mar, daprin Atalava.)

tt PASSA6E DES EAUX

I uni jiiiluivsi|ui' Ju vieux Passy dont miiHiriHihiiiuo est à i-unserter 1 Non

lu- iiiit-leii fi rvereltv pré- ,111.1 " hluïe.. ,.n |(Li„ Je son

sait si depuis p«a le nombre ta ta grud , nrtont dans CM paragts...

Ainsi, raspert aetael de son entrée on de wx débODché dans U rue RaynoQard, entre les d* ï et 11, n'est dèji plus ce qu'il éuit ilyaqaelqiKS années ; la Toûte qui Ini donnait nn aspect si pi^ tûresque a été supprimée. Aussi aïons-nous éH heureui de décflmrir, pour notre reproducùM. un pelitdessio Tait d'après nature, ivajit cette 9>]>-

fression. par l'habile pnntre Alalaya, qui hibiu assy depuis près de vingt ans et l'a eiplorédu» bien des sens.

Ce passage, dont la partie haute estsianidNilée avec ses cent quatorze marches irrégulièrM,

Mantes s'il o'est marchaiid appartenaat i cette corporatioD, oa associé à on Barcliaiid de l'eaa.

La perception de noinlMreai droits seigneariaax de péage, llnsa£Bsance da tirant d*eaa pendant la saison sèche, l'existence de ponts à arches trop étroites qui se trooTaient en partie feroKes par des moulins, les pêcheries fixes ont entravé pendant bien des siècles ce monfenent comaercial. Onoiqae de nombreox edits du (^rlesent eossent ordonné la suppression de taxes perçues irrégulièrement, il y arait encore, au commencement du xTiii** siècle, dix-neuf péages greTant la natigation de la Seine entre Paris et la Rocfae-Guyon, c'est-à-dire sur un parcours de 133 kilomètres.

L*abolition des droits seigneuriaux permit à la batellerie de prendre un nourel essor : mais elle se trourait encore gêné par beaucoup d'obstacles : le chenal abandonne à lui-même était urrégulier , fort sinueux, peu profond dans les rapides, où le courant était violent ; le mouillage s*abaissait« sur certains points, à 60 centimètres en basses eaux. Les travaux d'amélioration de la navigabilité de la Seine ne datent que du xix"^ siècle.

Notre Ûeuve est actuellement bordé de quais sur presque toute la longueur de la traversée de Paris ; on n y trouve plus de chemin de halage que sur la banquette perreyee d'Auteuil.et le halage ne s'y exerce plus depuis Tépoque à laquelle a été organisé le service des bateaux-toueurs.

(4»mme les routes étaient devenues très mauvaises dans les deniières années du \vm*^ siècle, le roche d'ivtu était fréquenté pour les relations entre Taris. Auxerre. Meaux. Troyes et Rouen : wn services ont été délaissés lorsque les diligence* ont prtH*uré un moven de transport plus rapide.

Kn IH:U. riugênieur en chef des ponts etchausnéeN l'oirre parvint à rési»udre le [icoblème dilfi- ^'i\t^ tin la roustructiou, en rivière, de barrages eiilli^i'enioiit mobilos. ce qui j»ermit d'entreprendre eniruroninit U ranalisatioii \JiK* la Seine (l) ; on ae tuHiiMit alont à obtenir un tirant d'eau miniiniiiii de 'i iiu^tn^ et c'est dans ce but uue fut f iiimli uit le lueuiier Imrrage de Suresnes i:i).dont le fimcHoiiniMnent permit d'établir le service des iiiilifiiiM i\ vapeur omnibus en ISiiT. juste à h>ifi|i4 |M>iii' ciinduict^ les visiteurs ù l'bjLposition liili«MiMtiMH(tlo du C.liamp de Mars, \\ant lu cons- IfiiiMiiii d<« co premier barrage do Suresnes, qu'il ff filiii n'i'iMo ensuite |H»ur porter le tirant d'eau itfi 1 moirea iK :i"'/i(>, les Imtoaux à vapeur autnUMi\ éi«« o«|i(i«ie*i a ne pas avoir une profondeur •fffli'MiMlM |MiUi nuviuuor pendant l'etè.

Il lui (toitilo p.irUloi du (» avril 18TS qu'on n.i»»'iiHM'iii li»i nuu'ttue!* de la S»ine. |H>ur main- Itim III i'Hii Iriiip*! un mouillage minimum de ■I • lit I MMiiiiM I 'i\ «iil propose prtHYdemment Tins-

^ ^1 ., ,, ,Hi iotM'Oit II liiiinllv^ t*t à ai^^uillo*^. ',,,M iM '••«• itiMi'iMi > ipi il xriuiit (I ctaMir sur

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I, .M .,, I M I l 'liii t I I •! I i'li,ni;;«-r. ' ' I ,,i «iii> I (iiiiiittii tMih>ii>.«- iMT «ii'rrt't ilu ,' , .1,1 i)>ii', Ml h I «I t iili'|i.ir li*«>> in;^(Mii<*iirs M I • • • '••lu iiut II II iiiiiiinonl ru iS30.

pecteor général des ponts et chaussées Belgrand({), puis M. Krantz, ingénieur en chef de la navigition de la Seine et actuellement sénateur (2). Cette oravre a été complétée, sons rinspiration d*oo membre de notre Société, rhonorable sénateur M. de Freycinet, par la loi du 21 ioillet 4880, prescrivant de réaliser le monillage de 3"*,^ ooo seulement jusqu'à Féduse de la Monnaie, niis dans toute la traversée de Paris.

La canalisation de la Seine, qui a été terminée en 4878, a coûté environ 61 millions : le prix de transport par terre et par kilomètre, qui était de 8 à 10 centimes en 1830 et de 5 centimes ea 1859, est descendu à moins de 2 centimes. La navigation n'est plus interdite d'une manière absolue qu'en temps de glaces : il est rrai que les bateaux se trouvent, en outre, arrêtés pendant lei fortes crues par divers ponts, à cause de la faible hauteur des arches, et qu'ils ne peuvent pins faire leurs opérations d'embarquement et de «Mbarqoemrat lorM|ue ces crues submergent les bas quais, ((ui se divisent en deux catégories : les ports de tirage, qui d«cendent avec une pente transversale assez considérable jusqu'au niveau de l'ancieQoe retenue de Suresnes (3), et les ports droits, qui se terminent, du côté de la rivière, par un mur vertical. Les ports de tirage tendent à être progressivement remplacés par des ports droits.

La traversée de Paris, dont la longueiur est de ii kilomètres, fait partie du bief c^ Suresnes, dont la longueur toUle est de 25 kilomètres et demi et dont la retenue se trouve à 27 mètres aadessus du niveau de la mer. Grâce à l'établissement du nouveau barrage de Suresnes, commencé en 1880 et terminé en 1885, la Seine forme i Paris un vaste bassin pour lequel, dans l'état normal et sauf les variations provenant des crues, le niveau de l'eau est maintenu à peu près constamment à cette altitude (4). On manœuvre le barrage de Suresnes, qui est relié au bureau télégraphiquedu quai Mala(juais,demanièreàréali8er,pendant les eaux ordinaires et autant que possible, un niveau consUnt au pont Royal. Les écluses et barrages mobiles de Suresnes sont séparés par deax Iles (5).

{^ grandes routes d'abord, ensuite et surtoal les chemins de fer avaient réalisé pour la circolation publitiue de tels progrès que la navigation de la Seine avait paru, aux yeux du public, avoir

I Dans un projet pris en consifléralion parla di'cision mniisténellc du aHjuin i855.

\:î Par diverses publicalions en 1869 ci par des rappt»rls présentés ii l'Assemblée nationale.

0) C e!>l-a-dire à i m. aa au-dessous de la retenue deaii actuelle.

i',) La pente totale de la nnppe d eau. entre le poul National et le viaduc d'Auleuil, séparés par une dislance de ii.6ao mètres, n'est, pcndont les eaux onlinaircs, que de 3U cenliraètres; elle dci»end de 1 importance du débit, qui varie entre t-»eli.ouo luèlres cubes par seconde, quoique la Seine soit un fleuve relativement tranquille ; la pente descend au-dessous de 3d centimètres «piand le débit est trt'S faible: elle s'est élevée à miulres pendant la ^^rande crue du 17 mars 1876.

i.'O L;i hauteur de chute du barrage de Suresnes e?*l de 3 m. jr; ; la lon^'ueur utile du sas est de u'x» ni.5o. et lar^^eur miiiima dt; 12 mètres. Cet ou- Ma;:e a élé construit par l'inspecteur général des ponN el chaussées lioulé, alors in^'énieur en chef de la navigation de la Seine, les ingénieurs

HISTOIRE DU XVr AHRONDISSEMENT

cite toujours les mêmes et ils font toujours plaisir (i).

Sa yie privée fut très orageuse ; elle fut au mieux avec quelques-uns des hommes les plus célèbres de son époque. Helvétius, le philosophe Helvétius, dans sa jeunesse, était beau danseur et coureur de coulisses; au nombre de ses conquêtes d'Opéra, il compta Sophie Arnould. Et, chose curieuse, quand il se maria, le sentiment de la chanteuse pour Thomme aimé sembla se reporter sur le ménage. Mlllin nous dit: « Sophie, tant que Mme llelvétius a tccu, n*a jamais passé quinze jours sans la voir, et elle en était toujours bien reçue. »

C'est à HeWélius, qui lui avait envoyé un cadeau et qui ne lui en parlait pas, qu'elle Ht ce charmant reproche :

Est-ce ce que vous mmlei perdre ce que vous m'avez aonnc?

Du comte de Lauraçuais, elle eut trois enfants, dont Tun, Constant Dio ville do Brancas. colonel au il^ régiment de cuirassiers, fut tué à l'aflfaire de nie de Lobau. Au moment de sa rupture avec leur mère, Lauraguuis leur assura une rente de 1.500 livres, ainsi que le témoigne une pièce tirée des Archives nationales et publiée par M. Campardon. C'est un des nombreux actes dans lesquels on rencontre le nom de Boulainvilliers (2).

Après Lauraguais, il est un homme encore qui tient une large place dans l'existence si agitée de Sophie Arnould. C^ n'est plus un grand seigneur, c*est un roturier, un architecte : Bellanger, qui construira Bagatelle.

C'est en 1771 ouil fut admis chez elle; il était jeune, aimable, elle était si lasse de tant d'amours vénales, qu'elle se prit pour lui d'une belle passion. In instant, elle songea à quitter sa vie turbulente pour épouser ce petit bourgeois qui ne demandait pas mieux.

Mlle Arnould, aprt^s s\*trc tùjaut'e au.v </;•pens de tant d'autns, vient de fournir ma- /iVrt* au.r rieurs par le mariage le plus sol.

.Vinsi s'exprime Bachaumont, et comme lui tout le monde crut à ce mariage. On cria à la mésalliance, l in» reine de l'Opëra épouser on architecte ! Quelle chute affreuse ! Klle laissa croire assez longtemps qu'elle était devenue Mme Bellanger et ne se fûcha point des plaisanteries quand on lui demanda ce qu'elle comptait taire de cet architecte :

•j II ^ a t|iit*I«i«i«'^ iimis. «Ml v««\ail «miOi'IO à 1.) f;)<;att« «lu r» tir la nu- Bi)i«« \v Vt-nt un n'Iui- mu >ioiil V. laiiiolttlo M. Mar. Bnlli'ltn «!.• la So cn'lr. I II. I». i>

l>,ui«« \ A'n-yi-iii'i'i. MOU- ln>u\on^ Irsuivaut. i|ui n—iiuMi- au pn-.tMlrut : Mil»- Min- fut plu- o«* iol»r\- jv,«r U'» p;i-«»i«in'» «jurlh* iii-^pin». t]\ir «'ununr «lau-«ou-»i'. In nui-ioi«'h»|u «llo avait faxori-r vlant Venu a niouin. Soplm ooinpo-^a ««mi «pilaplif. ipii f«.t buMi au->i uu»' «pimanuiu" . l-.i mi *"»• i-i mi l-i (La Miiv I a nn- la .

liu-auln- foi*. Sopln,- «h>,iit. rn voxaul j«»urr

■•:> it'-f'vx-;;-»"

•' .r* (• ;::.;•. tlh

un«' arlriov f«>ii luamrr : /.' «ii.Vf"- t: S:."j' ("•'-■ . l ; ■:."' :^ ;-. U t*jMn:nail jwi> '»*•«♦ oaniara«l«--

^j Arx'hixi" nali'Mïal» -» \ i ■."»

• A l«Mi'. orux <pii Cl * {MX"»' !il« -. Il tli> * v« n- '.'A An:u- lialuul Iti-uii-llt i uai>l *W U.-olat:!\ iî!:t :-. Olu^alur •'«•liimui il«- l*a-'»> .. p!x\"l tî > iii-mlr «If Pari", •v.iliit «s;<\tMr fai^-ui- que ... •• >;i!\tnl le- vklaiN t!c la -l-'iialivii.

// utilisera, répondit-elle, les pierres qun lance dans mon jardin.

Sophie n'eut jamais un ami plus dévoué qie « mari de comédie. Le secret connu, il resta m défenseur et son conseiller, Teillant sur elle à près ou de loin. Intendant de sa fortune et de a gloire, il l'empêchait d'emprunter à trop p% intérêts, il lui organisait des triomphes an théitre; il défendait sa réputation l'épée à la main. N'eugérons pas, son duel avec le marquis de ViOette ne fut pas terrible ; il avait été convenu qoe les deux rivaux se présenteraient l'un contre Taotre. l'épée à la main, qu'on les séparerait; ee qui i été fait. Ce fut un duel pour € semblant >.

Bellanger voulut faire plus, il rêva un teapie pour sa divinité. Chassée de son botel de la rwt des Petits-Champs par l'incendie de TOpén, Sophie s'était réfugiée dans un appartement de U rue Caumartin, et elle s'y troarait à rétroit. 0 résolut de lui bâtir une demeure plus belle encore que le palais de la Guimard. il se mit i l'œuvre et fit merveille. Cet hôtel était un èbloni»sement, tout de marbre et d'or avec des peintures splendides, des jardins, des statues... Malheureusement, il n'exista jamais que sur le papier (1).

Bellanger bâtissait en Espagne, Sophie s'j était prise trop tard ; suivant une expressioo de l'époque, le Pactole commençait i tarir dans sn boudoir. Déjà, en 1774, l'étoile de notre hénôe était à son déclin ; une à une, la fortune hii reprenait toutes les faveurs dont elle l'avait eoBblée. Son premier revers date de 1766, c'était un avertissement, elle ne songea pas à en teoir compte. Chutée, dans Sylvie, elle dut abandooacr ce rùle.

Deux ans plus tard, elle eut la maknoootresK idée de prendre celui de Colette, dans le Derin du village, composé par Jean-Jacques Rousseao. à Passy, lorsqu'il prit les eaux. Elle y fut détestable, de l'avis même de ses amis. Ne voulant pas s'avouer vaincue, elle désira alors interpréter Colin dans la même pièce, rôle que Mme de IVmb padour avait joué, au château de Bellevoe, avec le plus grand succès. Sophie échoua encore et oe fut pas applaudie comme elle s'y attendait.

Ah! dit-elle en rentrant au foyer, je te sens maintenant Chabit ne fait ftas te moine.

En 1778, elle fut forcée do quitter le théâtre: sa voix l'avait trahie. U lui restait son esprit, et on ne manqua pas de le lui dire pour la consoler. Marin, doyen des gens de lettres, lui adressa les vers suivants :

Oiiauil «»n a tant «l'opril. d«» iiràci-. d«* fiuc*^. (^uiiiuK'ut (K'ul-oii ëpn»u\t'r ilf> n*j;ivl>î Lo" a::K-menl> de ki foniiiu*...

Vali'iiliN li>u> li*s don> qii* le ciel vou'? a foll^. <.i'> uit»ls heurt'ux. ce>\i%'e> K'|Mrtie>. l!i*^ tnii(> hrilhint>, ces ninialiie> Nsillic^. Cet art (le racunler qu on n'imite Jitniai»? rv>l aio>i que par ce> bienlait»

I^ Nature vou> «iiHloniniazre.

>u elle vou> ventfi' tie l'outni^rv

Ou elle Oue k"*

aD> font à %u> attrait».

CIkvsc curieuse, cet impromptu est écrit ao dos

1 Hil>lK*Uiî*que Nationale. 4*ahi04-l de? £«■ t,iiitpi> T"/— :;'*i/»Ai^ dr Pari*, L LWX.

HISTOIRE nu XVI* ARRONDISSEMENT

O Mrait \h on rajet de tristesse profonde, s*il n*j a? ait, poor lot ter contre les nécessités otili- Vêtr^ de la rie moderne, des historiens, fidèles au rioeher et au rillage, qui se sont donné la mission de rappeler et de ressusciter avec amoor, parmi les souvenirs d'autrefois, les douleurs et les joies de ceuK qui nous ont précédés sor le petit coin de terre ou nous rivons à notre tour.

Aussi bien Jules ianio ne serait-il pas célébré comme il convient si nous nous attanlions dans ces penflées mélancoliques ; « il était, suivant la

riarole de Platon, un rayon dans la rosée 0(1 jouent PS cigale» babillardes» et son joyeux ref^ard, ennemi des larmes, nous blâmerait de continuer sur un pareil ton.

Jules Janin naauit à (>)ndrieu, dans le UhAne, le iO février 1804. Sa famille appartenait à la liourgeoisie ; son père était avoué à Saint-Ktienne. AprèH des études commencées dans oette ville, arhevèes ù l^)uis-le-(}rand dans la camaraderie de Ouvillier F'ieury, de l^rminier et de Sainte-Beuve, lo jeune homme dut donner, pour vivre, des leçons à i francs lo cachet, (tétait la misère, mais la minère embellie par la jeunesse et dont il a dit(1): « Ost Fespèrance en sa fleur, ce sont toutes les émotionK du ccrur do Thomme, jVntends toutes les nobles et douces émotions réunies, entassées, florissantes et chantantes passions d*un jeune rirur... La jeunesse, c'est la misère folâtre, c*est lo frais sommeil, c'est la santé qui vit de peu... I^a jeunesse, c'est la poésie éparse çà et là qui vous urrompugnc comme on parfum invisible; elle se joue à votre chevet, elle s'assied à votre table, elle rit dans votre verre à demi plein ; c'est elle qui ouvre la porte aux créanciers avec son air mudré et boudeur et qui le paie avec un sourire. »

Après des débuts au Figaro, qui lui avaient apporté la fortune. — il kîïK"'»»^ i''*>**^ ^^^ francs lar mois ! — il entra, en \H'1\K au Journal des )t'lHits,{)\\ il allait, pendant quarante ans, tous les lundis, OHMlijjuer au publie les dons les plus divers et les plus rharuiants.

Il faisait partie de la phalan|:;e romantique ; n'olail-oe pas |Hmr en voir de plus près les travers et les défauts? Son histoire de VAtw mort W dt* h Ft'mmt* guiUotitu'r pourrait le faire crt»in\ et nombreux sont, aujourd'hui, ceux qui ne voient, dans ce premier grand succès, qu'une plaisanterie et une douce critique.

Mais bientôt, son livre de Harnarc et relui de /il Un d'un tuotult* allaient montn'r que Janin était capable d'abonler des sujets plus élevés et plus littéraires. Le win* sitVIe trt>u\e, alors, en lui. un iuterpK'te qui le comprend, un artiste qui l'admire, un philivs^^phe oui le juge. < Folies, spirituelles uaUes. ivlairs de génie et terrible coup de tonnern» linal. tout y pass<». L'enchanttHir agite sa baguette et tout s'anime ;\ l'instant ^:2).»

C'est À cette »lale, c*est-;\-din* en I8;>i>, »]ue Jules Janin Acrivo pour la prt^mion* fois à Auteuil. Kn hi\er. il avait frxHiu«*nte à l\iris. ohe/ Mme IVa dier. U femme du grand s* ulpteur et. Tête venu.

il avait soivi set aoûs dans b joie mmm fkk possédaient, à rentrée de la me La Fmùjk, presque en face du ehaJet de Béruiftf ci Mi c6té de Mosard, le fimenx orgmîntfg àaïàk l'Opéra.

Oo s'amnstîtbemcoop chez cet fraadiailidck car leor salon n^êlait ooTert qa*aiix pm àSÊn 00 à ceox qui aTtient plot d*etpritqoeleshMH célèbres. Jaoio, on jour, on plntM oie Mit etguisé en pierrot, y iTsit dit : « ki toot le Bail ett prince do saug. » Quant à la ■altran k lojns, qui, dans ses fHet, Toyait déikr tat l'Olympe do paganisme, ^e te croyait et lî^ avec sa conscience quand elle arait bb nria cartes d'invitation : < 1^ beauté ett de rigm.»

Marié le 4 G octobre i84i , arec la fille da ptsident Hoet, J. Janin ne tarda pas à Tenir kakilcr Grande-Rue de Passy, dant une maison ol.ci 4761, Louis \V arait installé cette charaaBtect touchante apparition qui 8*est appelée VAe k Romans.

Cet ancien hAtel de la folie, qui n*a été àtmk qu'en 4890, Janin l'avait acheté 90.000 franes; mais c'était son beau-père qui les aTait payés.

Janin était alors dans tout Téclat d*one beauté qui est restée célèbre ; il était encore svelte et agile (4) ; ses cheveax boudés, ses ^x ooin. profonds et malicieux, encadraient ou illomiDaicit son radieux visage ; comme Fantasîo, U avait le mois de mai sur les jouet et cette fleur de sanlé qui ajoute à la jeunesse et au talent conioe ua attrait nouveau par la séduction qn*dle inspire.

Là. sous les arbres, «Tieux bonshommes eneorf raides etquiont conservé toute leur cfaerelore »(i), Janin se promenait en robe de chambre de molleton blanc, coiffé d'un bonnet de coton et toujours suivi d'un gros mouton, blanc lui aussi, qoi ne le quittait jamais.

Au mois d'avril 48^2, Arsène Houssaye et sa jeune femme arrivèrent à Passy, le soir de leurs noces ; après le diner, Mme Janin vînt présenter aux jeunes époux, sur un plat d'argent, la <le de la chambre nuptiale ; puis Jules Janin et sa femme donnèrent leur bénédiction aux mariés et retournèrent à Paris. < L'hôtel de Mlle de Romans, écrivait Arsène Houssaye à notre cher confrère, M. Mar. fut pour nous une des plus belles stations de notre vie. Le souvenir m'en est dooe sacré. » 11 y eut un épilogue qu'Arsène Houssaye n'ajoutait pas; lors de la naissance de son fils Henry, — l'académicien d'aujourd'hui, — Houssaye demanda à Janin d'être parrain de Fentant, et le critique y consentit.

Kn 18 lO, M. Huet loua son hôtel de Passy et Jules Janin quitta notre charmant village, mais doo pas sans esprit de retour, poisqu'en 485» il faisait l'acquisition, cette fois-ci définitive, du terrain de la rue de b Pompe, ou l'on allait construire le chalet.

(.'était une toute petite partie, — environ l.UK) mètres. — que le chemin de fer de ceinture avait détaché de l'ancienne Muette, celle de

t IMr.< t.-irtl. Juli's Jnnîn. était «levt* nu si i!r<io •:-:« l«>r>i.)'.: il aillait m Nitrm.iiiilit*. la iIoinpa;:iitr

ni.^TnlHF. M XVr \RROMM<i«

forma i«>iit ««n iil«^ ■imrir*a-ii>i .i*^ aniiCM «fiO' irftrnis,it«*iit .irrîiifiH'tf»s..''«ii^ *f rr«xiiÉ»..*njE<»aiMC fip rhiiler .tilniiririi«mi*fir iimipriP. auHik* upia H mniiip l'hene. •jui ripnt*Uit ahz pmunwan «C la

Sur l;i r'.ifaili* lu nuri. iioia aTait fait graT«r ces deux ^^ -la 7>ax ftf*(nier :

Ll»- :":" î'I. I 1 I i..i'.'-M.i II- ff ,11 •-! ■{»• —.■■;••> ■'...

Au raiili. 'm îssa.r -i-tti» p^nsi^ tiré* de IMr^

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^ Au l'omnieni'^ment. 'in àe s^nuit bien isolé. Il t'jUait un oerUiin •*i)ara;^e poar V installer en ce dosert. :iur une voie j peine tracée, et, pendant tP>is hiviTS. hmus r>*sUmes seals. efrajès de cette solitude *>t de iv grand silen<.'e. Mais, le matin venu, ta f)eaut*f naturelle de ce lien champêtre effarait toutes les mjuvairses impressions » 1).

Kt puis.

OttH maison et ce jardin, n'était-ce pas ce VI PU ai'i'umpli ' * Le jardin dans la ville; nn Paris dans les champs. Sa vez-voos on plus difficile, un plus doux problème 1 Ici. la solitude et. là. les bruits du monde. Ici. l'arbre, et là-bas, le théâtre. Iii. l'étude et le tra\aiL et. tout au bout de Tu venue ou s'étend mon domaine, l'activité, Tardente ambition, le mouvement des Belles-Lettres en pn>ie aux disputes ! Je suis au port. j>ntends rtVean (|ui );ronde {'!)... *

\ussi. fou chantait (;0 le chalet et son hcoreux

|ini|>riftain* :

.iiiii - i.i \ iil.i «I»' l*.»^-^) .

I r •|iii iMMi<« iiinl .iiihMiirilX «1 fllf,

I I .1 lin « Ni- II- liiMil pi't"* il i«'i. IMiiiiM il •>!. i:.inlii-ii liiirli'

ih ■> .« I II l»! iiHi \ fillrtix «••' I \rt • --^ (hiiiiiil |iiillrl \iiiit. un iniii«> tnip tôt. f*.iii-> |iliiiii;i* «l.iiiN o.i fiiiii'ii;ii'><>. |ii> -. t%iiii l'i III. II"*!!!! I;'i liaiil l.ii n- .piM" l'in-» ."» ««nu jil*»i'...

1 1 Juifs Janin dt' répondre :

II I .liiiiiii ■ liii-ii iititii l.iMivn* CM boi^,

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